Questions d’explication de texte

18 02 2015

L’explication de texte nécessite de ne pas en rester à la compréhension de texte. Certes, il ne faut pas commettre de contre-sens concernant le texte, mais cela ne suffit pas. Il ne s’agit donc pas de se contenter de reformuler le propos de l’auteur sans contre-sens.

Faire une explication de texte consiste à effectuer des raisonnements à partir du texte, en le mettant en lien avec sa culture personnelle, de manière à en tirer de nouvelles informations qui permettent une compréhension plus approfondie du texte.

Il faut donc pour expliquer un texte, se poser des questions sur les affirmations de l’auteur pour aller plus loin que la simple compréhension de texte.

Les questions qui permettent d’expliquer un texte, et évitent la paraphrase, sont donc les suivantes:

a) la définition des termes: Quel est le sens de ce mot dans le contexte du texte ? Analyser les termes importants du texte permet de faire ressortir des éléments qui vont permettre d’effectuer des raisonnements sur le texte. Ces raisonnement constituent l’explication à proprement parler.

c) Dégager les présupposés du raisonnement de l’auteur: quels sont les affirmations que présupposent l’auteur et qui lui servent de point de départ à son raisonnement ? Quelles sont les prémisses de son raisonnement ?

b) Proposer des hypothèses d’arguments: Comment pourrait-on argumenter cette affirmation ? L’auteur effectue une affirmation et il ne la justifie pas toujours dans le cadre de l’extrait. C’est à l’explication de dégager l’argumentation implicite de l’affirmation de l’auteur. Celle-ci doit être présentée sous forme d’hypothèse lorsque l’on n’est pas certain de ce que l’on propose.

c) Dégager les conséquences: quelles sont les conséquences logiques que l’on peut tirer du raisonnement de l’auteur et qui ne sont pas précisées dans le cadre de cet extrait ?

d) Dégager les enjeux du texte: Pourquoi l’auteur tient-il à soutenir telle ou telle affirmation ? Quel est l’enjeu ? Pourquoi est-ce important ? Quelle est son intention ?

e) Mettre en lien le texte avec des connaissances personnelles: Quel est le contexte historique ou philosophique du texte ? Quelle est l’actualité du texte encore aujourd’hui ? Il s’agit de montrer que l’on comprend la portée du texte en le mettant en lien avec des connaissances historiques, philosophiques ou sur le monde actuel.

f) Faire apparaître les controverses: A quelle thèse l’auteur s’oppose-t-il ? Voir, à quel auteur s’oppose-t-il ? Quel est l’originalité de la position de l’auteur par rapport à d’autres thèses philosophiques ?

g) Faire des objections au texte: Quelles sont les objections que vous pourriez faire au texte en vous appuyant sur d’autres auteurs et votre réflexion personnelle ?




Types de plan possibles en dissertation de philosophie

18 02 2015

Il n’y a pas de plan imposé en dissertation de philosophie, comme il n’y a pas de méthode imposée pour problématiser. Mais il faut qu’il y ait une problématique et un plan.

Un même sujet peut admettre plusieurs plans valide. C’est la cohérence interne du propos qui assure la valeur de la copie.

Le plan peut être en deux ou trois parties (même quatre). Ci-dessous des exemples non-exhaustifs de types de plan possibles en trois parties:

Le plan réfutatif:

Il consiste à partir en première partie de la thèse présupposée dans le sujet et à la réfuter dans une deuxième partie. La troisième partie est alors consacrée à défendre une thèse adverse.

Le plan par réponse aux objections:

La première partie est consacrée à défendre la thèse présupposée du sujet. La deuxième partie émet une ou plusieurs objections concernant cette thèse. La troisième partie est consacrée à répondre aux objections faites à la thèse présupposée.

Le plan problème/solution:

Chacune des deux premières parties expose, les deux points de vue opposés sur le problème. La troisième partie constitue la solution argumentée proposée par la dissertation. Elle peut être:

soit identique à l’une des deux thèses, soit constitué une troisième thèse différente, soit constitué un dépassement original de l’antinomie présentée par les deux précédentes thèses.

