Apr 25 2017

Hommage à Palomo Linares

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Sebastián Palomo Martínez, fils de mineur, est né à Linares (Jaén) le 27 avril 1947. Son décès a eu lieu le 24 avril 2017 à Madrid.

El 20 juin 1964 il débute  dans les arènes de Vista Alegre dans le cadre des novilladas de “La oportunidad” organisées par les Lozano-Dominguín, qui cherchaient un torerillo capable de faire concurrence au courage et à la popularité de Manuel Benítez « El Cordobés ». « Apodéré » par les Lozano il débute avec picadors en 1965 et prend l’alternative le 19 mai 1966 à Valladolid, Jaime Ostos lui cédant, devant Mondeño, la mort Feíllo de Salustiano Galache, auquel il coupe les deux oreilles, autant qu’à son second. Il reçoit deux coups de corne l’année suivante et il mène avec El Cordobés la fameuse « guerrilla » dans des villages et des arènes transportables contre l’establishment taurin. Il confirme son alternative des mains de Curro Romero le 19 mai 1970 avec le toro Presumido de Antonio Pérez Angoso et en présence de Juan José mais reçoit un double coup de corne. Le 26 mai, à Madrid, il essorille Andrajoso de Juan Pedro Domecq – un toro primé d’un tour de piste posthume – et triomphe à Séville dans la corrida de Miura aux côtés de Limeño et El Hencho. En 1971 il est blessé au Mexique mais coupa une queue dans sa capitale au début de l’année suivante. Le 22 mai 1972 il coupe les deux oreilles et la queue de Cigarrón à Madrid, un toro d’Atanasio Fernández qui fit un tour de piste post-mortem. Bien que le président de la course fut très critiqué pour sa générosité, Palomo Linares réalisa sans doute ce jour là la faena de  sa vie avec des naturelles classiques et des passes en rond à droite, genoux à terre. Il reçut un grave coup de corne lors des temporadas 1972 et 1973, et triompha à Séville le 28 avril 1976. Lors de la Corrida de Beneficencia de 1979 il fut à nouveau gravement blessé. C’est à la fin de la saison 1981 qu’il prit sa retraite mais réapparait en 1984 pour se retirer à nouveau en 1985 avant de remettre l’habit de lumières entre 1993 et 1995.

Palomo était un torero « trémendiste », spectaculaire, qui a plus triomphé que toréé au sens où les aficionados l’entendent. Il n’excellait dans aucune suerte en particulier sans avoir non plus de lacunes dans aucune. C’était somme toute un torero moyen qui avait surtout une immense volonté d’être. Il est sorti deux fois par la Grande Porte madrilène contre une par celle de Séville.


Apr 15 2017

Cagancho

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Joaquín  RODRÍGUEZ  ORTEGA  “CAGANCHO”

Il est né à Séville, dans le quartier de Triana, le 17 février 1903. Il est mort à Mexico le 1er janvier 1984.

Ami d’enfance de Gitanillo de Triana, dont la cape l’inspirera, la vocation se réveille tôt chez ce torero gitan aux yeux verts et à la peau oliveâtre. Il torée sa première novillada en 1923 à San Fernando puis se présente à Séville le 25 juillet 1924. Il triomphe pleinement à Valence en 1925 et le 4 juillet 1926 il déchaîne les passions du public barcelonais par son toreo de cape. Il répète son triomphe dans ces arènes le 25 juillet puis il impressionne aussi les madrilènes par son art et son temple, le 5 août 1926, jour de sa présentation dans la capitale. Cagancho devient matador de toros à Murcie des mains de Rafael El Gallo, le 17 avril 1927 face à Orejillo de Carmen de Federico et il confirme son alternative face  à Naranjo de Montalvo avec Valencia II pour parrain, le 22 juin. En 1930 il parvient à toréer 68 fois en Espagne. Il est blessé à Madrid le 7 mai 1931, ce qui marque le départ d’une inflexion descendante dans sa carrière. Pour la corrida d’inauguration des arènes de Las Ventas, le 21 octobre 1934 il réalise une faena qui lui permet de couper un trophée. Connaissant des hauts et des bas d’un toro à un autre ou d’une saison à l’autre, celle de 1935 sera somme toute assez bonne. Le 16 août 1936, en pleine Guerre Civile, il est, poing levé, au paseo du festival dit patriotique organisé dans la capitale espagnole. Ses admirateurs auront encore quelques fois l’occasion de se délecter de son Art, comme en 1948 dans les arènes madrilènes de Carabanchel. Il a toréé sa dernière corrida à Barcelone le 6 septembre 1953 avant de partir s’installer au Mexique où il va toréer toute l’année suivante. C’est cependant le 28 février 1964, lors d’un festival dans la capitale mexicaine, qu’il se fera couper définitivement la coleta.

