Le mensonge n’est pas toujours condamnable- Valeur sociale

Peut-on imaginer une société dans laquelle personne ne mentirait, dans laquelle chacun parlerait librement et dirait en permanence le fond de sa pensée ? Kant imagine l’existence, sur quelque autre planète, d’êtres incapables de penser autrement que tout haut, de telle sorte que à moins qu’ils ne soient tous d’une pureté évangélique, ils ne puissent avoir l’un pour l’autre quelque estime et s’accorder entre eux.  De même, si vous prenez la ferme résolution, au matin, au réveil de dire la vérité à absolument tous ceux que vous croiserez, je gage que vous vous serez fâché avec la moitié de vos connaissances sinon toutes. De même Pascal dans ses Pensées, nous dit “Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le  monde”.

Pourquoi ? Qu’est-ce qui rend pour l’homme apparemment inéluctable l’usage du mensonge en société, avec autrui ?

C’est qu’il existe une violence de la vérité crue et nue. L’idéal est sans doute de ne pas se mettre en situation d’avoir à mentir, mais le savoir-vivre et la politesse nous conduisent parfois à opter pour le mensonge ou la dissimulation. Les formules de politesse se ramènent peut-être au mensonge doux et régulier. Ainsi, je souhaite le bonjour à tous mes collègues, même à ceux qui m’insupportent le plus. Pour garantir des relations cordiales entre ceux qui vivent ou travaillent ensemble, le mensonge courtois semble inévitable. Sa nécessité le rend légitime, d’autant plus qu’ici l’intention n’est pas de nuire mais de renforcer le lien social. 

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