Italiam! Italiam!

C’est par une belle journée de novembre que nos terminales HIDA spé se sont rendus à Lyon, au Musée des Beaux Arts, pour suivre une visite de haute volée autour de l’un de nos thèmes au programme : « Le voyage des artistes en Italie ». Notre médiatrice, diplômée de l’Ecole du Louvre, a su nous faire voyager en nous faisant découvrir les toiles de Poussin, de Vouet, de Cretey et de bien d’autres… Un régal! Mais, nous attendons avec gourmandise le billet de Stella qui s’est proposée pour partager ses impressions…

Vue intérieure de la salle de prière de la Grande Mosquée de Saint Etienne

Dans le même temps, les élèves de 2nde HIDA parcouraient les salles dévolues aux Arts de l’Islam en lien avec la question de programme dédiée à Al-Andalus. Une médiation riche et dynamique qui a su séduire le public! Maëlle R. et Lisa K. nous en disent plus.

« Nous avons pris le train à la gare de Bellevue de 8h21 pour une arrivée à Lyon Perrache une heure plus tard. Nous sommes directement allés au Musée des Beaux-Arts dont nous avons pu visiter la section dédiée aux Arts de l’Islam. Avant cela, il nous a été rappelé qu’avant d’être un musée, l’imposant édifice avait été une abbaye et qu’il avait été profondément remanié du XVIIe ; il expose depuis le XIXème siècle des peintures, des sculptures et des objets anciens et modernes. Le musée a été rénové et les vitrines ont été réorganisées dans les années 1990. Cette visite a été faite par Marie-Eve qui a eu un master à l’Ecole du Louvre et a travaillé dans l’art à Grenoble. Elle a obtenu un autre master en traduction, elle est maintenant médiatrice au musée des Beaux Arts à Lyon.

Qu’entend-on par « art de l’Islam »? C’est l’ensemble des productions artistiques réalisées dans l’aire culturelle musulmane du IXème au XIXème siècle ; il s’agit des objets artistiques produits autour du Bassin Méditerranéen, notamment en Espagne, en Turquie, en Égypte ou encore Inde. La géométrie, notamment la symétrie, est très importante dans l’art de l’Islam. De même que les motifs végétaux ou la calligraphie.

Entrée du Musée des Beaux Art de Lyon, place des Terreaux

Nous avons particulièrement insisté sur l’exposition intitulée : « Le génie de l’Orient : l’Europe moderne et les arts de l’Islam ». Une œuvre a particulièrement retenu notre attention sur ce parcours. Ce panneau en bois minutieusement gravé, qui est en fait un élément d’un cénotaphe au nom du sultan Baybard Ier. C’est donc un morceau de tombeau créé vers 1277 probablement à Alep ou Damas. Il est caractéristique de l’art islamique car il présente des lignes symétriques et géométriques et des inscriptions arabes dans la partie supérieure. Les gravures représentent de grandes lignes se croisant et formant des étoiles ; entre elles, se trouvent des vides qui ont été remplis si on observe bien par des gravures représentant de la végétation. Nous trouvons très intéressant le fait que chaque gravure ait une signification. Par exemple, les étoiles représentent die et la végétation représente le paradis.

Après avoir vu cette œuvre nous avons continué notre visité plutôt du côté de la Turquie, de l’Iran et de l’Espagne avec de belles céramiques. Dans cette exposition, nous pouvons voir un grand nombre d’œuvres avec une couleur que l’on a beaucoup retrouvée : le bleu. Foncé ou clair virant légèrement au vert (un bleu turquoise), le bleu est très présent fans les productions islamiques, notamment sur les céramiques et particulièrement en Turquie. Ces céramiques évoquent un lien fort avec la nature et rappellent les productions chinoises quant aux tulipes, stylisées, « géométrisées », elles sont typiquement turques. Nous tenions à aborder ce point car nous avons été surprises de retrouver des couleurs si vives mais qui sont un véritable plaisir pour les yeux!

Pour finir sur une œuvre qui est l’une des principales expressions artistiques de la civilisation islamique, nous avons choisi le Plat à marli chantourné en céramique. Ce plat a été fabriqué vers 1555 à Iznik en Turquie. Le décor avec ces couleurs éclatantes (bleu et blanc) montre, là encore, l’influence chinoise. Les poteaux sont inspirés de motifs décoratifs traditionnels de l’Égypte, de l’Empire persan ou de la Chine ; on retrouve donc des motifs floraux issus du répertoire chinois : lotus, grenade ou pivoine… Le décor floral de ce plat est peint avec une exceptionnelle dextérité ; deux longs brins de jacinthe formant une sorte de mandorle entourent un éventail de palmes. Tout simplement superbe!

