Arts & Debates

Thématique «Arts et débats d’idées»

Les élèves du cycle terminal sont régulièrement invités, en cours de français en classe de première,en cours de philosophie en classe terminale, à interroger ce qui définit l’art, l’œuvre d’art ou encore l’artiste au sein des sociétés humaines. L’enseignement de spécialité de langues, littératures et cultures étrangères permet de réinvestir ou de prolonger ces réflexions dans une direction spécifique, celle des domaines culturels propres au monde anglophone. C’est dans ces contextes très variés que peut se poser la question des relations entre les arts et les débats d’idées. Il s’agit donc de s’appuyer sur les acquis des élèves qui, arrivant en classe terminale, ont non seulement déjà commencé à se forger une culture du monde anglophone mais ont aussi abordé de façon plus transversale des notions liées aux arts qu’ils peuvent réinvestir en enseignement de spécialité. Les termes de l’intitulé de cette thématique (arts, débats, idées) sont tous très riches et prêtent à de nombreuses interprétations. La problématisation des séquences d’enseignement par les professeurs permet d’aborder ces questions terminologiques, de mettre en lumière des éléments polysémiques ou ambigus et ainsi de traiter certains aspects de la question générale selon différents axes d’étude, sans jamais perdre de vue la nécessité d’un solide ancrage dans la réalité culturelle du monde anglophone.Le présent programme propose ci-après trois axes, qui ne sont pas exhaustifs mais qui peuvent contribuer à dégager certaines pistes d’analyse. Ces trois axes partagent l’approche la plus ouverte possible de la notion d’art,en mêlant les apports de la littérature, de la peinture, du théâtre, mais aussi de la chanson, de l’architecture, du roman graphique, entre autres, afin de ne laisser de côté aucun aspect de l’expression artistique. Cette ouverture permet de mettre en évidence des liens entre les arts et les différents débats d’idées. À travers les différents supports travaillés en cours, ce sont non seulement des connaissances culturelles, littéraires ou civilisationnelles qui sont développées chez les élèves, mais aussi des compétences transversales essentielles: l’exercice d’une pensée critique, libre et informée;l’habitude d’une tolérance vis-à-vis de la diversité des opinions émises;la capacité à établir une distinction claire entre faits, croyances et opinions.

Trois axes d’étude sont proposés pour cette thématique:

  1. art et contestation
  2. l’art qui fait débat
  3. l’art du débat

 

