Que signifie être un « sujet » pour l’homme ?

 

La philosophie se distingue des autres disciplines (les sciences notamment) en ce qu’elle considère l’homme comme un sujet et non comme un objet.

Cela signifie que l’homme, pour la philosophie, n’est pas un être comme les autres. Il n’est pas soumis au déterminisme. Ses faits et gestes, ses pensées, ne s’expliquent pas mais se comprennent. C’est la condition pour pouvoir le considérer comme un être libre et doué de moralité, un être d’histoire.

Un sujet est un être pensant, conscient, fondement de ses perceptions, représentations et origine de ses actions (sujet du verbe).

Le sujet est donc doué de conscience, faculté de se représenter quelque chose. Un être conscient n’est pas seulement dans le monde mais a aussi le monde en lui, il se le représente et a également accès à ses états mentaux, ses sentiments, ses perceptions. On appelle cette conscience réfléchie et c’est elle que l’étymologie souligne plus particulièrement (cum-scientia : accompagné de savoir). Autrement dit, le sujet pense et sait qu’il pense, agit et sait qu’il agit. Et cette faculté va faire de lui non seulement un spectateur mais un acteur qui laisse son empreinte sur le monde qui l’entoure.

La conscience, comme un miroir(cf. psyche âme) permet donc au sujet, de se dédoubler : il y a un moi qui juge et un moi jugé et un sujet face au monde-objet (de conscience).

Mais le sujet désigne aussi l’individu soumis au pouvoir politique (sujets du roi). De même, il observe le monde et lui-même d’un point de vue qui lui est propre, irremplaçable (personne ne peut se mettre à sa place).

Dès lors, deux problèmes se posent :

-D’une part, avoir la faculté de penser et d’agir ne suffit pas pour être et s’affirmer comme sujet ex: je peux n’être qu’un suiveur et ne pas penser par moi-même. L’esclave est comme un outil (une chose dans le droit romain) qui exécute des ordres sans en être le décideur. Ainsi le statut de sujet qui parait aller de soi, inné, donné à l’être humain pourrait en réalité  nécessiter une prise en charge, un effort, une volonté d’émancipation et d’affirmation de l’individu; (cf. texte de Kant, Hegel, Camus)

-D’autre part, la connaissance que le sujet se fait du monde risque d’être limitée à sa perspective (cf.peinture) et le condamner au solipsisme, à l’égocentrisme, à une vision subjective  et personnelle de soi et du monde.

Ce n’est finalement pas spontané de penser. Penser, c’est peser, vérifier, contrôler en faisant abstraction des préjugés, opinions, sentiments, valeurs…(cf. article qu’est ce que la philosophie « pièges à éviter »; texte Alain). Mais si penser suppose de ne pas être le perroquet de l’opinion ou le reflet des habitudes, ce n’est pas pour autant rejeter tout conseil, dialogue, confrontation avec la perception des autres sur la réalité et soi-même. En effet, leur point de vue nous permet de nous décentrer, de sortir du cercle fermé de la subjectivité. Enfin, partager un point de vue général permet de communiquer et de comprendre différemment un problème (psychologique,scientifique, politique, social…).

Nous allons maintenant nous intéresser plus particulièrement à ce que l’on peut savoir de soi. (Cf. Que puis-je savoir de moi ?)

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