Le plan dialectique:

Chaque partie contredit la précédente tout en constituant un niveau de réflexion supérieur qui englobe le précédent. Par exemple:

Premier niveau: le point de vue du sujet sensible – connaissance subjective sensible

Deuxième niveau: le point de vue objectif de la science – la connaissance rationnelle du monde

Troisième niveau: le point de vue de l’esprit – la connaissance par le sujet intellectuel du monde et de lui même.

Le plan par remise en question d’un présupposé fondamental du sujet:

Les deux premières parties présente la discussion du problème. La troisième partie remet en cause un présupposé admis par les deux précédentes thèses.

Ex: N’avons nous de devoirs qu’envers autrui ? – Le sujet présupposé que nous avons des devoirs autrui, mais pas que. En deuxième partie, on argumente l’existence d’autres devoirs (envers soi-même, les choses ou les animaux). La troisième partie peut remettre en question ce présupposé commun aux deux thèses selon lequel nous avons des devoirs.

Le plan par condition de possibilité:

Les deux premières parties exposent la discussion sur le problème. La troisième partie montre comment l’une des thèses est une condition de possibilité de l’autre thèse ou que ces deux thèses sont des conditions l’une de l’autre.

Ex: Doit-on préférer le bonheur à la liberté ? La troisième partie montre qu’il ne peut pas y avoir de bonheur authentique sans liberté. La liberté est donc la condition de possibilité du bonheur.

Le plan par cas:

Les deux premières parties organisent une discussion autour du problème. La troisième partie consiste à montrer que la thèse et l’anti-thèse sont toutes les deux valident, mais ne s’appliquent pas aux mêmes situations.

Plan travaillant la polysémie des termes:

La thèse de la première partie est attaquée dans une seconde partie. En troisième partie, on montre qu’il est possible d’accorder une légitimité à la thèse initiale en donnant un autre sens à l’un des termes du sujet.

Ex: L’art suppose-t-il une éducation ou est-il l’objet d’un jugement de goût inné ? L’éducation peut être prise dans une première partie comme une réception passive ou au contraire dans la troisième partie comme une activité de la part du sujet apprenant.

Plan par inversion des relations entre le sujet et l’attribut du sujet de la thèse:

La thèse défendue dans la première partie est discutée en deuxième partie. La troisième partie montre comment il est possible d’inverser les rapports entre le sujet de la thèse et son attribut.

Ex: Le désir peut-il se limiter à la réalité ou dépasse-t-il la réalité ? Peut-être qu’en définitif, c’est toujours le réel qui excède la puissance de notre désir.

Remarque générale sur la rédaction et sur les conclusions:

La copie doit toujours être rédigée en tenant compte que l’on est corrigé par un correcteur qui n’a pas nécessairement les mêmes opinions que soit et qui n’est pas prêt à accepter les propos de l’auteur de la copie. Il faut donc écrire: a) veillant à être toujours le plus clair possible b) en se faisant des objections c) en faisant attention à éviter les formulations péremptoires.

Une conclusion (ou « une partie »), pour être personnelle, n’a pas besoin d’être formulée en utilisant “je”. Il est possible également d’affirmer ce que l’on pense par des tournures impersonnelles. C’est ce que font la plupart des textes philosophiques d’ailleurs. A l’inverse, il est vrai également que certains sujets sont formulés avec « je » et que certains auteurs comme Montaigne ou Descartes, l’ont utilisé.




Les attendus des exercices type bac:

22 06 2014

(selon les textes officiels)

1) L’explication de texte:

a) Savoir-faire:

– Introduire un problème

– Définir et analyser les concepts

– Interrogation systématique de la lettre du texte

– Mise en évidence des implicites du propos

– Appréciation de la valeur d’un argument

– Clarté et correction de l’expression

b) Contenu:

– Culture philosophique

– Enjeux philosophiques du texte

– Intérêt philosophique de la position de l’auteur.