Axe d’étude 1: Art et contestation

Les liens qui unissent l’art et la contestation sont multiples. À travers cet axe d’étude, on se penche sur l’utilisation du support artistique pour défendre un point de vue, apporter un témoignage, dénoncer une injustice et s’inscrire ainsi dans les grands débats sociaux ou politiques propres à une époque et à un lieu donnés.La contestation d’un ordre social établi est souvent directement liée au geste de l’artiste qui s’engage dans un débat pour y prendre position voire qui utilise son art à des fins militantes. L’œuvre d’art peut alors remettre en cause les opinions dominantes et devenir subversive, qu’elle passe par la satire ou la caricature sociale (peintures et gravures de William Hogarth), par la chanson politique (Joan Baez, Pete Seeger), par le roman à visée sociale (Daniel Defoe, Charles Dickens) ou anticoloniale (V.S. Naipaul, Chinua Achebe), ou encore par le détournement pictural (Andy Warhol, K.J.Marshall). En incarnant des idées, en leur donnant chair et forme dans des personnages, des situations, des images ou des sons, en suscitant l’émotion, l’indignation, le rire ou l’enthousiasme, les arts confèrent à ces idées un impact parfois considérable. Nombre d’œuvres d’art ont ainsi permis de sensibiliser le public à une cause, qu’il s’agisse des pièces d’Oscar Wilde ou de Harold Pinter sur les classes sociales au Royaume-Uni, des romans de John Steinbeck ou des photos de Dorothea Lange sur la Grande Dépression, des tableaux de Norman Rockwell sur la ségrégation ou des films de Ken Loach ou de Mike Leigh sur les milieux populaires au Royaume-Uni.L’art peut aussi contenir une charge dénonciatrice et se révéler porteur d’une contestation de certaines normes sans que l’artiste n’entre pour autant dans une démarche explicite d’engagement, comme on peut le voir par exemple à travers la musique d’Elvis Presley dans l’Amérique des années 1950. La distinction entre la contestation dans l’art et l’art contestataire est alors féconde pour distinguer ce qui relève de l’intention artistique de ce qui est lié à la lecture d’un contexte social. Cet axe d’étude s’intéresse donc à des situations où les artistes construisent leur œuvre en réaction ou en opposition aux idées et réalités de leur temps –qu’ils se positionnent en témoins et spectateurs ou qu’ils mettent plus directement leur pensée et leur art au service d’une cause. Ainsi, les artistes du monde anglophone ont su exprimer à travers leurs œuvres une forme de résistance à l’oppression sociale ou politique, aux différents types de discrimination(contre les femmes, les minorités ethniques ou sexuelles, etc.);une opposition au colonialisme, à la guerre, au progrès, etc.Bien que souvent apparentée au progressisme, la contribution des artistes au débat d’idées peut à l’occasion être plutôt qualifiée de conservatrice, nostalgique, voire réactionnaire (le poème «Mandalay»de Rudyard Kipling;le roman Brideshead Revisited d’Evelyn Waugh;la chanson «If the South Woulda Won»de Hank Williams Jr.): c’est à travers cette diversité qu’on peut éclairer les thèmes historiques ou civilisationnels qu’explorent les élèves de terminale. Il convient enfin de s’interroger sur les choix esthétiques qui peuvent constituer en eux-mêmes un engagement (écritures expérimentales à la Tristram Shandy de Laurence Sterne;street art). Les connaissances des élèves, acquises tout au long de leur parcours d’éducation artistique, sont mobilisées et mises en valeur dans cette perspective.

Domaine littéraire Autres domaines
ACHEBE, C., Things Fall Apart, 1958
ATWOOD, M., novels of “speculative fiction” (The Handmaid’s Tale, 1985 ; The Year of the Flood, 2009)
AUSTEN J., Pride and Prejudice, 1813
BEECHER STOWE, H., Uncle Tom’s Cabin, 1852
BRINK, A., A Dry White Season, 1979
CARSON, R., Silent Spring, 1962
CRANE, S., The Red Badge of Courage, 1894
DEFOE, D., Moll Flanders, 1722
DICKENS, C., novels and pamphlets (A Sleep to Startle us, 1852 ; Hard T imes, 1854)
HARDY, T., Tess of the d’Urbervilles, 1891
HEMINGWAY, E., To Have and Have Not, 1937
KIPLING, R., “Mandalay”, 1890
KUREISHI, H., The Buddha of Suburbia, 1990
McLIAM WILSON, R., Ripley Bogle, 1989
MILLER, A., Death of a Salesman, 1949 ; Before Air Conditioning, 1998
NAIPAUL, V.S., A House for Mr. Biswas, 1961
O’BRIEN, T., short stories (“On the Rainy River” in The Things they Carried, 1990)
ORWELL, G., Homage to Catalonia, 1938
OWEN, W., “Dulce et Decorum Est”, 1920 (1917)
PINTER, H. The Caretaker, 1959
ROY, A., The God of Small Things, 1997
RUSHDIE, S., Midnight’s Children, 1981
SHAKESPEARE, W., The Tempest, 1610
SHERIDAN, R. B., The School for Scandal, 1777
STEINBECK, J., Grapes of Wrath, 1939
SWIFT, J., Gulliver’s Travels, 1726
VONNEGUT, K., novels (Slaughterhouse Five, 1969) and short stories (Welcome to the Monkey house, 1968)
WAUGH, E., Brideshead Revisited, 1945
WHITMAN, W., Leaves of Grass, 1855
WILDE, O., The Importance of Being Earnest, 1895
ATTENBOROUGH, R., Cry Freedom, 1987
BAEZ, J., “Here’s to You”, 1971
BANKSY, murals (“Brexit” in Dover, 2017)
BOORMAN, J., The Emerald Forest, 1985
CAGLE, D. and CAGLE, S., editorial cartoons
CHAPLIN, C., Modern Times, 1936
CHAPMAN, T., “Talkin’ ‘Bout a Revolution”, “Fast Car”, 1988
DYLAN, B., “Blowin’ in the Wind”, 1962
FORD, J., Sergeant Rutledge, 1960
GLOVER, D. (alias GAMBINO, C.), “This is America”, 2018
GREENGRASS, P., Bloody Sunday, 2002
HANSON, D., sculptures (Supermarket Lady, 1969)
HINE, L., photography
HAMILTON, R., “Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing?”, 1956 (“This is tomorrow” exhibition, Whitechapel Gallery)
HAMILTON, R., Letter on the definition of Pop Art, 26 January 1957
HOGARTH, W., Marriage à-la mode, 1743-1745
JEWISON, N., In the Heat of the Night, 1967
KELLY, E.T., “Neo-Dada: a critique of Pop Art”, Art Journal, vol.23, N°3 (Spring 1964), pp. 192-201
LAMAR, K., “Alright”, 2015
LANGE, D., “Photographs of the depression era”
LOACH, K., Raining Stones, 1993 ; Sweet Sixteen, 2002; I, Daniel Blake, 2016
MARSHALL, K. J., paintings
MOORE, A., V for Vendetta, 1982-1989
ROBBINS, T., Dead Man Walking, 1995
SACCO, J., Notes from a Defeatist, 2003
SEEGER, P., “Bring Them Home”, 1965
SEMPÉ, cartoons
SHERIDAN, J., In the Name of the Father, 1993
SIMONE, N., “Mississippi Goddam”, 1964
SODERBERGH, S., Erin Brockovich, 2000
SYKES, H., photography
WARHOL, A., paintings
WILLIAMS, H., “If the South Woulda Wo”, in Wild Streak, 1988

