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Pourquoi s’intéresse-t-on aujourd’hui à l’antiquité gréco-romaine ?

Le premier chapitre de votre programme « L’héritage de la pensée gréco-romaine » interroge les raisons pour lesquelles on se sent les héritiers de cette pensée, époque, civilisation.

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Qu’est-ce qui la différencie des cultures précédentes ? ultérieures et contemporaines ? Que lui doit-on vraiment ? Que nous a-t-elle légué ? Quelle est notre dette (héritage) ?

On peut dès lors commencer par dire qu’elle se caractérise par une libération de l’esprit humain, un avènement de la rationalité. Pourquoi ?

Les cultures précédentes avaient par exemple déjà « inventé » les mathématiques (égyptiens, phéniciens, mésopotamiens…). Mais elles étaient essentiellement des recettes empiriques, utilitaires et non une science pure, une spéculation désintéressée. Auparavant elles étaient appliquées à des problèmes concrets (arpentage, construction d’un temple, pyramide…); avec les grecs, elles sont devenues théoriques, un savoir pur. (Cf. texte de Kant).

Les savoirs étaient de plus ésotériques, secrets et élitistes. L’antiquité grecque, en se libérant d’une explication mythologiques et religieuses, démocratise le savoir, le rend accessible à tous. Le savoir ne repose plus sur une inspiration divine, liée à un culte ou des pratiques religieuses, mais sur la raison (logos), faculté universelle.

On passe alors d’un dogmatisme élitiste en espace clôt à une pensée dialogique, argumentative, critique sur la scène de l’agora.

Les différents domaines peuvent alors échanger, se croiser et on observe une profonde mutation culturelle en politique, arts, sciences, philosophies, éthiques qui caractérise ce que l’on appelle, peut-être à tort, la « pensée gréco-romaine », le « miracle grec ». Il nous faudra examiner les caractéristiques de cette mutation et ses répercutions dans l’histoire, mais aussi remettre en cause l’unité et l’unicité de cette pensée ainsi que l’authenticité de cet héritage. Ces derniers points demanderont une analyse de l’histoire et de la manière dont elle est pratiquée.

Mais, en premier lieu, examinons en quoi l’antiquité grecque se démarque des époques antérieures.

Tout d’abord, une mise en garde ! Il ne faudrait pas tomber dans l’illusion d’une histoire chosifiée. Je m’explique. Vous savez que l’histoire désigne à la fois le cours des évènements, l’ensemble des faits passés mais aussi le récit de ces faits (la discipline) (comme l’atteste l’allemand). Les périodes (antiquité, Moyen-Age, Lumières, les siècles…) « n’existent » pas. Rien ne les délimite réellement (un peu comme la date de péremption sur ma boite de petit pois). Ces distinctions sont arbitraires, décidées par les historiens. On aurait pu très bien les séparer autrement.


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