Category Archives: révision

Oral de rattrapage : Oeuvres, textes, analyse

 Durée de l’épreuve : 20 minutes.

Temps de préparation : 20 minutes.

Principe de l’épreuve : explication d’un texte extrait de l’œuvre (ou des œuvres) étudiée(s) en classe et présente(s) sur la liste officielle préparée par le professeur et validée par l’établissement. Cette explication est suivie d’un court entretien avec l’examinateur. La liste comporte :

–         Deux œuvres au moins en série L ;

–         Une œuvre au moins dans les séries ES et S.

Remarques :

–         Si l’œuvre n’a été étudiée que dans certaines de ses parties, la délimitation précise des parties concernées doit être indiquée explicitement sur la liste.

–         Si le candidat ne présente aucune liste, ou présente une liste non conforme au programme, l’examinateur présentera un texte de son choix au candidat.

Attention ! Toujours se présenter avec deux exemplaires du livre (un pour soi et un pour l’examinateur).

 L’examinateur choisit un bref fragment que le candidat doit expliquer.

Généralement, on demande à l’élève de commencer par lire le texte. Cette lecture est importante car sa clarté témoigne déjà de la compréhension du candidat.

Elle est suivie de l’explication linéaire du texte. Pas plus qu’à l’écrit on n’exige du candidat une connaissance étendue de l’auteur et de l’histoire de la philosophie. En revanche, il est vivement déconseillé de se présenter sans avoir lu attentivement les œuvres présentées sur la liste.

Les questions de l’examinateur : la règle est la bienveillance – il s’agit d’un oral de rattrapage. L’examinateur est d’abord là pour contrôler votre travail tout au long de l’année. Les questions qu’il pose ne sont donc pas des pièges mais au contraire des tentatives pour vous guider et vous aider à rectifier par vous-même vos erreurs.

Pour l’oral du rattrapage de philosophie, vous devrez présenter des oeuvres (2 en ES, 1 en S) :

-La Lettre à Ménécée d’Epicure (ES)

-L’existentialisme est un humanisme Sartre (ES et S)

Commencez par relire ce que nous avons fait sur ses auteurs et oeuvres dans l’année.

Epicure : extraits évalués

Epicure à Ménécée, salut.

Qu’on ne remette pas la philosophie à plus tard parce qu’on est jeune, et qu’on ne se lasse pas de philosopher parce qu’on se trouve être vieux. Il n’est en effet, pour personne, ni trop tôt ni trop tard lorsqu’il s’agit d’assurer la santé de l’âme. Or celui qui dit que le moment de philosopher n’est pas encore venu, ou que le moment est passé, est semblable à celui qui dit, s’agissant du bonheur, que le moment n’est pas encore venu ou qu’il est passé. Par conséquent, doivent philosopher aussi bien le jeune que le vieillard, celui-ci afin qu’en vieillissant il reste jeune sous l’effet des biens, par la gratitude qu’il éprouve à l’égard des événements passés, et celui-là, afin que, tout jeune qu’il soit, il soit aussi un ancien par son absence de crainte devant ce qui va arriver.

EPICURE, Lettre à Ménécée, GF, trad. Pierre-Marie Morel, p. 49-50

 

Accoutume-toi à considérer que la mort n’est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal sont contenus dans la sensation ; or la mort est privation de sensation. Par suite, la sûre connaissance que la mort n’est rien pour nous fait que le caractère mortel de la vie est source de jouissance, non pas en ajoutant à la vie un temps illimité, mais au contraire en la débarrassant du regret de ne pas être immortel. En effet, il n’y a rien de terrifiant dans le fait de vivre pour qui a réellement saisi  qu’il n’y a rien de terrifiant dans le fait de ne pas vivre. Aussi parle-t-il pour ne rien dire, celui qui dit craindre la mort, non pour la douleur qu’il éprouvera en sa présence, mais pour la douleur qu’il éprouve parce qu’elle doit arriver un jour ; car ce dont la présence ne nous gêne pas ne suscite qu’une douleur sans fondement quand on s’y attend. Ainsi, le plus effroyable des maux, la mort, n’est rien pour nous, étant donné, précisément, que quand nous sommes la mort n’est pas présente ; et que, quand la mort est présente, alors nous ne sommes pas. Elle n’est donc ni pour les vivants ni pour ceux qui sont morts, étant donné, précisément, qu’elle n’est rien pour les premiers et que les seconds ne sont plus.

