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La faiseuse d’anges

Annie Ernaux
Source : https://reseaubibliotheques.rlv.eu/a-decouvrir/dossiers/1153-annie-ernaux-une-ecriture-des-lieux

L’événement est un roman ou plutôt un récit de vie abordant les avortements clandestins. C’est l’histoire d’Annie Ernaux, jeune femme de 24 ans au moment des faits.

Annie nous décrit ce moment dans une clinique. Elle décrit les gens autour d’elle, elle reste figée sur un homme et une femme. Elle est enceinte. Ce qui lui rappelle une étonnante histoire. La sienne.

Lorsqu’elle tombe accidentellement enceinte d’un garçon avec qui elle ne pensait qu’avoir un simple rapport sexuel, elle se sent liée à cet homme et redevable. Elle se retrouve alors prise au piège car dans les années 1960 les femmes n’ont pas le droit d’avorter. Pourtant, elle sait exactement ce qu’elle veut. Elle cherche donc des moyens d’avorter illégalement, et dans le plus grand des silences. Elle est aussi à la recherche de L.B, une autre femme qui a avorté clandestinement. Malheureusement elle n’a aucune réponse. Elle passe dans beaucoup de cabinets, elle y rencontre des médecins qui ont peur de la loi, des médecins qui ne pensent qu’avec leur cerveau d’hommes misogynes : « Instantanément, il lui est venu un air de curiosité et de jouissance, comme s’il me voyait les jambes écartées, le sexe offert« . L’un d’entre eux lui pose beaucoup de questions, puis il l’invite à venir chez lui. Faisant partie d’une association semi-clandestine, elle pense qu’il peut l’aider. Or une fois seuls, il ne veut que lui faire l’amour, comme si cela exaltait ses envies sexuelles qu’elle ne soit plus vierge et qu’elle soit, d’après lui, en position de faiblesse à cause de cette grossesse.

« Il était impossible de déterminer si l’avortement était interdit parce que c’était mal, ou si c’était mal parce que c’était interdit. On jugeait par rapport à la loi, on ne jugeait pas LA loi. »

Je trouve cette citation plutôt véridique ! Dans la majorité des cas les femmes ont peur d’avorter car cela est mal vu, car elles n’avaient a priori pas le droit, mais d’un côté pourquoi elles n’auraient pas le droit de se délivrer ? Pourquoi ce sont les femmes qu’on cherche à remettre en question, plutôt que cette loi !?

De par son expérience, Annie Ernaux a dû faire face à des médecins qui avaient peur d’aller à l’encontre de cette loi, par peur de perdre leur droit d’exercer. Elle a aussi fait face à un médecin qui lui a prescrit un traitement pour stopper la grossesse, mais il était contre cela et lui a donné des cachets pour éviter une fausse couche. Elle s’est donc demandé pourquoi cette loi existait et pourquoi elle ne pouvait pas avorter ! ¨Pourquoi c’était à elle de devoir trouver un moyen jusqu’à presque mettre sa propre vie en danger !?

On suit ici un récit avec beaucoup d’événements, des rencontres qui ne mènent à rien car aucune personne ne veut l’aider, un secret à cacher à ses parents et aux gens autour d’elles. Elle passe tout un trimestre à voir des médecins pour trouver des solutions. Elle essaie aussi un peu tous les moyens, pour décrocher « ça », cet embryon. Elle fait des efforts physiques toujours plus forts, puis finalement elle réussit à rencontrer une vieille dame… faiseuse d’anges. Celle qu’elle recherchait depuis quelques mois. Le moment était venu !

Pourquoi elle l’appelle ainsi ? Car souvent  quand quelqu’un perd un bébé, on dit qu’il devient un ange. Et même si elle n’a pas voulu ce bébé, il deviendra un ange. Cette vieille femme finira par l’aider, elle la verra une première fois pour comprendre, une seconde fois pour lui poser une sonde qui va la libérer. Mais comme elle ne ressent ni douleur, ni perte d’embryon, Annie retourne voir la faiseuse d’anges qui lui pose une autre sonde, rouge et rare. Cela va-t-il fonctionner ? Va-t-elle garder l’objet d’un dénouement tant attendu pour affirmer : « Oui, j’ai avorté », ou va t-elle le rendre pour dissimuler l’arme ? Finalement des douleurs atroces surviennent. Sont-elles signes de la délivrance ou d’une agonie, d’un dernier souffle ?

Mais après tout, pourquoi lire un livre sur un drame qui s’est passé il y a presque 60 ans ?

J’ai des raisons assez fondamentales pour que vous ayiez envie de lire cette bouleversante histoire.

Ce récit tourne autour d’une grossesse qui n’est pas désirée. Annie Ernaux et le jeune homme n’ont pas utilisé de contraception. Ce récit fait œuvre de prévention sur le fait d’utiliser des moyens de contraception et d’éviter des grossesses non désirées. C’est  aussi un témoignage pour la légalisation de l’avortement et ce que devaient subir les femmes avant son acceptation.

L’histoire d’Annie Ernaux nous permet aussi de comprendre l’envers du décors : l’ignorance de cet embryon en elle, cette nouvelle désastreuse et la délivrance. Elle vivait simplement sa vie jusqu’à un retard de règles et l’annonce qu’elle est enceinte. C’est le moment précis où elle part vite à la recherche d’une aide, de cette faiseuse d’anges pour être délivrée de cet embryon qu’elle dit être un fardeau. On peut voir les conditions, les jugements, la difficulté, les complications et les peurs liés à cette situation pour une jeune femme des années 1960.

C’est un sujet encore d’actualité même si l’avortement est désormais légal en France, grâce à Simone Veil (sa loi pour l’interruption volontaire de grossesse ( IVG ) est adoptée en 1975). Les femmes en France n’ont plus besoin de faire cela clandestinement, cachées. Mais il existe toujours des gens contre et qui veulent empêcher les femmes de laisser partir cet embryon non voulu, ou qui pourrait naître dans des conditions très peu favorables à son bon développement. L’avortement est quelque chose que l’on peut comprendre.

Pourquoi est-ce toujours la femme qui porte ce fardeau, avec les critiques et les jugements, et pas son partenaire, l’autre auteur de cet évènement ? Finalement, la condition de la femme n’est pas juste, on nous sous-estime ou même on décide toujours tout pour nous… On pense que les femmes venant d’un milieu précaire ne sont pas censées faire de grandes études, ou que si elles tombent enceintes, qu’elles le veuillent ou non, elles doivent mener à terme cette grossesse. On ne cherche pas à connaître les circonstances, leurs envies, leurs problèmes. Si elles sont enceintes, c’est soit disant leur problème et elles doivent assumer en gardant le bébé. Mais malheureusement souvent la femme n’a pas les moyens de payer l’avortement alors elles sont contraintes de garder ce bébé.

J’ai vraiment aimé ce récit, il permet une plus grande ouverture d’esprit. On y découvre les complications et la délivrance d’un avortement tant voulu mais illégal, et donc dangereux. C’est un sujet bien actuel, ces jugements, ces critiques faites aux femmes car elles avortent. Ces critiques portent toujours sur l’accusation selon laquelle une femme est égoïste en faisant ce geste, qu’elle aurait dû se protéger. Je pense qu’elles sont injustes, une femme n’est pas égoïste car elle ne veut pas de bébé. C’est un choix qu’il faut respecter, et non une obligation. Dans certains cas un couple ne pourrait pas subvenir aux besoins de cet enfant. Mais une femme n’avorte jamais par plaisir !

