ZHOU Enlai (1898-1976)

ZHOU Enlai

Né le 5 mars 1898 à Huaian (Province du Jiangsu, Chine)

Mort le 8 janvier 1976 à Beijing (Pékin, Chine)

Ministre des Affaires Etrangères (1949-58) et 1er Ministre de la République Populaire de Chine (1949-76)

Le principal homme politique et diplomate chinois de la 2° moitié du XX° siècle. Ila participé à la Révolution communiste en Chine en 1949, devenant le n°2 du régime de Mao . Diplomate écouté et respécté notamment auprès des pays du Tiers-Monde, il a donné à la Chine communiste une aura internationale, oeuvrant notamment pour sa reconnaissance à l’ONU, et a permis le rapprochement sino-américain des années 70. Il a joué un rôle important en encourageant la décolonisation, notamment lors de la Conférence de Genève sur l’Indochine et celle de Bandung.

 

Après des études au Japon puis en Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne), il rencontre en France des militants communistes (comme Deng Xiaoping, futur successeur de Mao) et Ho Chi Minh qui participe alors à la création du PCF. Après son retour en Chine, il rejoint le PCC (Parti Communiste Chinois) dès sa création par Mao. Il organise une grève à Shanghaï en 1927, durement réprimée par le gouvernement nationaliste puis prend en 1931 la tête de la République soviétique du Jiangxi, proclamée sur une base bolchévique comme embryon de régime communiste en Chine. Au cours de la Longue Marche organisée par Mao à travers la Chine, il devient un des chefs du PCC et participe activement à la résistance contre l’occupant chinois à partir de 1937 puis durant la 2° Guerre mondiale.

A la fin de celle-ci, il participe à la Révolution qui renverse le régime nationaliste de Tchang Kaï-Tchek et prend le pouvoir en 1949, instaurant un régime communiste en Chine. Il en devient à la fois le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères, véritable n°2 du régime. Dont il est considéré comme le contrepoids modéré aux excès totalitaire de Mao.

Diplomate habile et reconnu, il est la voix de la Chine à l’étranger et participe au rayonnement international de la Chine notamment dans le monde colonisé en cours d’émancipation. A ce titre, il participe en 1954 à la Conférence de Genève sur l’Indochine, soutenant Ho Chi Minh puis à la Conférence de Bandung sur la décolonisation (1955) où il donne à la Chine une audioence mondiale, tout en se démarquant des 2 blocs. Sa politique accentue dans les années 50 l’éloignement entre l’URSS et la Chine et lmui permet un rapprochement progressif avec les Etats-Unis, couronnés par la reconnaissance de la Chine en 1972 qui prend alors le poste dévolu au Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa mort, quelques mois avant celle de Mao a été reçue dans le monde entier comme la disparition d’un grand diplomate, ami du Tiers-Monde et notamment des pays non-alignés. Très aimé par le peuple, ses funérailles ont aussi été l’occasion de manifestations contre la « Bande des 4 » qui tenait d’écarter Deng Xiaoping, ami de Zhou auquel il avait délégué l’essentiel de ses pouvoirs. Finalement, celui-ci s’imposera à la tête de la Chine à, partir de 1979 et commencera la transition économique et l’ouverture de la Chine à partir des années 80.

Mao ZEDONG

Mao ZEDONG (ou TSE-TOUNG)

 

Né le 26 décembre 1893 à Shaoshan (province du Hunan, Chine)

Mort le 9 septembre 1976 à Beijing (Pékin, Chine)

 

Dirigeant de la République Populaire de Chine (1949-76)

 

Mao en 2 minutes et 10 dates-clés

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Confondateur du Parti communiste chinois à Shanghaï en 1921, il en prend la tête dans sa lutte contre le gouvernement nationaliste chinois du Guomindang. En 1934-35, il organise la Longue Marche vers le nord-ouest du pays, fuyant les armées gouvernementales de Tchang Kaï-Tchek et gagnant les paysans chinois à la cause révolutionnaire. Il dirige la résistance communiste contre les japonais à partir de 1937 et durant la 2° Guerre mondiale avant de continuer la lutte révolutionnaire contre le gouvernement de 1945 à 1949.

En 1949, les communistes prennent le pouvoir en Chine continentale, s’emparant de Beijing (Pékin) le 23 janvier, et de la capitale gouvernementale, Nanjing (Nankin), de Shanghaï et de Guangzhou (Canton), les principales villes du pays, en avril. Le 1er octobre 1949, il proclame la République Populaire de Chine, régime communiste, tandis que le gouvernement de Tchang Kaï-Tchek et ses dernières troupes se replient sur l’île de Formose où ils créent l’état de Taïwan.

