J'enseigne l'allemand depuis 31 ans. L'internet a révolutionné et facilité ma pratique personnelle de la langue. Je suis convaincue que cet outil peut améliorer aussi notre enseignement au quotidien. D'où ce travail de recherche et de réflexion que je mène avec ce blog. En espérant qu'il aidera d'autres que moi à avancer sur ce chemin prometteur.

J'enseigne l'allemand depuis 31 ans. L'internet a révolutionné et facilité ma pratique personnelle de la langue. Je suis convaincue que cet outil peut améliorer aussi notre enseignement au quotidien. D'où ce travail de recherche et de réflexion que je mène avec ce blog. En espérant qu'il aidera d'autres que moi à avancer sur ce chemin prometteur.

Digérer ItyPA.

Certes, grâce à ItyPA, j’ai pris conscience de beaucoup de choses au sujet des possibilités qu’offre internet pour apprendre.

Mais…

J’ai aussi vécu cette expérience comme un grand moment de solitude. Un comble pour un mooc connectiviste ! Un comble pour quelqu’un qui a préparé avec le CTEU de l’Université de Caen un L3 et un master d’histoire et avec le CNED, une agrégation d’allemand et une d’histoire.

Depuis décembre, je tente donc de comprendre ce ressenti plus que tenace.

D’autant que je n’appartiens pas aux inscrits n’ayant pas participé. J’ai, en effet, posté des commentaires et rédigé des contributions sous forme de synthèses de documents par exemple. Je m’étais aussi associée à un groupe, plutôt en tant qu’observatrice.

D’où vient cette frustration ? Sans doute d’abord de mon manque de temps pour me consacrer à des sujets « lourds ».

Mais pas seulement. Le problème est qu’un mooc est un mooc. C’est-à-dire, un cours, et non pas un projet pédagogique. Il est massif, donc pas ciblé sur l’apprenant. Il est ouvert, donc sans régulation, si ce n’est celle de ceux qui occupent le plus l’espace collectif et qui ainsi donnent le ton. L’absence d’accompagnement est flagrante. Quel espace alors pour celui qui ne maîtrise pas les outils ? Quels poteaux où se tenir ?

Il y a les pairs. Leur bienveillance, posée comme un présupposé acquis. La confiance que je suis censée leur accorder parce que partageant avec eux des centres d’intérêts communs. Tout cela, comme si la vraie vie ne m’avait pas appris que des manipulateurs et des profiteurs malveillants existent partout. Je me sens mal à l’aise avec une certaine vision angélique de l’internet.

Mais je dois aussi revenir sur mes objectifs personnels d’apprentissage. L’EAP n’a jamais été au coeur de mes recherches, même s’il peut en constituer un élément. Mon objectif est de repérer ce qui, dans les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement, est réellement efficace afin de permettre aux jeunes d’aujourd’hui de vivre leur présent de demain. Ma communauté est d’abord là. Avec mes élèves. En leur créant les outils dont ils ont besoin pour apprendre, en leur montrant comment je tâtonne pour construire ces outils, en les associant à cette construction et à ces tâtonnements. Par exemple, en ouvrant un blog où ils pourront trouver leurs cours égarés, mais aussi où mes apprentis programmeurs pourront fabriquer des fiches de vocabulaire interactives. De ce point de vue, ItyPA n’était pas fait pour moi.

Cependant, je sais que par ailleurs que j’ai besoin d’une « communauté » pour nourrir ma réflexion. Je pense qu’elle passera par Twitter, dont je n’aurais pas saisi la dimension informationnelle… sans ItyPA.

Sentiments bien confus que tout cela… Un fond de « dysphorie » pour reprendre l’expression de Madame Merzeau, accompagné d’un gain réel en terme de savoir-faire et de savoir-oser. Pour un goût bizarre qui m’amène à me poser la question : comment choisir un mooc ?

La question de l’outil.

Les cartes heuristiques sont un outil numérique pédagogiquement intéressant. Elles gagnent d’autant plus en efficacité que les élèves les élaborent eux-mêmes.

