Mission réussie pour les fourmis moissonneuses en plaine de Crau !

 Trois ans après leur introduction, les chercheurs de l’IMBE observent le travail des ouvrières …

Les fourmis moissonneuses (Messor barbarus) sont de véritables  ingénieurs des écosystèmes  : elles sont utilisées dans le cadre de l’ingénierie écologique (application des principes de l’écologie à la gestion de l’environnement).

img_2n7zv8ea67vti4ld@Sergio Pérez González 

Ici, les fourmis moissonneuses sont utilisées pour  la restauration de systèmes écologiques dégradés de la plaine de Crau.

plaine de Crau

En effet, lorsqu’elles vont chercher des graines pour se nourrir, il n’est pas rare qu’elles en perdent en route; elles contribuent ainsi à la dissémination des espèces végétales .

fourmis moissonneusesFourmis moissonneuses © Adeline Bulot (UMR CNRS-IRD IMBE)

Ces fourmis moissonneuses  « Messor barbarus«  sont utilisées pour restaurer la végétation dégradée de la steppe de Crau où
deux sites ont été dégradés par une période d’arboriculture intensive et une fuite d’hydrocarbures :

- Le 7 août 2009, une fuite d’hydrocarbures de l’oléoduc de la Société du pipeline sud-européen (SPSE) survient
au coeur de la Réserve naturelle des coussouls de Crau. Déversant 4 700 m3 de pétrole brut, elle conduit à la destruction de plus de 5 ha de la végétation pseudo-steppique de la plaine de Crau, un écosystème protégé unique au monde : présence d’une avifaune (oiseaux) et entomofaune (insectes) endémiques.); Voir le dossier dpingenierieecologique_1

- L’ancien verger de Cossure de 357 ha se situe au centre de la plaine de la Crau. A partir de 1987, cet endroit a subi une arboriculture intensive. En 2006, suite à la faillite de son propriétaire, ce site fut abandonné. Voir le dossier ici m2-20-juin-2011

Cette utilisation semblerait faire ses preuves. 

En effet, trois ans après avoir introduit des reines fondatrices dans les zones à réhabiliter, des chercheurs de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale – IMBE (CNRS/Aix-Marseille Université/Université d’Avignon/IRD) observent les premières ouvrières qui se mettent au travail !

« Ces fourmis peuvent aller chercher des graines jusqu’à 30 m de distance, et ce, plusieurs fois par jour, précise Thierry Dutoit, directeur de recherches en écologie à

 l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE). Nous avons donc décidé de faire appel à ces fourmis pour aider à restaurer la steppe méditerranéenne sur deux sites de la Plaine de Crau ».

 

Lorsque les chercheurs commencent leurs expérimentations, la terre polluée a notamment été remplacée par de la terre saine sur laquelle ne repousse qu’une végétation éparse.

Ils comptent alors sur les fourmis moissonneuses pour redessiner la steppe et lui redonner son aspect d’origine. Des centaines de reines fécondées, prélevées dans leur milieu naturel après l’accouplement, sont déposées dans de petites cavités dont l’entrée est recouverte d’un galet pour protéger les fourmis des prédateurs et réguler la température du nid. Et trois ans plus tard, les premiers résultats sont là : plus de 40 % des reines fondatrices ont survécu à la réintroduction et donné naissance aux premières ouvrières. « D’ici un ou deux ans, les nids seront matures et compteront entre 8 000 et 20 000 individus, estime Thierry Dutoit. On devrait alors commencer à voir un impact significatif sur la végétation ».

Et trois ans plus tard, les premiers résultats sont là : plus de 40 % des reines fondatrices ont survécu à la réintroduction et donné naissance aux premières ouvrières.

« D’ici un ou deux ans, les nids seront matures et compteront entre 8 000 et 20 000 individus, estime Thierry Dutoit. On devrait alors commencer à voir un impact significatif sur la végétation ».

Sans l’action des fourmis et des moutons – également recrutés pour la réhabilitation des sites altérés – la steppe aurait besoin de centaines, voire de milliers d’années, pour reprendre ses droits et accueillir à nouveau criquets de Crau, lézard ocellé et outarde canepetière qui en font sa richesse.

source partielle de l’article: CNRS

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07/04/2014 :Séisme dans le sud est de la France

Un séisme de magnitude 4,9 s’est produit dans le sud est de la France, son épicentre se situe dans les Alpes-de-Haute-Provence.

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Informations générales

Date : 07/04/2014
Heure locale (Europe/Paris) : 21:26:59
Heure UTC : 19:26:59
Latitude : 44.52°
Longitude : 6.73°
Profondeur : 8 km
Magnitude : 4.9 MLv

source RéNaSS

Le Réseau National de Surveillance Sismique (RéNaSS) est une fédération de réseaux placés sous la responsabilité des différents Observatoires des Sciences de l’Univers (OSU) et Universités partenaires. Le RéNaSS est un volet du Service National d’Observation en Sismologie.

Le réseau de détection sismique de l’observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le lundi 7 avril 2014 à 21 h 27 (heure locale) un séisme de magnitude 4,8 dont l’épicentre était situé entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes); voir le document concernant ce séisme ci dessous

sqismalp

14040701

source sismalp

carte070414Analyse faite le 8 avril 2014.  «  La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l’« essaim de séismes » de La Condamine ; en rouge : séismes 2012–2014 ; en rouge cerclé de blanc : l’épicentre du séisme de magnitude 4,3 du 26 février 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les deux stations sismologiques les plus proches.

Le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014 au soir avait son foyer (44°29,6′N – 6°39,8′E – 8,5 km de profondeur par rapport au niveau de la mer) situé au même endroit que le séisme de magnitude 4,3 du 26 février 2012 (44°29,7′N – 6°39,7′E – 8,8 km de profondeur).