Mao devient jusqu’à sa mort le dirigeant incontesté de la Chine, rompant avec l’URSS dès 1957 et engageant la Chine dans des réformes aux lourdes conséquences comme le Grand Bond en Avant (1958-60) ou la Révolution Culturelle (1966-69), engendrant un régime totalitaire et instituant un véritable culte de la personnalité. Les crimes de sa politique sont à l’origine de dizaines de millions de victimes, un des régimes les plus sanglants de l’Histoire avec celui de Staline. Il fut très populaire auprès des communistes européens hostiles à Staline, en particulier en France, en Albanie… dans les années 60 et 70 (le maoïsme) après la révolution culturelle où il utilisa les Gardes rouges et le « Petit livre rouge » qu’il avait écrit comme des armes redoutables.

Les années 70 l’amenèrent aussi à la Détente avec les Etats-Unis, notamment en recevant le président américain Nixon en Chine, ce qui lui permit d’obtenir le poste de la Chine à l’ONU conservé depuis 1949 par Taïwan. Il fit aussi de la Chine une grande puissance politique, leader du Tiers-Monde grâce à son ministre des affaires étrangères Zhou Enlaï et une grande puissance militaire en développant l’arme nucléaire (dès 1964), en écrasant l’Inde en 1962 et en s’opposant à l’URSS dans un conflit frontalier dans les années 70. Après sa mort en 1976, son successeur Deng Xiaoping ouvrit la Chine au monde, permettant le début du « réveil économique chinois ».

Kwame N’KRUMAH

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Kwame N’KRUMAH

Né le 21 septembre 1909 à Nkroful (Ghana)

Mort en exil le 27 avril 1972 à Bucarest (Roumanie)

Premier Ministre (1957-60) puis Président du Ghana (1960-66)

Pionnier du nationalisme africain et du panafricanisme, il joua un rôle déterminant dans l’émancipation de l’Afrique. Artisan de l’indépendance du Ghana en 1957, il a aussi participé activement à la conférence de Bandung et obtenu le soutien des pays d’Asie envers les colonies africaines (afro-asiatisme).

Après des études en Angleterre et aux Etats-Unis, il milite pour l’émancipation de l’Afrique et fait figure de pionnier du nationalisme panafricain en participant notamment en 1945 au Congrès Panafricain. Après son retour en Gold Coast en 1947, il fonde un nouveau parti indépendantiste, le CPP (Convention’s People Party), appelle au boycott et à la désobéissance civile, comme Gandhi en Inde, ce qui lui vaut d’être emprisonné.

En 1951, suite à sa victoire aux élections législatives, il est libéré et devient Premier Ministre, collaborant avec les autorités britanniques, développant l’éducation et la santé à partir des excédents commerciaux de l’exportation du cacao, une des principales richesses du pays. Un nouveau succès aux législatives de 1956 lui permet de forcer les britanniques à accorder l’indépendance de la Gold Coast, 2° colonie africaine noire à être décolonisée, le 6 mars 1957, un an après le Soudan. Il donne au pays symboliquement le nom de Ghana, en hommage au puissant empire du Ghana.

Il développe alors ses projets panafricains pour l’émancipation de l’Afrique et pour la création d’Etats-Unis d’Afrique. Il soutient son collègue, Ahmed Sékou Touré, président de la Guinée, qui refuse d’adhérer à l’Union Française et fait de la Guinée, la 1° colonie d’Afrique noire française indépendante. Ainsi, il réalise une union entre Ghana et Guinée en 1959, rejoint par le Mali de Modibo Keïta en 1960, qui restera purement symbolique. Il participe en 1963 à la rédaction de la charte de création de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) mais ses idées fédératrices ne sont pas retenues.

Sur le plan national, la phase libérale du début des années 60 et des erreurs économiques conduisent le pays à la crise. N’Krumah devient alors de plus en plus autoritaire et son régime se transforme en dictature. Après avoir adhéré au mouvement des non-alignés au début des années 60, il socialise progressivement l’économie et oriente le Ghana vers le bloc de l’est. Isolé politiquement à sur le plan national et international, il est renversé par un coup d’état en 1966 lors d’un voyage en Chine et finit sa vie en exil en Roumanie.

