Génèse de la parole chez l’humain et l’enfant

CF Podcastscience

vidéo de Leroy-Gourhan

L’évolution du larynx et son fonctionnement

une superbe émission sur les origines du langage

enfant = celui qui ne parle pas !!!!!

acquisition du langage par l’enfant

Existence chez l’enfant d’activités langagières et cognitives qui précèdent la production d’un langage articulé et conceptuel (au sens cartésien du terme). ces activités pré linguistiques (combinaison de symboles ou faculté d’attribuer à un autre une croyance que l’on ne possède pas) opposent le jeune enfant au singe supérieur incapable de ce type de performances décisives pour le développement ultérieur de l’intelligence. 

L’apparition de la faculté linguistique est un phénomène long, lié à l’évolution de la boite crânienne et aux techniques de fabrication d’outils de l’Homo habilis (plus de 2 millions d’années) jusqu’à l’Homo sapiens beaucoup plus récent : « outils pour la main et langage pour la face sont deux pôles d’un même dispositif » affirme Leroi-Gourhan.

L’humanité se caractérise par la fonction symbolique car le pouvoir de substitution à des réalités matérielles ou spirituelles. grâce à elle, l’individu parvient à se soustraire à des situations pour profiter d’êtres situations et accéder aussi au plan de la représentation et, de ce fait, il intègre l’apport culturel du groupe social auquel il appartient.

le premier stade de l’activité intellectuelle de l’enfant est concentré dans le geste qui lui permet d’imiter les objets de sa perception d’abord en leur présence, ensuite en leur absence. énorme progrès car l’imitation  retardée engrange la puissance d’évocation de l’individu; l’ouverture à la voie représentative s’est donc manifestée ainsi que la reproduction du monde objectif par les moyens propres. Le progrès décisif provient de ce que ces activités ne sont pas de simples doublets des choses; l’enfant, en jouant sur leur absence puis leur présnece,, opère sur le monde, un peu comme les suites ordonnées de rites de la pensée primitive ont pour fonction de modifier certains rapports de la réalité.

De surcroit, à la capacité d’évocation de l’image, s’ajoute peu à peu l’apport linguistique. l’enfant s’aperçoit que le mot n’est ni le simple signal, ni l’indice des choses, qu’il n’a quasiment aucune correspondance analogique avec l’objet. Parvenue à ce stade, la pensée s’est complètement intériorisée, elle est devenue totalement symbolique. ce qui auparavant appartenait au domaine individuel de l’image s’est généralisé, la pensée conceptuelle a pu naitre. Il y a donc à la fois différence et continuité entre l’image et le concept, par l’osmose des expériences individuelles et des expériences collectives transmises par les mots.

Enfin l’apparition de la pensée catégorielle résulte de l’aptitude de l’esprit qui a mûri à reconnaitre et établir des liens entre les choses. C’est par elle que je suis capable de porter des jugements. le jugement est l’acte de l’entendement par lequel celui-ci met en relation une réalité singulière avec un concept. Par exemple, quand je dis : « Socrate est laid. « , je juge en attribuant le concept de laideur à l’individu unique Socrate. Or c’est par les catégories que notre pensée juge. Si, par exemple, j’affirme : « le baromètre baisse, il va pleuvoir. », j’établis une relation de cause à effet, ainsi mon jugement renvoie à la catégorie de la causalité. or ce que montrent Wallon et Piaget, c’est que les catégories ont une histoire. Ainsi, la catégorie d’abstraction dont on repère une étape essentielle dans la catégorie primitive de l’occulte : ‘Matrice des catégories par l’intermédiaire desquelles l’homme s’est efforcé, pour agir sur l’univers de le penser, de le connaitre, en le tenant pour distinct des simples situations qui appartiennent à l’expérience immédiate et brute. »(De l’acte à la pensée. Wallon 1ère partie chapitre 3

On constate donc que les catégories ne sont jamais définitivement scellées. La pensée catégorielle est en devenir. C’est l’humanité qui a forgé les catégories pour penser le monde, et l’enfant répète ce geste.

correspondance humanité enfant génèse, généalogie.

Cependant il ala chance de réaliser en quelques années ce que l’humanité a mis des millénaires à accomplir, il en est l’héritier.

La pensée enfantine est loin de détenir la spontanéité que généralement on lui octroie. les expériences de l’enfant sont imprégnées de la mémoire collective. C’est pourquoi nos connaissances immédiates ne le sont que prétendument. … opinions (penser par soi-même p 45

Marqué par la pauvreté de ses moyens d’action, sinon de ses besoins, le nourrisson serait bien incapable de survivre sans l’aide d’autrui. l’enfant est alors un flux d’énergie ouvert sur l’autre et la satisfaction de ses besoins élémentaires dépende l’entourage en particulier de sa mère. Ses premiers réactions ont comme effet, d’abord non voulu, de mettre en branle les personnes de son entourage qui donnent sens à ses manifestations les plus physiologiques. Une sociabilité initiale greffe ainsi l’enfant sur autrui, à travers ce que Wallon appelle le langage de l’émotion : c’est par ce dernier que l’enfant se structure et il est bien antérieur aux interactions entre l’individu et les objets matériels dans lesquelles Piaget voit quant à lui un des ressorts principaux de la construction des structures logiques de l’intelligence. Par ce langage de l’émotion, l’enfant fait l’expérience à la fois d’une participation à l’autre dans laquelle ne peut être précisée aucune délimitation nette entre les individus qui communiquent et d’un dédoublement qui entraine peu à peu la formation simultanée d’un pole subjectif et du pole constitué par l’autre.