En moyenne, c’est tous les 15 à 20 ans qu’un séisme atteint la magnitude 4,8 dans le grand quart sud-est de la France. En raison de sa magnitude, le séisme de cette nuit risque de générer des répliques et de réactiver les essaims actuels et passés. De nombreuses répliques se sont effectivement produites et continuent à se produire à l’heure où ce texte est rédigé. La plus forte (M=2,2) a eu lieu à 2 h 25 ce matin. Ces répliques, jointes à une éventuelle activité de type essaim, vont se poursuivre pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. On ne peut exclure l’occurrence de répliques de magnitude 3, voire 4. » source sismalp 

Les données de ce séisme sont visibles sur USGS

Concernant les séismes, la région méditerranéenne est active en raison de la convergence vers le nord (4-10 mm / an) de la plaque africaine par rapport à la plaque eurasiatique le long d’une frontière de plaques complexe. Voir le cours sur la tectonique des plaques

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Le réchauffement du climat modifie la biodiversité

La biodiversité est en danger ! La  réalité du  réchauffement climatique doit modifier notre façon d’envisager le Monde et constitue donc un enjeu pédagogique majeur .

Le changement climatique et la biodiversité sont des thèmes pluridisciplinaires, ils figurent dans les programmes d’enseignement du primaire,du collège et du lycée. Aujourd’hui notre Planète entre dans une nouvelle ère, elle se réchauffe.  L’Homme par ses activités est responsable de ce changement de climat

Climat et biodiversité sont étroitement liés: au fur et à mesure que le climat change, la biodiversité est érodée.

 La biodiversité? Image de prévisualisation YouTube La biodiversité ne représente pas la quantité des êtres vivants sur Terre. Elle correspond :

  • à la  diversité entre les individus d’une même espèce (variabilité génétique) .
  • à la diversité des espèces.
  • à la variété des écosystèmes.

R. Barbault parle de « tissu vivant de la planète » .

Le réchauffement climatique ?

La Terre n’a  jamais connu des changements  climatiques aussi rapides…

sans titre3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source developpement-durable.gouv.fr/

Image de prévisualisation YouTube

NASA / Réchauffement des températures de 1950 à 2013 : le rouge le plus sombre indique un réchauffement de  +2°C, le bleu le plus foncé un refroidissement de  -2°c

Le réchauffement climatique est un fait avéré : les températures moyennes de l’air et de l’océan augmentent, la fonte de la neige et de la glace est généralisée, le  niveau moyen de la mer augmente…plus de détails ici

global-average-temperature

L’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre perturbe le climat de la Terre:

L’effet de serre ?
l’animation du CEA

C’est un phénomène naturel très important pour la survie de la planète.

Il permet d’avoir une température moyenne sur Terre de 15° C ; s’il n’existait pas, elle serait de -19°C.

Les gaz à effet de serre sont naturellement peu abondants dans l’atmosphère.

Cependant depuis le début de l’ère industrielle, l’homme a rejeté dans l’atmosphère des gaz (gaz carbonique, méthane, oxydes d’azote, etc.) qui augmentent artificiellement l’effet de serre.

ex:la concentration de CO2 a augmenté de 30% depuis une centaine d’années.

De nombreux outils pédagogiques sur le réchauffement climatique sont disponibles: sur le site du  Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie,sur le site du WWF, les climats anciens, climats futurs sur CNDP/CRDP DIjon, La mallette Biodiversite

Biodiversité, rôle de l’homme et réchauffement du climat:

  • Dans le passé, des disparitions d’espèces se sont produites ..

Prés de 99% des espèces ayant vécu sur notre planète sont aujourd’hui éteintes. L’évolution de la vie ne s’est pas faite de façon régulière au cours des temps géologiques.

Il existe des périodes où les espèces se sont diversifiées de façon très importante, d’autres, au contraire, où leur nombre restait stable, d’autres, enfin, où nombreuses d’entre elles ont disparu de façon massive

Les crises biologiques sont des périodes d’extinction massive de la biodiversité des espèces; cinq crises majeures ont déjà eu lieu:

-Fin Ordovicien (-440 Ma, 57% d’extinction des genres dans la faune marine)

-Fin Dévonien (-365 Ma, 50% d’extinction)

-Fin Permien (-245 Ma, 83% d’extinction)

-Fin Trias (-205 Ma, 48% d’extinction)

-Fin Crétacé (-65 Ma, 50% d’extinction) biodiversité  La sixième grande crise de biodiversité est liée aux activités humaines.

C’est un terme proposé par Paul Crutzen ( prix Nobel, chimiste et météorologue): Il désignerait une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté à la fin du XVIIIe siècle avec la révolution industrielle, période à partir de laquelle l’influence de l’espèce humaine  sur le devenir de la terre serait devenue prédominante. L’impact des activités humaines l’emporterait donc sur l’ensemble des facteurs naturels et viendrait modifier le climat et la biosphère.

Depuis 1988, plusieurs milliers de chercheurs internationaux se sont réunis sous l’égide de l’ONU pour constituer le GIEC  afin de travailler sur ce bouleversement global (planétaire) et rapide.

Résumé provisoire  en français à l’attention des décideursdu volume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat).

Résumé à l’attention des décideurs du volume 1 du 5e rapport d’évaluation du GIEC au format PDF ( liens actifs):ONERC_SPM_V3c PDF
Quelques exemples de modification  de la biodiversité liés au réchauffement du climat :
  •   les conséquences du réchauffement climatique en Arctique : Image de prévisualisation YouTube

Les Lemmings et autres petits herbivores arctiques : la population des  Lemmings et autres petits herbivores arctiques fluctue.

