Quand créer, c’est s’émanciper!

D’après la proposition de Lou F-D et Mélissa D, élèves de 1ère HIDA fac.

Ce mercredi 6 octobre, nous avons visité le musée des Beaux-Arts de Lyon dont on peut rappeler ici le prestige et la réputation! A l’origine, le bâtiment était un couvent ; il fut transformé en musée d’art seulement après la Révolution. Depuis lors, il offre à ses visiteurs une immersion dans le monde des arts et offre sa magnifique architecture à la contemplation.

Entrée du Musée des Beaux Art de Lyon, place des Terreaux

Lors de cette visite, notre médiatrice, Marie-Eve Durand, s’est attachée à nous montrer comment, au cours du temps, les artistes ont tenté de s’émanciper des canons et de la tradition artistiques.

Nous avons ainsi pu observer bon nombre de sculptures, d’objets et de tableaux issus des différents départements du musée : nous avons pu faire dialoguer des oeuvres d’art moderne et contemporain avec des oeuvres venues de l’Antiquité ou de la Renaissance.

Pour illustrer son propos, notre médiatrice a pris l’exemple d’un artiste de la Renaissance, Lorenzo Costa, grand peintre de l’Ecole de Ferrare, dont elle nous a proposé l’analyse d’une peinture sur bois de 1490 intitulée Nativité. Cette peinture est une oeuvre de commande à destination d’un particulier car les dimensions de ce tableau sont plutôt réduites et sont donc plus adaptées à un intérieur domestique. Son style est typique de la peinture italienne du XVème siècle.

Nou pouvons observer trois personnages : Saint-Joseph et la Vierge Marie les mains jointes pour prier d’une part et, d’autre part, au centre, Jésus, reposant sur un linge blanc déployé sur un lit de branchages tressés. Du très classique!

Le tableau s’affranchit cependant des codes habituels… Il revêt ainsi un caractère anachronique dans la mesure où il présente un paysage à l’arrière-plan qui montre un port… et une caravelle! Or la scène principale est censée se passer bien avant l’invention de ce genre de navires. Surtout l’artiste a renoncé au fond d’or qui caractérisait les peintures religieuses de l’époque précédente. En ce sens déjà, il s’émancipe!

Par ailleurs, ce choix est une référence aux « Grandes Découvertes » de la fin du XVème siècle et invite le regardeur à embrasser d’autres horizons, à s’ouvrir au monde, à aller de l’avant ; bref, en captant le regard et en lui ouvrant une porte, « une fenêtre sur le monde », l’artiste invite le visiteur à larguer les amarres, à s’émanciper en somme. Encore une fois! De même que Jésus s’est émancipé du carcan du judaïsme de son époque ?

C’est donc une œuvre raffinée et subtile qui se fait aussi remarquer par son dessin précis, par l’harmonie qui émane de cette composition équilibrée.

La visite de ce musée a été très agréable et enrichissante!

Cette vision de l’émancipation des artistes à travers les siècles a permis de nous informer sur le fait que, souvent, l’artiste s’émancipe des contraintes imposées par son appartenance à un courant artistique, à une époque, à un milieu culturel… pour s’enfermer dans d’autres contraintes, différentes mais tout aussi contraignantes pour sa créativité. Et en même temps, créer sans contrainte, n’est-ce pas se condamner à l’inanité ?!

Le choix opéré par notre médiatrice de nous montrer des « échantillons » nous a beaucoup plu. En butinant dans les salles du musée, en sautant de siècle en siècle et de courant artistique en courant artistique, nous avons pu apprécier le fil directeur et la qualité de la démonstration : montrer que les canons esthétiques définis au cours du temps ne cessent d’être interrogés et remis en cause par des artistes en quête perpétuelle de liberté…créatrice!

Tous aux musées! La section fait sa rentrée aux musées!

En ce début d’automne, les élèves de la section ont (re)pris la route des musées et des institutions culturelles!

Les 2ndes HIDA ont découvert, le 24 septembre, l’exposition que le MAMC+ de Saint-Etienne consacre à Lionel Sabatté ; ils ont suivi notre médiatrice avec intérêt et curiosité… Un petit goût de revenvez-y!