Sauf que, techniquement et dans le cadre de l’institution, les choses ne sont pas aussi simples.

  • D’abord parce que, si les ordinateurs personnels des lycéens sont tous équipés d’une plateforme de téléchargement musical, il n’y a jamais dessus de logiciels de carte heuristique par défaut. Dans ce domaine, l’enseignant est prescripteur. Et comme chacun, en pédagogie, a ses habitudes de travail, le risque de prescriptions multiples n’est pas négligeable.

  • Ensuite parce que les postes du réseau de l’établissement où j’enseigne sont équipés d’une version de Freemind compatible avec Windows XP. Or je viens d’installer ce logiciel sur mon Windows 7. Il s’avère que le Freemind installé sur mon poste ne lit pas la version du lycée et vice-versa. Le travail des élèves risque alors d’être réduit à néant.

  • L’interopérabilité ne fonctionnant pas, il devient nécessaire de surmonter les difficultés techniques avant toute mise en oeuvre pédagogique.

Selon quels critères, dès-lors, choisir les outils ?

  • Ils doivent être premièrement faciles à utiliser et disposer d’une ergonomie conviviale et intuitive.

  • Ils doivent deuxièmement être aisément accessibles, sans installation fastidieuse.

  • Car nous devons être réalistes. Les compétences techniques de la majorité de nos élèves ne sont pas si importantes que cela, surtout depuis que les ordinateurs sont vendus pré-installés et que l’informatique dans le nuage permet d’accéder à de nombreux services uniquement sur la base d’un compte gmail.

Il est donc grand temps que nous, enseignants, investissions l’Accompagnement personnalisé afin de réellement former nos élèves au numérique. Ce ne serait pas non plus un luxe si, au moins à l’échelle de l’établissement,

  • nous engagions une réflexion et une mise en pratique collectives et cohérentes,

  • nous nous mettions d’accord, par exemple, sur UN logiciel de carte heuristique commun.

Car il y a des jours où j’ai le sentiment de piétiner et de passer à côté d’expériences intéressantes et constructives. Des jours avec trop d’obstacles ! Des jours aussi où l’on constate que l’enseignant doit aussi penser technique.

Ma semaine ITyPA.

Je n’ai pas fait grand chose, cette semaine, dans ItyPA. Comme d’habitude, j’ai lu en diagonale les ressources proposées. Mais comme le sujet ne m’intéressait pas plus que cela, j’en suis restée là.

Je suis passée, de temps à autre, sur le mooc. Consulter les nouveautés des blogs (sur netvibes). Jeter un coup d’oeil sur le Google document créé par le groupe que j’ai rejoint. Lire les lettres quotidiennes (sur ma boîte mail, car elles n’étaient pas distribuées sur la plateforme) . Me renseigner sur ce qui circulait sur les forums (enfin quelque chose sur la plateforme!). Et je me disais : ItyPA est bien vivant. Dommage que, pour des raisons techniques, cette vie soit disséminée un peu partout.

J’ai donc pris le temps d’aménager ma veille. En réorganisant mon pearltrees. En installant « Feedly » et en le nourrissant de flux.

J’ai réfléchi à la mise en oeuvre d’un réseau social (je pars de zéro!). Deux pistes se dégagent : les tutoriels consacrés à Twitter (merci les ItyPIENS), repérer dans mon domaine de réflexion les personnes que je souhaite suivre.

Tout cela avec une interrogation lancinante : tous ces outils sont très simples d’accès, mais il faut systématiquement passer par un compte Google alimentant un big Data dont je ne sais quels intérêts il sert.

Outre le volet « outils », je me suis penchée sur la mise en oeuvre de la collaboration dans un groupe, plus intensément sur le rôle de l’animateur. Car c’est dans cette situation que je me trouve actuellement dans mon contexte professionnel.

Et que dit Michel Cornu  à ce sujet? « Ne pas essayer de mobiliser les gens », les amener à « prendre le risque de s’impliquer ».