Elle est davantage limitée par une augmentation de leurs prédateurs (Ils sont mangés par l’hermine, le  renard arctique) ; l’abondance de nourriture est moins influente sur leur nombre .

À l’exception de l’extrême nord de l’Arctique, la prédation est donc un facteur plus limitant que la quantité de nourriture disponible.

Pour chaque hausse de 1 degré Celsius, l’intensité de la prédation sur les espèces situées au bas de la chaîne alimentaire augmente de 4,5% 

« Cet effet pourrait être accentué par la montée vers le nord de nouveaux prédateurs, notamment le renard roux et certaines espèces de belettes et d’hermines », signale le professeur Gauthier  »

 Le Renard arctique
Suite réchauffement climatique,il sera en concurrence alimentaire avec d’autres   nouveaux prédateurs venus du Sud.

 » Une espèce comme le renard arctique sera progressivement refoulée vers le nord, mais éventuellement elle va atteindre les limites de la terre ferme et elle n’aura nulle part où aller. Curieusement, le réchauffement climatique va augmenter la diversité biologique de l’Arctique, mais il va appauvrir celle de la planète. »

En Arctique, les chaines alimentaires sont donc modifiées par le réchauffement climatique:voir les fiches du CNES exploitables en classe: réseaux alimentaires en Arctique

Bonne nouvelle en Arctique: le phytoplancton y est très abondant , beaucoup plus que dans n’importe quel océan sur Terre où il est en déclin…..

- plus d’énergie lumineuse est absorbée par la glace… les étangs d’eau de fonte sont donc plus nombreux.   . Etangs  de fonte de la banquise en Arctique , Photo: Stefan Hendricks,Alfred Wegener Institute

- plus de lumière traverse  la banquise pour atteindre l’océan en dessous : Le phytoplancton y est très abondant , beaucoup plus que  dans n’importe quel océan sur Terre…..

Cette lumière supplémentaire sera elle bénéfique à tous les  organismes marins ? Comment vont-ils réagir à ces nouvelles  conditions de vie sous la banquise  ?

De nombreux biologistes s’ intéressent à ces problèmes de biodiversité liés à la fonte de la banquise… A voir ici

Le manchot Adélie, gagnant du réchauffement climatique

 Le changement climatique modifie les habitats des animaux vivant aux pôles: Il y a des gagnants comme les manchots Adélie et des perdants comme les ours polaires .   la surface de l’habitat du manchot Adélie augmente, les colonies sont plus nombreuses  En gris la surface de l’habitat, en noir les  couples reproducteurs : source plosone.org

Plus précisément, le recul du glacier situé au nord de la colonie des manchots Adélie et la fonte des plaques de  neige  ont  modifié  la surface de l’ habitat ( voir ci-dessus) de nidification disponible des  manchots Adélie (région sud de la mer de Ross, sur  l’île Beaufort).

Il a augmenté de 71% depuis 1958, avec une hausse de 20% au cours de 1983 à 2010; les colonies occupent ce qui était autrefois un habitat inapproprié couvert de neige et de glace… à voir ici en détail Avec l’aimable autorisation de Photos-voyages.com
Manchot Adélie nourrissant son bébé après avoir régurgité le produit de sa pêche. La tête du nouveau-né affamé disparaît dans la gueule du parent.

Certains oiseaux ont avancé leur date de ponte, d’autres non Les oiseaux de l’arctique ont besoin d’un sol dépourvu de neige pour pondre.

Les variations observées entre les espèces d’oiseaux  s’expliquent  essentiellement par les  différences de régime alimentaire et à la disponibilité de la nourriture pour les jeunes.

Par exemple, les bécasseaux semi-palmés ont  avancé leurs dates de ponte. bécasseau biodiversité

Bécasseau semi-palmé

Crédit photo:Mdf Source :Wikimedia commons Certains droits réservés : Licence GNU Free

 

 

Ces oiseaux de l’Arctique  pourront-ils  continuer à s’adapter si chaque année la fonte des neiges intervient  plus tôt ? …

  • Changements climatiques et biodiversité: les régions antarctiques et subantarctiques.

Consulter le document PDF de Yves Frénot, directeur de recherches au CNRS, directeur adjoint de l’ IPEV :UPL4863294132477689814_Yves_Frenot

  •  L’acidification des océans est un problème majeur, liée au réchauffement climatique, elle menace la  biodiversité des océans ….

L’océan est un milieu très stable depuis au moins 100 millions d’années…  Mais

l’ Homme, par ses activités vient changer cet équilibre :

- Depuis le début de la révolution industrielle, 1/3 du CO2 a été absorbé par les océans, qui contribuent ainsi à modérer le réchauffement  général du climat .

- en 100 ans l’océan est devenu 30% plus acide, il sera  50% plus acide à la fin de ce siècle …

Le projet européen EPOCA a été lancé en 2008 : il étudie les conséquences biologiques, écologiques, biogéochimiques et sociétales de l’acidification des océan… voir l’article sur l’acidification des océans .

– La mort programmée  des coraux coraux Assemblage de coraux sur la Grande barrière de corail (Australie).@Toby Hudson

Les coraux sont très fragiles  …

L’ acidification des océans provoque une diminution de la croissance des organismes à squelette calcaire (coraux, mollusques, algues…). - Une augmentation de la température de l’eau de mer provoque le blanchiment des coraux et leur mort dans 15 à 60% des cas …. voir l’article ici

Si rien n’est fait,en 2050, il ne restera plus beaucoup de récifs coralliens.