Vous n’avez plus qu’à lire ce roman pour en découvrir davantage, pour découvrir l’histoire et la personne d’Annie Ernaux, le fait qu’elle ne nous donne jamais l’identité des gens auprès d’elle, de son agenda qu’elle tient, de ses descriptions du monde et des évènements qui feront de ce roman, une lutte attractive et émouvante. J’espère sincèrement que vous lirez ce roman, il est vraiment intriguant, prenant, émouvant. Le livre nous donne une nouvelle fois une image de la femme où elle n’est pas maître de ses choix, où en fonction de sa catégorie sociale elle doit suivre les injonctions de la société. C’est un livre engagé dans la lutte pour les droits de la femme puisqu’il aborde les conditions atroces dans lesquelles une femme a dû avorter dans un passé pas si lointain. C’est donc un récit pour lutter pour l’avortement légal, la liberté des femmes, le respect de leurs paroles. 

Ernaux, Annie. L’événement. Gallimard, 2001. 129 p. Folio, 3556. ISBN 978-2-07-041923-4

 

Erin MAISON, 1STS2S1

posted by maisonerin in Présélection 2022,Tout feu tout femme and have No Comments

Lorsque la différence sera la norme, alors les hommes vivront en paix…

« J’ai senti l’effroi, là, juste derrière moi. C’est la peur basique de tous ceux ou celles pour qui la liberté n’est pas donné à la naissance»

Source : https://0620056z.esidoc.fr/ document/id_0620056z_48896.html

Dans ce livre Angela Davis raconte son histoire, de son enfance à son procès. A cinq ans, vivant à Birmingham aux États-Unis, Angela a vu plusieurs maisons de son quartier brûler car des personnes noires y habitaient. Son quartier était même surnommé « Dynamite Hill » car le racisme y était très présent. A ses 18 ans elle fuit pour la France, Paris… et notre devise : Liberté, Égalité , Fraternité, qui lui rappelle qu’elle n’avait pas le droit à la liberté à sa naissance à cause de sa couleur de peau ! C’est à Paris qu’elle organisera des manifestations.

Dans sa vie, Angela Davis connaît plusieurs chocs. D’abord la mort de certains de ses amis, suite à l’explosion d’une bombe dans une église : un meurtre avec préméditation qui a semé la panique et l’effroi. Puis l’assassinat de Martin Luther King, un véritable traumatisme ! « Tous ces éventements ont guidé mes pas et ma vie », dira-t-elle. En 1968 elle adhère au Che Lumumba Club (une section réservée aux noirs du parti communiste) et au Black Panther Party (mouvement révolutionnaire afro américain). Le 7 août 1970 une prise d’otage a lieu et vise à libérer George Jackson, membre des Black Panthers. Cette prise d’otage n’a pas été organisée par Angela. Malheureusement cela va mal tourner : elle est au mauvais endroit au mauvais moment. Etant en lien avec le jeune frère de George, Angela est accusée par le FBI de complicité de meurtre ! Elle devient alors la femme la plus recherchée des États-Unis, bien qu’elle soit innocente. Elle devient aussi un symbole contre l’oppression des personnes noires dans le monde entier. Il y aura même des chansons en son honneur comme Sweet Black Angel des Rolling Stones. Le 13 octobre 1970 elle sera arrêtée et, sans procès ni preuves, écopera de seize mois d’emprisonnement. Mais le 4 juin 1972 le verdict du procès tombe : « Non coupable » ! Angela est heureuse mais son combat n’était pas terminé…

Angela Davis, le 2 avril 1971. La militante lève le poing lors de sa première apparition à son procès. Source : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/dans-les-archives-de-l-express-novembre-1971-a-la-rencontre-d-angela-davis-6-6_2130278.html

 Dire non à l’oppression, c’est veiller à nos valeurs !

J’ai adoré ce roman inspiré de sa vie. Sa façon de parler y est très franche et marquante, comme le prouve cet extrait : « A Birmingham, j’ai vu une élève frapper à mort une de ses copines ; une amie s’entailler le bras avec une lame de rasoir; une autre attraper la gorge d’une fille, ou lancer une chaise à la tête de la prof». J’ai aussi aimé le style d’écriture. Je trouve qu’il est détaillé quand il y a des événements importants, comme son procès, ou plus concis quand il le faut, par exemple quand Angela parle de sa famille. Grâce à ce style d’écriture le rythme est rapide et donc prenant. Certains passages m’ont aussi plu comme lorsqu’elle explique sa colère : « Ce  qui blesse le plus, ce n’est pas la violence, ce n’est pas la peur, ni même la faim, la véritable cruauté est de voir jusqu’à quel point nous sommes capables de nous attaquer à nous-mêmes, parce que nous ne savons pas contre qui nous battre, contre quoi.«  Ce passage m’a plu car, selon moi, le propos y est tellement vrai ! Parfois on s’énerve et on s’en prend aux mauvaises personnes car on ne sait pas à qui s’en prendre. Cela colle parfaitement aux personnes victimes de racisme décrites par Angela.

Ce que j’ai aussi apprécié dans cette lecture, c’est que l’on a l’impression qu’Angela Davis nous parle grâce à la structure de l’œuvre qui est différente de ce que j’ai pu lire jusqu’ici. En effet les « chapitres » font référence à des dates, des événements importants dans sa vie, de son enfance à son procès. L’autrice Elsa Solal se met dans la peau d’Angela Davis et donne à son récit un aspect autobiographie. Le fait d’écrire à la première personne du singulier m’a plongée dans l’histoire. J’ai aimé aussi la fin et le thème central du récit qui met en évidence que « les hommes se servent d’autres hommes pour avoir le pouvoir et le profit et pour cela ils utilisent le racisme, le sexisme, l’homophobie, etc ».. Elle nous fait comprendre que dire non à l’oppression, c’est veiller à nos valeurs, notre dignité, et refuser la destruction de notre environnement. Je trouve que ce livre a sa place dans notre prix littéraire Carnot et sa thématique « Tout feu tout femme » car Angela Davis est une femme courageuse qui s’est battue pour que tout le monde ait les mêmes droits.

C’est pour toutes ces raisons que je vous conseille de lire ce livre. Vous allez y découvrir la vie prenante et intense de cette militante des droits humains, et notamment ceux des minorités !

Solal, Elsa. Angela Davis : non à l’oppression. Actes sud junior, 09/2017. 79 p. Ceux qui ont dit non. ISBN 978-2-330-08197-3

Magdalena DELATTRE , 1ST2S1

posted by delattremagdalena in Présélection 2022,Tout feu tout femme and have No Comments

Et si ce n’était que des préjugés ?

 

Eliette Abecassis Source : https://www.franceinter.fr/emissions/par-jupiter/par-jupiter-04-avril-2019

              Un bébé rallonge les jours, raccourcit les nuits et multiplie le bonheur… Eh bien, Eliette Abecassis, célèbre romancière, nous montre le contraire dans son roman Un heureux événement.

Dans ce roman, nous rencontrons Barbara, jeune femme de 33 ans qui profite de sa jeunesse dans les soirées, ainsi que son conjoint, Nicolas, lui aussi fêtard. Un matin, Barbara ne se sent pas comme les autres jours, elle ne peut plus bouger de son lit et se sent nauséeuse. Cela se répète les jours suivants. Elle décide alors de passer en pharmacie pour acheter un test de grossesse. Elle le fait et à sa grande surprise une croix s’affiche… Elle est enceinte !