 

EPICURE, Lettre à Ménécée, GF, trad. Pierre-Marie Morel, p. 45-46

Maintenant il faut parvenir à penser que, parmi les désirs, certains sont fondés en nature, d’autres sont vains. Parmi les désirs naturels, certains sont nécessaires, d’autres ne sont que naturels. Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur, les autres pour le calme du corps, d’autres enfin simplement pour le fait de vivre. […] Et c’est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie bienheureuse. Car il est le premier des biens naturels. Il est au principe de nos choix et refus ; il est le terme auquel nous atteignons chaque fois que nous décidons quelque chose, avec, comme critère du bien, notre sensibilité. Précisément parce qu’il est le bien premier, épousant notre nature, c’est toujours lui que nous recherchons. Mais il est des cas où nous méprisons bien des plaisirs : lorsqu’ils doivent avoir pour suite des désagréments qui les surpassent ; et nous estimons bien des douleurs meilleures que les plaisirs : lorsque, après les avoir supportées longtemps, le plaisir qui les suit est plus grand pour nous. Tout plaisir est en tant que tel un bien et cependant il ne faut pas rechercher tout plaisir ; de même la douleur est toujours un mal, pourtant elle n’est pas toujours à rejeter. Il faut en juger à chaque fois, en examinant et comparant avantages et désavantages, car parfois nous traitons le bien comme un mal, parfois au contraire nous traitons le mal comme un bien.

EPICURE, Lettre à Ménécée, trad. Solovine

[…] nous considérons l’autosuffisance elle aussi comme un grand bien, non pas dans l’idée de faire avec peu en toutes circonstances, mais afin que, dans le cas où nous n’avons pas beaucoup, nous nous contentions de peu, parce que nous sommes légitimement convaincus que ceux qui ont le moins besoin de l’abondance sont ceux qui en tirent le plus de jouissance, et que tout ce qui est naturel est facile à acquérir, alors qu’il est difficile d’accéder à ce qui est sans fondement. Car les saveurs simples apportent un plaisir égal à un régime d’abondance quand on a supprimé toute la souffrance qui résulte du manque, et du pain et de l’eau procurent le plaisir le plus élevé, lorsqu’on s’en procure alors qu’on en manque. Donc, s’accoutumer aux régimes simples et non abondants assure la plénitude de la santé, rend l’homme actif dans les occupations nécessaires à la conduite de la vie, nous met dans de plus fortes dispositions quand nous allons, par moments, vers l’abondance, et nous prépare à être sans crainte devant les aléas de la fortune.

EPICURE, Lettre à Ménécée, GF, trad. Pierre-Marie Morel, p. 49-50

Pour ces extraits, je vous renvoie, si vous souhaitez commencer dès maintenant à peaufiner votre connaissance des extraits à lire ces très complètes explications.

http://la-philosophie-au-programme.blogspot.fr/2013/10/lexistentialisme-est-un-humanisme-texte.html

http://www.roseaupensant.fr/medias/files/l-existientialisme-est-un-humanisme.pdf

Extraits pour l’oeuvre de Sartre :

dans l’éd. Gallimard – Folio essais

1- « « Qu’est-ce que signifie ici que l’existence(…)responsable de tous les hommes.  » P29-30

2- « Quand nous disons que l’homme se choisit(…)je choisis l’homme. »p32-33

3-« Ce que les gens veulent, c’est qu’on naisse lâche(…)qui vous engage totalement.p55-56

4-« S’il est impossible de trouver en chaque homme(…) pour s’en accommoder. » p59-60

http://www.bnfa.fr/livre?biblionumber=25031#telechargement-format-pdf-resultat-25031

« Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. L’hommes est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme. C’est aussi ce qu’on appelle la subjectivité, et que l’on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l’homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’hommes est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l’avenir. L’hommes est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être. Non pas ce qu’il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c’est une décision consciente , et qui est pour la plupart d’entre nous postérieure à ce qu’il s’est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à une parti, écrire un livre, me marier, tout cela n’est qu’une manifestation d’un choix plus originel, plus spontané que ce qu’on appelle volonté. Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est. Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence. Et quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes.  » P29-30

« Quand nous disons que l’homme se choisit, nous entendons que chacun d’entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu’en se choisissant il choisit tous les hommes. En effet, il n’est pas un de nos actes qui, en créant l’homme que nous voulons être, ne crée en même temps une image de l’homme tel que nous estimons qu’il doit être. Choisir d’être ceci ou cela, c’est affirmer en même temps la valeur de ce que nous choisissons, car nous ne pouvons jamais choisir le mal ; ce que nous choisissons, c’est toujours le bien, et rien ne peut être bon pour nous sans l’être pour tous. Si l’existence, d’autre part, précède l’essence et que nous voulions exister en même temps que nous façonnons notre image, cette image est valable pour tous et pour notre époque tout entière. Ainsi, notre responsabilité est beaucoup plus grande que nous ne pourrions le supposer, car elle engage l’humanité entière. Si je suis ouvrier, et si je choisis d’adhérer à un syndicat chrétien plutôt que d’être communiste, si, par cette adhésion, je veux indiquer que la résignation est au fond la solution qui convient à l’homme, que le royaume de l’homme n’est pas sur la terre, je n’engage pas seulement mon cas : je veux être résigné pour tous, par conséquent ma démarche a engagé l’humanité tout entière. Et si je veux, fait plus individuel, me marier, avoir des enfants, même si ce mariage dépend uniquement de ma situation, ou de ma passion, ou de mon désir, par là j’engage non seulement moi-même, mais l’humanité tout entière sur la voie de la monogamie. Ainsi je suis responsable pour moi-même et pour tous, et je crée une certaine image de l’homme que je choisis ; en me choisissant, je choisis l’homme. »p32-33

http://eyssette.net/docs/2013-2014/modele-explication-sartre.pdf

 

« Ce que les gens veulent, c’est qu’on naisse lâche ou héros. Un des reproches qu’on fait le plus souvent aux Chemins de la liberté(1), se formule ainsi : mais enfin, ces gens qui sont si veules( 2), comment en ferez-vous des héros ? Cette objection prête plutôt à rire car elle suppose que les gens naissent héros. Et au fond, c’est cela que les gens souhaitent penser : si vous naissez lâches, vous serez parfaitement tranquilles, vous n’y pouvez rien, vous serez lâches toute votre vie, quoique vous fassiez ; si vous naissez héros vous serez parfaitement tranquilles, vous serez héros toute votre vie, vous boirez comme un héros, vous mangerez comme un héros. Ce que dit l’existentialiste (2), c’est que le lâche se fait lâche, que le héros se fait héros ; il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d’être un héros. Ce qui compte, c’est l’engagement total, et ce n’est pas un cas particulier, une action particulière qui vous engage totalement. » p55-56

http://lairphilo.over-blog.fr/article-14543281.html

https://books.google.fr/books?id=DvPFCQAAQBAJ&pg=PA268&lpg=PA268&dq=si+vous+naissez+héros+vous+serez+aussi+parfaitement+tranquilles&source=bl&ots=6ftJjBXOZk&sig=PvS1sQmI07qq42Ksqr0ldmZGfCk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjSgYjY6KbUAhXEYJoKHTtpCpoQ6AEILTAB#v=onepage&q=si%20vous%20naissez%20héros%20vous%20serez%20aussi%20parfaitement%20tranquilles&f=false

https://mlasagesse.fr/Fichiers-Notions/Sartre-L-existentialisme-est-un-humanisme-lachete-et-courage.pdf

