Autodidaxie… énigme résolue ?!

Le 2 décembre dernier, les élèves inscrits en terminale HIDA spé se sont rendus chez nos amis du MAMC+ de Saint-Etienne pour visiter l’exposition « L’énigme autodidacte ». Evaëlle DSG nous livre ses impressions. Merci à elle!

« Nous sommes allés, dans le cadre de la spécialité Histoire des arts, visiter l’exposition « L’énigme autodidacte » au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint Etienne ; le commissariat de cette exposition qui se tient jusqu’au 3 avril 2022 a été assuré par Charlotte Laubard. Cette enseignante en école d’art a mené une enquête minutieuse pour résoudre l’une des grandes énigmes de l’Histoire de l’Art : l’autodidaxie ou comment produire des oeuvres d’art sans avoir été initié, formé (formaté?), policé? Cette exposition met donc en lumière des artistes (dont beaucoup de femmes) pratiquant ce qui relève peu ou prou de l’« Art Brut ». Nous pouvons ici rappeler ce que ce concept doit au grand Jean Dubuffet qui considérait que cette pratique artistique se caractérisait par l’indifférence de l’artiste à l’opinion d’autrui et par des références marginales mettant en avant la « mythologie » personnelle de l’artiste « brut ». Certains parlent «d’art des fous » pour évoquer cette pratique parfois proche, en effet de « l’art thérapie ».

L’exposition s’étale sur 1000m² et accueille plus de 200 œuvres. Parmi elles, nous retrouvons celles d’artistes des quatre coins du monde, telles qu’Irma Blank, Emma Kunz, Judith Scott, Ceija Stojka, Carole Rama ou encore Wendy Vanity. Autant d’univers artistiques et personnels différents et fascinants!

J’ai tout d’abord été séduite par la variété des types d’arts présentés car en effet, nous retrouvons aussi bien des photographies, que des sculptures, tableaux, écrans de télévisions, objets en tous genres en pâte à modeler… puis impressionnée par la diversité que l’art Brut peut créer à travers les différents artistes. Il laisse libre court à l’imagination et à la sensibilité de chacun ; une liberté qui concerne aussi bien l’artiste que le regardeur/spectateur. Par exemple, nous retrouvons l’artiste Emma Kunz, magnétiseuse et télépathe de profession qui réalisait ses tableaux grâce à un pendule puis reliait ensemble, les points qu’elle obtenait à l’aide d’un crayon de couleur ou d’un crayon gras. Pour elle, ses œuvres étaient des « matérialisations des forces magnétiques ». J’ai trouvé cette manière de traiter l’art très originale et mystérieuse. Que nous soyons adeptes ou non, il faut bien reconnaître que le résultat obtenu est « bufflant »…et curieusement symétrique.

En parcourant les salles de l’exposition ma curiosité, tout comme celle de la plupart de mes camarades, a été piquée par une œuvre en particulier : une salle composée uniquement de murs blancs éclairés par une agressive lumière très claire, presque aveuglante. Cette oeuvre de Tania Mouraud est une oeuvre immersive qui nécessite d’y pénétrer pour l’appréhender et l’apprécier. Nous avons donc eu la possibilité d’entrer seuls dans cette étroite pièce et de la laisser nous procurer des émotions et des sensations. Certains d’entre nous ont ressenti un certain onirisme et y trouver une ambiance invitant à la relaxation et redonnant de l’énergie… quand d’autres y ont plutôt  vu une salle de torture !

J’ai trouvé cette œuvre de Tania Mouraud intéressante car elle offre l’opportunité aux visiteurs d’expérimenter de nouvelles sensations et de laisser libre cours à leur imagination et à leur sensibilité. En effet, certains dansaient, fermaient les yeux, marchaient, se couchaient… profitaient tout simplement de ce moment dépourvu de tout regard pour faire ce qu’ils avaient envie. Je vous conseille fortement de visiter cette exposition car il y en a pour tous les goûts (pour peu que l’on accepte de se laisser surprendre par ces oeuvres toutes plus originales et novatrices les unes que les autres!) et elle met en valeur des génies formés à « l’école de la vie »! »

Où sont les femmes?! Au MAC Lyon!

Le 1er décembre dernier, les élèves inscrits en enseignement optionnel HIDA (ainsi que quelques aficionados de terminale spé!!), découvraient les expositions présentées au Musée d’Art Contemporain de Lyon. Voici ce que nous en dit Chiara B. qui a bien voulu partager ses impressions. Merci à elle!

