De Lugdunum à la Lyon Renaissance

Billet de blog écrit à quatre mains par Tyfaine de 1L2 et Lina de 2nde10

Un parcours dans le Vieux Lyon. (Lina)

Du Musée Gallo-romain (Lugdunum), nous sommes partis à pieds en direction des ruelles du Vieux-Lyon afin de pouvoir y admirer l’héritage Renaissance de Lyon. Nous sommes ainsi passés par les Musées Gadagne, que nous n’avons malheureusement pas pu visiter ; néanmoins nous avons pu voir la cour qui est d’une grande beauté abritant un puits et étant absolument majestueuse grâce son architecture très épurée.

Entrée principale des Musées Gadagne place du Petit Collège à Lyon

Vue de la cour intérieur des Musées Gadagne

Après être passés par la rue Juiverie, nous avons bifurqué afin de pouvoir observer la Maison Claude Debourg. Elle n’est semblable à aucune autre grâce à sa façade de style gothique ainsi que grâce à ses ouvertures très étroites.

Détail de la façade Renaissance de la Maison Claude Debourg à Lyon

De là, nous sommes passés par la Place du Change, où il nous  été permis d’observer la Maison Thomassin et la Loge du change devenue Temple protestant.

Vue de la façade de la Maison Thomassin située Place du Change à Lyon

Nous sommes ensuite passés devant la maison du Chamarier : elle est caractérisée notamment par ses fenêtres à meneaux, dont quelques uns, manquent. Son style gothique se mélange avec merveille à celui de la Renaissance la rendant donc reconnaissable entre mille. Sa cour intérieure est typique des cour du Vieux-Lyon.

La Maison du Chamarier, Rue Saint Jean

Nous avons ensuite emprunté la rue Saint Jean, la rue principale du Vieux-Lyon, dans laquelle on peut observer de nombreuses maisons de la Renaissance. C’est une rue très commerçante, abritant des boutiques, des restaurants… Nous avons ensuite rejoint la place Saint Jean sur laquelle se trouve une fontaine reproduisant le baptême du christ par Saint Jean Baptiste dans un petit temple néo-renaissance. Sur cette fameuse place se trouve également la Primatiale Saint-Jean. Cette Primatiale marie parfaitement le style gothique et roman.

Jean le Baptiste baptisant Jésus, Fontaine de la place Saint Jean

Façade occidentale de la Primatiale Saint Jean

Aux cotés de la Primatiale on peut observer la Manécanterie, il s’agit du lieu ayant servi de réfectoire aux chanoines de Saint-Jean avant d’être transformée en logis pour les chantres de la cathédrale.

Façade de la Manécanterie

Visite du musée de l’imprimerie et de la communication graphique. (Tyfaine)

A l’issue de la promenade urbaine dans le Vieux Lyon, nous avons pu parcourir les salles du Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, situé dans le deuxième arrondissement de Lyon. Nous nous sommes donc intéressés à l’évolution de cette imprimerie, à la fabrication du papier, aux méthodes d’impression et aux différentes polices utilisées à la Renaissance. Nous avons même pu comparer une page de Bible écrite à la main par un moine copiste avec une autre faite à la machine à imprimer. Cette machine à imprimer reprend le principe des tampons. Il fallait d’abord tailler des caractères dans du bois ou du plomb (en fonction de l’époque), y ajouter de l’encre puis presser les tampons contre du papier.

Cour intérieure du Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique

Vue intérieure du musée

Une matinée au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint Etienne Métropole

Billet rédigé par Pauline M et Jodie R de TL3

Façade du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint Etienne Métropole

Le 29 mars, nous nous sommes rendus au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole qui fête en ce moment ses 30 ans. Accompagnés des Secondes « Patrimoines » et des Premières inscrites en Histoire de l’Art, nous avons donc visité les différentes salles du musée avec une médiatrice culturelle. Nous avons abordé les différentes œuvres de la collection du musée sous l’angle de la sacralisation de l’Art qui est à notre programme de spécialité.  Nous avons donc pu étendre notre réflexion sur la question du sacré dans l’art et ses représentations.

Fernand Léger (1881-1955), Trois femmes sur fond rouge, huile sur toile, 138,5 cm X 95,5 cm, 1927,

Nous avons également abordé la question de la scénographie et de ses enjeux grâce aux échanges que nous avons pu avoir avec deux techniciens du Musée qui nous ont présenté leur métier et tous les paramètres à prendre en compte lors de l’installation d’une exposition. En effet, ce « white cube » (espace d’exposition) est aménageable de différentes façons. Grâce au plan libre, les commissaires d’exposition et les techniciens peuvent laisser libre cours à leur imagination. Mais des contraintes, comme le budget restreint ou la nécessité de conservation des œuvres, mènent ces acteurs de l’ombre à ruser pour proposer aux visiteurs des scénographies innovantes.

Le Musée d’Art Moderne et Contemporain a été construit par l’architecte Didier Guichard. Il accueille des visiteurs depuis 1987 dans la commune de Saint-Priest en Jarez. Le musée collectionne depuis 30 ans environ 20 000 œuvres, ce qui fait de lui le deuxième musée d’art moderne et contemporain de France, après le Centre Pompidou à Paris.

My Red Homeland de Anish Kapoor au MAMC de Saint Etienne

Kahlo au Musée des Beaux Arts de Lyon

Billet rédigé par Wideline de 1ère L2

Photographie de Frida Kahlo en 1927, à l’âge de 19 ans

Frida Kahlo Calderon est une belle jeune femme métisse dont la mère, Mathilde Calderon, est d’origine indienne et dont le père, Wilhelm Kahlo, est un photographe d’origine allemande .

