Liste textes STG – oral 2012

31 05 2012

Textes de l’oral de rattrapage

Terminales STG

 

La Croyance et la vérité:

 

1) Kant: « Croyance: opinion, foi et savoir »:

 

« La croyance est un fait de notre entendement susceptible de reposer sur des principes objectifs, mais qui exige aussi des causes subjectives dans l’esprit de celui qui juge. Quand elle est valable pour chacun, en tant du moins qu’il a de la raison, son principe est objectivement suffisant et la croyance se nomme conviction. Si elle n’a son fondement que dans la nature particulière du sujet, elle se nomme persuasion. La croyance, ou la valeur subjective du jugement, par rapport à la conviction (qui a en même temps une valeur objective) présente les trois degrés suivants : l’opinion, la foi et la science. L’opinion est une croyance qui a conscience d’être insuffisante aussi bien subjectivement qu’objectivement. Si la croyance n’est que subjectivement suffisante et si elle est tenue en même temps pour objectivement insuffisante, elle s’appelle foi. Enfin la croyance suffisante aussi bien subjectivement qu’objectivement s’appelle science. La suffisance subjective s’appelle conviction (pour moi-même) et la suffisance objective, certitude (pour tout le monde). »

 

2) Marx: Foi religieuse et savoir : « La religion est l’opium du peuple » :

 

« Le fondement de la critique irréligieuse est : c’est l’homme qui fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. Certes, la religion est la conscience de soi et le sentiment de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa consolation et sa justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de l’être humain, parce que l’être humain ne possède pas de vraie réalité. Lutter contre la religion c’est donc indirectement lutter contre ce monde-là, dont la religion est l’arôme spirituel. La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions.[…] La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de la raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est-à-dire de son soleil réel. »

 

3) Bachelard: Opinion et savoir: « La science s’oppose à l’opinion »:

 

La science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire * , une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit.

 

L’expérience:

 

4) Locke: « Toute connaissance vient de l’expérience »:

 

 Supposons donc qu’au commencement l’âme est ce qu’on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu’elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l’imagination de l’homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D’où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? A cela je réponds en un mot, de l’expérience : c’est là le fondement de toutes nos connaissances, et c’est de là qu’elles tirent leur première origine. Les observations que nous faisons sur les objets extérieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme, que nous apercevons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées. Ce sont là les deux sources d’où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement.

 

L’art et la technique:

 

5) Hegel: La technique fait de nous des êtres de culture

 

Cette conscience de lui même l’homme l’acquiert de deux manières: théoriquement, en prenant conscience de ce qu’ il est intérieurement de tous les mouvements de son âme, de toutes les nuances de ses sentiments en cherchant à se représenter à lui-même tel qu’il se découvre par la pensée, et à se reconnaître dans cette représentation qu’ il offre à ses propres yeux. Mais l’ homme est également engagé dans des rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer ce monde, comme lui même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait, pour encore se reconnaître lui même dans la forme des choses, pour jouir de lui même comme d’une réalité extérieure. On saisi déjà cette tendance dans les premières impulsions de l’ enfant : il veut voir des choses dont il soit lui même l’ auteur, et s’ il lance des pierres dans l’ eau c’ est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son oeuvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui même. Ceci s’ observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses jusqu’ a cette sorte de reproduction de soi même qu’est une oeuvre d’ art. A travers les objets extérieurs il cherche à se retrouver lui même. Il ne se contente pas de rester lui même tel qu’ il est: il se couvre d’ ornements. Le barbare pratique des incisions à ses lèvres, à ses oreilles, il se tatoue … Toutes ces pratiques n’ ont qu’ un seul but : l’ homme ne veut pas rester tel que la nature l’ a fait. »

 

6) Hegel:  L’art suppose une maîtrise technique

 

« L’idée essentielle qu’il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l’artiste comportent un moment naturel (don), ce moment n’en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu’il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu’un savoir-faire exercé et assuré dans l’exécution. Car l’un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l’oeuvre d’art a un côté purement technique qui confine à l’artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n’est pas l’inspiration qui peut être d’un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l’application et une pratique assidue. Or il se trouve qu’un tel savoir-faire est indispensable à l’artiste s’il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être géné par son âpre résistance ».