Cagancho fut un véritable torero artiste, capable du meilleur comme du pire. Il devint meilleur matador en avançant dans sa carrière et, avant Manolete, il toréa à pieds joints, de profil et la muleta en retrait. Il est incontestablement l’un des grands artistes inspirés de l’histoire de la tauromachie et l’idole de l’afición mexicaine. Voici sa phrase la plus célèbre, restitués ainsi par José Bergamín : “L’affirmation gitane du torero Cagancho qui disait qu’ « au-delà de Despañaperros on ne torée pas, on travaille »1« .

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1. In La claridad del toreo p. 34.

 


Apr 1 2017

Félix Rodríguez

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Félix Rodríguez avait les qualités pour devenir figura, la vie en a décidé autrement mais il convient pour nous, aficionados, de se souvenir de lui au moment où l’on arrive à ses 80 ans d’alternative.

Considéré comme un successeur de Gallito, comme l’infortuné Granero peu avant, les espoirs mis en lui furent anéantis par une maladie vénérienne.

Né à Santander le 23 juin 1905, il passe son enfance à Valence. C’est là qu’il commence à toréer en public en 1922 puis avec ceux du castoreño l’année suivant. Sa présentation à Madrid a lieu le 5 avril 1925.

Il prend l’alternative le 27 mars 1927 à Barcelone des mains de Valencia II. Moins d’un mois après, le 24 avril, il confirme son doctorat avec Antonio Márquez pour parrain.

Aficionado au jeu et aux dames de petite vertu, il tombe malheureusement malade en 1928. Il fait 65 défilés en 1929 mais perd progressivement ses facultés ce qui le rendra plus inconstant avant de se retirer au début des années 30. Sa dernière corrida eut lieu à Perpignan le 19 juin 1932.

Il mourra le 21 janvier 1943 à Madrid après être devenu paralytique.

Il fut un torero complet, intelligent, classieux et courageux, aussi bon avec la cape, qu’avec les banderilles et la muleta.


Mar 26 2017

Manolo Cortés n’est plus

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Photo empruntée au blog de Catafalco y oro

Manolo Cortés, né à Gines (Séville) le 11 juin 1949, s’est éteint à Séville le 25 mars 2017. Il avait pris l’alternative le 14 mars 1968 à Valence avec Ordóñez et Puerta comme compagnons de cartel. Le 25 de mai 1968 il coupa trois oreilles à Madrid face à des toros d’Antonio Pérez, 11 jours après sa confirmation des mains d’Ordóñez encore et en présence de “Miguelín”. Il a subi une grave cornade à Pampelune en 1970, mais le 17 avril 1971 il coupe à Séville les 2 oreilles d’un toro de Samuel Flores. Il triunfa aussi lors d’une corrida de Miura à Valence en 1878. De style gitan, il était capable de toréer tout type de bétail avec une bonne technique et un courage certain.


Feb 25 2017

Domingo Ortega

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Il est né le 25 février 1908 à Borox (Tolède) et il est mort le 8 mai 1988 à Madrid.