  • Les changements climatiques et les changements d’occupation des terres peuvent accentuer l’extension des espèces invasives:

Notre monde marin est en danger : la surexploitation des ressources marines, la destruction des habitats, la pollution et les changements climatiques provoquent tous une perte de la biodiversité. La menace la plus insidieuse est celle représentée par les espèces invasives marines… voir ici  

- les diatomées:

Les diatomées (encore appelées bacillariophycées ou diatomophycées) sont des organismes microscopiques de nature végétale, vivant dans l’eau, soit en suspension (plancton), soit sur le fond, libres ou fixés à des supports divers. Ce sont des algues jaunes et brunes unicellulaires dont la taille varie entre deux micromètres (micron, soit un millième de millimètre) et un millimètre. » – Extrait du « Guide des diatomées » de Maurice Loir, Editions Delachaux et Niestlé, 2004, 240 pages.

Une étude de Coste_Ector_(2007_invazive-exotic-diatoms) a ainsi montré que depuis 20 à 30 ans il y a eu apparition et/ou prolifération dans les cours d’eau français de plusieurs espèces de diatomées,  d’origines tropicales ou subtropicales …  distribution actuelle (en 1999-2000) en France de différentes espèces de diatomées thermophiles d’origines tropicales. Coste et Ector 2000, Syst. Geogr.

Le réchauffement climatique va provoquer un bouleversement important dans la distribution spatiale des espèces invasives d’ici à 2100 !

Les espèces invasives sont un danger pour la biodiversité NB: Une « espèce invasive » est un organisme étranger  à un écosystème, et dont l’introduction est susceptible d’y causer des dommages environnementaux .

Une fois établie, cette espèce constitue une menace pour la biodiversité marine ; il est extrêmement difficile de contrôler sa propagation .  

Ces espèces modifient considérablement  les écosystèmes existants, et amènent des espèces indigènes ( naturellement natives du lieu ) au bord de l’extinction … à voir ici

- Modification des aires de répartition des espèces :

Près de 30000 oies cendrées ont  hiverné en France en 2011 contre 10 en 1968 .

Les espèces doivent s’adapter aux changements climatiques ou migrer en colonisant de nouveaux territoires ….

Toutes les espèces n’en sont pas capables. il y aura donc des disparitions inéluctables .

- La biodiversité des îles françaises est menacée par la hausse du niveau de la mer

CSIRO_GMSL_figure

A l’horizon 2100, le niveau de la mer devrait augmenter de 1 à 3 mètres . Ceci aura un très fort impact sur les îles, leur faune, leur flore et leurs populations.

voir le communiqué du CNRS :Biodiversité CNRS 10 SEPTEMBRE 2013

- Conséquences de la modification dans le temps des saisons:

Image de prévisualisation YouTube

La flore et de la faune sont sensibles aux  variations de température et à la  la durée du jour. Leur cycle biologique dépend pour une grande part de ces deux facteurs qui varient périodiquement au cours des saisons.

L’arrivée précoce d’un printemps chaud modifie la date de floraison des plantes ou la date d’éclosion des insectes.

Les cycles de vie d’autres espèces sont aussi modifiés. Certaines s’adaptent au décalage de l’abondance de leurs ressources nutritives et d’autres non.

Les démarches pédagogiques associées à l’ODS ?

L’ODS propose des outils d’animation et de sensibilisation variés, et d’accompagner les animateurs et/ou enseignants lors de la construction de leur propre projet pédagogique :à voir ici

– De nombreuses espèces d’oiseaux ont été en mesure de faire avancer leur date de ponte pour correspondre à un changement de l’abondance de leur nourriture( le Bécasseau  semi- palmé de l’Arctique)

Les chevreuils en forêt sont inadaptés au changement climatique: la  mortalité des faons est accrue:

la période de mise-bas n’a pas changé entre 1985 et 2011, malgré l’avancée continue du printemps depuis 27 ans.

Incapables de régler la période des naissances sur le pic printanier des ressources végétales dont ils dépendent, les chevreuils subissent une mortalité juvénile accrue, diminuant ainsi la croissance de leur population…. voir la suite ici

Cette liste n’est pas exhaustive…Nombreux sont les autres exemples…

Et l’Homme ?

L’Homme s’est toujours adapté à  presque tous les écosystèmes, ses chances de survie sont réelles. Les sociétés humaines devront faire face à de nombreux aléas : guerres, crises énergétiques, sociales et  politiques, tempêtes , montée du niveau de la mer et déplacements obligatoires  des populations…  Le sort des autres espèces de la Planète dépend pour l’essentiel de lui et de ses activités.

La biodiversité est donc un enjeu vital pour la Planète

Des politiques internationales sont déjà en place, mais l’avenir pour la biodiversité reste  encore incertain 

« Dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale (version 2013.2), sur les 71576 espèces étudiées, 21286 sont classées menacées.

Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 31% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères. »source UICN

Le 31 Mars 2014, le  GIEC a conclu à Yokohama ( Japon) une réunion de six jours sur l’état climatique de la Terre  et surtout sur ses conséquences inquiétantes:  Le deuxième volet du rapport 2013 – 2014 du GIEC détaille les graves conséquences du réchauffement climatique ( + 4 ° à l’horizon 2100)

http://www.dailymotion.com/video/x1kxine

  Le deuxième volet de ce  rapport intitulé «Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité» est consultable ici.

«Nous sommes aujourd’hui sur une trajectoire à + 4-5 degrés d’ici la fin du siècle: c’est ce qui se passera si on dit “tant qu’il y a du fossile, on l’utilise”», alerte Jean Jouzel, climatologue et vice-président du Giec. «Dans ce scénario, le niveau de la mer pourrait s’élever de près d’un mètre d’ici 2100», prévient-t-il en soulignant que cela ne sera pas uniforme au niveau du globe, tout comme la hausse de la température qui sera plus forte sur les continents que dans les océans.

Lors de la Conférence des Nations unies de 2015 à Paris, un accord mondial  doit obligatoirement être conclu pour contenir le réchauffement à 2 degrés à l’horizon 2100. Au delà de cette valeur, les scientifiques prévoient des conséquences dramatiques … Il est grand temps d’agir. 