« S’il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de condition. Ce n’est pas par hasard que les penseurs d’aujourd’hui parlent plus volontiers de la condition de l’homme que de Sa nature. Par condition ils entendent avec plus ou moins de clarté l’ensemble des limites a priori qui esquissent sa situation fondamentale dans l’univers. Les situations historiques varient : L’homme peut naître esclave dans une société païenne ou seigneur féodal ou prolétaire. Ce qui ne varie pas, c’est la nécessité pour lui d’être dans le monde, d’y être au travail, d’y être au milieu d’autres et d’y être mortel… Et bien que les projets puissent être divers, au moins aucun ne me reste-t-il tout à fait étranger parce qu’ils se présentent tous comme un essai pour franchir ces limites ou pour les reculer ou pour les nier ou pour s’en accommoder. », p59-60
http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/spip.php?article30

Interrogation le sujet 1

Repères :

1-Quel est le contraire d’absolu ?

2-Les sciences physiques expliquent ou comprennent les phénomènes ? Pourquoi ?

3-L’homme ne perçoit le monde qu’à travers son point de vue, sa vision est donc nécessairement ………………………….

Citations/Auteurs :

4-Quelle est la vérité indubitable pour Descartes ? Pourquoi ?

5-« Posséder le Je dans sa représentation » : Qui a dit cela ? Expliquez.

6-A quoi Pascal compare-t-il l’homme ? Expliquez.

Texte à trous :

La conscience est un privilège et un fardeau car elle est condition et ……….. de la connaissance de soi. En effet, par son statut de sujet, je n’ai accès qu’à une connaissance ……………. (pas neutre) et ………………………(incomplète). De même, le sujet du latin ……………………….. sait qu’il va mourir, il est donc conscient de sa ………………….. (fait d’être mortel). Enfin la conscience de soi n’est pas forcément immédiate, théorique mais parfois nécessite une mise en…………….. par l’art ou la révolte comme l’ont montré …………………. et Camus. De même, Sartre considère qu’…………est médiateur entre moi et moi-même.

Sujet à analyser (Brainstorming/références, cours et culture personnelle):

Peut-on ne pas être soi-même ?

Bonus : Nous sommes au XXIIè siècle et les greffes d’organes ont fait de nets progrès. Après avoir réussi des greffes de rein, de coeur, de main, de visage, les médecins se sont attelés à la transplantation la plus délicate : celle du cerveau. Pour la première fois, ils viennent de réaliser-avec succès- une telle opération. Ils ont ouvert le crâne de M.Dupont, lui ont retiré son cerveau et l’ont remplacé par celui de M.Martin. les progrès de la technologie ont permis de connecter parfaitement le cerveau et le corps, de telle sorte que le cerveau de M.Martin contrôle le corps de m.Dupont, exactement comme il contrôlait son propre corps auparavant. Le professeur Vulcain, qui a dirigé l’opération, annonce avec fierté son succès à la presse : »C’est une réussite totale ! M.Martin a complètement pris possession du corps de M.Dupont. Il a conservé tous ses souvenirs antérieurs et son caractère n’a pas été modifié; seul son corps a changé. » Le directeur de l’hôpital, un peu gêné, remarque : « excusez-moi de vous contredire, cher professeur. Nous sommes d’accord, l’opération a été un succès; cependant, je ne partage pas votre interprétation. La personne qui est sortie du bloc opératoire n’est pas M.Martin, mais M.Dupont. ce monsieur a perdu ses anciens souvenirs et son caractère et a acquis ceux de M.Martin.

Selon vous, quelle est la description correcte, celle du professeur ou celle du directeur ? Pourquoi ?

Interrogation : le sujet 2

Repères :

1- Les actions futures peuvent arriver ou non, elles ne sont donc pas nécessaires mais ………………….?

2-Nous n’avons pas une conscience immédiate de nous-mêmes; Expliquez, donnez des exemples.

3-Les cheveux sont une qualité essentielle pour l’homme. Vrai ou Faux ? Expliquez.

Citations/Auteurs:

4-Qui a dit « Je pense, donc je suis » et dans quel ouvrage ?

5-Pour Pascal, « l’homme est grand en ce qu’il se connait misérable ». Expliquez.

6-Pourquoi l’art est-il un besoin universel pour Hegel ?

