Lina Cherrat : article Tesla

Nikola Tesla. Ceux qui le connaissent ont en tête ses indénombrables découvertes et inventions : le courant alternatif, l’amélioration de la distribution de la lumière, le moteur électrique, le laser, la télécommande, le début de la robotique.. Nikola Tesla est l’homme dont les découvertes scientifiques ont  fait entrer l’humanité dans le 21ème siècle.

 Tesla, l’ingénieur, le génie mais n’était-il que cela ?

Cette  image d’homme enfermée dans son laboratoire, semblant indifférent aux enjeux philosophiques et humains correspond-t-telle a la réalité?

 Plus on se plonge dans la vie et les écrits de Tesla plus on découvre un homme qui au-delà d’avoir révolutionné la Science, était d’une humanité incroyable. Tesla fut un défenseur de la Science pour tous, un précurseur du développement durable, un philosophe à la recherche de nouveaux moyens de construire la paix…et tant d’autres choses.

La Science telle que la concevait Tesla se devait d’être loin de toutes préoccupations monétaires. Oubliant souvent de déposer ses brevets d’invention, beaucoup s’approprièrent son travail. Du prix Nobel accordé à Marconi pour la radio, à l’invention du radar attribué entièrement à R Watson-Watt en passant pas Edison considéré à tort comme le père du courant alternatif, les exemples ne manquent pas. Beaucoup ont cherché à décrédibiliser   Tesla. Certains accidents (notamment les coupures de courant qui se sont déroulées en 1899 lorsqu’il expérimentait la terre comme conducteur d’électricité au Colorado) ont pu faire croire que la passion de Tesla pour la Science le rendait indiffèrent à la santé des vies humaines. Ceci est contraire à la réalité, ainsi Tesla interrompu ses expérimentations sur les rayons X considérant que cela présentait trop de danger. En revanche Edison n’hésita pas à continuer ses expérimentations ce qui conduisit à la mort de Clarence Dally, son assistant. Tesla vécu entouré, dépendant même, de businessman, de politiciens, de financiers qui ne recherchaient que le profit. Le rêve de Tesla était de construire une tour immense à New York qui en utilisant la terre comme conducteur aurait pu fournir de l’énergie a l’ensemble de l’humanité gratuitement et sans utiliser de fils électrique. Un jour, ceux qui finançaient la construction  comprirent qu’il n’y aurait aucun moyen de mesurer l’énergie fournie par la tour et de faire des profits. Le projet fut alors abandonné.

 Le texte « the transmission of Electrical energy as a mean of futhering peace » écrit par Tesla révèle la préoccupation du philosophe-scientifique qu’il était, de construire un monde de paix. Il fut l’un des premiers à argumenter pour que la science se concentre sur les armes défensives plutôt qu’offensives ou ce qu’il appelle « the satanique Science of destruction ». De plus dans un monde ou une conception réaliste des relations internationales était encore dominante, il oppose une conception novatrice. Considérant que «  fights between individuals as well as governments and nations invariably result from misunderstanding”, il avance l’idée que la Science est l’outil central au service de la paix.  L’utilisation d’énergie permettant les transports, le télégraphe, le téléphone, la photographie, l’impression de journaux, contribue sans cesse à la diffusion de connaissances pluridisciplinaires. Ceci conduit aussi à ce qu’il appelle l’« annihilation of distance » permettant de rapprocher les hommes et de faciliter une compréhension mutuelle. Tesla, le visionnaire. Son cri du cœur « it is not a dream, it a simple feat of electrical engineering, only expensive-blind, faint hearted, doubting world!” laisse transparaitre à quel point il était un homme trop en avance sur son temps

 Tesla nous a laissé l’héritage de multiples inventions et découvertes .Mais plus que cela il nous a laissé en héritage ses valeurs : l’espoir d’une science pour tous, pas seulement d’une poignée de privilégiée détenant les brevets ou l’argent, l’espoir d’une science en harmonie avec la Nature, celui d’une science qui permettrait de rapprocher les Hommes, l’espoir enfin d’une science dédie au progrès de  l’humanité toute entière.  Cet espoir dont il est l’un des symboles, perdure et se renforce encore aujourd’hui.

Robert Curl, Guy Djoken & Jean Echenoz: Cross-Cultural Ambassadors

Great scientist & Nobel Prize in Chemistry Prof Robert F. Curl, UNESCO Center for Peace Executive Director  & Chairman of the U.S. National Commission for UNESCO Guy Djoken, and one of the world’s best contemporary writers Jean Echenoz, all became new Cross-Cultural Ambassadors of UNESCO Club at Sorbonne University.