 

Axe d’étude 2: L’art qui fait débat

L’artiste se retrouve souvent au cœur de polémiques lorsque ses œuvres lorsque ses œuvres aboutissent à une remise en question des codes et des canons de son époque.Cet axe d’étude permet d’évoquer les querelles esthétiques qui suscitent le débat tant parmi les critiques qu’au sein du public, au point même de semer le doute sur la dimension artistique de l’œuvre. C’est la question que font naître certaines installations d’art contemporain comme celles de Damien Hirst ou Tracey Emin.Les élèves peuvent également prendre conscience de la dimension avant-gardiste de la peinture en réaction aux normes de la Royal Academy (William Turner ou les préraphaélites) ou du pop artqui s’approprie les codes de la société de consommation pour les intégrer au processus créatif.La culture anglophone est riche d’artistes qui se sont retrouvés au centre de polémiques, non pas en fonction de critères esthétiques mais à cause du regard porté par le public sur leur œuvre, à l‘aune des valeurs morales ou politiques de l’époque. Ainsi, il peut être judicieux d’évoquer certaines œuvres considérées comme sulfureuses en raison des tabous qu’elles brisent (ainsi Lady Chatterley’s Lover de D.H. Lawrence) ou subversives par la critique politique qu’elles véhiculent ?en lien, bien entendu, avec leur contexte historique (dans certaines œuvres de Nadine Gordimer ou André Brinksur l’Apartheid par exemple). La question de la controverse autour de l’œuvre d’art est indissociable de celle de la censure. Ainsi des romans comme Brave New World, censuré à sa sortie en Irlande, ou The Catcher in the Rye, une des œuvres les plus fréquemment interdites dans les bibliothèques américaines, ou encore The Absolutely True Diary of a Part-Time Indiande Sherman Alexie peuvent être évoqués comme révélateurs de valeurs morales de la société dans laquelle ils ont déchaîné les critiques. À partir de phénomènes comme «Banned Books Week»ou les trigger warnings affichés à l’entrée de certaines expositions aux États-Unis, les élèves peuvent également réfléchir sur la notion de bienséance, de political correctness et sur les critères qui peuvent conduire à limiter ou non l’accès à certaines œuvres.Il peut enfin s’avérer pertinent de s’interroger sur le positionnement des artistes, selon qu’ils cherchent à faire polémique (comme le street artist Banksy lorsqu’il orchestre la destruction de son œuvre Girl with a Balloon), qu’ils refusent de se soumettre à des critères non artistiques pour concevoir leur œuvre (comme le suggère Oscar Wilde dans la préface de The Picture of Dorian Gray) ou que le débat naisse à leur insu, voire qu’ils cherchent à l’éviter en s’imposant une forme d’autocensure (comme E.M. Forster, qui n’a pas souhaité que soit publié de son vivant Maurice, roman relatant une histoire d’amour homosexuel).

