Imagination at work

Thématique «Imaginaires»

Les imaginaires s’inscrivent dans un système de représentations artistiques, intellectuelles, socioculturelles et politiques. De Frankenstein à Game of Thrones, en passant par Dracula, la littérature et les arts anglophones entretiennent un rapport privilégié à l’imaginaire, comme en témoigne le succès planétaire de sagas comme Harry Potter, Narnia, Hunger Games ou Twilight, particulièrement auprès d’un public de jeunes adultes. En s’éloignant du réel et en basculant dans le fantastique, dans l’étrange ou le merveilleux, l’artiste accède à un espace de liberté où il laisse libre cours à la puissance créatrice du langage, s’affranchir des règles du réel et repousser les limites de l’esprit humain en façonnant un univers unique. Cet espace des possibles s’ouvre au lecteur, qui peut à sa guise s’aventurer dans les mondes fabuleux qui lui sont proposés (notamment dans le genre très riche de la fantasy). Cet art de l’imaginaire permet aussi d’explorer les peurs et les fantasmes de l’artiste et de son public, dans des genres comme le gothique ou l’horreur. À travers des genres comme la science-fiction, l’utopie et la dystopie, l’imagination offre en outre un miroir au réel qu’elle prolonge et déforme pour mieux le penser. Les imaginaires dans les domaines scientifique et technique, social et politique renvoient eux aussi au besoin qu’a l’Homme de comprendre le monde, de le transformer ou de le réinventer. Cette thématique permet ainsi aux élèves d’appréhender les différentes déclinaisons de l’imaginaire et leur rapport au réel, d’explorer, à travers une variété de documents de différentes époques, les multiples facettes de l’imagination, à la fois fabuleuse faculté d’invention et puissant outil de réflexion sur l’Homme et le monde dans lequel il vit, sur la notion de progrès, avec ses connotations positives mais également négatives lorsque le progrès présente des menaces pour l’humanité. Trois axes d’étude pourront être envisagés.

Axe d’étude 1: L’imagination créatrice et visionnaire

Cet axe s’intéresse aux capacités de l’imaginaire à s’émanciper des règles du réel, que ce soit en inventant des mondes extraordinaires (Alice in Wonderlandde Lewis Caroll, série Game of Thrones et ses inspirations shakespeariennes), en donnant forme à des visions oniriques (A Midsummer Night’s Dreamde Shakespeare, poésie visionnaire de Coleridge, œuvres picturales de William Blake, de Henry Fuseli ou des préraphaélites), ou en repoussant les limites de la science (Frankenstein de Mary Shelley, romans d’Isaac Asimov, films comme ‘2001, A Space Odyssey’ de Stanley Kubrick ou Interstellar de Christopher Nolan, mais aussi essais de prospective de The Economist ou tous documents portant un regard sur la science, par exemple des articles de revues scientifiques grand public comme The New Scientist).

Axe d’étude 2: Imaginaires effrayants

Cet axe explore la façon dont l’imagination vient donner corps à ce que l’être humain ne comprend ni ne maîtrise, à ses fantasmes et terreurs les plus enfouies, à ses angoisses métaphysiques, tout en les plaçant à une rassurante distance dans des univers surnaturels. On peut s’intéresser par exemple au motif du monstre (de Dracula de Bram Stoker à Elephant Man de David Lynch), ou étudier les techniques propres aux genres du gothique et de l’horreur, en littérature et dans les arts (Dr Jekyll and Mr Hyde de Stevenson, The Shining de Stanley Kubrick). Cet axe évoquera aussi les évolutions scientifiques, techniques ou sociopolitiques (textes, articles portant sur les robots, les OGM, le clonage, le transhumanisme, etc.).

Axe d’étude 3: Utopies et dystopies

Cet axe aborde le rôle prépondérant de l’imagination dans la création d’univers alternatifs tantôt idylliques, tantôt totalitaires. Quoique le terme utopie trouve son origine dans l’ouvrage éponyme de Thomas More, la littérature s’est surtout emparée de son pendant pessimiste, la dystopie, pour évoquer un reflet déformé du réel et mettre en garde le présent contre les dérives potentielles, dans une perspective critique et politique.Des romans comme 1984 de George Orwell ou Brave New World d’Aldous Huxley peuvent ainsi être mis en regard de films comme Gattaca d’Andrew Niccol ouArtificial Intelligence de Stephen Spielberg, ou encore de séries télévisées comme Black Mirror, Westworld ou The Handmaid’s Tale. La dimension utopique des travaux de certains architectes tels Ebenezer Howard ou Frank Lloyd Wright, en quête de cités ou d’habitations idéales, peut également être évoquée en contrepoint

