Plan du cours : La technique

La technique : entre conquête et soumission

I conquête

La technique conserve, de sa parenté avec l’art, l’idée d’une manière de procéder pour parvenir à une fin = procédé de fabrication ou méthode de pensée pour améliorer les voies d’accès à une fin. Mais alors que l’art se définit par une fin esthétique désintéressée, la technique vise l’utilité qu’elle ne peut obtenir qu’au prix d’une économie de moyens et un maximum d’efficacité. Ainsi la réussite d’une technique se mesure au degré d’efficacité des moyens mis en oeuvre pour accroitre et faciliter la maitrise de l’homme sur la nature. Certes, on peut toujours prétendre qu’il n’y a pas de différence essentielle entre un feu de cheminée et un radiateur électrique; leur fonctionnement se rejoint mais si l’homme a fait le choix de s’affranchir des contraintes naturelles, il est indéniable que le second moyen sera plus efficace que le premier. Elle fournit des miens d’adaptation à un environnement parfois hostile. La technique se définit comme un savoir-faire dont le but est un comportement efficace face aux circonstances. Ce savoir-faire est associé au travail manuel.

Le mythe de Prométhée

L’interprétation de Platon de ce mythe considère que l’homme a compensé sa nudité originelle en se fabriquant par la culture les outils que la nature avait oublié (Epiméthée) de lui accorder. Ainsi les techniques humaines sont fondées sur cette conception selon laquelle l’homme est un animal le moins bien doté de tous les animaux. Dans le texte, Parties des animaux, Aristote réfute cette conception car il estime que l’homme est au contraire l’animal qui a été le mieux doté car il a un organe qui peut remplir la fonction de tous les autres : la main qui représente virtuellement tous les outils. Pourquoi la nature lui a-t-elle finalement donné cela ? Car selon Aristote, elle ne fait rien en vain (finalisme). Il est le seul capable grâce à son intelligence inventive et fabricatrice d’acquérir un grand nombre de techniques. « Ce n’est pas parce qu’il a des mains qu’il est intelligent, mais parce qu’il est intelligent qu’il a des mains ». C’est la fonction qui créé l’organe et non l’inverse (ce que critiquera Darwin). L’outil, objet conçu et fabriqué pour exécuter un travail, n’est pas seulement le prolongement de son corps mais la traduction de son intelligence.

Ainsi, d’une part, la technique est fille du besoin car il pousse, suscite l’invention. Les besoins traduisent des manques que la technique vient satisfaire. D’autre part, elle est mère de l’émancipation car grâce à elle il modifie, s’approprie son univers, développe ce qui est proprement humain (agriculture, division du travail, loisir, Etat…). L’extension des pouvoirs naturels se poursuit indéfiniment avec la multiplication des objets artificiels puis avec le développement des machines.

La machine se distingue des outils qui restaient associés aux forces musculaires humaines. Elles exécutent des tâches que l’homme ne pourrait accomplir sans elles ou pas si vite ni si précisément. Le propre de la machine dont le fonctionnement est autonome est d’exister par soi-même et donc de pouvoir se substituer presque entièrement à l’homme. Mais ce presque est capital car elles restent encore dépendantes d’un projet précis défini par un ingénieur (conception, fabrication, réparation). Et bien qu’elle progresse dans ces trois domaine, elle ne saurait atteindre l’autonomie d’un organisme vivant même rudimentaire (auto réparer, se reproduire…). Même si les robots s’adaptent de plus en plus à leur environnement, interagissent avec lui, ils demeurent encore dépendants d’un programmateur.

Dès les début de l’automatisme, l’homme (La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon) s’est pris à rêver d’un monde où le travail (trépalium) manuel au sens de labeur serait intégralement réalisé par les machines, où l’homme pourrait se libérer du temps, du loisir pour se réaliser, faire des choses proprement humaines (loisir vient du grec skole qui a donné école, étude = « travail intellectuel »). La technique est vite apparue comme un moyen pour l’homme de se libérer du travail, de faciliter son quotidien. (En est-il vraiment ainsi ?)

Le monde de la technique est marqué par deux images contradictoires :

une image de conquête qui présente l’homme en train de relever les défis que lui pose la nature : maladie, stérilité, climat, malnutrition, mort…

mais une image de soumission qui présente l’homme dominé par ses propres instruments de domination, obligé d’obéir à des systèmes techniciens qui finissent par apparaitre comme une nouvelle fatalité. La technique d’abord prolongement pourrait devenir substitut  de l’action humaine.

II soumission

Les paradoxes de la technique 

système, nouveaux phénomènes, renversement relation homme/ machine, utilité,

III de nouvelles responsabilités

Technique technologie et condition humaine

Homo Digitalis

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