Qu’est-ce que la philosophie ?

« C’est en philosophant qu’on devient philosophe »….

Philo-sophie : du grec, amour de la sagesse

Un peu d’Histoire : L’histoire de la philosophie commence, en Occident, dans le monde de l’Antiquité grecque, vers le viie siècle av. J.-C. Avant même que le mot « philosophie » soit en usage, et qu’il désigne par la suite une discipline à part entière, on considère que la démarche intellectuelle des générations de penseurs dits « présocratiques », étudiant principalement la physique, marque une rupture avec les discours mythologiques, religieux et poétiques qui existaient jusqu’alors, et forme à ce titre l’acte de naissance de la philosophie occidentale. Dans la démocratie athénienne, au ve siècle av. J.-C., Socrate va révolutionner cette approche et introduire les méthodes qui resteront celles de la philosophie, en centrant ses réflexions sur les questions humaines, et non plus sur la physique, et en répandant l’usage de la dialectique et l’étude des définitions. C’est à Platon, dans ses célèbres dialogues, que l’on doit d’avoir transmis l’héritage de Socrate et popularisé le mot « philosophie », conçue comme une recherche de la vérité. Socrate est présenté comme opposé aux discours trompeurs des prestigieux sophistes, habiles orateurs et maîtres dans l’art de persuader les foules.

Qu’est-ce que philosopher ?

-Il n’y a pas de verbe pour les autres matières; c’est donc une démarche, une action, une mise en mouvement de la pensée plus qu’un strict contenu disciplinaire. Ce n’est pas non plus de la littérature (roman, poésie…) bien que l’on est affaire à des textes argumentatifs. Ce n’est pas non plus de la science bien qu’elle recherche la vérité.

-Qu’est-ce que penser ? former des concepts, combiner des idées, imaginer, réfléchir

du latin pensare, peser, apprécier le poids d’une opinion, évaluer, comparer.

-avec quoi ? s’interroger sur des abstractions ; ex: la justice, la beauté, le bonheur, la liberté, la vérité… mais utilisées tous les jours sur des cas concrets (Cf.programme)

ex: la répartition proportionnelle est-elle juste ?

Ce n’est pas une réflexion en dehors de la réalité. Elle a d’ailleurs souvent été à l’origine de changements et de révoltes dans la société (Socrate comparé à un taon et poisson torpille; révolution française…)

-pourquoi faire ? devenir un être libre qui ne se laisse pas balloter au gré des modes ou des extrémismes, de la pensée unique, penser par soi-même et se contenter des habitudes, des idées toutes faites, s’interroger sur la valeur de nos idées, interroger nos évidences, pour acquérir un esprit critique.

-éviter deux pièges :

1- avoir l’impression de penser par soi-même alors qu’on se contente d’adopter la pensée des autres

=> qu’est-ce que JE pense ? et non mes parents, professeurs, amis, ordre établi, médias, culture…); s’interdire de penser quelque chose sans être capable d’en rendre compte à soi-même et à autrui, donner ses raisons ; chercher à se connaître pour mieux agir (« Connais-toi toi-même »Charmide de Platon)

2-être leurré par son propre manque de lucidité (désirs, croyances, habitudes, peurs…)

=> amour de la sagesse car ne détient pas encore la vérité mais tend vers elle.

-éviter deux extrèmes :

1- le relativisme : considérer que tout est relatif, que toutes les opinions se valent, que « chacun pense ce qu’il veut », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de vérité du tout.

2- le dogmatisme : Un dogme est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l’imposer.

 

« En fait c’est dans son incertitude que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s’y est pas frotté traverse l’existence comme un prisonnier: prisonnier des préjugés du sens commun, des croyances de son pays ou de son temps, de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison. Tout dans le monde lui parait aller de soi, tant les choses sont pour lui comme ceci et pas autrement, tant son horizon est limité, les objets ordinaires ne le questionnent pas, les possibilités peu familières sont refusées avec mépris. Mais (…), à peine commençons-nous à philosopher que même les choses de tous les jours nous mettent sur la piste de problèmes qui restent finalement sans réponses. Sans doute la philosophie ne nous apprend pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu’elle fait surgir : mais elle suggère des possibilités nouvelles, elle élargit le champ de la pensée en la libérant de la tyrannie de l’habitude. Elle amoindrit notre impression de savoir ce que sont les choses, mais elle augmente notre connaissance de ce qu’elles pourraient être, elle détruit le dogmatisme arrogant de ceux qui n’ont jamais traversé le doute libérateur, et elle maintient vivante notre faculté d’émerveillement en nous montrant les choses familières sous un jour inattendu ».

Russell, Problèmes de philosophie, chapitre XV.

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