Elle comprend de suite que sa vie va changer et que désormais rien ne sera comme avant. Plus les jours passent, plus elle déprime, se pose beaucoup de questions sur sa grossesse, son accouchement et l’avenir de sa famille. Son premier choix sera d’allaiter, ce qui par la suite lui causera des problèmes. Un jour, ses contractions sont si fortes qu’elle décide de partir à l’hôpital où elle accouchera. Les premiers instants avec sa fille, Léa, sont très courts car elle doit subir une épisiotomie. Pendant ce temps son mari est pris en charge par les infirmières du service car il s’est évanouit en voyant le déroulement de l’accouchement… quand on dit que les hommes sont plus fragiles que les femmes, ce n’est pas faux ! En voici la preuve ! La première impression sur sa fille est instantanée et différente de ce qu’on entend habituellement sur les bébés comme « c’est les plus beaux moments d’une vie », « c’est beau un bébé »… Elle, non ! Elle se dit : « C’est laid un bébé, tout violet, et recouvert de sang » !

Les jours passent et Barbara réalise de plus en plus qu’à présent elle est maman et cela pour le reste de sa vie. Sa relation avec sa fille est plutôt étrange, je trouve, car elle-même ne se rend pas compte de ce qu’est vraiment un bébé, comment s’en occuper et tous les soins qu’on doit lui apporter. Le premier allaitement de Léa ne se passe pas comme prévu. Si le bébé aime forcément se faire nourrir par sa maman, Barbara trouve cela assez désagréable et compare sa fille avec un animal qui lèche sa mère. Lorsque j’ai découvert son point de vue je l’ai trouvé vraiment intéressant car ça change de ce qu’on peut entendre habituellement en société sur la maternité, la grossesse et tout ce qui suit. On nous dit souvent que tout ça est beau et simple, mais en lisant ce roman, les mots crus qu’Eliette Abecassis utilise nous font découvrir une autre vision des choses et on peut vraiment prendre conscience à quel point ce changement de vie peut être compliqué à vivre. Elle découvre de jours en jours son nouveau rôle.

Un rôle qui en remplacera un autre. En effet, Barbara et Nicolas habitent dans un petit studio, en banlieue parisienne. Ce studio est, bien évidemment, trop petit pour accueillir le bébé. Ils décident alors de louer une maison. Mais à partir de là les ennuis commencent ! Les jeunes parents ne sont pas d’accord dans leurs choix. La fatigue d’être parents, le travail, se réveiller la nuit pour nourrir l’enfant, la changer, l’endormir, l’occuper… Cet enchaînement est très compliqué à vivre. Leur mental est affaibli et favorise souvent les disputes au sein du couple. Suite à cela Barbara décide de consulter un médecin qui doit l’aider pour sa santé mentale, mais cet homme ne va pas du tout avoir la réaction qu’elle attendait. Il va l’accueillir en lui répondant très sèchement que tous ces problèmes sont uniquement sa faute, que c’est elle qui les provoque et non son mari ! Or un couple c’est bien deux personnes et non une ! Ce passage m’a extrêmement mise en colère car elle cherchait de l’aide et il n’a rien fait pour lui enlever ce sentiment de culpabilité. De plus, étant féministe, j’ai trouvé très sexiste de penser que c’est obligatoirement la femme qui est fautive ! Comme toujours…

Cette œuvre m’a particulièrement choquée car les mots qu’Eliette Abecassis emploie peuvent être très violents. Elle parle avec des mots crus, ce qui peut heurter certains lecteurs sensibles. Mais avait-elle le choix pour faire comprendre le ressenti de Barbara ? De plus, le style d’écriture de l’autrice est particulier car, comparée à d’autres romans, il ne contient pas de chapitres. Cependant cela ne nuit pas au récit qui se déroule de manière chronologique, depuis le début de la grossesse. Le rythme est plutôt rapide et les événements sont bien décrits ce qui nous aide comprendre le sens de ce roman. On comprend qu’Eliette Abecassis a voulu briser les stéréotypes de la maternité, de la grossesse, afin de faire réagir les femmes sur ce qui les attend réellement si, un jour, elles tombent enceintes. Je dis les femmes, mais aussi les hommes, car comme j’ai pu le signifier plus haut, dans un couple il y a deux personnes.

Dans ce roman c’est Barbara qui parle. On peut donc vite se mettre à sa place et ressentir de l’empathie pour toutes les complications qu’elle rencontre car, oui, son début d’aventure de maman n’est vraiment pas facile !

Je reste tout de même surprise par la suite des événements et la fin en particulier ! Mais je n’en dirais pas plus et je vous invite sérieusement à le découvrir par vous-même en lisant ce roman 🙂

Abecassis, Éliette. Un heureux événement. Albin Michel, 2007. 152 p. Le Livre de poche, 30731. ISBN 978-2-253-12004-9

Océane HARLEIN,1ère ST2S1

posted by harleinoceane in Présélection 2022,Tout feu tout femme and have No Comments

La femme répudiée par l’Homme !

Pourriez-vous consentir à aimer une personne où l’union est si forte que vous pourriez mourir pour elle, puis devoir la répudier car votre religion vous y oblige ? Cela vous paraît probablement absurde mais ceci est vrai dans certaines religions… La Répudiée est un roman écrit par Eliette Abécassis, écrivaine française qui a grandi au sein d’une famille juive orthodoxe très pratiquante. Dans ce roman elle nous fait part des contraintes que fait peser cette religion sur les femmes.

Eliette Abécassis Source : https://fr.m.wikipedia.org/ wiki/ Fichier:ABECASSIS_Eliette-24×30-2006.jpg

Ce récit nous immerge au cœur de la communauté juive orthodoxe, à Jérusalem, où Rachel et Nathan ont été mariés de force sans même se connaître. Très étonnamment, ces deux jeunes gens tombent amoureux et sont très heureux de cette union tout au long de leur vie. Malheureusement, et c’est là le drame, Rachel ne peut avoir d’enfant… Dans cette religion, un couple doit avoir une progéniture aussi « nombreuse que les étoiles du ciel » comme le rappelle l’autrice, et l’amour physique existe uniquement pour procréer. C’est pour cela que Nathan a la possibilité de répudier Rachel car, au-delà des dix ans de mariage, si la femme n’est pas en capacité de pouvoir donner la vie, elle peut être répudiée par son conjoint, qu’elle le veuille ou non !

Malheureusement, après dix années de vie commune Rachel n’a toujours pas été en capacité de donner un seul enfant à Nathan, malgré ses multiples efforts pour remédier à cela. Elle est donc déclarée stérile sans même que la fertilité de son mari ne soit remise en question ! D’après la Torah, la stérilité est une chose abominable car elle est signe de malédiction. Mais l’amour intense de Nathan pour Rachel suffira-t-il à repousser le choix fatal qui pourrait mettre fin à leur union ?

 

Source:https://therapeuteboulogne billancourt.fr/la-manipulation-psychique-therapie/

Malgré quelques difficultés rencontrées pour comprendre certains passages, notamment au niveau des explications sur la religion juive, j’ai beaucoup apprécié ce roman car il m’a permis d’ouvrir les yeux sur la vision et la considération de la femme dans cette religion. En effet, les femmes ne possèdent pas le droit de disposer de leur corps, voire de leurs droits dans leur globalité. Par exemple elles ne doivent pas plaire à d’autres hommes que leur mari et doivent porter un foulard, s’habiller avec des vêtements amples pour cacher leurs formes. Elles ne peuvent même pas avoir les bras dénudés ! Une femme non mariée ne peut se trouver seule avec un homme dans une pièce isolée. Selon Dieu, je cite : « Le seul but de la vie d’une fille d’Israël est de porter des enfants juifs et de permettre à son mari d’étudier » ! Dans n’importe quelle situation, la faute est toujours rejetée sur la femme. Les femmes sont contraintes de faire certaines choses et d’en croire d’autres. Selon les lois religieuses, lors de leurs menstruations elles sont traitées comme des pestiférées « C’est pourquoi chaque mois, elles s’élèvent en se purifiant« , en allant au bain après leurs menstruations. 