Et que lit-on sur le site « outils-réseaux.org » ? « L’attention passe avant l’intention ». « L’animateur doit se taire et mettre ses idées de côté, mais être à l’écoute et observer, être à l’affut afin de créer des situations de coopération » en n’hésitant pas à utiliser des outils faciles. Car l’essentiel n’est pas dans les outils, mais dans les « techniques d’animation » et « la posture appropriée de l’animateur ».

Dois-je penser que l’animateur est un fainéant opportuniste proactif ? C’est une jolie formulation pour un position qui, plus simplement, exige de … l’humilité… à grosse dose.

Arrêtons se surestimer les compétences numériques de nos élèves !

Nicolas Roland, dans le webinaire ITyPA, et Perine Brotcorne, dans un article publié sur Educavox ont un point commun : ils ont observé les étudiants utiliser les outils numériques lors de leurs apprentissages.

Sur un certain nombre d’éléments, leurs observations convergent. On imagine nos élèves nés avec une souris à la main. On croit leur maîtrise des technologies innée. Or, selon Nicolas Roland, ils ne sont pas nécessairement compétents en technologie et pas nécessairement détenteurs de stratégies. Créer une page Facebook pour travailler de manière collective n’est pas nécessairement un signe de compétence. On peut y voir l’expression de leurs limites technologiques en terme de gestion de contenus. Quant à Perine Brotcorne, elle estime que les jeunes ne savent pas utiliser internet comme outil de travail. C’est en particulier la compétence informationnelle qui leur manque. Ce n’est pas parce qu’on sait ACCEDER à un contenu qu’on sait l’ORGANISER et l’EXPLOITER. Ce n’est pas parce qu’on manipule vite les touches d’un clavier qu’on gère le fond des choses de manière complexe.

Ces constats coïncident avec les expériences que je fais en classe. Par exemple, je complète le cahier de textes en ligne en mettant à la disposition des élèves les supports que j’utilise que ce soit sous forme de textes, de documents sonores ou de liens vers des sites. La plupart rencontre des difficultés à télécharger les documents audio parce qu’ils ne disposent pas de leur plateforme de téléchargement habituelle. De plus, ils n’ont pas le réflexe de classer les supports ainsi mis en ligne. Et il suffit que plusieurs enseignants procèdent d’une manière analogue à la mienne pour que leur stockage d’informations devienne illisible.

Je pense qu’il y a des risques réels à vivre dans l’illusion que les élèves maîtrisent mieux que nous les technologies.

  1. Nous risquons de ne pas leur apprendre ce dont ils auront besoin dans le monde du travail, à savoir gérer des contenus complexes avec les outils spécialisés dans leur domaine.

  2. Nous risquons de les amener à considérer l’adulte comme systématiquement incompétent et à se voir eux-mêmes comme nullement dans l’obligation d’apprendre. Danger réel ou imaginaire ? En tout cas, quand, récemment, un de mes élèves de seconde a bloqué sa session sur le réseau (justement en téléchargeant un fichier son) et que je suis venue le voir, il m’a très bien fait comprendre que les manipulations que je testais, ils les avait déjà mises en oeuvre, mieux que moi (puisqu’il me disait au fur et à mesure comment faire). Ayant toujours un plan B, je l’ai renvoyé à sa place travailler sur un lecteur MP3. Heureusement pour moi, j’ai réussi à remettre sa session en place. Dernièrement, ce même élève a rencontré des difficultés pour accéder à un site dans ma discipline. Pas ses camarades (ouf!). En tout cas, en voilà un qui est convaincu de savoir, de savoir mieux que l’autre (surtout quand l’autre est un adulte). Ne risque-t-il pas d’oublier d’apprendre ?

Pourquoi, malgré tout, je persiste avec ItyPA.

Malgré tout. D’abord, le « malgré tout », ce n’est pas la peur d’écrire, la crainte de publier sur internet, le manque d’autonomie ou l’absence de ténacité.