 

 

La liberté:

 

7) Descartes: La liberté d’indifférence est le plus bas degrés de la liberté

 

Car afin que je sois libre, il n’est pas nécessaire que je sois indifférent à choisir l’un ou l’autre des deux contraires ; mais plutôt, d’autant plus que je penche vers l’un, soit que je connaisse évidemment que le bien et le vrai s’y rencontrent, soit que Dieu dispose ainsi l’intérieur de ma pensée, d’autant plus librement j’en fais choix et je l’embrasse. Et certes la grâce divine et la connaissance naturelle, bien loin de diminuer ma liberté, l’augmentent plutôt, et la fortifient. De façon que cette indifférence que je sens, lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d’aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt apparaître un défaut dans la connaissance, qu’une perfection dans la volonté ; car si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire ; et ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent.

 

Liberté, loi et justice:

 

8 )   Rousseau: Il ne faut pas confondre indépendance et liberté

 

« On a beau vouloir confondre l’indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s’excluent mutuellement…Quand chacun fait ce qu’il lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d’autres, et cela ne s’appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre, et régner, c’est obéir […]
Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni où quelqu’un est au dessus des Lois : dans l’état même de nature, l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous.
Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois, mais il n’obéit qu’aux Lois, et c’est pas la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes. Toutes les barrières qu’on donne dans les Républiques au pouvoir des Magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes l’enceinte sacrée des Lois : ils en sont les Ministres, non les arbitres ; ils doivent les garder, non les enfreindre. Un peuple est libre, quelque forme qu’ait son Gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point l’homme, mais l’organe de la Loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des Lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain.»

 

Le bonheur:

 

9)      Sénèque: Bonheur et bien-être matériel

 

Ne va jamais croire qu’un homme qui s’accroche au bien-être matériel puisse être heureux. Celui qui tire sa joie de ce qui vient du dehors s’appuie sur des bases fragiles. La joie est entrée ? Elle sortira. Mais celle qui naît de soi est fidèle et solide. Elle croît sans cesse et nous escorte jusqu’à la fin. Tous les autres objets qui sont communément admirés sont des biens d’un jour. « Comment ? On ne peut pas en tirer utilité et plaisir ? » Personne ne dit cela. Mais à condition que ce soient eux qui dépendent de nous et non le contraire. Tout ce qui relève de la Fortune (1) est profitable, agréable, à condition que le possesseur se possède aussi et ne soit pas asservi à ses biens. En effet, ceux qui pensent que c’est la Fortune qui nous attribue le bien ou le mal se trompent. Elle accorde juste la matière des biens et des maux, et les éléments de base destinés chez nous à tourner au mal ou au bien. L’âme, en effet, est plus puissante que la Fortune. Pour le meilleur ou pour le pire, elle conduit elle-même ses affaires. C’est elle qui est responsable de son bonheur ou de son malheur.

 

(1) la Fortune : déesse personnifiant la chance, bonne ou mauvaise.




Synthèse cours STG

31 05 2012

Résumé cours philosophie (programme STG):

 

 

Progression générale du cours:

 

La démarche philosophique consiste à partir de l’opinion immédiate. Celle-ci correspond à l’opinion que j’ai lorsque je me laisse guidé par ma sensibilité, mes sentiments, mes sens. Elle est relative et subjective.

Cependant, la démarche philosophique ne se limite pas à cette opinion immédiate et consiste à mettre en place une réflexion rationnelle – un raisonnement – qui nous permet d’accéder à un savoir objectif qui tend vers la connaissance de la réalité.