Conférence de Bandung (avril 1955)

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La Conférence de Bandung (ou Bandoeng) a eu lieu en 1955 en Indonésie à l’invitation du président indonésien, Ahmed Sukarno. Elle est un tournant dans l’histoire de la décolonisation et une date-clé des relations in
ternationales du XX° siècle, consacrant l’émergence du Tiers-Monde et des non-alignés. Dans ses accords finaux, elle encouragea la poursuite de la décolonisation, notamment en Afrique et insista sur la nécessaire solidarité des nations asiatiques et africaines (mouvement afro-asiatique). Pour en savoir plus et faire le point, lisez la suite :

Nehru (premier ministre indien) est l’instigateur de la conférence. Après l’indépendance de l’Inde en 1947, il a organisé une première conférence des relations asiatiques à Delhi réunissant 25 pays puis une seconde toujours à Delhi en 1949. Après l’indépendance de l’Indonésie en 1949, le rapprochement sino-indien de 1954 et l’indépendance de l’Indochine à l’issue de la Conférence de Genève en 1954, la nécessité d’une grande conférence internationale des pays décolonisés et de ceux qui étaient en cours d’émancipation, notamment en Afrique devenait nécessaire

L’Ethiopie et le Liberia ont été les 2 seuls états africains qui n’ont pas été colonisés. Après l’indépendance de l’Egypte avant la 2° Guerre mondiale puis de la Libye en 1951 et le développement du nationalisme au Maghreb, le début de la Guerre d’Algérie (1954) et l’émergence des mouvements nationalistes en Afrique noire (notamment au Ghana avec Kwame N’KRUMAH), les conditions étaient réunies.

Le contexte

En 1955, la Guerre de Corée s’est achevée depuis 2 ans, la Guerre d’Indochine depuis 1 an et la Guerre d’Algérie vient de débuter (novembre 1954). 2 ans après la mort de Staline, l’heure est à la « Coexistence Pacifique » dans les relations internationales sous Khrouchtchev en URSS et Eisenhower aux USA. D’autre part, les 2 blocs structurent alors leurs alliances militaires internationales. 1955 est l’année de la signature du Pacte de Varsovie, alliance militaire du bloc de l’Est, et du Pacte de Bagdad (alliance militaire pro-occidentale au Moyen-Orient) un an après la création de l’OTASE (Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, organisation pro-occidentale en Asie).

La Conférence

29 participants (23 pays asiatiques et 6 africains), tous indépendants et décolonisés à l’exception du Ghana et du Soudan. Ils ont en commun d’être indépendants, décolonisés depuis les 10 années précédentes pour la plupart d’entre eux, d’être pays du « sud », c’est-à-dire du Tiers-monde et d’être asiatiques ou africains. Les différences se marquent essentiellement par rapport à l’orientation de leurs politiques internationales et de leurs alliances dans le cadre de la guerre froide.

On peut repérer 3 tendances :

  • Le bloc de l’est (communiste) : Chine, nord-Viet Nam
  • Le bloc occidental : sud-Viet Nam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Philippines, Japon, Turquie, Irak, Iran, Pakistan, Liban, Ethiopie, Libye, Liberia
  • Les neutres ou incertains : Inde, Indonésie, Birmanie, Afghanistan, Egypte, Syrie, Jordanie, Arabie saoudite, Yémen, Soudan, Ghana

Les leaders de certains pays jouent un rôle-clé dans la conférence et apparaissent comme les leaders du Tiers-Monde. On peut citer :

Nehru et Zhou Enlai

  • Sukarno (Indonésie), hôte de la Conférence
  • Nehru (Inde), initiateur du mouvement
  • Nasser (Egypte) qui apparait comme le leader du monde arabe
  • Zhou Enlaï (Chine) : 1er ministre chinois qui apparait comme un modèle pour de nombreux pays d’Asie
  • N’Krumah (Ghana) qui apparaît comme le pionnier du nationalisme panafricain en Afrique noire

Les principes des accords de Bandung

  • La condamnation du colonialisme et l’encouragement à l’émancipation du monde
  • Le droit des peuples à disposer d’eux-même (principe des 14 points de Wilson en 1918)
  • Egale souveraineté de toutes les nationsZhou Enlaï, Sukarno et Nasser
  • Respect des Droits de l’Homme et de la Charte de l’ONU
  • Non-ingérence dans les affaires intérieures des états, notamment de la part des grandes puissances (anciennes métropoles coloniales, et 2 Grands : USA et URSS)
  • Désarmement, interdiction des armes nucléaires
  • Règlement pacifique des différends et Coexistence Pacifique des nations
  • Solidarité afro-asiatique de l’ensemble des nations : soutien et coopération politique, économique, culturelle…

Les divergences

La Coexistence Pacifique et l’objectif de créer une force neutre dans la Guerre froide se heurtent aux réalités des alliances de chacun. Certains pays comme l’Inde de Nehru, souhaitent que tous les états du Tiers-Monde soient neutres. Le Pakistan et d’autres soutiennent la liberté d’adhérer à des formes collectives de défense, notamment des organisations internationales.