2) La dissertation:

a) Savoir-faire:

– Introduire un problème

– Définir et analyser les concepts

– discuter une thèse

– analyser des exemples

– enchaîner logiquement les idées

– effectuer des transitions

– proposer une conclusion

– Clarté et correction de l’expression

b) Contenu:

– Culture philosophique

– Réflexion, effort de pensée

– Etude des diverses dimensions du sujet.




Rédiger une conclusion

11 01 2014

La conclusion doit récapituler le plan du devoir et elle doit se conclure par la thèse que

vous défendez. Celle-ci est celle qui figure dans la dernière partie du devoir.

Exemple de conclusion:

Dans une première partie, l’on a examiné les arguments qui permettent de défendre la thèse selon laquelle la conscience morale devrait être le produit de l’éducation. Néanmoins, cette thèse présente des limites. En effet, la conscience morale de l’individu serait alors intégralement conditionnée par l’éducation.

C’est pourquoi dans une deuxième partie, nous avons été conduit à nous demander si la conscience morale n’était pas innée. Cependant, cette thèse présente également des limites.  Il est possible de se demandersi une telle conscience morale innée ne serait pas une illusion: celle-ci peut en effet n’être qu’en définitive que le produit inconscient de l’éducation.

C’est pourquoi, en troisième partie, ce qu’il nous est apparu important personnellement de défendre c’est la capacité de l’individu à parvenir à une conscience morale autonome. Nous avons tous eu une éducation qui nous a influencé. Mais par notre réflexion personnelle et notre expérience de l’existence, nous pouvons être en mesure de nous forger une conscience morale autonome. Cette conscience morale ne vise pas pour autant l’indépendance car elle est celle d’un être conscient qu’il vit dans une société, mais qui est capable de savoir quand cela est nécessaire de ne pas se conformer à l’opinion majoritaire. Il appartient alors sans doute à l’éducation de favoriser l’apprentissage à l’autonomie de pensée.

Remarque complémentaire:

La conclusion présentée ci-dessus suppose trois thèses différentes. Mais il est toujours possible de construire un plan en trois parties à partir seulement de deux thèses. Il suffit par exemple de discuter dans la troisième partie les avantages et les inconvénients de la thèse et de l’antithèse afin de dire laquelle nous parait la plus justifiée rationnellement.




Rédiger une transition

11 01 2014

Nombreuses sont les copies dans lesquelles les transitions sont faibles et se contentent

de juxtaposer les deux parties.

Une mauvaise transition c’est par exemple: « nous allons voir en deuxième partie

une thèse opposée à la première partie ».

Une bonne transition doit justifier le passage à une deuxième partie.

Par exemple:

« Nous avons vu pourquoi la conscience morale devait-être forgée par l’éducation.

Néanmoins, cette thèse présente des limites. En effet, si la conscience morale n’est

que le produit de l’éducation, alors la conscience morale de l’individu peut varier

en fonction de son éducation. Or il existe des éducations qui peuvent être contraire

à la morale comme ce fut le cas dans des régimes politiques totalitaires. C’est pourquoi

nous allons nous demander en deuxième partie, si à l’origine la conscience morale ne doit

pas être innée ».




Rédiger efficacement

11 11 2013

Nombre de copies présentent les défauts suivants:

– Phrases peu compréhensibles

– Phrases juxtaposées, sans liens logiques.

Pour améliorer cela:

1) Faire des phrases courtes: 

Il faut viser lorsque l’on rédige à être le plus clair possible.

Pour cela:

– faîtes des phrases courtes: sujet – verbe – complément

– relisez vous à haute voix (lorsqu’il s’agit d’un devoir à la maison)

2) Mettez des connecteurs logiques entre vos phrases:

Un paragraphe argumentatif doit commencer par énoncer la thèse défendue.

Il doit ensuite construire un raisonnement logique pour la justifier. Cela suppose qu’il

y ait des liens logiques entre les phrases.

