Et à la fin… c’est à Paris qu’on va!!

Billet de blog rédigé par Kim B, élève de terminale inscrite en option facultative à l’issue de la journée passée à Paris au cours de laquelle les élèves ont pu visiter le Musée d’Orsay et l’Opéra Garnier.

Le groupe l’entrée d’Orsay en compagnie de Julia Bihel, étudiante à l’Ecole du Louvre

Le 2 mai 2019, nous avons eu la chance de nous rendre à Paris pour découvrir la riche et belle exposition permanente du Musée d’Orsay.

Il est important de rappeler que le Musée d’Orsay est initialement une gare construite à partir de 1898 sur les plans de Victor Laloux. Ce dernier est mandaté par la Compagnie d’Orléans pour édifier sa « tête de ligne » en lieu et place de l’ancienne Cour des Comptes ravagée par un incendie durant la Commune de 1871 (soulèvement des Parisiens contre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui se traduisit par de grands incendies dans Paris, notamment ceux de l’Hôtel de Ville et du Palais des Tuileries).

Laloux s’inscrit dans la jeune tradition de l’architecture ferroviaire en construisant un bâtiment dont la structure est en acier et en verre. Cependant, afin de respecter l’harmonie du quartier, dont les bâtiments sont construits en pierre calcaire, l’architecte a choisi de faire une façade en pierre de taille avec des murs non-porteurs ; c’est ce qu’on appelle en architecture une façade « rideau ».

La Gare d’Orsay

La gare n’étant desservie que par des locomotives électriques, il n’y a pas d’émanations de fumées ; aussi l’architecte peut-il imaginer un vaisseau fermé (ce qui diffère sensiblement des autres gares parisiennes dont les halls sont ouverts à tous les vents!) dont les voutes sont percées de verrières et décorées de caissons colorés. L’ambition de Victor Laloux est par ailleurs de créer des espaces les plus confortables et luxueux possibles, plus luxueux que ceux d’une gare traditionnelle, la salle de réception témoigne de cette ambition. Le peintre Edouard Détaille va même dire, avec un sens aigüe de la prémonition, que ce bâtiment a plus l’air d’un musée des Beaux-Arts que d’une gare! Quoi qu’il en soit, la gare d’Orsay et son hôtel sont inaugurés juste avant l’Exposition Universelle, le 14 juillet 1900. Les statues du rhinocéros et du cheval qui sont présentées devant le musée en témoignent : elles étaient à l’origine devant le Palais du Trocadéro (aujourd’hui détruit) construit, lui aussi, pour l’Exposition Universelle.

De 1900 à 1939, la gare est très active et sert de terminus aux trains qui viennent du Sud-Ouest de la France. Malgré sa modernité, elle est rapidement dépassée par l’évolution du chemin de fer, et, à partir de 1939, la longueur de ses quais n’est plus adaptée aux trains qui ont beaucoup évolué ; elle est donc obligée de fermer. Elle devient alors centre d’expédition puis accueille des réfugiés à la Libération avant de devenir un théâtre. Un projet de destruction est envisagé en 1971. Mais l’émoi et la colère suscités chez les Parisiens par la destruction des halles de Baltard (tout de verre et d’acier également) changent la donne et l’idée de transformer la gare en musée se fait jour. Et ce d’autant qu’à l’époque, on ne savait plus où mettre les oeuvres des peintres impressionnistes.

Il a ainsi fallu convaincre les politiciens, Jean Chatelain, qui été le directeur des musées de France, mais aussi Jacques Duhamel, ministre de la culture. La décision officielle de la construction du Musée d’Orsay est prise le 20 octobre 1977. En 1978 le bâtiment est classé monument historique, et c’est à partir de ce moment que commencent les travaux de transformation de la gare en musée. Ils durent de 1978 à 1986 et sont confiés à une équipe de trois jeunes architectes, Pierre Colboc, Renaud Bardon et Jean-Paul Philippon, de plus, l’italienne Gae Aulenti s’est occupée de l’aménagement intérieur. L’objectif était de conserver une oeuvre architecturale de 1900 en l’adaptant à une nouvelle fonction, celle d’être un musée à vocation internationale. En ce sens ce projet est précurseur puisque c’est la première fois qu’une architecture industrielle est adaptée pour accueillir un grand musée.

Le musée est inauguré en 1986 par le Président François Mitterrand (bien que le projet ait été initié par son prédécesseur, Valéry Giscard-d’Estaing) qui aurait voulu qu’une empreinte socio-historique apparaisse dans le musée avec l’installation d’une locomotive du Creusot mais les conservateurs ont été réticents et cette locomotive n’est jamais entrée en gare!

La collection se forme à partir de trois grands musées : le Louvre, le Musée du Jeu de Paume et le Musée d’Art Moderne sans compter certaines des oeuvres du Musée du Luxembourg qui font l’objet de dépôts dans le musée. L’originalité du Musée d’Orsay se trouve dans le fait qu’il est est un musée interdisciplinaire : nous pouvons y trouver de la peinture, des arts graphiques, de la sculpture, des arts décoratifs (ce qui est à la fois utilitaire et artistique comme le mobilier ou encore les objets d’art), de nombreuses maquettes, mais également de nombreuses expositions temporaires sur la littérature, la musique, le cinéma. C’est également le premier musée des Beaux-Arts où est présentée pour la première fois la photographie. Avant 1986, la photographie n’était en effet pas considérée comme un art à part entière.