Read more about these extraordinary people :

Robert F. Curl at Rice University website :

http://chemistry.rice.edu/FacultyDetail.aspx?RiceID=589

Jean Echenoze at Les Editions de Minuit website :

http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=livAut&auteur_id=1410

Guy Djoken at UNESCO Center for Peace website :

http://www.unescocenterforpeace.org/meet-the-executive-director/

UNESCO Club Sorbonne award by the title of honorary Cross-cultural Ambassadors of UNESCO Club Sorbonne, personalities making a particular intercultural impact.

The Cross-cultural Ambassadors are committed and have generously contributed to the understanding and intercultural communication, making important contribution in the following fields: education, culture, science and communication and information.

The honorary title of Cross-cultural Ambassadors is reserved for individuals who have distinguished themselves in favor of multiculturalism, but can also reward a great personal commitment to human rights, peace and social justice and to greet an exemplary career.

In each discipline, candidatures are coming mainly from the proposals of UNESCO Club members, but the club is open to consider the candidates being recommended from Sorbonne University colleagues, colleagues from other UNESCO clubs, the French Federation of UNESCO Clubs, or UNESCO.

The title of Ambassador Intercultural is purely honorary, without material gain, with only purpose of honoring an important intercultural contribution.

Les Ambassadeurs Interculturels du Club UNESCO Sorbonne

Cross-Cultural Ambassadors of UNESCO Club Sorbonne website is coming soon.

Jean Echenoz a propos de Nikola Tesla

Jean Echenoz, Ambassadeur interculruel du Club UNESCO Sorbonne, lauréat des prix Goncourt, Médicis, Fénéon, Prix des vendanges littéraires de Rivesaltes, Meilleurs livres de l’année 1999 du magazine Lire, s’adresse, suite à l’entretien avec Aleksandar Protic, dédié au Festival Tesla du Tesla Global Forum :

« Je ne connais rien à la science, je ne suis qu’un romancier en arrêt devant cette inconnue et qui, pour l’explorer à sa manière, a désiré un jour travailler sur un personnage de savant.

De manière incompréhensible, la figure et l’oeuvre de Nikola Tesla sont trop peu connues en France, contrairement à son immense célébrité aux États-Unis, par exemple.

C’est d’ailleurs un ami américain qui m’a suggéré de m’intéresser à lui et, très vite, les travaux de documentation que j’ai commencé d’entreprendre sur le personnage de Tesla m’ont convaincu que j’avais avec lui la figure scientifique que je recherchais.

Par l’ampleur de ses découvertes, bien sûr, qui est vertigineuse, mais aussi par sa personnalité complexe, sa relation au monde, Nikola Tesla ne pouvait que m’intriguer, me séduire et me déconcerter. Confronté au mystère de ce personnage, et désirant l’intégrer à une «fiction réelle», je n’ai pas résisté à l’idée de lui construire une existence secrète. J’espère que cette vie imaginaire de Nikola Tesla aura pu contribuer à illustrer son éclat. »

Le club UNESCO Sorbonne à Šabac

 

Ce billet ne sera pas directement lié à la figure de Jean-Jacques Rousseau. Il s’agit en effet de relater la visite que des représentants du club UNESCO Sorbonne ont rendue à Branislav Stankovi?, directeur du musée national de Šabac.

 

À l’occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau, le 28 juin 2012, Branislav Stankovi? avait organisé un banquet citoyen, qui s’inscrivait dans le cadre plus large du projet “Venez à la rivière” (cf. billet du 28 décembre 2012). C’est ainsi que notre attention a été attirée et que des liens se sont noués. Nous avons pu nous rencontrer le week-end du 23 au 25 août 2013.

 

Le soir de notre arrivée, Branislav nous a présenté sa ville : le musée, la bibliothèque, l’église Saints Pierre et Paul, l’artère principale de la ville.

 

Šabac est une ville de taille moyenne (environ 80 000 habitants), à 80 km à l’ouest de Belgrade, sur la Sava, dans la région de la Ma?va.

 

La ville a connu sa plus grande prospérité après la seconde insurrection menée en 1815 contre les Turcs par Miloš Obrenovi?. Son frère, Jevrem devint alors gouverneur de la cité. Durant son règne furent ouverts l’hôpital et la première pharmacie en Serbie. Son konak (résidence du gouverneur) fut construit entre 1822 et 1824 comme une résidence princière par l’architecte du prince Miloš, Hadzi Nikola Zivkovic. Il fut détruit en 1906, sans doute pour complaire à la dynastie rivale des Kara?or?evi? alors au pouvoir. Une anecdote veut d’ailleurs que lorsque Pierre Ier de Serbie (Petar Aleksandrovi? Kara?or?evi?) se rendit à Šabac, il demanda à voir le konak si réputé et fut consterné d’en apprendre la destruction.