Pour justifier la thèse, vous devez commencer par partir d’affirmations qui seraient

admises comme vraisemblables par tout le monde (= prémisses vraisemblables ou

lieux communs (Aristote)).

Puis vous devez  reconstruire le raisonnement qui permet de partir de ses premières

affirmations vraisemblables jusqu’à la thèse que vous souhaitez défendre. Un raisonnement

suppose des liens logiques entre les phrases.

Utilisez les schéma suivant en variant les connecteurs logiques:

-Thèse (personnelle ou d’un auteur)

– En effet (parce que, car…) [ première prémisse: introduit l’explication]

– Or (cependant, néanmoins…) [deuxième prémisse: permet d’expliciter le lien logique

entre la première prémisse et la conclusion du raisonnement]

– C’est pourquoi (par conséquent, ainsi…) [Conclusion du raisonnement:  le raisonnement

avant permet bien de montrer la thèse]

Exemple de paragraphe d’argumentation personnelle:

Dans la première partie de cette étude, nous allons examiner la thèse présupposée par le sujet: l’art doit être engagé.

        En effet, un artiste célèbre possède, par ses productions artistiques, un impact sur la société.   Or il est légitime de penser qu’un citoyen, qui détient un pouvoir spécifique au sein d’une société, a également des responsabilités plus grandes. C’est pourquoi  face à une situation injuste, son statut lui donne le devoir de s’engager. A contrario, s’il ne le fait pas, il manque à son devoir de responsabilité morale. C’est ce qui conduit à affirmer que l’artiste a le devoir d’être  d’être engagé.

Dernière remarque:

Si vous voulez rédiger plusieurs paragraphes d’arguments personnels par exemple, alors

ils doivent être organisés de manière logique: du plus simple au plus complexe,

du plus particulier au plus général…




Un exemple d’explication rédigée.

7 11 2013

Correction de l’explication du texte de Diderot

Explication de texte

Extrait :

 [ Diderot imagine le discours qu’un vieillard tahitien adresse à l’explorateur français Louis Antoine de Bougainville ]

 1- Puis s’adressant à Bougainville, il ajouta : « Et toi, chef des brigands qui t’obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d’effacer de nos âmes son caractère. […]

5- Laisse-nous nos mœurs, elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes. Nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons. Sommes-nous dignes de mépris parce que nous n’avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quoi nous vêtir. Tu es entré dans nos cabanes, qu’y manque-t-il, à ton avis ? 10- Poursuis jusqu’où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s’arrêter, lorsqu’ils n’auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, que des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l’étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières,   la moindre qu’il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos. Va dans ta contrée 15- t’agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête ni de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques […] ».

(Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, 1796)

Analyse Texte de l’explication
Introduction :Présentation de l’extrait :Thème, thèse du texteet problème philosophique :

 

 

 

 

 

 

 

Annonce de plan :

Le texte proposé à l’étude est tiré du Supplément au voyage de Bougainville de Diderot.

L’auteur aborde plusieurs thèmes, mais les plus centraux sont la nature et le bonheur. Le tahitien soutient que le bonheur se trouve en satisfaisant ses besoins naturels et en consacrant son temps libre au repos. Il s’oppose à l’explorateur Bougainville qui considérerait certainement que le bonheur se trouve dans les progrès que la raison scientifique et notre travail nous permet de réaliser afin de parvenir au confort par la satisfaction de désirs sociaux. Le problème philosophique qui se trouve alors posé à travers ce texte est le suivant : le bonheur se trouve-t-il en se contentant des besoins naturels ou suppose-t-il l’acquisition d’un savoir rationnel scientifique qui fait accomplir des progrès à la civilisation ?

Dans une première partie, nous expliquerons le texte. Celui-ci peut être divisé en trois moments. De la ligne 1 à 3, le tahitien chasse Bougainville en l’accusant de vouloir les extraire de leur bonheur naturel. De la ligne 3 à 8, il leur explique comment leur bonheur se limite aux besoins naturels. Enfin, il affirme que le travail doit se limiter à ses besoins naturels pour pouvoir trouver la tranquillité du repos. Dans une seconde partie de cette étude, nous discuterons le texte de Diderot montrant comment aux thèses du tahitien peuvent être opposées celles du psychanalyste Freud.