Le « malgré tout », c’est la difficulté que j’ai à prendre en main le lieu ItyPA, à habiter cet espace, pour reprendre l’expression de Madame Merzeau. Je fais par exemple partie des gens qui ont posté un message sur le mauvais forum ou bien qui ont essayé de joindre un texte dans un mauvais format. J’ai aussi énormément de mal à retrouver les messages que j’ai laissés ainsi que les endroits où je les ai déposés. Et je sais seulement depuis cinq jours que je peux retrouver la trace des messages ItyPA sous l’onglet « activité » de mon profil. Quant aux commentaires notés sur les blogs, les chances que je remette la main dessus me paraissent réduites. Comme si je retrouvais ici mon problème de sens de l’orientation.

De plus, je ne maîtrise pas bien la plupart des outils. Certes, « ce n’est pas grave » diraient les Itypiens confirmés. Sauf que cela détourne du travail sur le fond et que j’ai beaucoup culpabilisé sur la rubrique « quoi de neuf » dont je croyais ne pas savoir me servir et qui ne fonctionne pas de manière optimale.

Il y a un autre « malgré tout » que je souhaite évoquer. Il relève de la dimension temporelle. Ajouter ses remarques sur la veille trois semaines après que le sujet a été traité n’est pas très pertinent. La contribution doit avoir lieu en temps « réel », dans l’immédiat. Or les sujets ITyPA requièrent une réflexion de fond, et donc une maturation qui ne peut se faire que dans un temps long.

Mais c’est justement pour cela que, malgré tout, je persiste. Car si aujourd’hui ItyPA me bouscule, je sais que dans un an, non seulement mon EAP aura changé, mais aussi mes méthodes de travail et d’apprentissage.

Par exemple, je vois aujourd’hui beaucoup plus clairement comment je vais construire ma veille, quel itinéraire d’outils me permettra d’obtenir efficacement l’information que j’estime utile.

Et puis, à un autre niveau, il y a des prises de conscience par rapport aux possibilités des outils informatiques. L’intervention de Frédéric Domon a été un déclencheur. J’ai compris à quoi sert un réseau. En effet, jusqu’alors, dans le cadre de travaux de recherche, il ne m’était jamais venu à l’esprit de réseauter avec des gens compétents sur les sujets qui m’intéressent. Faire une recherche, c’était nécessairement passer par un moteur de recherche, bref me livrer à des algorithmes mathématiques plutôt qu’au savoir des autres. Plus maintenant. Car je perçois l’utilité et la nécessité du réseau. Sauf que le construire prendra du temps.

Par ailleurs, j’attends avec impatience le webinaire avec Jean-Michel Cornu. Pourquoi ? A croire que l’équipe ItyPA « télépathe » ! Parce que je me retrouve coordonnateur d’un projet visant à mettre en place le contenu du site web dédié à la formation dont mes collègues et moi sommes responsables. Un travail de coopération donc.

En somme, il n’y a là que de bonnes raisons à persévérer, envers et contre les « malgré tout ».

Rythmes de veille.

Maintenant que j’ai classé mes sites de référence dans mon pearltrees, cette question du rythme de la veille surgit. Et en allant, dans un premier temps, tous les jours sur ces sites, j’aboutis à la conclusion suivante : tous les sites ne méritent pas la même veille.

Seul, le Café pédagogique requiert une veille journalière. Pour quel type de lecture ? Juste pour une lecture en diagonale des titres et des débuts d’articles. Pour quelles raisons ? Parce que la mise à jour est journalière et riche.

Vient ensuite le site de l’Union Européenne consacré à l’éducation et à la formation : s’il n’est pas nécessaire de s’y rendre tous les jours, ce site, pour ma recherche, doit faire l’objet d’une vigilance particulière car je me suis rendu compte que c’est le point de départ des réformes de fond du système scolaire français.

Pour ce qui est des autres sites, il n’y en a que trois auxquels je réserve une visite hebdomadaire. Pour les derniers, un petit tour par mois suffit.