Née le 6 juillet 1907 dans un quartier populaire de Coyoacàn au sud de Mexico, Frida Kahlo décèdera dans son pays natal en 1954. Passionnée par les talents de son père, elle entre à l’école Nationale Préparatoire en 1922. Après des années d’études, Frida Kahlo se spécialise dans la peinture surréaliste, un mouvement artistique puisant dans les procédés psychiques tels que l’automatisme, le rêve, l’inconscience…

Le 17 septembre 1925, elle est victime d’un affreux accident d’autobus qui endommage son ventre, son pied droit mais aussi son dos. Ce drame a de graves conséquences sur sa santé alors même que Frida Kahlo était déjà atteinte de la polio depuis son enfance, maladie infectieuse qui avait eu des conséquences sur sa colonne vertébrale et sur sa jambe droite.

Tout au long de cette période marquée par les souffrances dues au grand nombre d’interventions chirurgicales qu’elle a dû endurer, Kahlo se consacre à la peinture. Cela est pour elle un moyen de supporter la vie grâce à la réalisation d’autoportraits, de paysages naturels sans vie et de « portraits » d’animaux familiers (des perroquets, des petites singes).

En raison de son handicap, elle invente une technique nouvelle pour peindre :  elle fait installer un miroir au-dessus de son lit afin de pouvoir se représenter sur une feuille de papier posée devant elle.

Sa passion pour le surréalisme n’est pas seulement artistique mais aussi politique. En effet, en 1928, Kahlo s’inscrit au Parti Communiste Mexicain. Elle attache énormément d’importance à la défense et à l’émancipation des femmes mexicaines. Un engagement qui lui donne le courage de défendre la liberté sexuelle, elle qui assume sa position de femme moderne et bisexuelle.

Photographie de mariage de Diego Rivera et Frida Kahlo en 1929

En 1929, lors d’un débat politique, Kahlo fait la rencontre du célèbre peintre muraliste Diego Rivera (âgé de 20 de plus qu’elle) qu’elle épouse ensuite. Cet artiste mexicain majeur est connu pour ses peintures murales au Mexique et aux Etats-Unis ; elles illustrent de nombreuses convictions socialistes ainsi que l’histoire préhispanique du Mexique.

En 1938, Kahlo réalise sa toute première exposition officielle à New York à la Julien Levy Gallery dans laquelle elle montre son talent et son style particulier qui lui permet d’exprimer toute sa souffrance.  Dans ses tableaux très léchés et de très petite taille  à cause de ses difficultés de déplacement, Kahlo délivre son attachement à sa terre, à ses traditions et à la culture indigène.

La colonne brisée, 1944, huile sur masonite, 38.6 cm x 31 cm

La colonne brisée est un tableau de Frida Kahlo qui dévoile une partie de Kahlo.Elle se représente au centre du tableau en être abattu. Elle dévoile ses souffrances et ses blessures. 1944 est une date où sa santé s’est détériorée et elle a été obligée d’adopter un corset métallique. Ici sa souffrance est symbolisée par des clous plantés dans son corps entier. Son corps est déchiré et dévoile son squelette qui laisse apparaître sa colonne vertébrale sous la forme d’une tige de fer.  Sa poitrine est entourée de morceaux de bande blanche qui nous rappellent les bandes qui maintiennent le corps de Kahlo. Nous voyons aussi une espèce de toile blanche qui cache son bassin.  Au deuxième plan nous voyons un paysage mélancolique marqué par une terre desséchée et un ciel dégagé.

Quelques petites piqures, 1935, huile sur métal, 38 cm x 48.2 cm

Quelques petites piqures est un tableau résumant toute la souffrance de Frida Kahlo lors de l’avortement de son enfant. Frida, en raison de sa mauvaise santé, n’est pas capable de donner vie à un petit être. A peine après avoir appris à Diego Rivera qu’il allait être père, Kahlo se retrouve à l’hôpital et doit avorter.

Dans ce tableau Diego Rivera, une seringue en main, est représenté comme l’assassin de Kahlo (ici peinte en victime d’un meurtre, couchée sur un lit baigné de sang).  La victime sur le lit semble avoir été violée avant d’être tuée : son corps est dénudé (on peut distinguer ses parties intimes), ses cheveux sont désordonnés, et l’expression de son visage semble montrer qu’elle s’est fatiguée en combattant le meurtrier.

Autorretrato en la frontera entre Mexico y Estados Unidos, 1932, huile sur métal, 31 cm x 35 cm, de la Collection Manuel Reyero

Le tableau ci- dessus nous montre une femme en tenue de fiancée se tenant sur un socle au centre du tableau, il s’agit de Frida Kahlo. A gauche, il y a la présence du soleil et de la lune dans le ciel ainsi qu’une pyramide ruinée marquée par sa couleur grisâtre. En dessous, l’univers de la nature prend le dessus, la présence de plantes et de fleurs domine celui-ci. A droite, nous observons des usines, des grattes ciels, de la fumée, le drapeau des Etats-Unis, et dans une partie inférieure, des objets techniques électriques.

Une opposition entre la partie gauche et la partie droite est ici mise en évidence : le monde aztèque de Frida Kahlo représentant le Mexique et le monde pollué résumant les grandes villes et la modernité des Etats-Unis. Ce tableau résume deux cultures : la préhispanique ainsi que l’occidentale. Frida Kahlo se représente en tant que symbole du métissage, ni hispanique et ni occidentale, une mixité dont elle est fière.