Cette lecture m’a fait prendre conscience des principes religieux insensés qui pèsent sur les femmes juives, notamment l’asservissement de la femme face à l’homme encore très fréquent, même à notre époque ! C’est un roman émouvant et bouleversant à la fois. Le problème ici n’est pas uniquement la religion en elle-même, mais plutôt cette façon de traiter les êtres humains différemment. Une femme se trouve être impure à certaines périodes, elle ne peut exprimer ses idées ou ses opinions. Elle n’est même pas autorisée à choisir son propre médecin, vous imaginez ?! Tout est choisi, imposé, dicté. Chaque religion a ses avantages et ses limites, et si une personne est en accord avec ses croyances, c’est une bénédiction. Dans ce cas présent, le personnage de Rachel aime être une femme, nourrir son mari, lui préparer des repas et prendre soin de lui tout au long de leur union. Mais elle n’aime pas être la femme « soumise » et « prisonnière » de sa propre religion. Son opinion en tant que femme doit être considérée, au même titre que celle d’un homme.

J’ai beaucoup apprécié l’écriture d’Éliette Abécassis car son style qui est tourné de façon un peu philosophique si je puis dire, nous permet d’avoir une plus large ouverture d’esprit, de nous faire réfléchir et nous invite à une véritable émancipation intellectuelle. De plus, la maîtrise qu’elle a de son sujet font de ce court récit une lecture marquante et très instructive. Il mérite pour moi la note de 4 étoiles.

Ainsi je vous recommande grandement de lire ce roman, il vous permettra de réfléchir à l’égalité Femme-Homme !

Il est bien évidemment disponible au CDI !

Éliette Abécassis, La Répudiée. Librairie Générale Française. n°15288Editeur. 124 p. Le Livre de poche ISBN 978-2-253-15288-0

 

CUEGNIET Lizzie, 1ST2S1 

posted by cuegnietlizzie in Critique du mois,Présélection 2022,Tout feu tout femme and have No Comments

Un amour impossible

Etes-vous déjà tombé amoureux d’une personne déjà promise à quelqu’un ? Si oui, c’est exactement ce qui va arriver à François, le héros de notre histoire. Ce roman est l’histoire d’un amour fou MAIS, comme le titre l’indique, IMPOSSIBLE. On parlera également de guerre, de trahison et de tromperies.

Photo extraite du film le diable au corps par Claude-Autant Lara. Source : http://tanukiwo.free.fr/cine /fi/diableaucorps.htm

L’histoire débute avec le récit de l’enfance d’un jeune garçon (il s’appelle François dans l’adaptation cinématographique de Claude Autant-Lara. Dans le roman l’auteur ne nous donne pas son nom) qui nous raconte son premier amour. Il nous explique ensuite à quel point la Première Guerre mondiale a été ennuyante pour lui. Il la compare même à des vacances… jusqu’en 1917 où il tombe fou amoureux de Marthe qui a 3 ans de plus que lui. Malheureusement Marthe est déjà promise à Jacques, un soldat qui va combattre au front avec l’armée française. Malgré les barrières entre ces deux amants, notamment le mariage de Marthe, François refuse de renoncer. Ils éprouvent tous les deux une attirance réciproque ! Ils profitent de la guerre pour se voir en cachette, François est fou amoureux de Marthe. Il ira même jusqu’à mentir à ses parents certains soirs pour aller dormir chez elle. Il utilisera son ami René comme couverture pour expliquer à ses parents le fait qu’il n’est jamais à la maison. En parallèle le jeune homme continue de séduire Marthe et profite des belles journées pour se promener avec elle au lieu d’aller au lycée !

Cette belle histoire d’amour est vouée à l’échec car un jour Marthe annonce à François qu’elle attend un enfant… de lui ! Dans un contexte normal ce serait une nouvelle extraordinaire ! Mais ici François a mis enceinte une femme mariée ! Malgré cela leur amour s’intensifie de jour en jour et les amants commencent à réfléchir au futur, notamment le lieu de leur futur domicile, comme un vrai couple ! François a le sentiment d’être chez lui quand il est chez la mère de Marthe, il arrive à se projeter dans l’avenir où, lui et sa bienaimée sont mariés. Ils continuent d’y croire ensemble tout en sachant que c’est peine perdue, que leur amour est impossible. Mais la guerre touche à sa fin, tout le monde parle de l’armistice… Cela veut dire que Jacques va revenir et qu’ils devront rompre. Mais si vous pensez que l’histoire va se terminer avec le retour de Jacques, vous risquez d’être surpris… la suite sera des plus bouleversantes ! Je vous laisse deviner cette suite et si vous voulez vérifier votre hypothèse, lisez le roman afin de découvrir la vérité ! Et si vous voulez aller encore plus loin, il existe aussi deux adaptations cinématographiques que je vous invite à regarder. 

Source : source : https://www.laprocure.com / bibliolycee-diable-corps-raymond-radiguet- radiguet /9782011690418.html

Ce livre pour moi met en avant la place de la femme dans la société de cette époque. On voit bien que le mariage qui a été fait entre Marthe et Jacques est un mariage arrangé. On voit aussi que cette idée de mariage contraint est le thème principal du roman. C’est pour moi l’élément important que l’auteur a voulu nous faire comprendre, il met en avant le statut de la femme dans la société.  Marthe n’a pas son mot à dire à propos de cette union, comme beaucoup de femmes à l’époque. Elle affirme même à François qu’elle n’a pas de sentiments pour Jacques. On le voit également à la liaison qui se crée entre les deux personnages. Si elle aimait Jacques elle ne se serait jamais lancée dans une telle relation avec François. Malheureusement, comme je viens de le dire, son opinion sur son mariage n’a aucune importance, elle ne peut pas quitter son mari !

Raymond Radiguet. Source : https://www.babelio.com/auteur/ Raymond -Radiguet/3307

L’auteur, Raymond Radiguet, s’est inspiré d’une histoire qu’il a vécu pour écrire son livre. En effet, en avril 1917 il rencontre Alice Daunier, une femme qui est la voisine de ses parents. Cette femme a 9 ans de plus que lui qui en a 14. Elle lui donne des cours particuliers car il a de mauvaises notes. Comme dans le roman cette rencontre se déroule pendant la Première Guerre mondiale et le mari d’Alice est au front. Ils nouent ensemble une relation qui ne durera qu’un an mais, petit à petit, il s’éloignera d’elle. Il aura au moins connu l’amour car à ses 20 ans (en 1923) l’auteur mourra d’une fièvre qu’il a attrapée en se baignant dans la Seine.