Pourquoi cette vision « spartiate » de la veille ? Parce que, tout d’abord, de nombreuses informations sont redondantes. Ensuite parce que la veille se limite à l’information, et plus précisément à l’actualisation de l’information. Or la veille sert un projet qui la dépasse. Elle est un outil et, qui plus est, un outil dont le champ temporel est restreint. La recherche est donc plus que la veille, que l’actualisation de l’information : elle puise aussi dans les ressources du passé qui ne dépendent pas des structures de veille.

Il me paraît donc nécessaire de cadrer la veille dans le projet qui est le mien.

Interview avec Olivier Erzscheid : l’identité numérique.

L’interview donnée par Olivier Erzscheid et relayé par ItyPA2 comporte deux parties.

  1. La première est consacrée à l’identité numérique et s’appuie sur la publication récente de l’ouvrage « Qu’est-ce que l’identité numérique ? » aux éditions OpenEditionPress.

  2. La seconde traite du blog d’Olivier Erzscheid « Affordance », de ses raisons d’être, des problématiques qui y sont développées et des prises de position de l’auteur.

Pour ce qui est de l’identité numérique, l’auteur évoque d’abord les traces que nous laissons sur le web. Mais il insiste sur le remixage que subissent ces traces, avec les conséquences que cela implique : nous perdons la main sur nos données puisqu’elles sont compilées, indexées et mixées à notre insu dans le but de « faire tourner un régime économique qui est le régime publicitaire ».

Ce traitement de nos données personnelles correspond à une évolution du web. D’un outil centré autour de documents dont on espérait qu’ils nous permettraient de constituer une intelligence collective, nous passons à un outil centré autour des individus et de leur profil.

Olivier Erzscheid pense donc que nous devons reprendre la main sur nos données. Pour cela, il préconise quatre attitudes :

  1. être proactif, c’est-à-dire, être à l’origine des informations qui circulent à notre sujet sur le web

  2. mettre en place une surveillance à l’aide d’outils simples

  3. se réserver un nom de domaine

  4. bien définir son périmètre de confidentialité sur les réseaux sociaux.

Il recommande aussi un changement d’approche de l’ouverture par défaut des sites. Fixer un délai limite d’archivage de nos données. Laisser, dans le cadre du délai précédemment nommé, à l’usager la définition des paramètres d’utilisation. Maintenir des services personnalisés mais uniquement dans le cadre des deux conditions précédemment citées.

Pour ce qui est du blog et de la deuxième partie de l’interview, il commence par expliquer le pourquoi de celui-ci. D’abord, il ressentait la nécessité de mettre en forme les résultats de ses recherches et de les diffuser. L’intérêt et les attentes de ses lecteurs l’ont ensuite encouragé à poursuivre. Aujourd’hui, il y développe à la fois des problématiques actuelles telles que celles du droit d’auteur, mais aussi des problématiques qu’il considère poindre à l’horizon. Il cite alors l’importance croissante des objets connectés et des capteurs qui se répandent dans nos environnements ou bien la philosophie transhumaniste qui conduit Google à mettre au service de la recherche sur le génome sa puissance de calcul afin de mieux traiter certaines maladies.

Mais ce blog est aussi celui d’un chercheur engagé. Il insiste par exemple autant sur la nécessité de protéger le droit des auteurs que sur celui des lecteurs de faire valoir leurs droits à la réalisation de copies privées. Il proteste contre les pratiques autour du livre numérique qui consistent à restreindre le nombre de prêts pour un ouvrage qu’on a acquis en espèces sonnantes et trébuchantes. Son objectif est alors de lutter contre les « systèmes qui ajoutent une couche de fermeture ».

En l’écoutant, je me demande s’il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour notre liberté d’apprendre, de connaître, de savoir et de rencontrer.

Un Espace d’Apprentissage Personnel (EAP) certes, mais qu’en est-il de mon Espace Personnel d’Enseignement ?

Mon EAP est bien délimité : il s’appuie sur deux outils utilisés dans deux lieux différents.

Ce qui relève de mon Espace Personnel d’Information (EPI) a la tablette pour support. Je suis alors installée dans mon salon devant la cheminée. D’où l’usage de Pearltrees comme outil de veille.