            Il tue son premier novillo en publicle 14 juillet 1928 dans les arènes de Carabanchel (Madrid) et revêt son premier habit de lumières le 17 août à Almorox (Tolède), ce qui n’en fait pas un modèle de précocité. Il prend l’alternative des mains de Gitanillo de Triana dans les arènes de Barcelone le 8 mars 1931 avec le toro Valenciano de Juliana Calvo auquel il coupe une oreille. Il l’a confirmé le 16 juin quand Nicanor Villalta lui a cédé Contador de Julián Fernández. Il torée 93 corridas pour sa première saison de matador et le 18 avril 1932 il triomphe à Madrid et dans les mêmes arènes, pour la traditionnelle Corrida de la Presse de 1933 il obtient deux appendices. Il reçoit un coup de corne à Salamanque le 13 septembre 1935 et le 10 mai 1936 il coupe la queue d’un toro de Murube à Madrid puis deux oreilles de plus au même endroit le 6 juin 1945. Il s’était retiré une première fois en 1941 mais réapparut l’année suivante avant de prendre sa retraite en 1949. En 1950, il publia El arte del toreo après avoir donné une conférence à l’Ateneo de Madrid. Il revient dans l’arène à Valence le 30 juillet 1953 pour se retirer définitivement le 14 octobre 1954 à Saragosse.

domingo ortega

            L’art de s’imposer à un toro

Domingo Ortega était un torero dominateur mais dont chaque geste était empreint d’une saveur particulière. C’était un bon capeador et à la muleta c’est son trincherazo qui est à mettre en exergue. Figura des années 30, une époque riche en apparition de talents, il est un modèle d’orthodoxie, le représentant d’une tauromachie en mouvement, efficace et belle dans son dénuement. Il est en ce sens un torero de premier plan, plus pour l’image qu’il a laissé que pour sa carrière elle-même car il a contribué à forger le classicisme sans forcément représenter sa plus haute expression et il est l’un des principaux toreros castillans de l’histoire du toreo.


Jan 28 2017

Le toreo appollonien

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Antonio  ORDÓÑEZ  ARAUJO

Il est né à Ronda (Malaga) le 16 février 1932. Sa mort est survenue le 19 décembre 1998 à Séville.

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Ordóñez et Hemingway, qui fit du premier son héros de L’Eté dangereux (duel avec Dominguín lors de la saison 1959)

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Fils du torero Niño de la Palma, il débuta avec picadors en 1948 puis se présenta à Madrid le 6 octobre 1949 après avoir toréé de nombreuses novilladas. Il y triompha le 20 mai 1951 en y coupant trois oreilles puis y prit l’alternative le 28 juin 1951 avec le toro Bravío de Galache, parrainé par Aparicio et en présence de Litri. Le 24 avril 1952, il triomphe à Séville en coupant deux oreilles puis deux de plus en fin de saison pour la corrida au bénéfice de la Croix Rouge. A Madrid, le jour de la Saint Isidore, il coupe également deux oreilles à un toro d’Antonio Pérez et il reçoit un coup de corne lors de la Corrida de Beneficencia. Lors de cette temporada, probablement la plus triomphale de sa carrière, il sortira a hombros des anciennes arènes de Bilbao mais coupa aussi des queues, voire des pattes à Valence, Malaga, Salamanque, Valladolid ou Ronda (8 oreilles, 4 queues et une patte). En 1953, il reçoit deux coups de corne, une d’elles particulièrement grave. En 1955, il est blessé à Castellón par un toro de Miura et encore l’année suivante, cette fois à Madrid. Cette année là, le 14 mai, il ouvrit la Grande Porte madrilène même sans avoir obtenu le moindre trophée, pour accompagner César Girón et son frère Pepe qui confirmait l’alternative. En 1957, il obtient un appendice de chacun de ses adversaires lors de la feria sévillane de San Miguel. Il triomphe à nouveau dans la capitale andalouse le 6 avril 1958 ainsi que le 20 du même mois. Le 7 août, à Malaga, il reçoit sa septième blessure grave. Le 22 avril 1959, le président sévillan sort à nouveau les deux mouchoirs blancs pour le rondeño et la saison suivante il réalise à Madrid un chef d’œuvre au toro Bilbilarga d’Atanasio Fernández. Le 8 juin c’est un toro de Samuel Flores qu’il essorille. Lors de cette saison-là, il est encorné une fois et deux l’année d’après. Le 10 juillet 1961, il exécute l’une de ses faenas les plus brillantes face à Mimoso de Garcigrande. Il subit encore les affres de la corne  à Tijuana en 1962 et se retire à la fin de la saison mais réapparaît en 1965. Le 30 mai, à Madrid, il coupe les oreilles de Comilón de Pablo Romero. Le 22 avril 1967, à Séville, il coupe deux oreilles d’un urquijo et le 22 mai 1968, à Madrid, il en fait autant à un toro de Marqués de Domecq. Il tire sa révérence en 1972 même s’il torée la traditionnelle corrida goyesque de Ronda jusqu’en 1980 (sauf en 1978 et 1970). En 1981 il torée les deux dernières corridas de sa vie.