Le thème de notre visite portait sur « L’art comme reflet de la société » et notamment durant la deuxième moitié du XIXème siècle. Parmi les artistes qui nous ont été présentés, il y a Jean-François Millet, avec son célèbre tableau Les Glaneuses réalisé en 1857.

Jean-François Millet (1814-1875)
Des glaneuses dit aussi Les glaneuses, 1857
Huile sur toile, H. 83,5 ; L. 110 cm
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Jean Schormans

Sur cette toile, il a su représenter la société paysanne de son époque. Rappelons d’ailleurs que Millet est surnommé le « peintre des paysans » car il a à coeur de représenter une société paysanne vivant dans des conditions difficiles et précaires. En effet, les terres appartenaient à de grands propriétaires et effectuaient ainsi pour eux les « travaux manuels » que les personnes aisées refusaient d’exécuter. Ainsi, à travers cette toile, il choisit de représenter des femmes en train de glaner, activité qui consistait à ramasser les restes d’épis de blé après la récolte pour améliorer leurs difficiles repas familiaux. Elles demandaient l’autorisation pour effectuer ces tâches, nous pouvons d’ailleurs observer au loin un homme haut placé (un régisseur) sur son cheval en train de surveiller chacun de leurs faits et gestes. Elles devaient en effet effectuer cette activité avant le couché du soleil. Millet a choisi de ne pas représenter de visages concrets à travers cette toile pour que chaque femme la voyant et travaillant dans les champs puisse s’y identifier. Nous pouvons cependant remarquer qu’elles sont toutes bronzées, à l’époque cette caractéristique était un marqueur social puisque les personnes travaillant en extérieur, dans les champs, étaient souvent bronzées tandis que les femmes de la ville avaient la peau blanchâtre, signe d’une vie aisée. De son vivant, les tableaux de Millet eurent peu de succès car les acheteurs potentiels était des bourgeois citadins qui ne manifestaient aucun intérêt pour ces scènes paysannes éloignées de leur quotidien et de leur préoccupations.

Ciel Montmailler!

Billet de blog rédigé à partir du travail d’Agathe V., élève de 2nde Patrimoines/HIDA à l’issue du vernissage de l’exposition organisée au CDI du 29 mars au 12 avril et de la séance consacrée au travail de Stéphane Montmailler

Touche à tout, Stéphane Montmailler, artiste invité au Lycée Honoré d’Urfé, expose avec plaisir depuis vendredi dans notre cher CDI!!

Pour inaugurer son exposition, il nous a offert une performance en direct vendredi 29 mars à 16h. Il nous a impressionnés et éblouis!! Derrière une toile en lycra récupérée dans un Emmaüs roannais, un modèle se prête au jeu et offre son corps à l’artiste qui trace à l’argile les contours d’un individu en plein « essor ». Une performance qui a été, mutatis mutandis, reproposée à la MDL mercredi 2 avril.

Affiche de l’exposition qui se tient en ce moment au CDI du lycée

Au cours du temps d’échange qu’il nous a consacré mardi 2 avril, Stéphane Montmailler a expliqué sa manière de travailler. Il utilise principalement des supports recyclés, en lien ou non avec le passé de la ville de Saint Étienne et de sa région. Loin d’intellectualiser son travail, il laisse aller sa main en s’interdisant de recourir au pinceau! Surtout, il vise à nous étonner, à nous surprendre. A telle enseigne qu’il parle, avec humour, d' »étonnimisme » pour définir sa « philosophie ». Tout un programme! Auquel on adhère, évidemment!

Les œuvres exposées au lycée ont été réalisées sur commande, en deux mois. Deux mois seulement pour penser et réaliser des oeuvres en lien avec la thématique du corps en mouvement, du corps qui danse. Il s’agissait en effet de faire le lien avec le projet danse mené avec des terminales et des 1ères cet hiver, projet qui a par ailleurs été filmé par les élèves de 2nde de l’option Cinéma audiovisuel (CAV) et qui sera prochainement monté et proposé aux lycéens.

Genre, Stéphane Montmailler

L’objectif de Stéphane Montmailler est de nous faire interagir avec ses œuvres, de nous laisser la liberté de les interpréter à notre manière, à l’aune de notre sensibilité personnelle. Bref, il abandonne, d’une certaine manière sa paternité et laisse ses oeuvres vivre leur vie au motif que c’est le regardeur qui fait l’oeuvre…

Autodidacte, Stéphane Montmailler n’était point destiner à devenir artiste bien que s’intéressant déjà, dans son adolescence, à l’Art. Quoiqu’ayant fait des études d’histoire, il est à présent bel et bien concentré sur l’Art sous toutes ces formes. De la peinture à la sculpture en passant par la performance, l’installation ou le décor de théâtre, Stéphane Montmailler est à n’en pas douter un touche à tout, un remarquable touche à tout!