Texte à trous :

La conscience, du latin ………………….. qui signifie ………………………………….., est la faculté de ……………………………………………………….. Elle est la condition pour l’homme de se connaître.Cette faculté distingue l’homme du reste du monde, c’est une différence de …………… Elle fait du sujet une ………………….qui signifie masque en latin, capable de répondre de ses actions car doté d’une identité (dont les critères sont : l’unité, ………………. et l’ipséité). Locke prend les exemples du …………. et de ……………………pour illustrer la nécessité de la conscience et de la mémoire notamment pour être jugé.

Sujet (Analyse-Brainstorming +Références cours et culture personnelle):

Peut-on se mentir à soi-même ?

Bonus : 

Mlle Le Desfoy possède un bijou dont elle est très fière : une splendide chaîne en or délicatement ouvragée, qui s’est léguée dans sa famille de mère en fille depuis 23 générations. Avec le temps, elle remarque que trois chaînons abîmés. Elle se rend chez M.Grisaille, le bijoutier attitré de la famille, afin de les faire remplacer. Ce dernier, qui nourrit depuis des années,un amour aussi sincère que secret pour sa cliente, remplace avec soin les chaînons entre deux soupirs de désespoir. mais alors qu’il cherche un endroit où ranger les précieux chaînons abîmés il découvre un trésor inespéré : les ancêtres de mlle Le Desfoy ont elles aussi fait remplacer les chaînons abîmés du bijou en question par les ancêtres de M.Grisaille (bijoutiers de père en fils), et ces derniers ont méthodiquement rassemblés dans un même casier. Monsieur Grisaille réussit à reconstituer le collier d’origine avec les chaînons d’origine.

Lorsque Mlle Le Desfoy vient chercher son collier, M.Grisaille lui tend tout d’abord celui auquel il a remplacé les trois chaînons. Puis sort de son établi le collier reconstitué et lui expose la situation. « Voici le véritable collier de votre famille. Je l’ai reconstitué pour vous. Il est certes un peu moins reluisant que l’autre, mais c’est bel et bien le bijou d’origine. » « mais enfin vous n’y pensez pas, M.Grisaille. C’est bien ce collier-ci qui est le bijou de mon aîlleule ! nous nous le léguons de génération en génération ! » rétorque Mlle Le Desfoy courroucée. Quel collier est le même que celui que portait l’aïeule de Mlle le Desfoy 23 générations plus tôt ? celui qu’elle porte autour du cou ou celui qui est reconstitué ? Pourquoi ?

Révision à 15h aujourd’hui !!

Voici les sujets 2016 de l’Amérique du Nord :

Capture d’écran 2016-05-30 à 14.13.47

Aujourd’hui, je vais traiter du sujet : Peut-on ne pas admettre la vérité ? 

Brainstorming :

Peut-on : 3 sens de possibilités = logique, technique, morale/droit

Est-ce logique de ne pas admettre la vérité ? / Est-ce techniquement possible de ne pas admettre la vérité ? (pour quelles raisons? conditions ?) / A-t-on le droit de ne pas admettre la vérité ? (peut-être même un devoir ? =>révolte)

ne pas = négation

admettre = accueillir, reconnaitre que quelque chose est vrai, exact, fondé,supporter, tolérer, …croire

la = y a-t-il une seule vérité ? ou plusieurs ? => différents types (matérielles/formelles; foi, morale) reconnaitre une diversité de vérité peut être la condition de la tolérance contre le fanatisme ou le dogmatisme

vérité =matérielle/formelle/ erreur, mensonge, illusion,

Cherchez toutes les références que vous connaissez pour parler de la vérité : Protagoras (relativisme), Descartes, Platon, Bachelard, Nietzsche, Kant, Benjamin Constant, Sartre,  Freud

Pensez à différents domaines = science dure/molle; morale, art, culture, perception…

Comme d’habitude, essayez de trouver un plan non pas binaire mais ternaire, pas en oui/non, et un renversement en troisième partie.