Antonio Ordóñez a été un torero d’exception qui réunissait des qualités artistiques unies à un courage hors du commun. Il fut un maître du temple et un grand capeador, en particulier à la véronique, en plus d’un grand muletero et un excellent estoqueador capable de tuer à la perfection. Il essayait souvent l’estocade a recibir mais on lui a reproché d’utiliser trop souvent son rincón même si cela fut surtout une facilité dont il a surtout usé à la fin de sa carrière. La pureté et la naturalité de son toreo ont été ses principales qualités et pour beaucoup il représente le prototype du torero idéal même s’il est devenu au fil du temps de plus en plus inconstant, ne consentant à donner toute la mesure de son art que lorsqu’il sentait le toro. Sans avoir rien inventé, ce torero instinctif a sublimé le toreo et a grandement contribué à forger le toreo classique tel qu’on le connaît aujourd’hui, ce qui en fait l’un des toreros les plus importants du XXe siècle, peut-être le plus grand de la deuxième moitié. Pour ce qui est de ses statistiques, il a coupé 25 oreilles à Séville, obtenant 6 fois 2 appendices à un même toro, même s’il n’a jamais réussi à sortir par la Porte du Prince; à Madrid, il a toréé 27 corridas pour un total de 17 oreilles et 5 sorties en triomphe (4 lors de la feria de San Isidro). La corne a percé en une trentaine d'occasions le corps du faiseur du toreo appolonien.


Jan 14 2017

40 ans d’expérience

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Luis Francisco Esplá est né à Alicante le 19 juin 1958; il a pris l’alternative dans la capitale aragonaise le 23 mai 1976 et l’a confirmé le 19 mai 1977. Deux ans plus tard, le 29 mai, il fait un tour de piste à Madrid après un grand deuxième tiers et le 1er juin 1982, pour la « corrida du siècle » il y coupe les deux oreilles d’un victorino avec temple et quiétude. En 1983, il triomphe lors de Corrida de Beneficencia et aussi pour la feria d’Automne. Le 9 juillet 1985, il coupe une queue à Pampelune.

         A la fin de sa carrière, le 15 juillet 2997 il est gravement blessé au niveau du scrotum, de la poitrine et du visage dans les arènes de Céret mais après ce revers il connaît l’avers de la fortune le 5 juin 2009 en coupant les deux oreilles d’un toro de Victoriano del Río dans les arènes de la capitale espagnole après avoir tué en recevant la charge du toro. Il se retire à la fin de la saison mais réapparaît pour une unique occasion lors de la corrida goyesque d’Arles de 2016, l’année de ses 40 ans d’alternative où il sortit a hombros de cette scène qu’il avait lui-même monté en faisant montre de ses talents de plasticien. 