 

Photo extraite du film Le diable au corps de Claude Autant-Lara.
Source : http://tanukiwo.free.fr/cine/fi/diableaucorps.htm

Le rythme du livre varie beaucoup entre les moments où les deux amants sont ensemble et ceux où ils ne le sont pas. Il est plus joyeux et agréable quand ils sont ensemble et que tout va bien. Mais quand le héros du roman est triste où qu’il n’est pas en compagnie de la jeune femme, les passages semble plus longs, le rythme plus lent, on a beaucoup de descriptions, et le jeune homme semble froid…

Par contre, ce qui m’a plu dans ce livre est le fait qu’on se sent tous concernés par l’histoire que nous raconte l’auteur. On a tous déjà aimé quelqu’un, que ce soit réciproque ou non. On arrive à se projeter dans l’histoire, si bien que en ce qui me concerne cela m’a rappelé des souvenirs. L’histoire du livre est très intéressante, j’ai aimé les passages de description où l’auteur nous raconte comment les deux amants passent du bon temps. Comme cette journée où ils se baladent sur la Seine sur une barque, où François et Marthe s’amusent ensemble. C’est comme si on arrivait à sentir le bonheur qu’ils éprouvent l’un pour l’autre grâce à l’intensité de leurs sentiments. Mais ce que j’ai aimé par-dessus TOUT c’est le fait qu’en tant que lecteur, quand on lit ce roman et qu’on suit leur relation, on a envie qu’ils finissent pour de bon ensemble. Même si on sait que ce n’est pas possible, on y croit autant que les deux personnages du livre. On veut que Jacques ne revienne jamais QU’IL MEURT MÊME SUR LE FRONT ! Pour que le couple parte vivre ensemble avec leur enfant ! C’est pour moi le point le plus fort du livre. J’ai beaucoup aimé le fait que l’on peut suivre leur histoire d’amour pleinement en même temps qu’eux. Comme si nous, lecteurs, étions les yeux de ces deux personnages. 

J’ai pris plaisir à lire ce roman, c’est pourquoi je lui attribue trois étoiles et demie. Amateurs de roman d’amour ou non, je suis sûre que ce livre va vous plaire !


Radiguet, Raymond. Le diable au corps. Hachette, 2004. Bibliolycée, 21. ISBN 2-01-169041-2

Sophia KOUCH, 1ST2S1

posted by kouchsophia in Présélection 2022,Tout feu tout femme and have No Comments

Des femmes culottées comme jamais !

« 15 portraits de femmes qui ont inventé leur destin »

Source : https://images-e.esidoc.fr/1928/848/9782070601387.jpg

Pénélope BAGIEU. Source : https://start.lesechos.fr/societe/culture-tendances/penelope-bagieu-nous-a-parle-des-culottees-et-de-son-parcours-1178043

Dans ce premier tome des Culottées Pénélope BAGIEU nous fait découvrir à travers de courtes histoires autobiographiques (5 à 10 planches), plusieurs personnalités féministes de cultures et d’origines différentes dont LAS MARIPOSAS, Agnodice, Leymah GBOWEE, Christine JORGENSEN… Elles vivent chacune à des époques différentes. Toutes ces femmes se sont battues contre les préjugés de leur temps et pour des causes qui leur tenaient à cœur…  Par exemple Leymah GBOWEE a combattu pour que la guerre cesse dans son pays. Elle est venue en aide à toutes les femmes du Libéria, pays où une femme sur deux était violée ! Les femmes ne peuvent nourrir leurs familles et personne ne prend en considération leurs difficultés. C’est scandaleux ! Dans ce pays où seuls les hommes peuvent mettre fin à cette guerre civile, à ce calvaire, en prenant la décision de ne plus se battre, GBOWEE va se révolter et encourager les femmes à faire une grève du sexe ! Pendant cette guerre, elle va également subir des violences conjugales. Je trouve qu’elle fait preuve de beaucoup d’audace et de courage puisqu’elle gère en même temps ses problèmes personnels et ceux des autres femmes. Elle a eu aussi le culot d’affronter les dirigeants. Se sentant impuissante, elle décide de se mettre nue devant les chefs de guerre, geste très grave dans leurs croyances. C’est une femme extrêmement forte moralement et physiquement. GBOWEE est un véritable exemple pour les femmes de son pays. Le monde devrait suivre son exemple : « Quand on veut, on peut ! » Nous devons toutes nous révolter comme cette féministe lorsque nous ne sommes pas d’accord !

Ces femmes ont toutes lutté pour plus d’humanité et améliorer la société… et rendre le monde meilleur. Certaines d’entre elles ont été victimes de sexisme, de violences conjugales. Mme BAGIEU nous explique cela dans cette BD en nous faisant passer beaucoup d’émotions avec ces histoires, toutes bouleversantes.

Je ne vais pas vous raconter en détail ce qu’elles ont dû accomplir. Je veux juste vous donner l’envie de découvrir cette BD.

En 2016, la BD est finaliste du prix Bédélys monde, puis en 2019, l’auteur obtient le prix Eisner de la meilleure édition américaine d’une œuvre internationale. Culottées est adaptée en série animée de trente épisodes en 2020 par France Télévision. L’avoir adaptée en série animée permet de se projeter encore davantage dans ces vies de combat, surtout pour ceux qui n’aiment pas lire ou qui préfère l’audiovisuel. Cette version permet de les valoriser, de les faire connaître à un large public.

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Source : https://static.mmzstatic.com/wp-content/uploads/2016/02/les-culottees-mariposas-penelope-bagieu.jpg

J’ai aimé cette BD. Elle est plaisante, captivante. C’est la première fois que je lis aussi rapidement. Les illustrations très colorées m’ont réellement donné envie de continuer ma lecture ; je ne pouvais plus m’arrêter. Elles m’ont permis de visualiser de façon plus précise les difficultés que ces femmes ont rencontrées, de ressentir leurs émotions et de me mettre dans la peau des différentes héroïnes ; tout cela dans un style humoristique ! Par exemple Agnodice ne pouvait pas exercer le métier de gynécologue à Athène en 350 AV-J-C. Les Athéniens interdisant aux femmes d’exercer la médecine. Les hommes les soupçonnaient de pratiquer des avortements. Agnodice, mécontente de cette situation, va donc se révolter et partir étudier la médecine en Egypte afin de réaliser son rêve. Elle se déguise en homme dans le but d’exercer ce métier et d’aider les femmes à accoucher. Ses actions ont permis de faire évoluer la législation athénienne puisqu’au début ce métier n’était exercé que par les hommes. La première femme a avoir obtenu son diplôme de médecin en France est Madeleine BRES… en 1875 !

Dans la forme, je trouve cela agréable que l’auteur écrive les textes en limitant les bulles avec des illustrations qui ressemblent à des « caricatures » et je pense que si l’auteur l’avait écrit sous forme de roman, cela aurait été plus indigeste. Avec une bande dessinée on arrive plus rapidement à l’essentiel. J’ai également apprécié la force de caractère, le courage de ces femmes comme par exemple les sœurs MARISPOSAS qui veulent tout faire pour changer le régime dictatorial de Rafael TRUJILLO en République dominicaine. On le surnomme « El JEFE ». L’une des sœurs MARISPOSAS subit des gestes, des mots déplacés, « sexistes », par le dictateur sous forme de métaphore tels  que « Voulez-vous voir mon avion ? » Un jour elle se révolte et lui dit  : « MAIS IL VA ME LÂCHER LUI ? !!! ».  Beaucoup n’auraient pas osé répondre aussi familièrement à un homme ayant du pouvoir.  Autre exemple, Christine JORGENSEN, née homme, a fait preuve d’énormément de courage en voulant changer de sexe, surtout à l’époque dans laquelle elle vit, au 20ème siècle. C’était une découverte pour la société, du jamais vu !