Première Partie : ExplicationExemple : explication du premier paragraphe : 

Définir les termes

Justifier les affirmations de l’auteur

Proposer des prolongements

 

Il faut ensuite rédiger la suite de l’explication de la même manière.

 

Transition :

 

 

Dans ce texte, le tahitien défend la thèse selon laquelle le bonheur se trouve en se contentant de ses besoins naturels et non en travaillant au-delà des limites naturelles.

Le tahitien commence son discours en traitant Bougainville de Brigand, c’est-à-dire de voleur. En effet, il doit penser que Bougainville vient prendre possession de leur île. Le vaisseau de Bougainville est ici un symbole de la science moderne et des techniques de européens qui leur permet les Grandes découvertes. Le tahitien présente son peuple comme « innocent ». Ils sont comme Adam et Eve dans l’Eden avant qu’ils aient mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cela signifie qu’ils n’ont pas une connaissance de la morale et que de ce fait ils sont comme des enfants ou des animaux qui ne peuvent être considérés comme agissant mal. Cette innocence s’explique par le fait qu’ils vivent à l’état de nature. Le tahitien proclame qu’ils sont « heureux ». Ici le bonheur renvoie à une définition bien particulière qui est proche de celle de l’épicurisme. En effet, le bonheur consiste à vivre selon la nature en ne satisfaisant que ses besoins naturels. Bougainville est accusé de « nuire à notre bonheur ». En effet, il leur amène la science rationnelle qui les fait sortir de leur innocence. Il risque de les faire passer de la nature à la culture. Or la science n’apporte pas pour le tahitien le bonheur et le bien moral. En effet, la science moderne a permis par exemple aux européens de fabriquer des armes plus performantes. Les tahitiens suivent « l’instinct de la nature ». L’instinct désigne une force inconsciente d’origine biologique. Ce sont les animaux qui vivent selon leur instinct. Les tahitiens semblent ici plus proche de l’animalité. La nature est l’origine de tout ce qui existe, mais elle est aussi ce qui s’oppose à la culture. Le « caractère » de la nature inscrit dans les âmes des tahitiens désigne une réalité innée. Les européens viennent donc dénaturer les tahitiens. Etre dénaturé c’est passer de la nature à la culture, mais cela peut avoir également un sens moral. Un être dénaturé, c’est quelqu’un qui agit contre sa nature, de manière monstrueuse.

Après avoir expliqué cet extrait de texte de Diderot, nous allons dans une seconde partie étudier les objections qui pourraient être faites au tahitien.

Deuxième partie :DiscussionPremier paragraphe :

Un premier point de désaccord.

 

Proposez des objections argumenté

Justifier des thèses opposées à l’auteur

Rédiger les autres paragraphes de la discussion en trouvant des points de désaccord entre Freud et le Tahitien.

Sur de nombreux points exposés par le tahitien, le psychanalyste Sigmund Freud serait en désaccord.

Freud dans son ouvrage Malaise dans la civilisation ne pense pas que les êtres humains puissent trouver le bonheur en suivant leur instinct naturel. En effet, l’être humain, au niveau biologique, est gouverné par des pulsions. L’une d’elle est le principe de plaisir. Celle-ci consiste pour l’individu à suivre son propre plaisir. Or si tel est le cas, il ne se soucie pas des intérêts d’autrui. Par conséquent, deux êtres humains peuvent rentrer en conflit dans l’assouvissement de leur pulsion et se détruire mutuellement. Il est donc nécessaire pour que la vie en société soit possible que la culture instaure des limites aux pulsions sous forme du droit et de la morale. Dans certains de ces textes, Freud désigne sous le nom de « ça » les pulsions inconscientes. Celles-ci se trouvent refrénées par ce qu’il appelle le « surmoi » qui constitue les règles morales que l’être humain a intériorisé sous l’effet de la culture.