Les notions et leurs définitions

I) Thèse du sens commun

qui correspond à l’opinion sensible

II) Limites de la thèse du sens commun

III) Thèse établie par le raisonnement

La vérité:

correspondance entre

le savoir et la réalité

Savoir: affirmation objective établie par le raisonnement.

Opinion: affirmation qui peut être vraie ou fausse, mais qui n’est pas établie par un raisonnement.

La vérité correspondrait à mon opinion immédiate: “à chacun sa vérité”. L’opinion provient des sens ou de la coutume.

(Texte: Les tropes d’Agrippa)

Cette thèse est contradictoire: en effet, dire à chacun sa vérité, c’est dire une phrase qui serait valable pour tout le monde, alors que cette phrase dit qu’il ne peut pas y avoir de connaissance valable pour tout le monde.

Le savoir scientifique n’est pas établie seulement par l’expérience sensible. Il fait appel à l’objectivité du raisonnement.

Il tend vers la connaissance de la réalité. La vérité est un idéal d’adéquation de notre savoir et de la réalité. (Texte de Karl Popper)

Croyance et raison

Croyance: ce qui est tenu pour vrai

raison: capacité humaine de raisonner

L’opinion du sens commun consiste à opposer la croyance et le raisonnement.

La croyance serait une opinion ou une foi (par exemple religieuse)

Cependant, il faut que nous puissions distinguer les croyances subjectives et les connaissances objectives.

Il existe certaines croyances qui ne sont pas des croyances subjectives. Lorsque ces croyances sont établies par la raison, on parle de savoir.

(Texte de Kant: foi, opinion, savoir)

Croyance religieuse et raison

Foi: subjectivement suffisante et objectivement insuffisante

Opinion:

ni subjectivement,

ni objectivement suffisante.

La croyance religieuse relève de la foi ou de l’opinion

(Texte de Freud 1)

Cependant pour faire de la croyance religieuse un savoir, n’est-il pas possible de la démontrer ou de la réfuter par la raison ?

(Cf. Descartes)

(Texte de Marx)

Il n’est pas possible de prouver rationnellement une croyance religieuse qui ne repose pas sur une expérience tirée des sens. Par exemple, il n’est pas possible de prouver ou de réfuter l’existence de Dieu car nous n’en avons pas d’expérience sensible. (Cf. Kant)

érience:

a) opinion issue des sens ou de la pratique

b) dispositif visant à tester une théorie scientifique.

Toutes nos opinions proviennent de l’expérience sensible

(Texte de Locke)

et de l’expérience pratique tournée vers l’utilité.

Néanmoins, notre savoir ne peut pas se limiter à l’expérience sensible et pratique qui est subjective et relative.

Le savoir scientifique suppose de dépasser l’opinion sensible et la recherche de l’utilité. Il met en oeuvre un raisonnement. théorique

(Texte de Bachelard)

Néanmoins l’expérience scientifique ne peut pas prouver une théorie, mais seulement la réfuter

(Texte de Popper)

La culture et la technique

Culture: a) réalisations humaines, par opposition à la nature

b) les productions intellectuelles d’une société (synonyme de culture générale)

L’être humain peut apparaître comme un animal, comme un être naturel.

Cependant, il se distingue de l’animal en particulier par ses réalisations techniques.

La technique peut être considéré comme ce qui fait passer l’être humain de la nature à la culture. Tout ce qui est humain met en oeuvre des techniques. (Texte 1 de Hegel)

L’art et la vérité

art: a) synomyme de technique b) création de belles choses, beaux-arts.

L’art peut apparaître comme une copie qui s’adresse de la réalité aux sens (Cf. Platon)

Cependant, l’art ne s’adresse pas qu’à notre sensibilité, mais aussi à notre intelligence.