Esplá était un torero à contre-courant capable de « lidier » à l’ancienne manière les pires mansos, sur les jambes, dans une tauromachie de tête toute en déplacements. Maître de l’art de Lagartijo, pour lui la lidia est un art. Il a cependant montré être capable de bien toréer les bons toros. Il était également un torero largo qui aimait remettre au goût du jour des suertes tombées en désuétude. Mais là où il a vraiment excellé c’est dans la pose des rehiletes : il a assurément été un banderillero d’exception.


Dec 31 2016

Antonio Ferrera

Publié par Giraldillo dans Portraits      

antonioferreraAprès un an et demi d’arrêt maladie suite à un problème osseux au bras droit, Antonio FERRERA va revenir dans les arènes en 2017 juste à temps pour fêter ses 20 ans d’alternative.

Antonio Ferrera, torero d’Estrémadure né lé 19 février 78 à Ibiza, a débuté avec picadors en février 95 à Saragosse. Il prend l’alternative à Olivenza le 2 mars 97 dans une corrida triomphale où, après avoir coupé 4 oreilles, il sort a hombros avec son parrain et son témoin : Ponce et Pedrito alors que les toros étaient de Victorino Martín. Le 28 mars 1999 il a confirmé son doctorat des mains de Miguel Rodríguez et un peu plus de 3 ans plus tard il sortira en triomphe de Las Ventas, le 17 mai 2002, après avoir coupé les deux oreilles d’un toro de Carriquiri. Lors des sanfermines 2006 il coupe une queue puis un trophée à Séville en 2007. A Madrid il obtient le même prix l’année suivante avant d’y recevoir un coup de corne le 15 mai 2009. Mais cette année là il connaît l’autre côté de la monnaie à Séville et Saragosse. En 2010 il a coupé un appendice auriculaire à Pampelune avant de recevoir un coup de corne en septembre à Pozoblanco.

Spécialiste des corridas dures il était passé ces dernières années au second plan même dans les arènes les plus « toristes ».  On lui reprochait son côté spectaculaire, ses manières acrobatiques aux banderilles, de toréer le public. Et pourtant… comme Padilla, le malheur en moins, Ferrera, cousu de cicatrices a une afición sans limites. Elle commence à peine à être reconnue depuis son encerrona face à 6 victorinos  en 2012 à Badajoz. L’année suivante, après avoir obtenu un trophée le 2 mai à Madrid il en obtient un autre lors de la San Isidro ce qui lui permet d’être déclaré triomphateur par certains jurys. Le fait est qu’il est rentré à Madrid comme on dit où son sens de la lidia a surpris.

Loin de l’image fantasque qui était la sienne il s’impose comme un fin lidiador capable de se relâcher pour exprimer son torero devant les charges les plus désordonnées (même si on peut lui reprocher quelques accélérations intempestives). L’impression qu’il laisse lors de l’Aste Nagusia 2013 est bien supérieure au bilan d’une vuelta. A Malaga il avait déjà triomphé devant les victorinos et il s’impose aussi aux figuras dans la substitution qu’il lui est offerte. A Gijón, face aux toros de La Quinta, dans un mano a mano épique avec Castaño qui devrait se répéter, il a donné l’image du torero telle qu’on peut se la faire dans l’idéal. En ce début de mois de septembre il coupe également une oreille à Valladolid face à un adolfo et triomphe à Salamanque. Il coupe sa troisième oreille de la saison à Madrid lors de la feria d’automne à nouveau face à un toro d’Adolfo Martín.

En 2014, il est le triomphateur de la Feria d’Avril grâce à une grande faena réalisée à un victorino ce qu’il renouvelle l’année suivante face à Mecanizado du même fer, puis en 2017.

Dans les arènes de Madrid il avait obtenu un total de 9 trophées jusqu’au 1er juin 2019 où il en obtient 3 d’un coup ce qui fait de cette corrida le plus grand succès de sa carrière dans un moment très compliqué pour lui. Il avait déjà coupé une oreille de poids à Séville au début du mois à un toro de Victorino.