Par là s’exerce une double causalité, à la fois biologique et relationnelle : le corps et les attitudes tonico-posturales de l’enfant vont prendre forme à partir du dialogue corporel avec autrui, et constituer l’étoffe, le matériau dont seront faites les émotions. Le langage de l’émotion repose sur la maturation biologique du diencéphale (thalamus) et des corps striés, mais si l’enfant éprouve les mouvements de la douleur de la joie du chagrin de l’impatience de la gaieté.. et se plait à jouer de leurs variations ce n’st pas sous l’effet d’une maturation simple qui conduirait une fonction potentielle à son actualisation : la fonction ne prend sens qu’à partir de la situation qui l’appelle, le dialogue avec autrui. Aussi l’enfant sauvage Victor de l’Aveyron dont les capacités physiques sont pourtant particulièrement exercées, commence par ne pas communiquer avec les humains qui l’ont recueilli et n’accède à l’échange affectif que très lentement après avoir partagé avec eux des expériences qui peu à peu l’humanisent.

A la double causalité, à la fois biologique et sociale, qui semble présider aux processus de subjectivation, va cependant s’en ajouter une nouvelle, à partir du moment où le sujet prend conscience de soi comme différent des autres, une causalité proprement psychologique : l’individu finit par intérioriser les personnes avec lesquelles, avant même qu’il puisse se saisir comme distinct, il a été lié, et le dialogue moi-autrui peut désormais se dérouler pour une grande part à l’intérieur du sujet lui-même. Le problème du devenir-sujet de l’individu se formule alors d’une manière plus subtile : si le sujet prend une part de plus en plus active à sa propre différenciation et deveniez dans une certaine mesure cause de soi-même il le fait aussi en fonction des influences qu’il a subies de la part de « cet étranger essentiel qu’est l’autre » et qu’il a intégré comme pole constitutif de lui-meme.

L’homme en tant qu »homme ne prend figure que dans une collectivité humaine et ses besoins avant meme d’être naturels sont historiques : l’enfant n’accède meme à la marche debout et à la parole que parce qu’il est elevé par des humains eux memes marchant et parlant ; livré à ses seules potentialités naturelles, jamais ces fonctions ne prendraient sens pour lui, comme en témoignent les enfants sauvages. L’homme est génétiquement social pad que sa genèse reçoit son impulsion de la société, trouve hors de soi à l’extérieur de son propre corps organique « cette somme de forces de production de capitaux de formes de relations sociales que chaque individu et chaque génération trouvent comme des données existantes. » Marx L’idéologie allemande.

et qui sont le point de départ historique de son développement l’essence haine sociale dans s réalité toujours concrète.

Tout langage est d’abord reçu. le petit enfant le reçoit tout fait du milieu, comme il en reçoit sa nourriture. … Les mots sont là avant même l’émergence de la conscience personnelle, à laquelle ils proposent ou imposent des sens cristallisés.

avant la parole il y a toujours eu une langue, avant le langage sujet un langage-objet, réalité en soi, constituée par les autres et dont les autres imposent à l’enfant l’apprentissage. Le langage est ici un monde, ou plutôt il est le monde qu’il faut découvrir mot à mot en passant du babillage « griffonnage articulé » Delacroix à la parole articulée. …il parle de lui à la troisième personne avant d’accéder à la première.

avant de prendre la parole, il faut l’avoir reçue toute faite. …si je parle c’est moins pour moi que pour l’autre; je parle pour m’adresser à l’autre, pour me faire comprendre. La parole est ici comme le trait d’union.

le langage enfantin demeure largement égocentrique : babillage et jeux de mots passe temps articulatoires, se situent en dehors de l’utilité pratique et de la réalité sociale.

seulement après 7 ans, que communication l’emporte sur l’expression.

quand plus besoin de s’exprimer plus envie de vivre

p71 Rien n’est tout à fait vrai pour nous aussi longtemps que nous ne pouvons pas l’annoncer au monde comme à nous-m^mes. la publicité fait partie de nos joies et de nos peines, l’amoureux ne peut s’empêcher de clamer son bonheur, le converti sa foi, le malheureux sa désespérance. l’expression est la prise de conscience : la parole atteste de la distance prise: passer de la passivité du rongement intérieur à l’activité créatrice, l’expression a valeur d’exorcisme

développement du langage chez l’enfant :

http://www.ac-grenoble.fr/savoie/mat/group_de/theorie/dev_lang.htm

 

Piaget : sur le développement mental de l’enfant lié au langage

http://books.openedition.org/pup/754?lang=fr

http://www.fondationjeanpiaget.ch/fjp/site/textes/VE/JP_26_repres_monde_intro.pdf

l’enfant n’était pas considéré dans l’Antiquité comme un sujet de droit, au Moyen Age comme une petit homme (en miniature) et sa parole n’était pas prise en compte.

https://www.cairn.info/revue-recherches-familiales-2012-1-page-131.htm

 

les rapports humains s’appuient sur le langage, la parole ne fait pas que faciliter les rapports elle les constitue. 

3 réflexions au sujet de « Génèse de la parole chez l’humain et l’enfant »

  1. bonjour madame,c’est Pierre-Yves votre ancien élève de terminal 4C de l’année dernière.
    Merci pour votre site, je l’utilise encore !! ;)

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