« Femmes, art, femmes artistes, modernité, émancipation, réussir, se libérer, dépasser les codes, s’intégrer, égalité, accomplir, laisser une place aux minorités, stéréotypes, exposer, créer…

Du 15 septembre 2021 au 02 janvier 2022, le Musée d’Art contemporain de Lyon s’engage dans un éternel combat : celui de la place de la femme dans les arts. C’est ainsi que les élèves de l’option Histoire des Arts du lycée Honoré d’Urfé ont eu la chance de se retrouver au cœur d’une exposition entièrement orchestrée par des femmes.

En effet, plusieurs artistes féminines interviennent : Hélène Hulak (en dialogue avec Mel Ramos et son « male gaze« ), Christine Rebet, Delphine Balley, Jasmina Cibic ainsi que le couple Abramovi? & Ulay.

Truck (camion) d’Erwin Wurm, 2007 devant l’entrée du musée d’art moderne de Lyon L’oeuvre a été créée spécialement pour le MAC de Lyon. Elle prend la forme d’un véhicule qui remonte sur le mur, défiant les lois de la pesanteur et dont la courbure, totalement illogique, remet en question le sens commun.

L’exposition était faite de telle manière qu’à chaque étage, une artiste intervenait. Les univers étaient tous très différents : nous pouvions passer d’un espace clair, coloré à un espace sombre et intimiste. L’occasion de se plonger dans des univers bien distincts.

Dans le hall, nous avons été directement immergés dans l’univers de Hélène Hulak. Un univers tout de couleurs fluorescentes, voire criardes, un univers marqué au coin de la provocation. L’artiste caricature le « male gaze » dans son dialogue irrévérencieux avec Mel Ramos. Elle reprend, tout en les détournant les codes esthétiques des magazines dont les unes font la part belle aux femmes. Elles sont représentées nues ou seulement très peu vêtues. Leur particularité est aussi marquée par leur visage très peu attirant voire effrayant. Une manière d’interroger le visiteur sur sa vision des femmes! La visite est lancée! Poursuivons !!

Nous montons un étage pour découvrir l’exposition de Christine Rebet, Escapologie. Ici, un tout autre style, des couleurs épurées, des films d’animation, un univers plus calme (même s’il nous réserve des surprises…). Cette artiste pratique l’art de l’évasion mêlant le dessin à des petits films. Elle crée 6 espaces immersifs représentant un pays, une thématique… Prenons, par exemple, l’espace Otolithe. Premièrement, nous avons découvert les dessins qui ont permis la réalisation du film : des cercles roses, un œil, etc. Nous nous demandons où l’artiste veut nous emmener. Pour ce faire nous nous installons dans l’espace immersif pour visionner quelques minutes de film. Enfin nous avons notre réponse : ces dessins représentent les chants traditionnels des pêcheurs de perles, nous découvrons leur histoire. C’est comme cela que nous nous immergeons dans le travail de cette artiste !

Ensuite, nous continuons notre visite à l’étage supérieur. Deux artistes interviennent, Delphine Balley pour Figure de cire et Jasmina Cibic pour Stagecraft – une mise en scène du pouvoir. Deux expositions au même étage et pourtant deux univers sensiblement très différents. Chez Delphine Balley, nous pénétrons dans un espace sombre, presque inquiétant, ponctué par des vidéos sans paroles. Et puis, ce sont des photographies à la chambre, d’une pureté sans égale ; un velouté, une finesse de rendu… Une pratique propre à cette artiste dont nous ne manquerons pas de reconnaître dorénavant la patte! Et puis, un propos tenu de salle en salle : une réflexion sur le temps, sur la mort, sur la fragilité de l’humain… Troublant! Jasmina Cibic quant à elle aime reprendre des éléments historiques et mettre en avant les liaisons (dangereuses?!) que les arts entretiennent avec les pouvoirs politiques. Deux artistes, deux univers mais une même affirmation dans leurs choix esthétiques et « philosophiques » !

Ça y est, nous arrivons! Au dernier étage! Pour y découvrir un couple… et pas des moindres ! Le couple Marina Abramovi? & Ulay! Ils sont là, ils investissent les lieux pour Performances 1976-1988. Ce sont les pionniers de la performance en Europe (quel honneur !). Dans leurs œuvres, ils mettent l’existence humaine à l’épreuve : rester assis durant tout une journée face à face pour une exposition, cela pendant 90 jours. Vous en voulez plus ?! Ils se mettent nus à l’entrée de leur propre exposition et les visiteurs doivent ainsi leur passer, littéralement, sur le corps avant d’entrer. De nombreuses expériences toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Des performances qui marquent, à n’en pas douter, l’histoire de l’art contemporain!