Dec 17 2016

Chicuelo

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Manuel JIMÉNEZ  MORENO “CHICUELO

Chicuelo y Corchaito

Chicuelo et Corchaíto

Il est né à Séville, dans le quartier de Triana, le 15 avril 1902. Il est mort dans sa ville natale le 31 octobre 1967.

C’est de son père qu’il a hérité son surnom de matador. Il tua son premier veau à seulement 10 ans et revêtit son premier habit de lumières le 24 juin 1917 à Tejares. Dès ses débuts, il est considéré comme un torero artiste. Il se présenta à Madrid le 8 août 1919 puis arriva à l’alternative avec un grand cartel. Belmonte la lui donne dans la capitale andalouse le 28 septembre en lui cédant Vidriero de l’élevage Santa Coloma. Le 30 septembre il coupe les deux oreilles et la queue dans la Maestranza sévillane avant de confirmer triomphalement son « doctorat » face à Volandero de Veragua des mains de Rafael « El Gallo » le 18 juin 1920. C’est en 1923 qu’il atteint son apogée même si en 1925 le torero de Triana triomphe encore dans des arènes comme Barcelone, Madrid, Séville, Valence et Bilbao. En 1927 il se marie avec la danseuse « La Cordobesita ». Le 24 mai 1928, il réalise un chef-d’œuvre à Madrid avec le toro Corchaíto de Pérez Tabernero. Il sera ensuite le parrain d’alternative de Manolete dans l’ancienne Hispalis le 2 juillet 1930, une corrida dans laquelle il coupera une nouvelle queue. Après la guerre civile il torée peu et tue son dernier toro à Utrera le 1er novembre 1951.

Au-delà du fait qu’il soit le créateur de la chicuelina, il est l’un des plus grands capeadores de l’histoire du toreo, un maître de la véronique, un artiste génial au style dépuré et très personnel, capable de perfection dans toutes les suertes. D’après Cossío, il avait « une connaissance et une maîtrise extraordinaires de son métier et des toros (…). Son courage, et même sa volonté, qui n’ont pas toujours été suffisamment fermes pour soutenir et faire valoir ses exceptionnelles qualités, purent faire défaut, mais il ne déçut jamais »1. Torero irrégulier mais aux triomphes de clameur, il est celui qui va définitivement imposer la liaison des passes en séries ce qui en fait, même si certains ont tendance à l’oublier, l’un des quatre ou cinq toreros les plus importants du XXe siècle après Gallito et Belmonte et avant Manolete ou Ojeda.

1. Cf. Los Toros en deux volumes : tome II p. 526.

 


Dec 3 2016

Enrique Ponce

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Le maestro Enrique Ponce  Martínez vient de recevoir le plus prestigieux des prix, celui de Radio Nacional Española, décerné par les critiques taurins d’outre-Pyrénées. C’est l’occasion de refaire un petit point sur sa carrière.

Il est né à Chiva (Valence) le 8 de décembre 1971.

