De l’industrie à l’art!

Billet de blog rédigé par Sovynna D, élève de 1ère HIDA spé à l’occasion des JEP.

À l’occasion des JEP consacrées au thème « Art et divertissement », le Musée du Vieux Saint-Étienne a rouvert ses portes ; l’institution de la rue Gambetta qui conserve de nombreux objets et documents liés à l’histoire de la ville est en effet fermé depuis plusieurs mois et ses collections doivent être transférées au Musée d’Art et d’Industrie.

Hôtel de Villeneuve qui abrite l’ancien Musée du Vieux Saint Étienne

Le musée a quoi qu’il en soit consacré les 20 et 21 septembre une exposition éphémère intitulée « La Reconversion des bâtiments industriels en lieux de divertissement ». Pour ce faire, le musée a sorti de ses réserves une douzaine de photographies qui ont été exposées tout au long de l’évènement.

Comédie de Saint Etienne – un espace industriel reconverti en lieu de divertissement

Il s’est agi de s’interroger sur le devenir du patrimoine industriel de la ville ainsi que sur les aspects culturels et artistiques des bâtiments que l’on voit tous les jours. Les concepteurs de l’exposition proposée par le musée souhaitent inciter les visiteurs à regarder l’architecture du quotidien autrement. En effet, il est important de s’interroger sur la dimension artistique (ou non) d’une architecture que l’on peut parfois réduire à son aspect utilitaire/fonctionnel.

Vue aérienne de la Cité du Design – Ancienne Manufacture Nationale d’Armes de Saint Étienne reconvertie en « temple » du design

Louée soit la Bénissons!

Billet de blog rédigé par Clarisse L., élève de 1ère HIDA spé à l’issue des JEP.

Selon la légende, en 1138, un religieux nommé Bernard de Clairvaux (1090-1153), de passage dans la vallée de la Teyssonne, se serait exclamé : « Ici mes frères, Bénissons Dieu ! » En réalité, le nom originel était : « Notre Dame de la Bénédiction de Dieu ». Au fil du temps, ce nom se transformera en « Bénition Dieu » puis en « La Bénisson Dieu ».

La Bénissons Dieu

Cette abbaye faisait partie de l’ordre des cisterciens. Les cisterciens constituent une famille monastique issue de l’abbaye bénédictine de Cîteaux (près de Dijon). Ils veillent à observer exactement la règle de Saint Benoît par une plus grande austérité et l’exercice du travail manuel d’après la définition qu’en donne Le petit Larousse dans son édition de 1996.

Toit à la bourguignonne de la Bénissons Dieu

L’église primitive fut fondée entre 1170 et 1200. Elle accueillit Bernard Clairvaux, mais aussi :

  • Pierre de La Fin en 1460. L’abbaye est en ruine à cause de la guerre de Cent Ans. Pierre de La Fin rénove et embellit l’église d’une tour-clocher en façade, d’une toiture en tuiles vernissées (style bourguignon) et aménage une chapelle de style gothique.
  • Françoise de Nérestang en 1612 (première abbesse de La Bénisson-Dieu). Elle hérite de l’abbaye de son frère Claude de Nérestang. Elle a un rapport particulier à la religion : elle est obnubilée par la mort et possède un oratoire avec l’inscription « Prends garde, Madame, à ta personne ! », lui rappelant ainsi sa condition mortelle. Elle sera, elle aussi, à l’origine d’une importante rénovation de l’abbaye après que celle-ci eut été ruinée par les guerres de religion ; elle aménagera un nouveau chœur à l’intérieur de l’église pour ses religieuses. Elle rédigera aussi un règlement alliant des pratiques pieuses et des travaux manuels.

Plafond de la Bénissons Dieu

En 1791, l’abbaye est mise en vente et servira de carrière de pierres à l’instar de nombreux autres monuments religieux. En 1817 cependant, des villageois la rachètent et la ré-ouvrent au culte. En 1826, elle devient paroisse du diocèse de Lyon.

L’abbaye présente aussi une dimension artistique. Son architecture est caractéristique des édifices cisterciens : simple, épurée mélangeant les styles roman et gothique. On peut y voir des vitraux gris, avec peu de couleurs, sans figure, aux motifs strictement abstraits et géométriques. Une lumière tamisée anime des surfaces dépourvues de tout ornement. Un pavement en carreaux de terre vernissée unicolore se déploie au sol et laisse apparaître des décors géométriques simples.

Mais les réaménagements successifs sont visibles : ainsi on peut aussi retrouver le style baroque dans la chapelle, aménagée par Françoise de Nérestang.

Maître autel baroque de la Bénissons Dieu

 

L’immeuble Fontaney : l’Art Nouveau à la sauce gaga ?

Billet de blog rédigé par Maelys M., élève de 1ère HIDA spé.

A l’issue de la balade urbaine que nous avons effectuée le jeudi 3 octobre dans le cadre de notre programme de spécialité d’Histoire des arts, j’ai souhaité mettre en lumière un immeuble Art Nouveau qui a retenu mon attention. Il s’agit de l’immeuble situé au 14 rue François Gillet à Saint-Étienne. Cet emplacement se situe près du square Massenet et du lycée Claude Fauriel.

Vue de l’immeuble Fontaney sur la rue Gillet à Saint-Etienne

L’architecte à qui l’on doit cette construction est Joanny Morin (1865-1941) né à Saint-Etienne dans une famille modeste. Il entre jeune comme employé dans le service de la voirie municipale peu après la mort de son père. Parallèlement, il se forme à l’école de dessin de Saint-Étienne.

Il va peu à peu, au fil de ses constructions, se familiariser avec l’Art Nouveau au point qu’il y est rapidement identifié. L’immeuble Fontaney est un bel exemple de ses réalisations.

L’immeuble Fontaney est un immeuble en deux parties : au rez-de-chaussée, on trouve un commerce ; aujourd’hui c’est une pharmacie mais cela n’a pas toujours été le cas. Les quatre autres étages forment la partie dédiée à l’habitation. Cet immeuble est bâti à l’angle de de deux rues, ce qui lui permet de gagner de l’espace et d’afficher un prix au m2 plus avantageux en raison du prix modéré de la parcelle.

Détail de l’angle de l’immeuble avec ses mosaïque et son fer forgé

L’architecture du bâtiment se caractérise par l’usage du fer forgé et du béton armé. On retrouve bon nombre d’éléments décoratifs qui s’inscrivent dans des codes de l’Art Nouveau défendu par Joanny Morin. Parmi ces éléments : des « mosaïques » de briques polychromes (jaunes, rouges bleues) qui ornent principalement les fenêtres ainsi que l’angle du bâtiment. Nous pouvons également retrouver un bouquet de tournesols (fleur chère à Joanny Morin) ainsi qu’une fleur ouverte sur l’angle. Pour finir, on trouve l’une caractéristiques essentielles de l’Art Nouveau : les lignes en « coups de fouet » que nous retrouvons dans les gardes corps en fer forgé.

Baie vitrée et garde-corps en fer forgé – on distingue le fameux coup de fouet