 

 

 

Conclusion :Résumer les deux thèses opposées :Avis personnel : Trancher de manière argumentée en faveur de l’une ou de l’autre position.

Diderot met en scène le personnage d’un tahitien qui refuse une civilisation reposant sur les progrès scientifiques et techniques et le travail productif. A l’inverse, Freud nous met en garde sur une tendance à idéaliser un état de nature qui n’est peut être qu’un mythe.

En définitif, sans pour autant choisir de retourner vivre selon un hypothétique état nature, il est possible néanmoins d’interroger notre civilisation sur ses orientations et leurs conséquences sur nous-mêmes et notre environnement naturel. Il nous appartient alors d’effectuer les choix collectifs qui permettent d’en modifier certaines orientations afin d’en diminuer les effets négatifs.

 




Correction: Peut-on réaliser son désir d’être heureux ?

3 10 2013

Correction : Peut-on réaliser son désir d’être heureux ?

 

Exemple de dissertation rédigée à la demande d’élèves :

Il s’agit d’une version basique correspondant au minimum à ce que l’on peut attendre. Il est en effet possible d’étoffer le développement.

NB: Désolée, mais il y a des problèmes techniques que je ne parviens pas à bien gérer

dans l’alignement entre les deux colonnes. Celles-ci se trouvent donc décalées.

 

Méthodologie Devoir
IntroductionAccroche :

 

Citation du sujet :

 

Analyse des notions :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annonce de plan :

Lorsque l’on regarde les couvertures de magazine, il est possible de constater que la recherche du bonheur semble être une aspiration bien partagée. Néanmoins, il est possible de se demander : « Peut-on réaliser son désir d’être heureux ? »

Le désir est une tendance qui nous pousse vers une fin consciente. Le bonheur peut apparaître comme la fin idéale qui réaliserait tous nos désirs. Le bonheur peut en effet être défini comme un idéal de plénitude complète, à la fois physique et morale. Mais si le bonheur est un idéal, cela signifie qu’il n’est pas réalisé. Réaliser, c’est rendre réel. On peut donc être conduit ainsi à formuler le problème philosophique suivant : Le désir de bonheur peut-il être réalisable ou est-ce un idéal impossible à atteindre ? Le terme « peut-on » nous conduit à nous interroger non seulement sur l’impossibilité physique, mais également sur la légitimité de la réalisation d’un tel désir.

Nous examinerons tout d’abord la thèse selon laquelle le désir de bonheur peut être réalisé. Dans un second temps, nous serons conduit à présenter des arguments sur le caractère illusoire de l’idéal de bonheur. Enfin, dans une troisième partie, nous nous interrogerons sur le sens optimiste que nous pouvons donner à notre existence en dépit de cela.

Première partieChapeau :

 

 

Argument personnel :

 

 

 

 

Auteur et son argumentation :

 

 

 

 

 

 

 

 

Exemple :

 

 

 

 

Transition :

Tout d’abord, nous allons examiner la thèse présupposée par le sujet, à savoir que le bonheur peut être réalisé.

Le bonheur renvoi subjectivement à un état agréable, plaisant. Il semble donc évident d’identifier bonheur et plaisir. Être heureux, ce serait éprouver du plaisir. En tant qu’être sensible, je suis capable d’éprouver du plaisir. Par conséquent, si je parviens à éviter les sensations de souffrance, je pourrai être heureux.

Cette thèse se trouve défendue par le philosophie Épicure dans sa lettre à son disciple Ménécée. En effet, ce philosophe considère que l’être humain est tout d’abord un être sensible et que par conséquent le bonheur réside dans le plaisir. Le bonheur nous dit Épicure est facile à atteindre. Il s’agit d’agir avec sagesse en repoussant les désirs inutiles et sans limites. C’est eux qui rendent le bonheur inatteignable. A l’inverse, il suffit de savoir se contenter des plaisirs naturels et nécessaires. Ce sont ceux qui sont utiles à la santé du corps et à l’âme. C’est ainsi qu’il est possible d’atteindre une félicité complète.