L’artiste met en oeuvre son intelligence pour produire une oeuvre d’art et il s’adresse à notre intelligence. (Cf. Hegel)

L’art et la technique

Technique:

moyens mis en oeuvre pour atteindre une fin, un but. Ils peuvent être issus:

a) de l’expérience b) des sciences

L’art peut apparaître comme supposant uniquement une idée originale

Mais dans ce cas, comment distinguer alors l’originalité de l’art de la simple excentricité ?

L’art ne suppose pas seulement une idée originale, mais également une technique (Texte 2 de Hegel)

Les techniques issues des sciences et la liberté

Les techniques modernes peuvent apparaître comme favorisant notre liberté dans la mesure où elles permettraient de réaliser tous nos besoins. (Cf. Adam Smith)

Néanmoins, ne devons-nous pas dépendant des techniques pour la réalisation de nos besoins ?

Ainsi on peut se demander si les machines sont au service des êtres humains ou si ce ne sont pas les êtres humains qui deviennent dépendant des machines et à leur service comme dans la production industrielle (Texte de Simone Weil)

Les échanges:

relation réciprocité par lesquels les êtres humains se transmettent des biens matériels et symboliques.

Les cultures humaines, contrairement aux animaux, semblent se caractériser par l’échange économique égoïste.

(Cf. Adam Smith)

Néanmoins, on peut se demander si les échanges économiques sont bien la base du lien social et si en réalité ils ne masquent pas un rapport d’exploitation économique.

(Cf. Marx)

Les sociétés humaines reposent bien sur des échanges, mais ils ne sont pas qu’économiques, mais également moraux (Texte de Mauss)

La liberté:

le fait de ne pas être contraint.

Au premier abord, la liberté semble pouvoir désigner le fait de faire ce que je veux.(Cf. Sartre)

On peut néanmoins se demander si une telle définition de la liberté est rationnelle. Cependant, cela signifierait que je serais plus libre dans l’erreur et le mensonge qu’en agissant de manière raisonnable. (Cf. Spinoza)

Par conséquent, être libre c’est faire ce que je veux, mais en agissant en accord avec les règles établies par mon raisonnement (Texte de Descartes)

La liberté et la loi

Loi: règle générale et impersonnelle

On peut penser qu’être libre, c’est faire ce qui me plaît (Cf. Hobbes)

Mais une telle conception de la liberté détruirait toute possibilité de vie en société puisque si tout le monde agissait ainsi sans règles communes, ce serait l’anarchie.

La démocratie est le régime de liberté où chacun est libre parce qu’il obéit à des règles qu’il a contribué à élaborer.

(Texte de Rousseau)

Justice et loi

Justice: a) ensemble des institutions judiciaires

b) idéal qui indique ce qui est légitime, ce qui devrait être.

Si on désobéit à des lois qui nous paraissent injustes, cela revient à faire ce qui me plaît (Cf. Hobbes)

Néanmoins, il est possible que l’injustice ne soit pas qu’un sentiment subjectif, mais repose sur une règle universelle: c’est le droit naturel.

Désobéir à une loi injuste est légitime si cela ne repose pas sur un sentiment subjectif, mais sur une règle rationnelle objective et universelle. (Cf. Kant)

L’égalité, la loi et la justice

L’égalité devant la loi est un principe de justice qui permet à tous, de manière juste, d’être libre. (Cf. Rousseau)

Néanmoins, l’égalité devant la loi ne suffit pas toujours à établir la justice car il existe des différences de circonstances.

L’équité est un principe de justice qui consiste dans le fait de mettre en oeuvre une inégalité de manière à rétablir davantage d’égalité.

(cf. Rawls)

Le bonheur individuel

Bonheur: Renvoi un hasard heureux. Le bonheur est un état idéal de satisfaction complète à la fois physique et morale.

On peut penser que le bonheur consisterait à réaliser tous ses désirs et dans le plaisir.