Cette demi-journée à Lyon a été riche en découvertes et très intéressante car elle nous a permis de mieux appréhender la culture et l’art de l’Islam. Et nous parlons aux noms de tout le groupe pour dire que nous avons apprécié cette visite au Musée des Beaux-Arts et remercions nos professeurs de nous avoir accompagnés et de nous avoir permis de découvrir tout cela. »

NB : en raison d’un souci technique, nous ne sommes pas en mesure de télécharger de nouvelles pièces… D’où l’absence des visuels… 1000 excuses! :)

Sur les traces de la romanité lyonnaise!

Ce vendredi 22 octobre, les élèves de 2nde 4 et de 2nde Histoire des Arts se sont rendus à Lyon pour visiter le Musée gallo-romain de Fourvière et le site des Trois Gaules. Une journée ensoleillée sous le signe de la romanité… de quoi bien commencer les congés !

Détail des tables claudiennes de 48 ap JC

Première station : « Lugdunum, Musée et théâtres antiques » comme le veut dorénavant la titulature officielle de ce qu’on appelait jadis le Musée Gallo-romain de Lyon Fourvière ! Pris en charge par les médiateurs du musée, nos historiens en herbe ont déambulé dans le site conçu avec maestria par Bernard Zehrfuss au mitan des années 1970. Ils ont pu réfléchir à l’usage de la citoyenneté dans l’empire romain. Qu’est-ce qu’être citoyen à Rome ? Comment le devient-on ? Que cela implique-t-il ? Pour ce faire, les médiateurs ont exploité les objets issus des collections archéologiques du musée, parmi lesquels, évidemment, la Table claudienne de 48 ! Mais aussi certaines inscriptions ou mosaïques de premier ordre qui nous renseignent sur la vie du citoyen romain de Lugdunum. De quoi alimenter le cours de 2nde !

L’autre groupe (car oui, deux groupes il y avait !) a réfléchi quant à lui à la notion de romanisation dans le cadre d’une visite intitulée « Rome export ». La culture comme un moyen de domination ! Du soft power avant la lettre en somme ! Là encore, le musée a été mobilisé pour montrer comment les Gaulois sont devenus Romains ! « Garum et circenses » comme dirait l’autre ! Du garum et des jeux !

Après une pause déjeuner bienvenue place Sathonay, à l’ombre du sergent Blandan et des marronniers mordorés, nous avons rejoint Nicolas Hirsch, archéologue au SAVL (Service Archéologique de la Ville de Lyon) qui nous a présenté en détail, avec humour et rigueur, l’amphithéâtre des Trois Gaules. Ce tas de pierre a priori sans intérêt pour le béotien a soudain repris vie ! Nous étions, si ! si ! en compagnie des représentants des tribus gauloises venues discuter de l’impôt (déjà !) et rendre hommage à Rome dont le sanctuaire jouxtait l’édifice. Et puis, las de palabrer, nous « zappions » tel un homo téléviscus du XXème siècle finissant et nous assistions aux jeux : une chasse exotique, un combat de gladiateurs… Bref, du péplum ! En mieux car en moins kitsch… et en vrai, in situ ! A l’issue de cette présentation, Nicolas Hirsch a présenté le métier d’archéologue et le dialogue a été noué avec nos élèves dont il est peu de dire qu’ils ont su se montrer exemplaires ! De là à ce que tous nos 2ndes finissent archéologues ?

Quoi qu’il en soit, Oriane partage avec nous son bilan de la journée. Merci à elle!

« Le vendredi 22 octobre, la classe de seconde histoire des arts (HIDA) est allée en sortie à Lyon visiter le musée gallo-romain de Lugdunum, son théâtre antique sur la colline de Fourvière et l’amphithéâtre des Trois Gaules sur la colline de la Croix Rousse.

L’amphithéâtre et le théâtre étaient séparés et sur deux collines différentes pour différencier les affaires de la cité (municipales) et les affaires de l’Empire (nationales). La différence entre un amphithéâtre et un théâtre est qu’un théâtre est en forme de demi-cercle tandis qu’un amphithéâtre (tiré du latin amphitheatrum, lui-même issu du grec amphitéatron, signifie littéralement « lieu où l’on regarde des deux côtés ») l’amphithéâtre est donc en forme de cercle, d’ellipse pour être plus précis. Le matin, nous avons rencontré Nicolas Hirsh, un archéologue passionné qui nous a fait découvrir l’amphithéâtre avec une touche d’humour. La visite que nous avons faite dans ces vestiges a été très enrichissante. En effet, il nous en a appris plus sur comment fonctionnait son métier, nous avons appris que son métier se divisait en plusieurs parties, la première, celle bien connue des fouilles, une seconde en laboratoire ou avec des spécialiste (un céramologue quand on trouve de la céramique, etc.) et une dernière où ils écrivent leur rapport. Tout cela sans compter la partie communication, médiation dont nous avons été les témoins.