Domaine littéraire Autres domaines
ALEXIE, S., The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian, 2007
BEECHER STOWE, H., Uncle Tom’s Cabin, 1852
CHEVALIER, T., Girl with a pearl earring, 1999
DEFOE, D., Robinson Crusoe, 1719
ELLISON, R., Invisible Man, 1952
FORSTER, E.M., Maurice, 1971
GINSBERG, A., “A Supermarket in California” (in Howl, 1956)
GORDIMER, N., Burger’s Daughter, 1979
HARDY, T., Tess of the d’Urbervilles, 1891
HUXLEY, A., Brave New World, 1932
KEROUAC, J., On the Road, 1957
LAWRENCE, D. H., Lady Chatterley’s Lover, 1928
NABOKOV, V., Lolita, 1955
ROY, A., The God of Small Things, 1997
SALINGER, J.D., The Catcher in the Rye, 1951
SWIFT, J., A Modest Proposal, 1729
TWAIN, M., Adventures of Huckleberry Finn, 1884
WILDE, O., The Picture of Dorian Gray, 1890 (including preface)
ARBUS, D., photography
BANKSY, self-destruction of Girl with a Balloon, 2018
BOWIE, D., style icon
CREED, M., Work No 227 : The Lights Going On and Off, 2000
CROSSLAND, A., The Flapper, 1920
DEMME, J., Philadelphia, 1993
EMIN, T., My Bed, 1998
DICKENS, C., “Old Lamps for New Ones”, Household Words, Volume I, Magazine No. 12, 15 June 1850, pp. 265-267
HIRST, D., Mother and Child divided, 1993
KRAMER, S., Guess Who’s Coming to Dinner, 1967
Le BARON JENNEY, W., architecture (and Chicago school of architecture more generally)
Pre-Raphaelites, paintings
PRINCE, style icon
REED, L, “Walkon the Wild Side”, in Transformer, 1972
RUSKIN J., Modern Painters, volume I, 1843 (on W. Turner)
RUSKIN, J., “Pre-Raphaelitism (1851)” in Pre-Raphaelitism: Lectures on Architecture and Painting, 1906
RUSKIN J., “Exhibition of the Roya lAcademy: Second Notice”, The Times, 7 May 1851
RUSKIN J., Letter: “The Pre-Raphaelite”, The Times, 13 May 1851
SCOTT, D., What is the Proper Way to Display a US flag?, 1988
SEX PISTOLS, “God Save the Queen”, 1977
SHERMAN, C., photography
WESTWOOD, fashion designer

 