Néanmoins, le bonheur est un état de sérénité. Or les désirs sont insatiables et le plaisir éphémère. On peut alors se demander si la raison peut nous permettre d’atteindre le bonheur ? (Texte de Sénèque)

Le bonheur est un idéal de l’imagination. C’est un idéal que tout le monde poursuit, mais tout le monde ne lui donne pas le même contenu. (Cf. Kant)

Le bonheur de l’humanité et technique

Les progrès scientifiques et techniques permettent de réaliser les aspects physique du bonheur de l’humanité tels que les progrès médical (Texte de Freud 2)

Néanmoins, l’idéal de bonheur de l’humanité ne consiste pas seulement dans des aspects matériels. Il comprend un idéal de paix et de justice sociale.

L’action ne peut pas s’appuyer sur les sciences et les techniques pour réaliser le bonheur de l’humanité. L’action politique met en oeuvre les conditions de possibilité d’une société juste. La recherche de bonheur est un idéal relatif à chaque individu. (cf. Rawls)

 

Repères:

Subjectif: point de vue relatif à un sujet, à une personne qui dit « je »

Objectif:  l’objet tel qu’il est, qui n’est pas déformé par un point de vue.

Absolu: qui n’est pas relatif, qui ne dépend pas d’un point de vue, ou des circonstances.

Relatif: qui dépend, qui change en fonction d’un point de vue subjectif ou des circonstances.

Universel: qui est le même pour tous

Particulier: qui est propre à un groupe de personnes

Individuel: qui est propre à une seule personne, à un individu.

Légal: qui correspond aux lois de la société, aux décisions des tribunaux.

Légitime: qui correspond à un idéal de justice, à ce qui est juste.

Contrainte: fait physique contre lequel je ne peux rien, qui s’oppose à ma liberté.

Obligation: règle morale ou juridique. Je peux y obéir ou y désobéir.

Egalité: principe de justice qui consiste à traiter tout le monde de la même manière.

Equité: principe de justice qui consiste à traiter différemment les personnes en fonction

des circonstances, à les traiter proportionnellement.




Petite structure élémentaire de cours

27 05 2012

Proposition d’une structuration la plus basique possible d’un cours de philosophie

Deux hypothèses de départ:

 

– Hypothèse 1: Matière + sens

– Hypothèse 2: Esprit + raison

 

Progression:

– Le rapport immédiat à la réalité consiste dans la perception par les sens de la matière.

– Néanmoins la connaissance sensible est relative et subjective

– Il s’agit alors d’appréhender la réalité par le raisonnement c’est-à-dire par la pensée et non par les sens. La structure matérielle de la réalité, sa forme, n’est pas matérielle.

 

Champs I) Sens + matière II) Limite du (I) III) Raison + esprit
Théorie:

raison et réel

Sensualisme: ce que perçoivent les sens est la matière. La réalité est tel que nous la donne notre perception sensible Les sensations sont relatives et subjectives Idéalisme rationaliste:

La connaissance de la réalité implique le raisonnement. La structure formelle de la réalité n’est pas matérielle. La pensée immatérielle est ce qui donne forme à la matière.

L’action:

liberté, morale, politique

L’action consiste dans la recherche du plaisir sensible immédiat La recherche du plaisir sensible immédiat peut conduire à des conséquences négatives ultérieures L’action consiste dans des choix volontaires rationnels
Culture La culture est en continuité avec la satisfaction des besoins sensibles naturels Les règles qui organisent la culture ne sont pas celles qui régissent la nature La culture trouve sa condition de possibilité dans l’esprit humain
Anthropologie L’être humain est un est de la matière doté d’une sensibilité Si c’était le cas, cela ne permettrait pas d’expliquer la différence entre les autres animaux et l’être humain L’être humain se caractérise par le fait qu’il est dôté d’un esprit capable de raisonnement.

 

Limite de l’orientation idéaliste rationaliste: elle suppose la capacité de fonder dans une transcendance absolue le savoir.