Cette philosophie de vie peut rappeler aujourd’hui, celle de ceux qui prônent la simplicité volontaire. Il s’agit de personnes qui vivent en essayant de limiter leur consommation et donc les désirs liés à la société de consommation. Ce sont des personnes en recherche d’une vie authentique, plus naturelle selon eux.

Néanmoins, il est possible de se demander si une telle thèse ne soulève pas des objections. C’est ce que nous allons examiner dans une seconde partie.

Deuxième partie :Chapeau :

 

Argument personnel :

 

 

 

 

 

 

Argument auteur :

 

 

 

 

 

 

 

 

Exemple :

 

 

 

 

 

 

Transition :

Nous allons nous demander s’il n’est pas possible de concevoir le bonheur comme une illusion, un idéal impossible à atteindre.

 

Si l’on identifie le bonheur au plaisir, il est possible de penser que le bonheur n’est pas atteignable. En effet, le plaisir est une sensation éphémère. Or le bonheur semble pour pouvoir être complet devoir durer sans fin. Il est en outre possible de se demander s’il n’y a pas une contradiction entre désir et bonheur. En effet, si le bonheur est l’effet d’un désir, alors on peut être conduit à se dire qu’une fois un désir satisfait, il fera naître d’autres désirs.

Le philosophe Kant, dans Les fondements de la métaphysique des mœurs, va encore plus loin dans sa critique du bonheur comme finalité de la vie terrestre. En effet, il remarque que nous n’avons pas nous même une idée claire de ce qui nous rendrait heureux. Le bonheur semble n’être qu’un idéal de l’imagination et non pas de la raison. Personne n’a réussi à produire une définition objective du bonheur qui provoquerait l’accord de tous. Par conséquent, la recherche du bonheur ne lui semble pas être la finalité que peut assigner à son existence terrestre un être humain.

Il est ainsi possible de constater que les êtres humains ont identifié la recherche du bonheur avec des projets de vie très divers. Certains font de l’argent et de la richesse la finalité de leur existence. D’autres au contraire recherchent un bonheur authentique dans le détachement des biens matériels. Certains recherchent le bonheur dans l’innocence de l’ignorance, d’autres dans le savoir….

Néanmoins, si l’idéal de bonheur terrestre n’est-il qu’une illusion, cela signifie -t-il pour autant que nous soyons conduit à nous tourner nécessairement vers une vision pessimiste de l’existence humaine ?

Troisième partie :Chapeau :

 

 

 

Arguments personnels :

 

 

 

 

 

 

Arguments auteurs :

 

 

 

 

 

 

 

Exemple :

S’il n’est pas possible d’atteindre un état idéal que serait le bonheur, peut-être est-il néanmoins possible de parvenir à une joie non pas dans la réalisation de son désir, mais dans l’activité même qui nous conduit à le réaliser.

 

En effet, mon activité n’a pas qu’une valeur du point de vue de son résultat. Ce n’est peut être pas tant d’atteindre son but que le mouvement de transformation de soi que suppose la recherche de son accomplissement. En essayant d’atteindre un but, nous pouvons développer nos facultés et ce mouvement peut provoquer en nous l’exaltation de la joie.

Le philosophe Nietzsche ne fait pas de l’idéal de bonheur entendu comme état stable de plaisir la finalité de l’existence. En effet, se contenter d’éprouver du plaisir, c’est possible en étant passif. Pour sa part, il valorise l’activité qui conduit à la création de soi. Il écrit ainsi : « Deviens qui tu es ». Cela signifie suit le mouvement de ton désir afin de réaliser un accomplissement de soi. Cela ne signifie pas pour autant pour lui, céder à ses plus bas instincts. S’il ne s’agit pas de tuer ses désirs, il s’agit cependant de « spiritualiser les passions » comme il l’écrit dans Le crépuscule des idoles.