Planche consacrée à Christine JORGENSEN. Source : https://static.mmzstatic.com/wp-content/uploads/2016/04/les-culottes-bagieu-george.jpg

Toutes ces femmes ont su démontrer qu’elles avaient aussi en elles une énorme force de caractère, une volonté de fer, à toute épreuve. Toutes les histoires sont concises, simples à comprendre et très variées, avec des destins différents ; c’est l’une des raisons pour lesquelles je vous conseille vivement cette BD !

Toutes ces femmes ont osé s’affirmer. Elles ont toutes porté la culotte !!!  Ce n’est pas pour rien qu’on les surnomme « Les CULOTTÉES ». Je ne sais pas comment le monde aurait fait sans elles… Même si des progrès ont été faits, il y a toujours trop de violences, de préjugés. Quand cela cessera-t-il ? Ces biographies m’ont permis d’en apprendre davantage sur ces personnalités. Je remercie bien volontiers cette auteure de les avoir écrites.

Ce livre vaut largement 5 étoiles !

Bagieu, Pénélope. Culottées : Des femmes qui ne font pas ce qu’elles veulent Tome 1. Gallimard, 05/2017. 144p

Lisez-le …succès garanti ! Bonne lecture !

Chloé LEGAY, 1ST2S1.

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Le nerf de la guerre !

Mes chères études - couverture livre occasion

https://quaideslivres.fr/livres-d-occasion/livre-de-poche/mes-cheres-etudes-laura-d-56558

L’argent est l’élément principale de notre vie, c’est ce que nous raconte Laura.D avec son récit Mes chères études. Ce roman est un témoignage qui a pour but de sensibiliser aux conditions de vie difficiles des étudiants et plus particulièrement des étudiantes. En effet ce récit traite d’un sujet tabou de la société : la prostitution étudiante  Vous êtes-vous déjà demandé comment ces jeunes filles en sont arrivées là ?

De nos jours, plus de 40 000 étudiantes doivent vendre leurs corps pour payer leurs études, leur loyer ou encore leur nourriture. C’est ce que nous confie Laura, 19 ans. Elle ne peut pas aller dans une école de commerce par manque d’argent. Elle décide de prendre un autre chemin, celui d’une université de langues. Pourtant il faut bien un logement pour pouvoir vivre… Elle est bouleversée par le fait de ne pas en trouver à un prix raisonnable. Son petit-ami Manu lui propose de vivre avec lui à V. (elle préfère garder la ville sécrète afin que ses parents n’apprennent pas son passé). Pour Laura cela devient un rêve. Deux mois plus tard, ils habitent enfin ensemble, sauf que les rêves ne finissent pas toujours bien ou ne se réalisent pas toujours vraiment. Un soir, après ses cours à l’université, Manu se montre réticent et lui demande de payer la moitié du loyer. Laura décide alors de trouver des petits boulots comme travailler dans un restaurant ou faire du télémarketing. Mais au fur et à mesure, ses moyens financiers diminuent. Ne pouvant plus se nourrir correctement, Laura a un malaise à l’université. Un soir, n’en pouvant plus de sa vie compliquée, elle cherche une offre d’emploi qui pourrait l’aider à subvenir davantage à ses besoins. Elle tombe sur une annonce des plus étranges réservée aux plus de 18 ans proposant deux catégories « vénale ou pas ». Prise de curiosité, Laura clique et tombe sur une annonce proposant « un massage ». Elle décide d’en savoir plus et fait la rencontre de Joe, la cinquantaine, qui lui propose de la payer 100 euros pour une heure. Ayant besoin d’argent au plus vite, elle accepte. Le jour de la rencontre, celui-ci lui donne une lettre qui bouleversera sa vie… Rien ne sera plus jamais comme avant !

Un récit fait de rebondissements et de drames au service du suspense !

Dans Mes chères études j’ai pu remarquer que certains mots sont vulgaires. La lecture est assez crue. Ce genre de récit est pour un public averti car il faut avoir le cœur bien accroché. De plus, le style de l’auteure est plutôt familier. Certains passages sont grossiers, ce qui nous démontre bien la plupart du temps le contexte de ce récit. Je cite : « Allez, crache-le que tu es en manque de cul  » !  Sinon j’ai beaucoup aimé la structure du texte qui me faisait penser à un journal intime. Chaque chapitre est introduit par une date et un mot-clé qui permettent de faire des hypothèses sur le reste du récit, ce que j’ai particulièrement apprécié.

Dans cette histoire, certains points m’ont beaucoup touchée et même heurtée. Pour commencer, Laura nous raconte sa relation difficile avec son père. Comme toutes les petites filles, elle voit son père comme un héros. Pourtant cette partie de l’histoire m’a attristée car nous apprenons que son père la laisse seule alors qu’elle aurait eu besoin de son soutien. Qui plus est, pour moi, un père doit toujours nous aider, nous éviter de nous détourner du droit chemin, ce qu’il n’a pas fait. J’ai ressenti le profond mal-être de Laura quand elle était rabaissée comme le montre par exemple cette phrase : « Attends mais je te jure ! C’est une pute ». Certains inconnus la jugent alors qu’ils ne connaissent rien de sa vie. Aimerez-vous être traité-e ainsi ? Je ne pense pas ! Alors imaginez pour elle, qui se sent déjà mal de devoir se prostituer… Comme elle le dit : « Il y a des voix dans ma tête qui me répètent inlassablement que je suis une pute. J’ai vendu mon corps contre de l’argent ». Pour continuer, Laura m’a fait penser à beaucoup d’adolescentes qui cachent leur seconde vie à leurs parents pour ne pas les inquiéter. J’aurai fait la même chose pour ne pas les blesser. De plus, Laura nous explique dans ce livre que toutes ces épreuves l’ont fait grandir trop vite. Je me suis dit qu’elle a eu du courage de supporter ça toute seule. Personnellement cela me terrifie !  Pourtant même si nous avons des vies différentes, nous essayons de réussir nos études toutes les deux pour réussir notre avenir !

J’ai aussi aimé le moment où elle rencontre Olivier qui jouera un rôle très important dans ce cauchemar. Ce passage nous montre qu’on est capable de parler à des personnes de confiance. Cependant Laura va-t-elle parvenir à sortir de ce cercle vicieux ? Pour  le savoir il vous faudra lire le livre !  Pour finir, j’ai adoré le fait qu’il s’agisse d’un témoignage. Cela lui a permis d’extérioriser et d’expliquer aux autres l’enfer de la prostitution étudiante. 

On ne se prostitue pas plaisir !

En effet, nous découvrons que l’une des principales causes de la prostitution est le manque d’argent de certaines étudiantes. Pour survivre, elles se mettent en danger en vendant leur corps et en subissant du harcèlement, des menaces ou de la violence… Ce livre entre parfaitement dans la thématique du prix littéraire Carnot « Tout feu tout femme  » car l’auteure veut nous sensibiliser sur ce problème qui touche beaucoup de jeunes femmes. Elle veut surtout interpeler les étudiantes à ne pas tomber dans ce cercle vicieux. C’est pour cela que j’attribue à ce récit une notre 3,5 sur 5 d’étoiles.

Bonne lecture, en espérant que ce livre vous plaira !

Laura D. Mes chères études. Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée. J’ai lu, 02/2009. 253 p. J’ai lu récit. ISBN 978-2-290-01127-0

Amélie PORTIER, 1ST2S1

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À la fois Ange et Démon…

Eliette Abécassis en 2009. Source : https://fr.wikipedia.org/ wiki/ % C3%89liette_Ab%C3%A9cassis

Etre une femme c’est difficile ! C’est ce que nous fait comprendre ce roman d’Eliette Abécassis. L’écrivaine est engagée dans des associations de lutte pour les droits et la liberté des Femmes, et notamment l’association SOS les Mamans. Dans ce roman nous pouvons percevoir son engagement car l’autrice centre son récit sur des personnages féminins et leurs relations compliquées.