Axes d’étude Littérature Peintures, gravures ; films, séries télé ; chansons, etc.
L’imagination créatrice et visionnaire
ADAMS D., The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy, 1979.
ASIMOV I., novels and short stories.
FRANK BAUM L., The Wonderful Wizard of Oz, 1900.
CARROLL L., Alice’s Adventures in Wonderland, 1865.
COLERIDGE S. T, Kubla Khan, 1816.
LEWIS C. S., The Chronicles of Narnia, 1950-1956.
ROWLING J. K., Harry Potter series, 1997-2007.
SHAKESPEARE W. A Midsummer Night’s Dream, 1595-1596.
SHELLEY M., Frankenstein or the Modern Prometheus, 1823.
TENNYSON A., “The Lady of Shalott”, Poems, 1842 (1832).
WELLS H. G., The Time Machine, 1895.
Aboriginal paintings.
BLAKE W., paintings and engravings.
BURTON T., Edward Scissorhands, 1990.
Game of Thrones series, 2011-2017.
Harry Potter movies, 2001-2011.
COLERIDGE S. T., Biographia Literaria, 1817, chapter 13 (distinction between fancy and imagination).
FLEMING V., The Wizard of Oz, 1939.
KUBRICK S., 2001: A Space Odyssey, 1968.
NOLAN C., Interstellar, 2014.
PULLMAN P., His Dark Materials (trilogy), 1995-2000.
ROSSETTI D.G., paintings.
WATERHOUSE J. W., The Lady of Shalott, 1888.
The Economist
The New Scientist
Imaginaires effrayants 
DICKENS C., A Christmas Carol, 1843.
DOYLE C., The Lost World, 1912.
IRVING W., The Legend of Sleepy Hollow, 1820.
JAMES H., The Turn of the Screw, 1898.
RADCLIFFE A., The Mysteries of Udolpho, 1794.
SHELLEY M., Frankenstein or the Modern Prometheus, 1818.
STEVENSON R. L., Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde, 1886.
STOKER B., Dracula, 1897.
WALPOLE H., The Castle of Otranto, 1764.
WILDE O., The Picture of Dorian Gray, 1890.
WYNDHAM J., The Day of the Triffids, 1951.
BURTON T., Sleepy Hollow, 1999.
FLEMING V., Dr Jekyll and Mr Hyde, 1941.
FUSELI H., paintings.
JACKSON M., “Thriller”, 1982.
KUBRICK S., The Shining, 1980.
LANDIS J., video clip of “Thriller”, 1983.
LEWIN A., The Picture of Dorian Gray, 1945.
LYNCH D., Elephant Man, 1980.
SHELLEY M., “Author’s introduction to the standard novels edition of Frankenstein”, 1831.
STING, “Moon over Bourbon Street”, Dream of the Blue Turtles, 1985.
Utopies et dystopies 
ATWOOD M., The Handmaid’s Tale, 1985.
BACON F., The New Atlantis, 1627.
BRADBURY R., Fahrenheit 451, 1953.
COLLINS S., Hunger Games, 2008-2010.
DICK P. K., The Minority Report, 1956.
HILTON J., Lost Horizon, 1933.
HUXLEY A., Brave New World, 1932.
MOORE A. & LLOYD D., V for Vendetta, 1982- 1985 and 1988-1989.
MORE T., Utopia, 1516.
ORWELL G., Animal Farm (1945); 1984 (1949).
SWIFT J., Gulliver’s Travels, 1735 (1726).
BANKSY, murals.
BROOKER C., Black Mirror TV series, 2011-
FAIREY S., works.
HOWARD E., Garden Cities of To-morrow, 1902 (Garden City, the Green Metropolis).
McGOOHAN P., The Prisoner (TV series), 1967-1968.
MILLER B., The Handmaid’s Tale (TV series), 2017.
MORRIS W., News from Nowhere, 1890.
NICCOL A., Gattaca, 1997.
NOLAN J., JOY L., Westworld TV series, 2016-
ROSS G., Hunger Games, 2013-2015.
SPIELBERG S., A. I. Artificial Intelligence (2001); The Minority Report (2002).