Ce mouvement que nous décrit Nietzsche, il est possible sans doute de le retrouver dans la mode d’existence de toutes les personnes qui s’appuient sur leur passion pour développer leurs potentialités. Il est possible de penser que c’est le mouvement qui anime la vie des sportifs de haut niveau, des scientifiques, des artistes….

Conclusion :

Nous avons examiné tout d’abord la thèse selon laquelle il est possible de réaliser son désir de bonheur en s’appuyant sur le plaisir. Néanmoins, nous avons été conduit à émettre des objections concernant une telle aspiration. Nous avons été ainsi amené à admettre que le bonheur pouvait n’être qu’un idéal illusoire. Pour autant, une telle position ne nous réduit pas au pessimisme. Elle nous a amené à placer le sens de notre existence non pas dans une fin idéale, mais dans le mouvement d’une vie qui cherche en réalisant ses désirs à devenir meilleurs. En définitif plutôt que pour un état idéal de plaisir, nous optons pour une vie intéressante.




Structure de l’explication de texte

1 10 2013

Introduction:

§1 – Présentation de l’extrait: auteur + titre de l’oeuvre

§2- Thème de l’extrait, thèse de l’auteur,

problème philosophique (construit en opposant la thèse de l’auteur et une thèse

de l’opinion commune ou philosophique opposée)

§3- Annonce de plan:

1 – Explication: Mouvement du texte découpé en deux ou trois parties

(avec les numéros de ligne)

2- Commentaire: Thèse opposée à celle de l’auteur permettant de discuter la position

de l’auteur

 

Développement:

Première partie: Explication linéaire du texte

Chapeau: thèse de l’auteur.

Chaque paragraphe correspond à une partie du texte de l’auteur.

Partir de citations précises du texte qui doivent être expliquées.

Expliquer c’est:

a) Définir les notions importantes en contexte

b) dire pourquoi l’auteur dit cela. C’est-à-dire reconstruire l’argumentation qui

permettrait de justifier son affirmation.

 

Transition: annoncez que vous allez discuter la thèse de l’auteur.

 

Deuxième partie: Discussion de la thèse de l’auteur.

Chapeau: énoncez l’antithèse à la thèse de l’auteur.

Premier paragraphe: position d’un philosophe opposé à l’auteur de l’extrait

Deuxième paragraphe: position d’un philosophe opposé à l’auteur de l’extrait.

 

Conclusion: votre position argumentée en faveur de l’une ou de l’autre

de ces positions, ou les avantages et les limites de chaque positions.

 




L’usage des exemples

30 05 2013

Une copie de philosophie que ce soit une dissertation ou une explication de texte doit comporter des exemples. Ces exemples ont en particulier pour fonction de monntrer le lien entre l’abstraction philosophique et la réalité concrète. 

Ils montrent que vous avez compris le lien entre les deux.

Les erreurs à éviter concernant les exemples:

– les exemples ne doivent pas se substituer à une argumentation

– les exemples ne doivent pas être une simple allusion, mais doivent être analysés

– si vous utilisez un exemple issu de la culture populaire (chanson, télévision…), vous devez montrer au correcteur que vous êtes conscient du type de culture dans lequel s’inscrit cette référence en précisant qu’il s’agit de la « culture populaire ».

Ce que vous devez faire concernant les exemples: 

– Vous pouvez prendre vos exemples: dans la vie quotidienne, la culture populaire, la culture savante, l’histoire, l’actualité.

Les exemple se référant à l’histoire, à l’actualité ou à la culture savante sont plus valorisés que ceux issus de la culture populaire dans le cadre scolaire.

– Vous pouvez utiliser l’exemple: a) pour illustrer la thèse d’un auteur dans un passage d’un texte que vous être en train d’expliquer b) pour illustrer un de vos arguments ou l’argument d’un auteur.

– Il faut analyser les exemples: vous devez montrer en quoi l’exemple que vous avez choisi permet d’illustrer concretement un argument et d’en montrer l’application pratique.