Quant à l’apprentissage, il se déroule en réalité sur deux supports différents : d’une part, un cahier à spirales où je prends des notes et où je « brouillonne » mes articles, mes objectifs et mes stratégies ; d’autre part un ordinateur où je stocke mes documents, mets en forme les articles que je poste sur mon blog.

Mais sur mon ordinateur, il y a un autre espace avec les outils que j’utilise pour préparer mes cours et que je fais utiliser à mes élèves. Ces outils sont-ils communs à ceux de mes collègues ? Certes, il y en a qui ne peuvent être que différents parce que liés à la discipline enseignée. Mais qu’en est-il des autres ? Je pense aux cartes heuristiques : n’est-il pas difficile, entre collègues, de se mettre d’accord sur un logiciel ? Je pense aussi aux « dropbox » qu’on voit fleurir partout ces temps-ci : plutôt une par enseignant qu’une par classe. Et l’EAP élève dans tout ça : quelle cohérence?

Itypa ou pas Itypa ?

Depuis un an, je me suis lancée dans une recherche sur les TICE. Ciblés sont les usages efficaces des TICE en cours. Ce qui induit d’autres questions :

  1. celle de la délimitation des savoirs que doit enseigner l’école

  2. celle des outils permettant ces usages

  3. celle de mes compétences en tant qu’enseignante

  4. celle des usages déjà mis en oeuvre, par ailleurs, par les élèves.

La résolution de ces questions passe nécessairement par une recherche en … sciences et pratiques de l’éducation. Actuellement, je m’y attèle avec pour objectif du moment de construire ma veille informationnelle.

Mais que vient faire Itypa là dedans ? J’ai découvert ce MOOC français sur une des pages du site du CIEP grâce à des liens que je ne suis pas capable de remonter. J’ai regardé la vidéo de la semaine 2 sur l’environnement d’apprentissage personnel (EAP). La semaine prochaine, sera abordée la question de la veille. Voilà qui colle avec mes objectifs. Alors y aller ou ne pas y aller ? S’inscrire ou pas ?

Y aller parce que la réflexion qui y est lancée est stimulante. Y aller parce que c’est un dispositif expérimental. Y aller pour ne plus être seule dans ma recherche. Y aller pour travailler la dimension collaborative dont j’ignore si j’en ressens le besoin.

Mais ne pas y aller parce que le rythme de réflexion et de progression est rapide. Je crains que quatre heures par semaine ne me suffisent pas. L’informatique est chronophage, les intervenants de qualité et les questions importantes. Ne pas y aller car je redoute de me détourner de mon objectif initial centré sur les usages des élèves. Certes, la formation de l’enseignant aide l’élève à structurer ses apprentissages. Mais la pratique collaborative avec mes pairs que je maîtrise mal ne risque-telle pas de voler du temps à ceux dont j’ai la charge ?

Ma veille avec Pearltrees.

A mon sens, Pearltrees n’est pas vraiment un outil de veille car il ne comporte pas de fonction push indiquant qu’un nouvel article a été publié.

Par contre, il a une fonction irremplaçable dans le cadre d’une recherche, qui plus est, d’une recherche sur le net. Il permet de répertorier les sources d’information, de les classer et de toujours disposer d’un lien vers elles. Il oblige ainsi à affiner les critères qu’on se donne pour cibler la recherche.

Par contre, avec cet outil, on court un risque majeur : celui de plus collecter les perles que de les observer et les retravailler. Je constate qu’avec Pearltrees ma lecture de contenus est plus superficielle. J’amasse plus que je ne lis.

Enfin, il est indispensable d’installer le perleur sur son moteur de recherche car celui qui fonctionne à l’interne de Pearltrees est limité aux seules perles collectées par la communauté.

Pearltrees est donc un outil qui permet d’organiser mes sources mais il ne satisfait pas pleinement la veille que je veux mener. Quant à sa fonction collaborative, je ne me suis pas, pour l’instant, penchée dessus plus que cela. Certes, je suis allée quelques fois sur les perles des autres, mais je sens qu’en le faisant, je me disperse plus que je ne structure mes connaissances.