 

La ville offre un aperçu des différentes tendances architecturales qui se sont succédé au cours des XIXe et XXe siècles : Classicisme, Sécession (version autrichienne de l’Art Nouveau) et Historicisme avec le style serbo-byzantin, jusqu’aux Modernisme, Socréalisme, Structuralisme et Modernisme tardif. L’architecte Hadzi Nikola Zivkovic a particulièrement laissé son empreinte dans la ville, puisque, outre la construction du Konak de Jevrem, il est également responsable de celle de l’église des Saints Pierre et Paul.

 

Cette église fut construite entre 1827 et 1831. Kosta Dimovic d’Ohrid en a été le maître d’œuvre. Le temple a été conçu dans ce qu’on appelle le style serbe. Au milieu du XIXe siècle, le clocher de trois étages, de style classique, a été ajouté à l’église.

 

Dans le cimetière de l’église fut érigé un monument en l’honneur des victimes des guerres Balkaniques et de la Première Guerre mondiale. Celui-ci témoigne pour les générations futures de la souffrance que Šabac, nommé « le Verdun serbe » en raison de son martyre, a connue au début du XXe siècle. L’héroïsme de la cité lui valut d’ailleurs de recevoir la Croix de guerre française, la Croix de guerre tchécoslovaque et l’Ordre de Karageorges.

 

Cette église fut le théâtre d’une tragédie qui n’est pas sans rappeler celle d’Oradour-sur-Glane.

 

Le carrefour central, constitué du croisement des rues Gospodar Jevremova, Karadjordjeva, Masarikova et Cara Dusana, est particulièrement intéressant d’un point de vue architectural avec trois bâtiments qui se répondent harmonieusement :

 

  • La maison de Krsmanovic (à l’angle des rues Masarikova et Gospodar Jevremova) a été construite en 1892 comme dot de Jeanne, l’épouse du commerçant belgradois Demetrius Krsmanovic. Ce bâtiment a été dessiné par John Ilkic, l’un des architectes anglais les plus productifs au XIXe siècle. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, cette maison disposait d’une grande coupole Renaissance avec deux statues de dieux ailés assis et, debout, des statues le long de la corniche. Il a été érigé comme un bâtiment d’angle à un carrefour, dans la conception de l’Académisme, avec une riche décoration sur la façade.

  • L’hôtel de la « Zeleni venac » (« La couronne verte »), à l’angle des rues Karadjordjeva et Cara Dusana, a été construit en 1934-1935 comme bâtiment d’angle sur deux étages. Il a été conçu par Milan Minic et doit son nom à l’auberge locale qui occupait précédemment l’emplacement.

  • L’édifice de la Banque Nationale, à l’angle des rues Masarikova et Karadjordjeva, a été construit en 1938 et conçu par le célèbre architecte Bogdan Nestorovic. Sa façade aveugle contraste avec les autres bâtiments du carrefour.

 

 

Ce carrefour (Raskrsce) s’est constitué dès la Première insurrection serbe. L’identité visuelle de cette place a été gâchée en octobre 1969 par la démolition de l’immeuble d’angle monumental de Zupanija (Région). Le Zupanija était construit dans le style néo-Renaissance et avait été conçu comme un bâtiment d’angle dont la partie centrale était magnifiée par un dôme à quatre angles avec une barrière de ferronnerie.

Pascal VASSEUR

 

Projet Rousseau à Šabac

 

À l’occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau, le 28 juin 2012, Branislav Stankovi?, directeur du Musée national de Sabac, avait organisé un banquet citoyen, qui s’inscrivait dans le cadre plus large du projet “Venez à la rivière” (cf. billet du 28 décembre 2012). C’est ainsi que notre attention a été attirée et que des liens se sont noués au fil de diverses rencontres. Nous avons pu récemment nous rencontrer le week-end du 23 au 25 août 2013.

 

Dans un environnement de plus en plus imprévisible et incertain, le besoin de définir la bonne stratégie à travers des réunions de travail est devenu un enjeu majeur pour les administrateurs de projets. Plusieurs rencontres de concertation avec le directeur du musée et son équipe ont pris la forme d’un processus participatif d’élaboration de « stratégie Rousseau » à moyen et long terme, ayant pour objectif d’éclairer les décisions du présent et de mobiliser les moyens nécessaires à l’engagement d’actions communes. Nous avons opté pour une analyse structurelle du « Rousseau Memory Project » en tant que méthode de structuration d’une réflexion collective destinée à élaborer notre plan d’action :

– Formulation du projet Rousseau à l’échelle internationale

– Définition de notre vision : avenir souhaité de coopération durable

– Analyse stratégique : situation actuelle des projets

– Identification des axes stratégiques

– Formulation des valeurs communes

– Elaboration de notre plan d’action