 

Orientation possible pour une troisième partie: Le pragmatisme

 

Hypothèse 3: Instinct + expérimentation

 

– La pratique: L’action pratique est de l’ordre de la prudence. Il s’agit d’expérimenter des hypothèses vraisemblables relativement à une situation donnée. La pratique fait appel à la prudence

 

– La théorie: La connaissance théorique consiste à évaluer les énoncés relativement à leurs conséquences pratiques. Ils ne sont donc ni fondés sur une connaissance rationnelle a priori, ni sur une reception passive par les sens de données extérieures, mais sur l’expérimentation.

 

– L’anthropologie: L’être humain est un être vivant mu par un instinct de survie. Mais cet instinct n’est pas immuable, mais est capable d’une plasticité sous l’effet de la pratique.

 

– La culture n’est pas le produit de besoins immédiats, mais le produit d’habitudes acquises sous l’effet de l’expérience pratique.

 




Principales difficultés des élèves et défauts des copies

27 05 2012

Principaux défauts des copies et difficultés types des élèves:

 

En dissertation (Terminales Générales et STG):

 

1. Lecture du sujet de dissertation:

Des difficultés portent souvent sur les relations logiques entre les termes du sujet. La structure logique du sujet est mal comprise

 

2. Rédaction de l’introduction:

 

– le sujet n’est pas énoncé dans l’introduction

– l’analyse des termes du sujet donne lieu à des définitions qui ne sont pas articulées logiquement, mais juxtaposées.

– confusion entre la question du sujet et le problème philosophique

– difficultés à formuler le problème

– Juxtaposition dans l’annonce de plan et non pas progression logique

 

3. Developpement

 

– Substitution de l’argumentation par des exemples

– Difficultés à construire la structure logique d’un argument

– Absence de transition entre les parties

– Absence de références philosophiques ou usage trop allusif des références ou usage sous forme d’affirmations sans restitution de l’argumentation de l’auteur

 

4. Conclusion

– absence de reprise synthétique du raisonnement suivi

– Relativisme dogmatique

– formulation d’ouverture maladroite

 

Explication de texte (Terminales générales):

 

1.Introduction:

– La thèse de l’auteur n’est pas énoncée, ou de manière trop vague

– Le problème philosophique n’est pas énoncé

– Le ou les thèses auxquels s’oppose l’auteur ne sont pas cernées.

– La formulation du mouvement du texte est trop vague

 

2. Developpement

– Contre-sens dans la lecture du texte

– Le détail du texte n’est pas étudié: le discours est trop lointain

– Certains passages sont passés sous silence

– La structure logique du texte n’est pas mise en valeur.

– Le texte n’est pas expliqué: les dimensions implicites du raisonnement ne sont pas explicitées

– Paraphrase: l’analyse ne met pas en perspective: à quoi s’oppose l’auteur et quels sont les implicites de son discours

 

3. Conclusion:

La reprise du mouvement du texte n’est pas effectuée ou de manière trop vague

 




La problématisation aporétique

27 05 2012

 

La problématisation aporétique permet l’apprentissage de la dissertation de philosophie avec une économie de moyens. Elle présente l’avantage de conduire à problématiser et à organiser la structuration de la réflexion dans un même mouvement.

Définition de la problématisation aporétique:

Méthode de problématisation qui consiste dans le cas d’un sujet de dissertation libellé sous la forme d’une question fermée de montrer que la réponse positive aussi bien que la réponse négative à la question aboutie à des difficultés. L’objectif du développement est alors d’exposer les difficultés auxquelles conduisent ces deux voies et à proposer une solution permettant de sortir de l’aporie.

Proposition de questions permettant de guider une problématisation aporétique:

Exemple de sujet:

Reconnaître la vérité, est-ce renoncer à sa liberté de penser ?

Q.1. Quelle relation la formulation du sujet établit entre les termes et quelle thèse présupposée interroge-t-il ?