Axe d’étude 3: L’art du débat

Le débat prend de multiples formes et sert des fonctions très diverses. Il va de la conversation la plus élaborée aux échanges dans lesquels la violence des mots traduit l’indigence de la pensée. La maîtrise des mots peut être à double tranchant: elle peut permettre de convaincre, d’emmener l’auditoire avec soi –on pense aux discours de Winston Churchill,Susan B. Antony, John Fitzgerald Kennedy, Martin Luther King –ou, à l’inverse, se transformer en arme de manipulation ou de propagande, comme en témoignent la rhétorique de Marc-Antoine dans Julius Caesar de William Shakespeare, les discours de Major dans Animal Farm de George Orwell ou ceux, caricaturaux, du Dictateurde Charles Chaplin. On peut s’intéresser à l’utilisation de la parole dans les domaines politique ou judiciaire, par exemple à travers les innombrables scènes de procès qu’offre le cinéma américain (12 Angry Men, Philadelphia, Mississippi Burning, The Crucible) ou la célèbre mise en scène du flibuster dans Mr Smith Goes to Washington de Frank Capra.Parfois, l’échange verbal est élevé au rang d’art, avec ses codes, son jeu, ses rituels, qu’il s’agisse des joutes verbales pleines de mots d’esprit (witticisms) chez Jane Austen, Woody Allen ou Quentin Tarantino, des débats théâtralisés du jeu politique à la Chambre des communes ou même de la tradition très codifiée des battles en hip-hop, où la virtuosité verbale permet de triompher de ses adversaires. Cet art de convaincre est aussi l’enjeu des debating societies dans le monde scolaire et universitaire (The Great Debatersde Denzel Washington). Il convient de le reconnaître et de le valoriser dans le discours des élèves. La classe, et tout particulièrement celle de spécialité de langues, littératures et cultures étrangères, est le lieu idéal pour l’apprentissage des compétences requises pour la prise de parole en public:confiance, maîtrise de la langue, posture, lexique étendu, art de la répartie. On peut s’appuyer sur des œuvres qui donnent des clés pour surmonter les préjugés, les handicaps et les craintes liés au langage:les cours de diction dans Singin’ in the Rain ou My Fair Lady, ou encore la thérapie qui permet au roi George VI de dompter son bégaiement dans The King’s Speech.

Domaine littéraire Autres domaines
AUSTEN J., Pride and Prejudice, 1813
GAINES, E.J., A Lesson before Dying, 1993
KING, M. L., Letter from Birmingham Jail, 1963
MILLER, A., The Crucible, 1953
ORWELL, G., Why I write, 1946 ; Animal Farm, 1945 ; 1984, 1949
SHAKESPEARE, W., Julius Caesar, 1599
SHAW, G.B., Pygmalion, 1914
ALLEN, W., films
CAPRA, F., war films (Why We Fight series, 1942-1945) ; Mr. Smith Goes to Washington, 1939
CHAPLIN, C., The Great Dictator, 1940
CHURCHILL, W., “Blood, toil, tears, and sweat” speech, 1940
CUKOR, G., My Fair Lady, 1964
DEMME, J., Philadelphia, 1993
FLEISCHER, R., Compulsion, 1959
FOUR VAGABONDS (The), “Rosie the Riveter”, 1943
GAVRON, S., Suffragettes, 2015
HANSON, C., 8 Mile, 2002
Harry Potter series, 2001-2011
HOOPER, T., The King’s Speech, 2010
HYTNER, N., The Crucible, 1996
KELLY, G. & DONEN, S., Singin’ in the Rain, 1952
KENNEDY, J.F., “We choose to go to the Moon” speech, 1962
KUBRICK, S., Paths of Glory, 1957
LANDRIEU, M., speech on removal of Confederate monuments, 2017
LEDER, M., On the Basis of Sex, 2018
LEE, S., Malcolm X, 1992
LINCOLN, A., “Gettysburg address ”speech, 1863
LUMET, S., 12 Angry Men, 1957
MOORE, M., Bowling for Columbine, 2001
MULLIGAN, R., To Kill A Mockingbird, 1962
OBAMA, B. speeches (“Out of Many, One”, 2004 ; “A More Perfect Union”, 2008 ; “Of Thee I sing”, 2010 ; “Gun control”, 2016)
PARKER, A., Mississippi Burning, 1988
QUEEN ELIZABETH II, “Annus Horribilis” speech, 1992
ROCKWELL, N., wartime propaganda (The Four Freedoms, 1943) and Presidents’ portraits
SPIELBERG, S., Lincoln, 2012
STING, “Russians”, in The Dream of the Blue Turtles, 1985
WEIR, P., Dead Poets Society, 1989