Plus le temps passe, plus les possibilités d’intervention sont restreintes…

Les enseignants ne peuvent que s’associer à cette démarche en relayant la problématique et en faisant participer leurs élèves à des actions locales. C’est une belle façon de changer leur regard sur le Monde qui les entoure …

 

flammeklode[1]

Plus que jamais, l’Homme tient entre ses mains l’avenir de sa Planète.

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génétique et obésité: le rôle d’AMY1, gène de l’amylase salivaire

Une équipe internationale coordonnée par le professeur Philippe Froguel vient de découvrir que les personnes possédant un petit nombre de copies de AMY1, gène de l’amylase salivaire, ont un risque multiplié par 10 de devenir obèses.

  • Des rappels de cours:

AMY1?

AMY1 est le gène codant pour l’amylase salivaire, il est présent de manière répétée chez l’espèce humaine et peut varier de une à vingt copies en fonction des individus.

L’amylase salivaire ?

La salive est un liquide muqueux sécrété par les glandes salivaires. Elle est composée d’une grande variété de molécules dont l’une est une enzyme : l’amylase, qui catalyse l’hydrolyse de l’amidon ( présent dans les pâtes, le riz …)

la digestion de l’amidon: quelques rappels…

- l’amidon (polyoside) est formé de longues chaînes de glucose, il est transformé en molécules de maltose par l’amylase.

- Il existe deux amylases , l’une contenue dans la salive et l’autre dans le suc pancréatique.

- le maltose (deux molécules de glucoses reliées) est un diholoside obtenu lors de la digestion des polyosides (amidon et glycogène) par les amylases.

- la maltase ( enzyme spécifique du maltose) transforme chaque maltose en deux molécules de glucose.

- A la fin de la digestion, le glucose traverse la paroi de l’intestin grêle pour passer dans le sang; il sera ensuite utilisé par nos cellules …

Les enzymes?

les enzymes sont des protéines et chacune d’entre elles est codée par un gène.
Les enzymes sont des catalyseurs biologiques et agissent dans des conditions compatibles avec la vie.

  • Des précisions sur cette découverte:le communiqué du CNRS

AMY1, gène codant pour l’amylase salivaire est présent de manière répétée chez l’espèce humaine et peut varier de une à vingt copies en fonction des individus. Une diminution du nombre de copies de ce gène codant pour l’amylase salivaire (servant à digérer l’amidon, sucre complexe) favorise l’obésité. C’est ce que vient de découvrir une équipe internationale coordonnée par le professeur Philippe Froguel du laboratoire Génomique et maladies métaboliques (CNRS /Université Lille 2/Institut Pasteur de Lille) (1).

Les chercheurs montrent que les personnes qui ont le plus petit nombre de copies du gène AMY1 (et ainsi peu d’enzyme amylase dans leur sang) ont un risque multiplié par 10 de devenir obèses. Chaque copie de ce gène en moins augmente de 20% le risque d’obésité. Ces travaux, publiés le 30 mars 2014 dans Nature Genetics, démontrent pour la première fois le lien génétique entre la digestion des glucides complexes et l’obésité.

Un milliard de personnes sont actuellement en surpoids. Si au niveau d’une population entière c’est l’environnement délétère qui favorise l’obésité, au niveau individuel les facteurs génétiques expliquent 70% du risque génétique des personnes prédisposées à l’obésité. Environ 5% des personnes très obèses portent une mutation d’un des gènes contrôlant l’appétit qui est suffisante pour les rendre obèses. Les études récentes pan-génomique (2) par puces à ADN ont identifié 70 gènes de l’obésité commune, mais leur impact est faible et n’explique qu’une petite partie du risque génétique (4%).

Pour aller plus loin, les chercheurs français et britanniques ont étudié des fratries suédoises discordantes pour l’obésité, analysant leur génome et les gènes du tissu adipeux différemment exprimés entre obèses et sujets de poids normal. Ils ont mis en évidence une région du chromosome 1, unique en son genre car elle contient un gène AMY1 codant pour l’amylase salivaire qui est présent dans une forme unique à l’espèce humaine. Au lieu d’avoir seulement deux copies de ce gène (un du père, un de la mère) le nombre de copies d’AMY1 varie de une à vingt copies. Depuis 10 000 ans, date du début de l’agriculture, le nombre de copies d’AMY1 a augmenté dans l’espèce humaine, témoignant de la sélection naturelle et de l’évolution humaine : l’amylase servant à digérer les sucres complexes (amidons), les hauts sécréteurs d’amylase salivaire sont dotés d’un avantage nutritionnel sélectif. Les chercheurs ont remarqué que les personnes ayant le plus petit nombre de copies d’AMY1 (et ainsi peu d’enzyme amylase dans leur sang) ont un risque d’obésité multiplié par 10. Chaque copie d’AMY1 en moins augmente de 20% le risque d’obésité. A elle seule cette région du génome explique près de 10% du risque génétique.

Il existe 2 formes d’amylase, l’une produite par le pancréas et l’autre par les glandes salivaires et seule la forme salivaire semble associée à l’obésité. On ne connait pas encore pourquoi la déficience en amylase salivaire favorise l’obésité : deux hypothèses sont envisagées. D’une part la mastication des aliments et leur digestion partielle dans la bouche pourrait avoir un effet hormonal entraînant la satiété qui serait diminuée en cas de déficience en AMY1. D’autre part, la mauvaise digestion des amidons pourrait modifier la flore intestinale et ainsi contribuer indirectement à l’obésité voire au diabète comme le suggèrent les premières études du métabolome (3) réalisées chez des personnes à haute ou basse amylase salivaire. Ainsi les personnes à basse amylase salivaire ont une glycémie anormalement élevée quand on leur fait manger de l’amidon.