R.1. Le sujet interroge la relation entre la “reconnaissance de la vérité” et la “liberté de pensée”. Il conduit à s’interroger sur la validité de la thèse suivante: “Reconnaître la vérité, c’est renoncer à sa liberté de penser”.

Q.2- Quelles sont les deux réponses opposées possibles à la question

R.2- Les deux thèses sont:

– Reconnaître la vérité, c’est renoncer à sa liberté de penser.

– Reconnaître la vérité, ce n’est pas renoncer à sa liberté de penser.

Q.2. Analyser les termes du sujet afin d’en produire une définition

R.2.

Reconnaître: admettre subjectivement

Vérité: adéquation de la pensée et de la réalité

Renoncer: abandonner quelque chose, ne plus chercher à l’atteindre.

Liberté de pensée: le fait de penser ce que l’on veut.

Q.3. Trouver une objection pour chaque thèse.

R.3.

La première thèse: “Si reconnaître la vérité, c’est renoncer à sa liberté de penser”, alors il faudrait admettre que l’on est plus libre en pensant quelque chose de faux ou en mentant qu’en énonçant une vérité.

La seconde thèse: Si on peut penser que “reconnaître la vérité, ce n’est pas renoncer à sa liberté de penser” est un énoncé qui pose problème, c’est parce qu’on l’on a l’impression que la vérité serait une contrainte extérieure qui nous empêcherait de penser ce que l’on veut.

On aboutie à une impasse qui fait apparaître un problème. Il s’agit bien d’une manière possible de formuler un problème, de problématiser.

Q.4- En vous servant de la réponse précédente, trouver un plan possible qui permet de parvenir à une solution possible à l’impasse (aporie) formulée.

R.4- Un exemple possible:

I- Reconnaître la vérité apparaît au premier abord comme le fait de se soumettre à une contrainte extérieure qui limite ma liberté de pensée.

II- Réfutation: Mais si je considère la reconnaissance de la vérité comme une atteinte à ma liberté, alors je suis conduit à admettre que l’on serait plus libre en mentant ou en étant dans l’erreur qu’en disant la vérité. Ce qui pose problème.

III- Reconnaître la vérité ce n’est pas renoncer à sa liberté de penser lorsque la vérité ne m’est pas imposée du dehors, mais que je l’établie moi-même par ma raison.

Dans ce cas, il n’y a pas d’oppositions entre l’objectivité extérieure de la réalité et ce que je pense subjectivement.




La problématique

14 05 2012

Définition: La notion de problématique désigne l’unité cohérente que forment dans l’introduction d’un devoir l’analyse des termes du sujet à partir de laquelle est déduit le problème philosophique.

 

Dans l’introduction, l’analyse des termes consiste à partir de la définition des termes du point de vue de la sensibilité immédiate ou d’une analyse du terme pertinente pour déduire le (ou les) problème(s) philosophique(s) du sujet. L’analyse des termes ne consiste pas à juxtaposer des définitions, mais à les articuler entre elles de manière cohérente de façon à former un raisonnement dans la conclusion est énoncée sous forme interrogative et constitue le problème philosophique du sujet. Le raisonnement vise à montrer que la notion qui pose problème est conceptualisable de deux manières opposée.

 

La question du sujet consiste à se demander si on peut inclure une notion mineure dans une notion majeure qui la comprend. Par exemple, peut-on inclure ou identifier la notion de “richesse” à l’ensemble “bonheur” ?

 

L’exercice de problématisation comporte bien souvent une difficulté. L’attribution ou non de la notion mineure à la notion majeure dépend de la manière dont chacune de ces notions est conceptualisée. L’attribution va consisté à faire apparaître un terme moyen dont il s’agit de montrer que les deux notions peuvent être en rapport avec ce terme moyen. La notion majeure contient ce terme moyen tandis que la notion mineur est inclue dans ce terme moyen.