Dans ce roman, Eliette Abécassis a écrit des chapitres bien détaillés avec beaucoup de suspense ce qui nous permet de bien analyser le thème principal. Elle nous raconte principalement la relation entre une mère, Sonia, et sa fille Nathalie.  Sonia est créatrice dans le monde de la mode. Elle aimerait que sa fille en fasse de même, mais celle-ci n’est pas convaincue, ça ne l’intéresse pas. Finalement surprise par ses capacités dans ce domaine, Nathalie se laisse tout de même emportée par la mode et devient même meilleure que sa mère ! Dès que Sonia se rend compte de la popularité de sa fille, une jalousie extrême apparaît puisque plus personne ne s’intéresse à elle, plus aucun regard ne se pose sur elle.  A travers la jeunesse de sa fille elle se rend compte que lorsqu’une femme prend de l’âge les gens ont tendance à ne plus la trouver belle, intéressante… attirante !

Personnellement, j’ai aimé lire ce livre alors que généralement la lecture n’est pas vraiment mon point fort. Les chapitres sont très longs et très détaillés mais le style est fluide avec beaucoup de finesse, ce qui rend la lecture facile. Chapitre après chapitre, page après page, je n’arrivais pas à m’arrêter car je me sentais tellement concernée par cette relation mère-fille que je me suis accrochée à l’histoire. J’ai ressenti les douleurs, par exemple lorsque la mère dénigre sa fille, et l’amour, lorsqu’elles s’entraident pour affronter leurs problèmes de femmes.

Dans un des passages du roman, l’autrice nous explique que Sonia peut être soit l’ange gardien de sa fille, soit son démon, sa pire ennemie. Au début de sa carrière, Nathalie a participé à un défilé de mode devant toutes les personnes de la ville. Sonia était fière d’elle, émue de la voir si belle et de voir que sa fille était comme elle. Malheureusement la jalousie a fait surface et Sonia s’est mise à rêver d’être à la place de sa fille. Dès lors nous pouvons voir que la mère peut complimenter sa fille puis, en deux minutes, changer d’attitude et la rabaisser. Une relation complexe, faite d’amour, de conflits, de possession et d’admiration se met en place. Je trouve ce passage important car il représente le noyau de l’histoire, toute leur vie tourne autour de la jalousie et de l’amour.

En lisant ce roman on se rend compte que c’est tellement réaliste que nous pouvons nous mettre à la place des personnages principaux. En tant qu’adolescente il m’arrive les mêmes problèmes avec ma mère. J’ai donc eu tendance à m’identifier au personnage de Nathalie. J’ai les mêmes pensées et réactions qu’elle envers sa mère lors des conflits. J’ai l’impression qu’Eliette Abécassis a écrit ce roman en s’inspirant de sa propre vie et veut nous faire comprendre quelque chose… Que veut-elle nous faire comprendre, allez-vous me demander ? Elle veut nous faire réaliser qu’être une Femme est EXTRÊMEMENT compliqué, et cela malgré l’évolution de l’égalité entre les hommes et les femmes. Finalement les femmes sont toujours « inférieures » aux hommes dans certains domaines. L’autrice montre toutes les « galères » des femmes. Elles doivent par exemple obligatoirement prendre soin d’elles au risque que les hommes ne s’intéressent plus à elles. Quand une femme prend de l’âge on la trouve tout de suite moins attirante alors qu’un homme qui prend de l’âge pourra souvent être complimenté. On dira c’est un « bel homme »… Je trouve ça injuste, nous sommes tous pareils mais nous, les femmes, nous subissons ce que les hommes ne subissent pas !

De plus Eliette Abécassis nous montre à quel point les femmes sont fortes : «les femmes sont des chefs d’orchestre qui dirigent des deux mains de multiples d’instruments.»  Les femmes sont capables faire plusieurs choses à la fois ! Au début du livre, nous nous posons énormément de questions. Mais qui est vraiment la narratrice ? Qui sont toutes ces femmes ? En effet des noms féminins sont cités mais nous n’avons pas d’explication sur leurs personnalités. Et ce n’est qu’à la fin que nous avons les réponses à nos questions, une fin qui est d’ailleurs très surprenante ! Pendant la lecture, nous nous demandons si la possessivité va être plus forte que l’amour et va détruire complètement leur relation ou, à l’inverse, si l’amour va être plus puissant et qu’elles vont se retrouver face aux problèmes qu’elles rencontrent dans leur vie.

https://www.albin-michel.fr/mere-et-fille-un-roman-9782226186683

Source : https://www.albin-michel.fr/mere-et-fille-un-roman-9782226186683

Cela m’a marqué puisque pour la plupart d’entre nous, les adolescentes, c’est réel ! Nous avons tendance à faire une crise d’adolescence, et cela crée des conflits entre notre mère et nous. C’est exactement ce qui ce passe dans certains chapitres entre Sonia et Nathalie. De ce fait certains chapitres jouent sur nos sentiments, surtout la fin qui m’a beaucoup émue… mais je ne vous dirai pas pourquoi, à vous de le découvrir !

C’est donc pour cela que je vous conseille fortement de lire ce roman Mère et fille, un roman !

Abecassis, Éliette. Mère et fille, un roman. Librairie Générale Française, 04/2010. 123 p. Le Livre de poche, 31739. ISBN 978-2-253-12812-0

 

Madyson BIEGANSKI, 1ère ST2S1

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Une fois la peau revêtue, une double vie est en vue !

Compassion, anxiété, tendresse, sont les émotions que va vous faire découvrir cette incroyable BD d’Hubert et Zanzim !


Hubert. Source : https://fr.wikipedia.org/

Scénariste de cette BD, Hubert est issue d’une famille peu aisée et hostile à l’homosexualité. Les difficultés qu’il a traversées l’ont inspiré. Il créé dans ses œuvres « beaucoup de monstres et de personnages en marge ». C’est pour cela qu’il à décidé d’écrire Peau d’Homme, une façon idéale pour lui de faire passer un message contre l’homophobie. Message qui est, pour lui, très important. Son parcours personnel le pousse à sensibiliser les gens sur à ce sujet, ou du moins il essaye et y démontre à travers cette œuvre une grande volonté.   

Zanzim Source : https://www.bedetheque.com/ auteur-5336-BD-Zanzim.html

En 2015 Zanzim participe à l’ouvrage collectif Les Gens normaux : paroles lesbiennes gay bi trans qui aborde la question des orientations sexuelles. Cet ouvrage publié en 2013 contient des témoignages et textes de référence alors qu’en France a lieu le vote pour la loi qui légalise le mariage homosexuel. On remarque que les deux auteurs ont déjà abordé certains thèmes présents dans Peau d’Homme. On peut donc en déduire que, leur vie personnelle, particulièrement pour Hubert, a pu les pousser à travailler sur ce genre de thématique.

Source : https://www.brain-magazine.fr/ article/brainorama/62679-Les-livres-de-l-ete

Peau d’Homme met en scène les aventures de Bianca et se déroulent en Italie, à l’époque de la Renaissance. Cette BD a connu un grand succès, remportant le grand prix de la critique 2021 et sélectionné pour le fauve d’or au Festival d’Angoulême 2021 !