Descartes : si la vérité se présente à nous comme évidente (cf.cogito)

Platon : le mieux est de ne pas admettre (croire, préjugé) « la » vérité diffusée, qu’on voudrait nous faire croire, mais de chercher à savoir ce qu’il y a derrière les apparences. cf Allégorie de la caverne

Bachelard : l’esprit scientifique doit ne pas admettre la vérité (l’opinion), mais toujours interroger la vérité précédente, chercher l’erreur. Il doit la construire et non l’accueillir

Popper : la vérité scientifique doit être falsifiable, réfutable en théorie au moins, sinon c’est une croyance. Ainsi il ne faut pas admettre la vérité telle quelle parce qu’elle serait irréfutable mais au contraire s’en méfier cf psychanalyse comparée à l’astrologie et les mythes

Nietzsche : la vérité est un stratagème des faibles pour se rassurer ou imposer sa morale aux forts. Ne pas admettre « la vérité » serait une attitude nihiliste cf. scepticisme = On peut toujours douter non de la vérité mais de nos capacités à l’atteindre. Y a-t-il une vérité si on ne peut dépasser les limites de notre perception, raison …?

Le scepticisme est une attitude qui peut découler du relativisme = si on constate la pluralités des vérités en matière de sensation, de goût alors on pourrait non pas admettre les vérités mais qu’il n’en y a pas du tout !!!

Pour le domaine de la morale :

on pourrait se demander si on peut admettre la vérité à tout prix, d’une part si on peut tout entendre, accepter de recevoir, (franchise, honnêteté…) et si on peut tout dire

La question ici peut interroger les raisons qui font que nous n’acceptons pas d’entendre la vérité : traumatismes, douleurs, mauvaise foi (Sartre), peur, préjugés, ignorance, superstition …

Pensez à Freud qui nous révèle le mécanisme de notre esprit pour se cacher une vérité en la dissimulant dans notre inconscient. On pourrait donc ne pas admettre la vérité et préfèrer la taire inconsciemment. En revanche, c’est un devoir de faire un travail sur soi pour la mettre au jour afin d’être maitre de soi, de ses pensées et désirs et être responsable.

et d’autre part, adopter contre Kant la position conséquentialiste et dire que toute vérité n’est pas bonne à dire et donc à admettre si les conséquences sont néfastes pour autrui.

Pour Sartre, la condition humaine est de mauvaise foi = l’homme se voile sa liberté et a tendance à croire que sa vie est déterminée. mais vivre de manière authentique c’est admettre la vérité, sa finitude, sa liberté, la contingence de son existence et sa responsabilité.

Pour l’art, la politique, l’histoire, la culture :

science molle ou relative à un sujet, et à l’interprétation, il n’y a pas de vérité ou plutôt une vérité. L’art est par essence offert à une multitude de spectateurs et trouve sa signification dans cette multiplicité. L’histoire varie selon celui qui l’écrit même s’il s’efforce d’être le plus objectif possible, la politique est par essence débat, dialogue donc ne peut s’enfermer dans une vérité définitive et figée au risque de tomber dans le totalitarisme, fanatisme, arbitraire; et la culture offre une diversité qui peut choquer l’ethnocentrisme qui a tendance à considérer comme exclusives ou supérieures les valeurs de son groupe. le relativisme culturel serait donc salutaire mais à condition qu’il n’entraine pas à admettre toute vérité ou la vérité de son groupe sans discernement.

On pourrait ne pas admettre « la » vérité de sa culture, la tradition, si elle portait atteinte à la liberté ou dignité humaine = ex : l’excision, la prostitution, la violence quelle qu’elle soit.

Alors après avoir interviewé tous vos philosophes sur la question, il ne reste plus qu’à faire un joli plan :)

-Il faut admettre la vérité. La vérité s’impose avec évidence, ne pas l’admettre revient à s’enfermer dans les croyances ou la bêtise, ignorance ou folie.

-Il faut commencer par admettre la vérité pour pouvoir affirmer quelque chose. la vérité se reconnait mais ne se définit pas elle même sinon cela nous conduirait à un cercle vicieux ou une régression à l’infini.

-Le cogito est la vérité indubitable

-Pour faire des sciences, pour vivre et se repérer nous devons au moins admettre la vérité, la réalité du monde qui nous entoure.