Ces résultats ouvrent une piste tout à fait nouvelle de la prédisposition génétique à l’obésité passant par la digestion des glucides complexes et leur action sur la flore bactérienne de l’intestin. Ils ouvrent des perspectives importantes de prévention et de traitement plus efficaces de l’obésité prenant en compte la digestion des aliments et leur devenir intestinal.

froguel


© DR


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Pollution de l’air à l’intérieur des habitations et santé

Chaque année, 4,3 millions de personnes meurent prématurément de maladies imputables à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations, qui résulte d’une utilisation inefficace de combustibles solides (selon les données de 2012). La répartition de ces décès par cause est la suivante: voir le site de l’OMS/ Mars 2014

Pour vous aider à évaluer la qualité de l’air à l’intérieur de votre maison un Quizz est disponible ici ( en partenariat avec l’association environnementale WECF et l’APPA)

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Au crétacé, les phasmes pratiquaient le mimétisme

Les phasmes du Crétacé inférieur pratiquaient déjà le mimétisme

Les phasmes ?

Les phasmes sont des insectes  connus pour leurs extraordinaires capacités mimétiques : leur morphologie et leur comportement leur permettent de duper les prédateurs en imitant des branches, des feuilles ou des écorces, essentiellement de plantes à fleurs.

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Combien de phasmes voyez vous sur la photo ci-dessous ?

phasmes© MNHN / Sophie Fernandez Cretophasmomima melanogramma reconstitué dans son environnement
l’insecte mangé par le mammifère est une sauterelle

Les phasmes du crétacé ?

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À gauche : Cretophasmomima melanogramma – mâle dont les ailes présentent les bandes sombres caractéristiques. © MNHN/ O. Béthoux
À droite : Membranifolia admirabilis. © F. Jacques

Des scientifiques d’une équipe internationale et pluridisciplinaire, dont Olivier Béthoux du Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC), ont déterminé que des phasmes avaient développé dès le Crétacé inférieur la capacité d’imiter des plantes de leur environnement. Cette découverte, fondée sur l’étude d’une nouvelle espèce d’insecte fossile trouvée en Chine, est publiée aujourd’hui dans PLOS ONE.

Téléchargez le communiqué de presse : cp_mnhn_bethoux_19042014

Références :

Maomin Wang, Olivier Béthoux, Sven Bradler, Frédéric M. B. Jacques, Yingying Cui, Dong Ren. Under cover at pre-angiosperm times: a cloaked phasmatodean insect from the Early Cretaceous Jehol biota. PloS ONE, 19 mars 2014.

Consulter le site web

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L’orthographe des adolescents menacée par les SMS ?

Les SMS sont-ils réellement une menace pour l’orthographe des adolescents ? Les  » tu fé koi ? », « Laisse tonbé Fo ke jy ail Bisous et a+ » ….. vont-ils se retrouver dans des copies d’élèves ?

En effet, le langage écrit SMS est différent de celui utilisé dans le cadre de l’apprentissage des connaissances à l’école. Il est parfois cité dans la liste des coupables des faiblesses orthographiques des enfants et des adolescents.

Ecrire des SMS

Ecrire des SMS…

Une étude vient d’être réalisée par des chercheurs du Centre de Recherche sur la Cognition et l’Apprentissage (CNRS/Université de Poitiers/Université François-Rabelais Tours)en collaboration avec des chercheurs de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et de l’Université Toulouse II-le mirail

telephone

Le travail est présenté en deux chapitres:

  • le premier concerne les SMS et l’orthographe chez des collégiens de 11-12 ans
  •  le second concerne le rôle de l’âge de l’expertise et du genre sur la longueur, la structure et la fonction sociale des SMS chez des collégiens et lycéens de 13 à 18 ans.

Voir le rapport sur les Pratiques des SMS des collégiens et lycées (J. Bernicot) :(102 pages). (PDF – 1.9 Mo): J.Bernicot rapportfinal

« Les résultats de l’étude  viennent pourtant nuancer ces idées reçues. En effet, ils montrent qu’en début de pratique des SMS, c’est le niveau en orthographe traditionnelle qui détermine la forme des SMS envoyés, et non pas les SMS qui influencent négativement l’orthographe traditionnelle. Lorsque la pratique des SMS est installée (au bout d’un an), il n’existe aucun lien entre le niveau en orthographe traditionnelle et la forme des SMS. Le seul lien qui existe entre le niveau en orthographe et la densité de « textismes » (1) concerne ceux en rupture avec le code traditionnel (cf. tableau 2) au premier trimestre de pratique des SMS. Contrairement aux craintes souvent exprimées, ce sont les bons élèves en orthographe qui font beaucoup de « textismes » en rupture avec le code traditionnel et les moins bons qui en font le moins. Cette étude montre que l’écrit traditionnel et l’écrit SMS dépendent des mêmes capacités cognitives symboliques. Elle permet aussi de conclure que les SMS ne sont pas une menace pour le niveau en orthographe à l’école, mais une occasion nouvelle et supplémentaire de pratiquer l’écrit. Il est important de souligner que dans les SMS étudiés, si en moyenne 52% de mots contenaient des « textismes », 48% de mots étaient écrits selon les règles traditionnelles. »  source CNRS
voir le Communiqué du CNRS: Les SMS

tableau textismes

(1) La densité de « textismes » se définit par le nombre de changements dans la forme orthographique d’un mot par rapport à l’écrit traditionnel, divisé par le nombre total de mots du SMS.


Bilan:

  • « La pratique des SMS ou textos n’a pas d’influence sur l’orthographe des collégiens, c’est leur niveau en orthographe qui détermine le type de fautes présent dans les SMS. »

  •  » les SMS ne constituent pas une menace pour le niveau en orthographe à l’école, mais sont une occasion nouvelle et supplémentaire de pratiquer l’écrit. »

Ces travaux viennent d’être publiés dans la revue Journal of Computer Assisted Learning.