Voici d’ailleurs ce qu’en dit Elsa T, élève de 2nde HIDA :

« Nous nous sommes rendus au Musée d’Art Moderne et Contemporain le 24 septembre dernier et nous avons pu y voir l’exposition de Lionel Sabatté intitulée « Eclosion ». L’artiste est né à Toulouse en 1975. Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2003. Il a également reçu plusieurs prix depuis 2011. Lionel Sabatté s’intéresse à la transformation de la matière et à sa résurrection perpétuelle. On le remarque notamment avec un ancien châtaignier provenant du château de la Perrotière installé dans le hall du musée et qui connait, comme par enchantement, une nouvelle floraison. La démarche est la même avec l’hommage que l’artiste rend à Pierrette Bloch de qui il a récupéré une plante. Lionel Sabatté a décidé de revitaliser cette dernière en lui ajoutant de nouvelles fleurs. Et ces dernières sont fabriquées en peau de pied récupérées chez des podologues ! Ici, l’artiste veut créer un effet de surprise puis de dégoût pour nous faire réfléchir. En effet, quand un cheveu est sur notre tête, on en prend soin mais dès qu’il « tombe », il nous donne une sensation de dégoût. Cet effet est également constaté avec les ongles. Pour rester dans la même réflexion, Lionel Sabatté récupère les poussières venant de la station de métro Châtelet à Paris. Par la suite, il sépare les moutons de poussières et les positionne jusqu’à former un visage. Ici, il nous dit que la matière impose la forme. Cette exposition était aussi intéressante que surprenante ! En effet, je ne m’attendais pas à voir des œuvres faites de poussières et de peaux de pieds… Cela m’a également fait réfléchir. En effet, je me suis demandée où nous pouvions situer la « limite » de l’art… Je ne pensais vraiment pas qu’une œuvre faite de peaux de pieds pouvait être exposée dans un musée ! Mais ce fut quand même très enrichissant et très intéressant ! »

Les Terminales HIDA spé ont quant à eux suivi une belle médiation à Firminy-Vert! Dans le cadre du programme qui nous invite à parler de Perriand, nous avons cherché à comprendre l’architecture de Le Corbusier avec lequel la « grande dame » aux « yeux en éventail » a tant oeuvré. L’occasion aussi de découvrir le travail de Manuelle Gautrand avec une sélection de 5 projets présentés au sous-sol de l’église Saint-Pierre.

Unité d’Habitation de Firminy Vert construire par Le Corbusier

Les 1ère spé ont crapahuté dans Sainté sur les traces de l’Art Nouveau. De la place Jean-Moulin au Square Massenet, une redécouverte du patrimoine architectural stéphanois! Et Vive Joanny Morin, père de l’Hôtel Michoudet aussi bien que du mobilier urbain de la ville!

Hôtel Michoudet, Square Massenet à Saint Etienne

Enfin, les 1ère-term option ont eu la joie de suivre Marie-Eve dans les salles du Musée des Beaux Arts de Lyon pour mettre en perspectives les liens entre art et émancipation… Une belle promenade à travers les siècles! De la statuaire grecque marquée du sceau du Doryphore à Simon Hantaï ou comment l’art s’apparente à un puissant ferment d’émancipation!

Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez sans tarder le plaisir de lire les impressions que ces visites ont laissé aux élèves!

 

 

Black Lives Matter – le Street Art engagé de Banksy

Alors que l’Amérique de Trump connaît une vague de protestations qui fait écho à la Lutte pour les droits civiques, le street artiste Banksy a réalisé une nouvelle oeuvre en hommage à George Floyd.

Banksy, Sans titre, 2020

« Au début, je pensais que je devais me taire et écouter les Noirs à propos de ce problème. Mais pourquoi ferais-je cela ? Ce n’est pas leur problème, c’est le mien, explique Banksy, cité dans Connaissance des ArtsLe système a échoué avec les gens de couleur. Le système des Blancs. Comme une canalisation percée qui inonde l’appartement du dessous. Ce problème leur rend la vie malheureuse, mais ce n’est pas à eux de s’en occuper. Et ils ne peuvent pas, personne ne les laisse rentrer dans l’appartement du dessus. C’est un problème de Blanc. Et si les Blancs ne le règlent pas, quelqu’un devra monter et enfoncer la porte. »