Pour revenir à l’amphithéâtre… Il est composé, en son centre, d’une arène de sable où se déroulaient les spectacles. Les égouts passaient dans l’amphithéâtre, ils ont donc été couverts d’un plancher maintenant disparu. De nombreux gradins entouraient cette arène, tous recouverts de marbre blanc. Les meilleures places étaient au niveau du milieu de la longueur, elles étaient réservées à la personne qui offrait le spectacle à tout ce petit monde ou à l’empereur quand il était là. Cela s’appelait le pulvinar (le carré VIP de l’époque!). Malheureusement, il ne reste plus grand chose de cet amphithéâtre, seulement un morceau du corps de pierre et quelques bouts de marbre.

La seconde partie de la journée, nous avons, dans un premier temps, visité nous-mêmes le théâtre antique. Puis nous avons été accueillis par une médiatrice très sympathique qui nous a fait visiter le musée et nous a parlé de la fondation de Lugdunum. Une récente découverte laisse supposer qu’un village gaulois existait avant l’arrivée des Romains et la création de la colonie de Lugdunum par Lucius Munatius Plancus. Elle nous a ensuite parlé de la joyeuse succession des empereurs, c’est-à-dire trahison, prise du pouvoir par la force, assassinats, … notamment de Claude et Caracalla tous les deux nés à Lyon et morts assassinés. Enfin, que des choses joyeuses! Cette visite a été pour nous une expérience très enrichissante et nous a beaucoup appris sur les Romains, leurs modes de divertissement ainsi que sur leur politique, leur culture et leur religion. »

Vous avez dit Auguste?! Un atelier d’écriture divin!

A l’issue du cours sur la statuaire romaine qui nous a amenés à analyser l‘Auguste de la Prima Porta, les élèves de 2nde HIDA ont été invités à produire quelques textes mettant en scène cette si emblématique ronde-bosse! Exercices de Style de Queneau a pu être une base de réflexion pour certains. Voici, quelques productions, publiées au fur et à mesure de leurs envois!

En raison d’un petit problème technique, nous ne sommes pas en mesure de publier d’images… Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée!! :) Mais un détour dans Google image devrait permettre à celles et ceux qui ne visualiseraient pas ladite statue de se rafraîchir la mémoire!

Proposition d’Elsa T.

Cher journal,

Je souhaite aujourd’hui te raconter la journée peu ordinaire que j’ai vécue. Une sculpture célèbre a été installée ce jour au musée de ma ville : l’Auguste de la Prima Porta! Rien de moins! Avec mon amie, Manon, nous avons donc décidé de nous y rendre pour l’observer de plus près. Ce n’est pas tous les jours qu’on a une exclusivité comme celle-là ! Nous sommes donc arrivées au musée et nous nous sommes précipitées sur la statue pour la prendre en photo. Nous avons sorti nos téléphones et au moment où j’allais appuyer sur le bouton, je me suis sentie tomber. Littéralement tomber! J’ai fini par ouvrir les yeux après quelques secondes de vertige et devant moi, je l’ai vu! L’homme, celui de la statue! Auguste ! J’ai eu énormément de mal à le croire. Son plastron ouvragé, décoré de figurines, était juste devant moi ! Je pouvais apercevoir les sphinges sur ses épaules, les allégories des nations de chaque côté et bien sûr la remise des enseignes par les Parthes ! Même le petit Cupidon était là! Soudain, Auguste se mit à bouger et à me parler ; il prit exactement la même position que sur la sculpture : il haranguait ses troupes dans un contrapposto à couper le souffle. Après ce long moment d’observation, j’essayai de trouver une contenance et je m’apprêtai à lui serrer la main. Après tout, pourquoi pas?! Ave Cesar, ceux qui… tu connais! Au moment même où je m’apprêtais à le toucher, rebelote! J’étais de nouveau précipitée dans un autre espace-temps! Et je me réveillais à côté de ma copine qui paraissait inquiète. Selon elle, j’étais « tombée dans les pommes » ! Dans les pommes! Si elle savait… Dans les bras d’Auguste, oui! Voilà, mon journal, j’ai encore du mal à croire à cette journée de folie ! A demain !