Et si la connaissance du langage SMS par les enseignants était un levier pour aborder l’orthographe de notre langue ?

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Big bang: les ondes gravitationnelles primordiales, premières preuves de l’inflation cosmique

Au plus proche des secrets de l’univers …Les ondes gravitationnelles primordiales

Des chercheurs de la collaboration BICEP2 ont annoncé aujourd’hui la première preuve directe de l’ inflation cosmique. Leurs données représentent également les premières empreintes des ondes gravitationnelles primordiales, ondulations dans l’espace-temps.

Ces ondes  gravitationnelles primordiales ont été décrites comme les « premières secousses du Big Bang. »

BICEP2Deployment20102011

 

Bicep2: série d’instruments situés dans l’Antarctique,  destinés à observer le fond diffus cosmologique,

 

Le Big Bang?

Il y a près de 14 milliards d’années, l’univers que nous habitons nait d’un événement extraordinaire qui a initié le Big Bang (voir les animations du CNRS).

Dans la toute première fraction d’une seconde, l’univers s’élargit de façon exponentielle: c’est l’inflation cosmique.

expansion univers

Le fond diffus cosmologique, ou rayonnement fossile?

L’observer c’est accéder à l’enfance de l’Univers et donc comprendre son origine et son évolution.

Dans l’Univers primordial très dense, la lumière ne pouvait pas se propager librement : l’Univers était opaque.

Comme la lumière voyage à vitesse finie, en regardant loin, on regarde dans le passé: vient ainsi le moment où l’on voit l’époque où l’Univers était opaque.

Cet instant s’appelle « époque de dernière diffusion »: Il s’est produit  il y a environ 380 000 ans après le Big-Bang.C’est le rayonnement qui baignait l’Univers à ce moment-là  observé par Planck. On l’appelle fond diffus cosmologique, ou rayonnement fossile( voir ci dessous):c’est la plus ancienne image de l’univers que nous possédons.

NB: lorsque l’Univers s’est refroidit et s’est dilaté, les premiers atomes se sont formés rapidement (le brouillard s’est dissipé); ils ont laissé la lumière libre de se propager : c’est le fond diffus cosmologique.

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Les ondes gravitationnelles primordiales?

ondes gravitationnelles

Le télescope Bicep2 n’a pas directement observé ces ondes gravitationnelles primordiales ; il a constaté leurs empreintes, leurs effets sur ce  rayonnement fossile.

Les ondes gravitationnelles primordiales  pressent l’espace comme elles voyagent, et ces compressions produisent un modèle distinct dans le fond diffus cosmologique. 

2014-05source.harvard.edu

«Le modèle en mode B tourbillonnant est une signature unique des ondes gravitationnelles primordiales . C’est la première image directe des ondes gravitationnelles dans le ciel primordial», a déclaré le co-leader Chao-Lin Kuo (Stanford / SLAC).

 Cette découverte constitue une avancée majeure pour répondre aux questions: Comment l’univers a t-il commencé? Pourquoi existons-nous? …

Image de prévisualisation YouTube

sources:

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Romundina,âgé de 415 MA,un poisson au visage familier

Une équipe internationale présente dans Nature le fossile Romundina permettant d’expliquer l’origine d’une des parties de notre visage, la face.

Squelette du petit poisson fossile Romundina (415 millions d'années) (vue latérale) © CNRS-MNHN-UPMC Paris 6 - Philippe Loubry

Squelette du petit poisson fossile Romundina (415 millions d’années) (vue latérale) © CNRS-MNHN-UPMC Paris 6 – Philippe Loubry

Romundina ?

C’est un petit poisson cuirassé vieux de 415 millions d’années… C’est un fossile clé qui illustre étape par étape l’assemblage de la face lors de la transition entre vertébrés sans mâchoire et vertébrés avec mâchoires.

Romundina face BD - ©Vincent Dupret - Université Uppsala

Romundina face BD – ©Vincent Dupret – Université Uppsala

Les vertébrés?

Les vertébrés possèdent  une colonne vertébrale et se distribuent en deux groupes en fonction de la présence ou de l’absence de mâchoire.

De nos jours, les seuls vertébrés sans mâchoires (cyclostomes) sont les lamproies et les myxines, alors que les vertébrés à mâchoires (gnathostomes) représentent plus de 50 000 espèces, dont l’espèce humaine.

On savait déjà que les vertébrés à mâchoires dérivaient d’ancêtres n’en possédant pas mais qu’en était- il sur la formation de la face ?

 

  • Dans un embryon de vertébré sans mâchoire, des masses de cellules spécifiques croissent vers l’avant de chaque côté du cerveau avant de se rencontrer dans le plan de symétrie pour former une “lèvre supérieure” très développée (non comparable à la nôtre) entourant une unique narine juste en avant des yeux.
  • Chez un vertébré à mâchoires, au contraire, ces mêmes masses cellulaires croissent vers l’avant dans le plan de symétrie mais sous le cerveau, séparant les sacs nasaux qui s’ouvrent séparément vers l’extérieur.

Voilà pourquoi notre visage a deux narines plutôt qu’une seule en plein milieu. La partie antérieure du cerveau est aussi beaucoup plus allongée chez un vertébré à mâchoires, avec comme résultat que notre nez est en avant du visage plutôt qu’en arrière entre les deux yeux.

Jusqu’à présent, on ne savait que peu de choses sur les étapes intermédiaires de cette étrange transformation…

C’est là que le fossile de Romundina, un placoderme primitif (un « poisson cuirassé » doté de mâchoires) découvert dans l’arctique canadien, et dont le spécimen repose au Muséum national d’Histoire naturelle, entre en scène.