Dans cette BD, Bianca est une demoiselle qui doit se marier à un homme, Giovanni. Homme qu’elle ne connait pas ! Qui est ce Giovanni ? Comment épouser un homme qu’on ne connait pas ? Eh bien pour le découvrir, elle va enfiler une mystérieuse peau semblable à celle d’un homme. Cette peau est transmise dans sa famille de femme en femme, de génération en génération. A cette époque, les coutumes et traditions sont bien plus exigeantes qu’on ne le pense. Grâce à cette peau d’Homme, on voit comment les femmes s’organisent face aux traditions. Confier sa vie à un inconnu et créer une future famille, est-ce si c’est difficile ? C’est ce que Bianca veut découvrir. Si elle doit partager sa vie avec un parfait inconnu, elle le fera… mais pas à n’importe quel prix et n’importe comment ! Mais je ne vous en dis pas plus…                       

Peut-être un livre de plus sur l’étagère de votre bibliothèque ? J’espère au moins vous en convaincre !     

INCONTOURNABLE ! Je suis très agréablement surprise d’aimer autant une BD. Habituellement j’ai horreur de lire des romans, pièces de théâtre, enfin, tous types de livres, même des BD ! Eh bien j’ai adoré celle-ci car l’histoire n’est pas complexe, on arrive à bien « déchiffrer » à quel moment quel personnage est concerné, qui parle, ou encore ce qui lui arrive. D’ailleurs les images complètent très bien le récit, elles sont plutôt claires et précises et sont source d’émotions.

Planche tirée de la BD. Source : https://www.franceinter.fr/culture/ bande-dessinee-peau-d-homme-d-hubert- et-zanzim-une-petillante-ode-a-la-tolerance

J’aime aussi le fait que les couleurs soient vives lors des événements joyeux, et plus sombres lors des événements plus tristes. Grâce à cela je trouve que l’on ressent encore plus les émotions que veut nous faire passer cette bande dessinée. Par exemple, au moment ou Lorenzo, en réalité Bianca sous sa fameuse peau d’Homme, doit reposer définitivement sa peau, les images étaient tellement descriptives, tellement en phase avec les paroles, que j’ai ressenti la tristesse qu’elle ressentait. C’est vraiment bien, on se met entièrement à la place du personnage. J’aime beaucoup aussi le suspense que certains personnages, comme Giovanni, mettent en place dans l’histoire. Cela ajoute un plus à l’intrigue, et c’est ce que j’aime ! Parfois, Giovanni laisse paraître des hypothèses, des sous-entendus à Lorenzo, sans pour autant lui dire clairement ce qu’il pense. Car, au delà de la condition féminine, Peau d’Homme aborde aussi le thème de l’homosexualité, Giovanni n’étant pas insensible aux charmes de Lorenzo ! Je trouve ça intéressant parce que cela nous fait réfléchir sur le déroulement du récit. Sinon, l’histoire en elle-même est plutôt facile à comprendre, c’est également ça qui me plait dans cette BD, pouvoir la comprendre facilement. En revanche j’apprécie un peu moins la toute fin de l’histoire, celle-ci est très brève, j’aurais aimé savoir plus de choses sur le futur de Bianca, de Giovanni et des autres personnages. 

Maintenant c’est à vous de décider si vous avez envie ou non de lire cette fameuse BD. Bien évidement, si ça ne tenait qu’à moi, je vous la conseillerais fortement et vous la mettrais entre les mains ! Vous vous devez de vous y intéresser, cela en vaut vraiment le coup ! 

Pour Peau d’Homme j’attribue un 4/5. Pratiquement tout est parfait à mon goût, si ce n’est la fin où je m’attendais à quelque chose de plus développé, mais c’est sans doute aussi la frustration de terminer la lecture de cette BD qui m’a fait ressentir cela ! Ou alors c’est peut être moi qui suis juste trop curieuse à vouloir en savoir davantage sur le devenir des personnages…

Hubert / Zanzim. Peau d’homme. Glénat, 04/2020. 159 p. 1000 feuilles. ISBN 978-2-344-

Bonne lecture à vous !

Sarah POIRIER 1ère ST2S1                                                                                                                                       

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Pour libérer une femme, il faut supprimer son bourreau

 

Camilla Läckberg hyllas för sin nya kropp: "Vilken kropp ...

Camilla Läckberg     Source : https://nyheter24.se/noje/870322-camilla-lackberg-hyllas-for-sin-nya-kropp-vilken-kropp-du-har

Préparez-vous à découvrir l’histoire de trois femmes prisonnières de leur mariage !

Femmes sans merci nous raconte l’histoire de trois femmes : Ingrid Steen qui a abandonné sa carrière de journaliste au profit de celle de son mari, Tommy, mais découvre que celui-ci la trompe. Birgitta Nilsson qui se sait malade depuis longtemps mais ne cesse de repousser les rendez-vous chez le médecin de peur que les examens ne révèlent les ecchymoses qu’elle a sur son corps et dévoilent les violences quotidiennes que lui fait subir son mari, Jacob. Enfin, Victoria Brunberg, qui a quitté son pays natal, la Russie, pour venir s’installer en Suède avec Malte, un homme qu’elle a rencontré sur internet et qui ne se révèle malheureusement pas être le mari dont elle a rêvé. Malte lui fait subir des humiliations à longueur de journée et se sert d’elle comme d’un « simple objet » !  Humiliées, maltraitées et battues, ces trois femmes vont trouver du réconfort sur un forum de discussions. C’est à ce moment qu’elles vont élaborer un plan pour se libérer de leur bourreau : mettre sur pied des meurtres parfaits !

Ces femmes qui ont vécu l’enfer durant des années vont-elles réellement commettre l’irréparable ? Vont-elles abandonner cette idée ? A vous de le découvrir…

Telecharger Camilla Läckberg – Femmes sans merci (2020) en ...

Source : https://pdf.1001ebooks.com/romans- gratuits/camilla-lackberg-femmes-sans-merci-2020-a4/

J’ai beaucoup aimé ce roman, l’histoire de chacune de ces femmes m’a beaucoup touchée. J’ai éprouvé de l’empathie pour elles et de la haine envers leurs maris, à tel point que même lorsqu’elles envisagent de commettre des meurtres je ne pouvais pas leur en vouloir ! Leur détresse m’a poussé à les soutenir dans cette idée extrême. J’ai énormément aimé ce livre car il nous transmet beaucoup d’émotions qui vont de la haine à l’empathie en passant par la peur que ces femmes ne s’en sortent pas. Femmes sans merci pose de nombreuses questions sur la condition de la femme, pas seulement dans la société, mais aussi dans son propre foyer. Il montre le contrôle que peut avoir un homme sur une femme par la violence et autres humiliations. Les hommes pensent peut-être que, sous prétexte qu’ils sont plus « forts », ils peuvent se permettre d’oppresser ou d’agir de la sorte sur les femmes. Cela vient peut-être du fait que pendant plusieurs siècles la femme était à peine considérée comme un être humain. C’est peut-être pour cela que certains hommes se permettent de telles atrocités, même si, bien évidement, cela n’excuse rien ! Ce roman de Camilla Läckberg nous fait également comprendre qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que quelqu’un qui a l’air gentil peut s’avérer être pervers ou même violent. C’est pour cela que, pour moi, cette histoire intense et captivante vaut largement 4 étoiles.

Je vous laisse vous faire votre propre avis, bonne lecture à vous !

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Läckberg, Camilla. Femmes sans merci. Actes Sud, 06/2020. 141 p. Actes noirs. ISBN 978-2-330-13573-7

Audrey SART, 1st2s1

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