Son oncle était le torero Rafael Ponce “Rafaelillo”. Il a revêtu son premier habit de lumières le 10 août 1986 à Baeza (Jaén) et il a toréé avec picadors dès 1988, débutant à Castellón le 9 mars. Sa présentation à Las Ventas a eu lieu le 1er octobre de cette année-là. Il a pris l’alternative dans sa ville natale le 16 mars 1990, parrainé par Joselito. Le premier toro de cette corrida s’appelait Talentoso et appartenait au fer de Diego Puerta. Il confirma cette alternative avec le toro Farruco de Diego Garrido le 30 septembre des mains de Rafael de Paula et en présence de Luis Francisco Esplá. En 1991 il triompha à Bilbao et en 1992 il coupa trois oreilles lors de la Corrida de Beneficencia. Il a été blessé à la cuisse le 13 décembre suivant lors de sa confirmation mexicaine qu’il reçut de Guillermo Capetillo. En 1996 il est ressorti par la Grande Porte de Las Ventas lors de la corrida goyesque, coupant deux fois une oreille, l’une d’elles à un victorino. Le 27 mai il fut énorme en obtenant l’oreille de Lironsito de Valdefresno. Le 26 septembre 1999 il sortit a hombros par La Porte du Prince lors d’une corrida de Victoriano del Río. En 2002, il obtient sa troisième Grande Porte madrilène dans une corrida de la feria de San Isidro. Cette année-là, il reçoit deux coups de corne : à Séville et à Léon. Le 22 juin 2004, à Alicante, un toro de Torrestrella le pénètre de 25 cm dans la cuisse droite et lui fracture une clavicule. En 2005, un toro lui inflige une blessure de 10 cm à Malaga et il réalise une grande faena à Séville le 21 avril 2006 comme à Bilbao le 24 août de la même année, où il coupe une oreille malgré une pétition majoritaire pour la deuxième. S’il s’agissait d’une injustice elle fut réparée le 19 août 2008 lorsqu’il reçut les deux oreilles d’un toro de Ventorrillo. Il coupa une queue dans les arènes mexicaines d’Insurgentes le 8 février 2009, année où il gâche à l’épée une autre faena importante lors de l’Aste Nagusia. En 2010 il coupe un nouveau trophée dans les arènes basques puis arrive aux 2000 corridas pour la corrida goyesque de Ronda. Bilbao continue à être une arène talisman les années suivantes avec une nouvelle oreille en 2011 et un grand triomphe l’année suivante avant un trophée d’un poids certain en 2013. Lors de la saison 2014 il reçoit à Valence un coup de corne au niveau de la clavicule. L’année suivante, il montre un somment de son art à Mont de Marsan. En 2016, il coupe une oreille à Séville en plus d’une série de triomphes dans des arènes de seconde catégorie (ou de 3e comme pour son solo d'Istres). En 2017 il obtient son quatrième triomphe madrilène, le 2 juin, en coupant une oreille de chacun de ses toros de Garcigrande, avec quelques protestations pour le deuxième trophée il est vrai. Il obtient aussi en août sa sixième Grande Porte à Bilbao.

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Enrique Ponce est le torero qui s’est montré le plus régulier dans les années 90 et depuis, après plus de 25 ans de carrière, il continue au plus haut niveau. Il y a plusieurs toreros dans ce torero : sa version la plus superficielle a progressivement disparu même si on peut lui reprocher d’être un partisan de faenas longues et d’avoir recours au toreo de proximité. Parfois appelé « l’infirmier », sa technique lui permet, comme Espartaco avant lui, de soutenir des animaux dénués de force et à la limite de l’invalidité en toréant à mi-hauteur comme personne. Il a aussi toujours su mettre sa science au profit du toreo le plus vrai comme le montre certains succès face aux victorinos ou sa faena face à Lironcito. C’est là que la raillerie cesse et que prend tout son sens son surnom de « Catedrático », le Professeur Ponce si l’on veut. Il a aussi énormément gagné en profondeur mais celle-ci ne se voit que partiellement face au bétail de Juan Pedro Domecq qu’il affronte trop souvent. A Bilbao, il choisit toutefois souvent avec succès l’élevage d’Alcurrucén comme il y a quelques temps celui de Samuel Flores. Bref, Ponce est un exemple d’intelligence torera et son toreo esthétique a atteint avec le temps une dimension artistique de haut niveau en gagnant en naturalité. Son toreo au genou ployé avec la jambe contraire tendue, surtout dans les circulaires finales où il change alternativement de côté est particulièrement original. A Mexico, il a triomphé un total de six fois. A Séville, il a obtenu 10 trophées et une Porte du Prince contre quatre Grandes Portes dans les arènes de Las Ventas et un total de 17 oreilles.