Et voilà, nous redescendons tous ces étages par un ascenseur… Le marathon en terre féminine est terminé! Cette visite fut pour moi inspirante car elle m’a permis de voir des femmes, des artistes femmes, des femmes artistes (comme on voudra!) se réaliser dans leur travail, dans leur art! Une émancipation par l’art en quelque sorte. »

Objectif… Paris!

Après des semaines d’intenses préparatifs logistiques, les élèves de spécialité (1ère et term) et quelques élèves d’option s’apprêtent à faire leurs bagages! Direction : la Capitale! la Ville lumière! Youpi!! :)

Départ prévu à 06h03 le mercredi 8! Attention, accrochez vos ceintures!

Voici le programme!

La colonnade du Louvre commandée par Louis XIV à Claude Perrault, 1667-1670

Mercredi 8 décembre 2021

  • Rendez dans le hall de la gare de Saint-Etienne Châteaucreux à 05h45 – merci de veiller à la ponctualité ! Le TGV ne nous attendra pas !
  • Départ en TGV au train de 06h03
  • Arrivée à Paris Gare de Lyon à 9h05 et transfert en pédibus pour le Louvre via l’auberge de jeunesse pour y déposer les bagages
  • Visite du Musée du Louvre de 11h30 à 13h00 : visite thématique intitulée « Du Palais au Musée »
  • Pause déjeuner dans le jardin des Tuileries entre 13h15 et 13h45
  • Visites « parallèles » du Musée du Louvre de 14h15 à 15h30 >> un groupe de 1ère suivra une médiation intitulée « Chefs d’œuvre » ; un groupe de terminale découvrira les œuvres de la Renaissance italienne
  • Rencontre « parcours avenir » à l’Ecole du Louvre de 16h à 17h
  • 17h30 – 18h15 : transfert vers l’auberge de jeunesse MIJE dans le 4ème arrondissement de Paris.
  • 18h15 – 18h30 : installation dans les chambres
  • 18h45 – 19h30 : dîner à l’auberge
  • 19h45 : départ de l’auberge pour la Comédie Française
  • 20h30 : Quelle Comédie ! à la Comédie Française

La statue de Louis XIV sur la Place d’Armes de Versailles

Jeudi 9 décembre 2021

  • Lever prévu à 7h00 ; petit-déjeuner à l’auberge
  • Départ de l’auberge à 8h15 : transport en RER, direction Versailles Rive-Gauche
  • Visite autonome du château de Versailles à partir de 10h40 : c’est aux élèves de jouer les médiateurs!
  • 12h30-13h30 : pause déjeuner
  • Safari photo dans les Jardins de Versailles à partir de 13h30
  • Départ de Versailles en RER vers 16h30 ; retour à Paris.
  • 18h15-19h-30 : dîner à l’auberge ou en ambulatoire en fonction des possibilités de l’auberge.
  • 19h30 : départ de l’auberge pour la Philharmonie de Paris
  • 20h30 : concert à la Philharmonie de Paris – Le Château de Barbe Bleu, Béla Bartok (1h40 avec entracte)
  • 22h30/23h00 : retour à l’auberge et… coucher !!

Vendredi 10 décembre 2021

  • Lever prévu vers 7h15 ; petit-déjeuner à l’auberge
  • Départ de l’auberge à 8h30 et visite du Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou de 9h15 à 10h45 (groupe de 1ère)
  • Départ de l’auberge à 8h30 et parcours thématique/atelier du Musée des Arts Décoratifs de 10h à 12h (groupe de terminale)
  • 11h00 – 13h30 : promenade urbaine en autonomie dans le Marais : sur les traces des Hôtels particuliers ; la pause déjeuner est comprise dans ce temps de déambulation (groupe de 1ère)
  • 12h – 13h00 : temps libre et pause déjeuner aux Tuileries (groupe de terminale)
  • 13h30 – 15h30 : visite thématique du MAD autour du thème « Interroger le quotidien, le design des années 1950 à nos jours »
  • 14h – 15h30 : visite du Musée Picasso Paris (groupe de 1ère)
  • 15h30 : transfert vers la Gare de Lyon
  • Départ en TGV de Paris Gare de Lyon à 16h57 ; train 6687 (voiture 8)
  • Arrivée à Saint Etienne Châteaucreux à 19h47; salutations d’usage avant de se souhaiter un bon week-end ! J

Dans la Salle des Etats où se trouve la Joconde de Léonard de Vinci

De quoi rappeler quelques souvenirs aux anciens qui nous feraient l’honneur de nous suivre encore… A tout hasard, on les salue!