-Une vérité prouvée en sciences matérielles peut être admise puisqu’elle a été trouvée méthodiquement, elle est le résultat d’une démarche objective.

-Il faut admettre certaines vérités pour pouvoir faire des mathématiques par exemple : postulats d’Euclide sinon nous ne pourrions faire de démonstration. On ne peut pas tout démontrer puisqu’une démonstration part toujours de quelque chose déjà posé.

Transition : cependant admettre une vérité mathématique ou physique c’est en même temps admettre la possibilité de sa réfutation, condition de toute vérité scientifique. Cela s’oppose donc à l’attitude du superstitieux ou de mauvaise foi qui pourrait sans examen admettre ou refuser une vérité pour d’autres raisons que la vérité elle-même.

Ne pas admettre la vérité c’est préférer à la vérité qui blesse l’illusion ou le mensonge qui rassure 

-l’inconscient

-la superstition => crédulité, naïveté

-mauvaise foi = Sartre

-Benjamin Constant

-Il ne faut pas « admettre » la vérité mais la construire, la vérifier, l’élaborer

-douter = essence de l’esprit critique libéré des dogmes, de l’obscurantisme, de l’argument de vérité (c’est vrai parce que untel l’a dit)

-contre la paresse et la lâcheté qui admettent sans examen la vérité des autres Kant Qu’est-ce que les Lumières 

-contre l’opinion admise, la vérité scientifique est construite cad provient d’une question Bachelard

-la révolte contre la pensée unique, le dogmatisme, le fanatisme est un acte de courage et demande un véritable effort Platon allégorie de la caverne

 

Voilà en une heure ce que j’aurais fait :)

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Cette dissertation volontairement très complète vous sert de cours sur l’histoire. Vous pouvez aussi vous reporter à cet article.

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Questions :

1-Quels sont les deux sens du mot histoire ?

2-Qu’arrive-t-il à celui qui ignore son passé selon R.Aron ?

3-Quel est l’objet de l’histoire selon R.Aron ?

4-Pourquoi faut-il être hors de l’histoire pour pouvoir l’écrire ? (deux réponses)

5-Un témoin de l’histoire peut-il la faire (l’écrire) ? Pourquoi l’histoire est toujours écrite a posteriori ?

6-Pourquoi un fait historique est-il toujours construit ? (interprété)

7-Qu’est-ce qui distingue un fait historique d’un fait naturel ?

8-Que signifie, pour Benedetto Croce, le fait qu’un historien nous renseigne plus sur sur époque que sur le passé qu’il étudie ?

9-Pourquoi l’histoire est-elle toujours à reconstruire ? Peut-on dépasser la subjectivité de l’historien ?

10- Pourquoi l’histoire est-elle une science molle ? pourquoi comprend-elle mais n’explique pas ?

11- Que désigne la « bonne subjectivité » pour Ricoeur ou la sympathie pour Marrou ?

12-Quels sentiments peuvent corrompre le travail de l’historien ?

13-Quelle faculté est nécessaire pour faire de l’histoire ? En quoi l’oubli est-il nécessaire ?

14-A quoi sert l’histoire?

15- En quoi l’histoire est-elle utile à l’homme politique pour Machiavel ?

16-Peut-on tirer des leçons du passé ? Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?

17-Quel est le risque pour une histoire de ne s’intéresser qu’aux faits actuels ?

18- Expliquez la phrase de R. Aron « l’homme n’a vraiment un passé que lorsqu’il a conscience d’en avoir un. ».

19-Le passé est-il un fardeau pour Sartre ?

20-Qu’est-ce que le devoir de mémoire ? Pourquoi doit-on se remémorer ?