Proposition d’Oriane G.

Des gens, et encore des gens, pourquoi il y a toujours des gens qui nous regardent, nous scrutent, nous prennent en photo, … Bah! quoi, ça fait 2000 ans qu’on existe et il y a toujours des gens qui nous regardent, qui s’arrêtent devant nous, l’air béat! C’est vrai que depuis tout ce temps, c’est presque un miracle que nous soyons toujours là! Nous avons été déplacés, abandonnés, saccagés et pillés. Au tout début, sur ma gauche se trouvait une longue lance enfin, je ne voyais pas le haut donc je n’en suis pas sûr. Et puis, on n’était pas aussi délavés! La polychromie, ça en jetait quand même! Mais bon, je devrais être content, moi, le Soleil ; après tout, je suis encore sur une ronde-bosse presque complète! Ce n’est pas le cas de tout le monde!  On peut encore m’admirer 2000 après ma création! N’empêche que je suis fait en tout petit sur cette statue d’un certain Auguste, premier empereur de Rome que je vois de plus en plus dans ces appareils que les humains appellent téléphones quand ils font des … selfies je crois. Mais je me sens un peu seul… Difficile de causer avec mes compères situés en-dessous de mon superbe quadrige. Passe encore pour le barbare, venant de l’empire Parthe à ce qu’il paraît, qui rend les enseignes de la sublime Rome, encadré par les nations soumises. Mais, plus bas, se trouve la corne d’abondance (elle me fait bien envie!) arrachée à l’un des nôtres, pauvre Achéloos! Les divins Apollon et Diane l’encadrent surmontant chacun leur animal-attribut, un griffon pour Apollon et un cerf pour sa sœur Diane. Ils ont l’air malin tiens! Mais bon, je taperais bien la discute tout de même! Ca me soulagerait de mes crampes aux bras! Oh! Mais qui j’aperçois s’accrochant à la jambe de notre Auguste ?  Mon cher demi-neveux, mon petit Cupidon! Mais qu’est ce que tu fais là bon sang ? Ah! Je vois… Si ce misérable petit mortel qui se dit « Auguste » croit qu’il est béni de nous autres, les dieux, il se trompe ! En tout cas, je ne me souviens pas de l’avoir béni, moi. C’est Alzheimer ?! Déjà? Je n’ai que 2000 ans! Et pourquoi a-t-il été fait si grand avec ses 2 mètres et moi aussi petit alors que dans la vraie vie, il était beaucoup plus petit et moi je pouvais être géant si je le voulais. Pendant encore combien de temps va-t-il falloir que je regarde les gens passer. Ah, que c’est long l’éternité.

Proposition de Maëlle R s’inspirant directement de Queneau et des Exercices de Style.

C’ets une stueta ne roden bsose en mraber du vgintiemme av J.C, mochronome qui rpredn l’igmarie ofelleci d’ Augustue, nu hmome biné dse deuxi.

Hallibé d’neu tego et d ‘une caruisse. Dusses il y a dse sècnes psasés te smynbloe. C’est nu ricet de popragande. Agustue se teint dbeout d’un ari élécan et d’un ari atuoutiraire, comem une pesronne tannent un dicousr . C’ets un imperamtor.

Proposition de Chloé F.

Genre ce matin y a l’autre gars qui a parlé, il a tapé son meilleur discours, il était sapé de sa jupe et genre son vieux drap tout froissé, il nous a sorti son petit Marcel avec ses dessins dessus ; on devinait des sortes de chevaux et des gens avec leurs robes. Il ressemble vraiment à rien. Faut qu’il aille se faire relooker le vieux. Genre pendant son discours il bégayait de fou, c’était genre mais vraiment trop insupportable. Genre là il faut vraiment qu’il fasse un truc à ses cheveux, la coupe au bol c’est plus d’actu !!

Proposition de Lisa K.

Moi, je ne suis pas un bas relief ni un haut relief, moi je suis une ronde bosse!
Moi, je ne suis ni de pierre, ni de bronze, moi je suis en marbre blanc de Paros.
Moi, je ne me trouve ni au musée du Louvre, ni au musée des Beaux-Arts, moi je me trouve au musée du Vatican à Rome.
Moi, je ne suis pas polychrome ; moi, je suis monochrome.
Moi, je ne suis pas le fils adoptif d’Apollon ni celui de Dionysos ; moi, je suis le fils adoptif de César.