Podium, Stéphane Montmailler

Une œuvre particulière a retenu mon attention. Elle est divisée en trois panneaux, trois châssis assemblés ensemble. Le titre de l’œuvre est inscrit sur l’œuvre elle-même, Podium. On y voit trois hommes qui sont en compétition ; ils sont vêtus d’un simple short blanc. Les ombres et constates sont magnifiques, on a l’impression que ces trois hommes vont d’un instant à l’autre jaillir du tableau et poursuivre leur course effrénée. Qui gagnera? Le peintre nous laisse l’imaginer. C’est donc avec curiosité j’espère, que vous viendrez les contempler!! Eux et les autres figures/personnages qui peuplent les peintures de Stéphane Montmailler!

Etreinte, Cé koi ya ? Stéphane Montmailler

Dans le Corbu, tout nous plut!

Billet de blog rédigé par Emma G & Edouard C, élèves de 2nde 10 Patrimoines/Histoire des Arts à l’issue de leur déambulation sur le site Le Corbusier de Firminy le 12 mars dernier. Une table ronde a été enregistrée par ailleurs pour la webradio du lycée.

Dans les années 50, la ville de Firminy était marquée par la classe ouvrière. La ville était bien plus peuplée qu’aujourd’hui mais était constituée, dans sa quasi-intégralité, de logements insalubres. C’est pourquoi, le maire de l’époque, Eugène Claudius-Petit fit appel à des urbanistes, dont le Corbusier, pour palier ce désagrément.

Charles-Edouard de Jeanneret de son vrai nom, était un urbaniste mais aussi un designer et un architecte comme cela a été montré à l’occasion de la table ronde de Radio Urfé organisée au lycée après notre visite de l’exposition « L’Ornement est un crime ».

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier (1887-1965)

Quoi qu’il en soit, c’est dans ce contexte de pauvreté et de croissance démographique et économique que fut créé le quartier de Firminy-Vert, bien plus ouvert et aéré que le reste de la ville, et, surtout, bien plus conforme aux normes d’hygiène et de confort de l’époque. Le Corbusier intervient dans ce quartier au milieu des années 1960, soit après que les principaux immeubles que nous pouvons voir actuellement eurent été réalisés.

Son cahier des charges était assez simple : le quartier devait permettre aux habitants de travailler (c’est pourquoi il est assez proche du centre ville et des usines), de se récréer, avec notamment le stade, la MJC, ou l’église, et enfin de pouvoir circuler, il est donc desservi par de larges axes de circulation et est accessible aux voitures. Nous pouvons noter que l’ensemble architectural de Le Corbusier est en béton car ce matériau est plus facile à produire et, partant, plus économique. Il correspond en tous points aux attentes de l’architecte qui, on le sait, est « maître es béton » en quelque sorte!

L’architecture de l’ensemble est très harmonieuse et équilibrée ; Le Corbusier a en effet usé de son unité de mesure :  le Modulor, une silhouette d’homme de taille moyenne (1,83 m).

Maison de la Culture de Firminy-Vert construire par Le Corbusier

Le quartier est composé de la MJC, avec un toit suspendu grâce à de longs câbles qui permettent une structure bien plus légère et souple, avec une façade très penchée, pensée initialement pour supporter les gradins du stade.

Le stade, quant à lui, est composé de gradins dont une partie est couverte et inspirée par les stades antiques.

Eglise Saint Pierre de Firminy construite selon les plans de Le Corbusier

Le monument du quartier est bien l’église, avec sa base carrée se transformant en pyramide tronquée. Son intérieur est presque aussi loufoque! Aucune ouverture « classique » mais on y retrouve la constellation d’Orion (en « rondelles » de verre incrustées dans le béton), qui, avec la lumière du soleil, reproduit des sortes de vagues sur les murs.

Mais le clou du spectacle, reste l’Unité d’Habitation. Avec son architecture originale, le bâtiment comporte 7 paliers, nommés « rues » avec 60 appartements par palier, allant du studio au T5. Cet immeuble a une superficie totale de 27 859 m2. S’il est aussi imposant, c’est parce qu’il devait pouvoir contenir un maximum de personnes, en vue des prévisions démographiques de l’époque.

Unité d’Habitation de Firminy Vert construire par Le Corbusier

Il devait par ailleurs faire cohabiter une grande population, à la manière d’une ville, c’est pourquoi, il était primordial que les gens se rencontrent. Ainsi, on peut retrouver une école maternelle au sommet, ayant pour but de faire se rencontrer les enfants, ainsi que les parents.

La terrasse au sommet offre une vue imprenable aux personnes qui s’y trouvent, à condition de ne pas avoir le vertige…

Tous ces aménagements ont encore prouvé que Monsieur Jeanneret était un véritable génie, autant en design qu’en urbanisme, bien dommage donc qu’il n’ait pas pu voir son œuvre finie. En effet, on peut rappeler que s’il a posé la pierre de fondation, il mourut avant la fin du chantier…