Travail pendant les vacances et au-delà

Il nous reste 6 semaines après les vacances de Pâques. Pour optimiser l’apport du cours et travailler aussi la méthode, je vous donne le cours déjà rédigé et vous propose de faire des sujets de dissertation et commentaire de texte. Ainsi voici les sujets que nous traiterons ensemble  (les semaines sont indicatives, je pense passer plus de temps sur la notion de vérité)

Pour les ES :

Semaine 1 : Peut-on tout dire ? (pour les S la religion)

Semaine 2 : Les échanges sont-ils toujours intéressés ? (pour les S le travail)

Semaine 3 : La religion (pour les S la raison et le réel)

Voici le fondement de la critique irréligieuse : c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme. A la vérité, la religion  est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c’est donc, indirectement  lutter contre ce monde là, dont la religion est l’arôme spirituel.

La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans coeur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.

Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l’auréole. […] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique.

 

K. MARX,Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel(1843)

Semaine 4 : Le travail

Le besoin nous contraint au travail dont le produit apaise le besoin : le réveil toujours nouveau des besoins nous habitue au travail. Mais dans les pauses où les besoins sont apaisés et, pour ainsi dire, endormis, l’ennui vient nous surprendre. Qu’est-ce à dire ? C’est l’habitude du travail en général qui se fait à présent sentir comme un besoin nouveau, adventice ; il sera d’autant plus fort que l’on est plus fort habitué à travailler, peut-être même que l’on a souffert plus fort des besoins. Pour échapper à l’ennui , l’homme travaille au-delà de la mesure de ses autres besoins ou il invente le jeu, c’est-à-dire le travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général. Celui qui est saoul du jeu et qui n’a point, par de nouveaux besoins, de raison de travailler, celui-là est pris parfois du désir d’un troisième état, qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, d’un mouvement bienheureux et paisible : c’est la vision du bonheur des artistes et des philosophes.

Humain, trop humain, I, § 611, Bouquins I, p. 680.

Semaine 5 : L’histoire

Le moyen dont se sert la nature pour mener à son terme le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, dans la mesure où cet antagonisme finira pourtant par être la cause d’un ordre réglé par des lois. J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur penchant à entrer en société, lié toutefois à une opposition générale qui menace sans cesse de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L’homme a une inclination à s’associer, parce que dans un tel état il se sent plus qu’homme, c’est-à-dire qu’il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s’isoler) : en effet, il trouve en même temps en lui l’insociabilité qui fait qu’il ne veut tout régler qu’à sa guise et il s’attend à provoquer partout une opposition des autres, sachant bien qu’il incline lui-même à s’opposer à eux. Or, c’est cette opposition qui éveille toutes les forces de l’homme, qui le porte à vaincre son penchant à la paresse, et fait que, poussé par l’appétit des honneurs, de la domination et de la possession, il se taille une place parmi ses compagnons qu’il ne peut souffrir mais dont il ne peut se passer. Ainsi vont les premiers véritables progrès de la rudesse à la culture, laquelle repose à proprement parler sur la valeur sociale de l’homme ; ainsi tous les talents sont peu à peu développés, le goût formé, et même, par le progrès des Lumières, commence à s’établir un mode de pensée qui peut, avec le temps, transformer notre grossière disposition naturelle au discernement moral en principes pratiques déterminés, et ainsi enfin transformer cet accord pathologiquement extorqué pour l’établissement d’une société en un tout moral. Sans ces propriétés, certes en elles-mêmes fort peu engageantes, de l’insociabilité, d’où naît l’opposition que chacun doit nécessairement rencontrer à ses prétentions égoïstes, tous les talents resteraient cachés en germes pour l’éternité, dans une vie de bergers d’Arcadie, dans une concorde, un contentement et un amour mutuel parfaits ; les hommes, doux comme les agneaux qu’ils paissent, ne donneraient à leur existence une valeur guère plus grande que celle de leur bétail, ils ne rempliraient pas le vide de la création quant à sa finalité, comme nature raisonnable. Il faut donc remercier la nature pour leur incompatibilité d’humeur, pour leur vanité qui en fait des rivaux jaloux, pour leur désir insatiable de possession et même de domination ! Sans cela, toutes les excellentes dispositions naturelles qui sont en l’humanité sommeilleraient éternellement sans se développer. L’homme veut la concorde ; mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde.
Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 4e proposition
Semaine 6 : La vérité
La vérité dépend-elle de nous ?
Y a-t-il des vérités indiscutables ?