 

Plusieurs voies de problématisation sont possibles. La problématisation consiste à montrer que la notion mineure peut être inclue dans deux ensembles différents. Cette ambiguité de la notion mineure est ce qui provoque le problème philosophique. En effet, la notion mineure apparait comme conceptualisable de deux manières différentes. Chaque conceptualisation correspond à une grammaire de la philosophie et donc à une conception philosophique.

 

Une première voie peut consister à montrer que la notion mineure ne semble être incluse que dans un des sous-ensembles constituant les critères permettant l’inclusion dans la notion majeure.

 

Une deuxième voie: Il peut s’agit de déterminer dans quelle autre notion majeure opposée à la première notion ensemble, la notion mineure pourrait être incluse. En effet, un problème philosophique peut être définit comme l’opposition entre deux conceptualisation d’une même notion.

 

 

Ex: La richesse est-elle source de bonheur ?

 

– La richesse correspond à la notion mineure.

 

Il s’agit de se demander si la notion de richesse est inclue dans l’ensemble bonheur.

 

– Le bonheur est donc la notion majeure.

 

– Toute la difficulté de la problématisation consiste à déterminer la notion “terme moyen” qui permet de faire le lien entre les deux notions. Il s’agit ici des notions de physique/matériel par opposition à morale.

 

Le bonheur est un sentiment de plénitude à la fois physique et moral que tout le monde souhaiterait atteindre.

Or la richesse est un ensemble de biens matériels en grande quantité, y compris sous forme d’argent.

Par conséquent, la richesse peut-elle nous permettre d’atteindre le bonheur dans sa totalité ou peut-il seulement nous permettre d’atteindre un bien être matériel ?

 

Il est possible de constater que dans ce cas, la voie de problématisation a consisté à montrer que la notion mineure pouvait être incluse dans une partie de la notion majeure, mais qu’elle ne répondait peut-être pas à l’ensemble des critères nécessaires à son inclusion dans l’ensemble “notion majeure”.

 

Ex: S’engager, est-ce renoncer à sa liberté ?

 

– La notion mineure est ici celle d’engagement.

 

– Il s’agit de se demander si la notion mineure doit être incluse dans l’ensemble “renoncement à la liberté”.

 

– Le terme moyen est ici celui d’obligation: les obligations sont-elles opposées à la liberté (des contraintes) ou sont-elles des conditions de possibilité de la liberté ?

 

L’engagement semble à première vue en contradiction avec la notion de liberté dans la mesure où l’engagement semble nous lier par des obligations.

Pourtant, à l’origine de ces obligations se trouve le choix du sujet qui les a accepté.

Par conséquent, l’engagement est-il ce qui restreint ma liberté en me liant à des obligations ou au contraire s’agit-il d’un acte par lequel je choisis d’affirmer ma liberté au moyen de ces obligations ?

 

La voie de problématisation consiste ici à montrer l’ambiguité de la notion d’engagement qui semble à la fois être incluse dans l’ensemble liberté et lui être extérieur et donc pouvoir être incluse dans l’ensemble contrainte.

 

Il est possible de remarquer que la problématisation repose sur l’opposition entre deux conceptions de la liberté qui s’opposent à travers l’interprétation qui est faîte de la notion d’engagement. L’engagement apparait comme un choix aliénant lorsque la liberté consiste à faire ce qui me plaît. L’engagement peut apparaître comme une affirmation de ma liberté lorsqu’il est un acte par lequel ma volonté s’affirme dans des choix et le fait de s’y tenir.

 

Le problème divient alors: La liberté doit-elle se fonder sur le plaisir ou la volonté ?

 

Formalisation:

 

Soit A : la notion majeure

Soit B: la notion mineure

Soit m: le terme moyen

Soit y: contradictoire avec le terme moyen

 

On obtient:

 

A est m

Or B est m ou y.

Donc: B est-il m ou y ?

 

A est m et y

Or B semble être m

Le problème: B est-il m et y ou seulement m ?