Reconstitution 3D de Romundina (415 millions d'années) (vue latérale gauche) © Uppsala University - Vincent Dupret

Reconstitution 3D de Romundina (415 millions d’années) (vue latérale gauche) © Uppsala University – Vincent Dupret

Romundina a ses narines bien séparées, mais logées loin en arrière du bout du museau (qui rappelle une « lèvre supérieure » de vertébré sans mâchoire).

« Ce crâne présente un mélange de caractères primitifs et modernes, lui conférant une place de choix au sein des vertébrés, le rendant particulièrement précieux pour les paléontologues« , déclare Vincent Dupret de l’Université d’Uppsala.

 

En reconstituant virtuellement les structures internes de ce crâne grâce aux rayons X à l’ESRF de Grenoble (European Synchrotron Radiation Facility), les auteurs montrent que ce crâne abritait un cerveau très court à l’avant, comme chez un vertébré sans mâchoire. De fait, « Romundina est construit comme un vertébré à mâchoires, mais avec des proportions de vertébré sans mâchoire », dit Per Ahlberg d’Uppsala ; « cela nous démontre que l’organisation de la majeure partie des masses tissulaires a été la première à changer, et que la forme de la tête ne s’est modifiée qu’ensuite« .

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En replaçant Romundina dans une séquence comprenant d’autres fossiles, certains plus primitifs et d’autres plus évolués, les auteurs offrent ainsi un scénario montrant les principales étapes de cette transformation, se terminant par le reflet qui nous observe chaque matin dans le miroir de la salle de bain.

Sources :

http://www.mnhn.fr/fr/recherche-expertise/actualites/visage-familier-vieux-415-millions-annees

A primitive placoderm sheds light on the origin of the jawed vertebrate face. Vincent Dupret, Sophie Sanchez, Daniel Goujet, Paul Tafforeau & Per E. Ahlberg, Nature, 12 février 2014. doi:10.1038/nature12980

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Afrique, 2030 :la pollution atmosphérique liée à l’homme va augmenter

En Afrique, les activités humaines contribuent de façon importante à la pollution atmosphérique.

A l’horizon 2030, en l’absence de toute mesure de régulation efficace, celles-ci pourraient alors contribuer pour 20 à 55 % des émissions globales anthropiques ( liées aux activités de l’ Homme) des polluants gazeux et particulaires.

Les émissions de gaz et de particules provenant de la combustion de combustibles fossiles et les biocarburants en Afrique vont probablement  augmenter de manière significative dans un avenir proche en raison de la croissance rapide des villes africaines et les mégalopoles.

En 2050, sept personnes sur dix vivront dans des villes, petites ou grandes. Cette croissance urbaine concerne principalement l’Asie et l’Afrique (source UNICEF).

136799341_0Vue aérienne du quartier d’affaires d’Abidjan. @ Issoufou Sanogo

« La pollution atmosphérique urbaine est liée aux sources de combustion dites anthropiques, comme le trafic, les feux domestiques et les industries. Nos programmes de recherche nous ont montré la détérioration de la qualité de l’air dans les villes africaines », explique Cathy Liousse, directrice de recherche au CNRS, à Toulouse.

 

 Jusqu’à présent, il n’y avait pas de données précises quant aux émissions de polluants pays par pays sur ce continent:

Pour pallier ce déficit d’information, une équipe franco-ivoirienne a réalisé des cartes des émissions polluantes en Afrique pour l’année 2005, puis estimé ces émissions pour 2030 en s’appuyant sur trois scénarios.

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© Environ. Res. Lett. 9 035003 Estimations régionales des émissions de particules de carbone organique issu des combustions de fuels fossiles et de biofuels en tonnes de carbone par an, pour un scénario de l’année 2030.

  Ces travaux, publiés le 11 mars 2014 dans la revue Environmental Research Letters, serviront à améliorer ces modèles climatiques, mais aussi à évaluer les impacts sur la santé de la pollution dans les zones urbaines d’Afrique.

Communiqué du CNRS:

« Les inventaires d’émissions des polluants dans l’air sont un passage obligé pour mesurer l’impact de la pollution sur la qualité de l’air et le climat.

Ces données alimentent en effet les modèles atmosphériques et climatiques, et permettent de faire des projections sur le futur.

Les inventaires régionaux sont très précis pour l’Europe, l’Asie, ou l’Amérique du Nord. En revanche, jusqu’à présent, pour l’Afrique on ne disposait que d’inventaires globaux.

C’est pour répondre à ce déficit d’information que les chercheurs ont développé des cartes d’émissions anthropiques pour l’année 2005 pour l’ensemble des pays africains.

Pour cela, ils se sont appuyés sur des données diverses : questionnaires de la consommation de fuels soumis aux autorités de différents pays, enquêtes de terrain, résultats de programmes de recherche tels que AMMA (programme sur la mousson ouest-africaine) et POLCA (programme sur la pollution des capitales africaines).

Les chercheurs ont également pris en compte des sources d’émission de gaz et de particules particulièrement polluantes en Afrique : d’une part les véhicules à deux roues, les vieilles voitures et les vieux camions dans les villes, et d’autre part, la fabrication de charbon de bois pour la cuisine.

Aujourd’hui, l’ensemble des sources d’émission anthropique représentent, selon les particules ou les gaz considérés (carbone suie, carbone organique, dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, monoxyde de carbone…) entre 5 et 20% de la pollution mondiale.

La contribution de l’Afrique au changement climatique ne peut donc être négligée… »

Voir le communiqué en entier :pollution Afrique 2030

Le continent africain connait une croissance rapide …. Il devra impérativement modifier ses pratiques pour limiter la pollution …

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