La Conférence encourage la décolonisation en Afrique et lui a insufflé un élan. D’autre part, elle est aussi à l’origine du mouvement des non-alignés, créé par ceux qui souhaitent développer une 3° force neutre et indépendante des 2 blocs. Un an plus tard, à Brioni en Yougoslavie, se tient la 1° réunion des non-alignés à l’invitation de Tito (Yougoslavie) avec Nehru (Inde) et Nasser (Egypte).

Retrouvez ici le texte de la décalartion finale et les 10 points des accords de Bandung : Déclaration finale de Bandung

Fiche de révision : La décolonisation (tableau récapitulatif)

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Et voilà la fiche récapitulative sur la décolonisation (colonies, métropoles, leaders et mouvements nationalistes, dates d’indépendance, modes de décolonisation et conséquences) sous forme de tableau. Ca tient sur une page (bien serrée évidemment) :

Décolonisation (tableau récapitulatif)

Suite à vos remarques sur le format du fichier et pour certains sur l’impossibilité de le télécharger correctement, je l’ai reposté en format excel et normalement, cela devrait fonctionner. Si ce n’est pas le cas, merci de m’en faire part dans vos commentaires.

Chronologie de la décolonisation et de l’émergence du Tiers-Monde

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Une longue chrono détaillée pour un chapitre touffu sur la décolonisation de 1945 à nos jours car la décolonisation est-elle vraiment achevée ? :

 

1945

La fin de la Seconde Guerre Mondiale entraîne le réveil des nationalismes. Les 2 Grands (USA et URSS) et l’ONU (notamment dans sa charte de fondation) encouragent la décolonisation

Indépendance des mandats français du Proche-Orient (Syrie et Liban) et fondation de la Ligue Arabe

8 mai : Emeutes de Sétif en Algérie durement réprimées par l’armée française

17 août : Proclamation de l’indépendance de l’Indonésie par Sukarno ==> Guerre contre les Pays-Bas (1946-49)

2 septembre : Proclamation de l’indépendance de la République du Viet-Nam par Ho Chi Minh

1946

Echec des négociations entre la France et le Viet-Minh d’Ho Chi Minh

==> Début de la Guerre d’Indochine (1946-54). Voir : Chronologie de la Guerre d’Indochine

1947

Insurrection nationaliste à Madagascar durement réprimée par l’armée française

Plan de partage de l’ONU pour le mandat britannique en Palestine qui prévoit la création de 2 Etats

15 août : Indépendance de l’Empire britannique des Indes et partition dans la violence

==> Création de 2 Etats (Union Indienne et Pakistan) et 1° guerre indo-pakistanaise (notamment pour le Cachemire)

1948

Fin du mandat britannique en Palestine ==> Indépendance proclamée unilatéralement d’Israël et 1° guerre israëlo-arabe

1949

Indépendance officielle de l’Indonésie

1952

Début de la Guerre des Mau-Mau au Kenya contre l’armée britannique (1952-56). Indépendance en 1963

Arrestation et déportation d’Habib Bourguiba, chef du parti nationaliste tunisien (Néo-Destour)

==> Violences, attentats terroristes et contre-attentats en Tunisie (1952-54)

1953

Renversement et arrestation du sultan du Maroc Mohammed V, accusé de soutenir les nationalistes de l’Istiqlal

==> Recrudescence de la violence au Maroc, vague d’attentats terroristes et contre-terroristes (1954-55)

1954

Défaite française contre le Viet-Minh à Dien Bien Phu, conférence de la paix à Genève

==> Indépendance de l’Indochine (Viet-Nam, Cambodge, Laos) et partition du Viet-Nam en 2 (Viet-Nam du nord : communiste ; Viet-Nam du sud soutenu par les USA)

Discours de Carthage de Pierre Mendès-France en Tunisie qui accorde une large autonomie

1er novembre : « Toussaint sanglante », attentats et attaques du FLN en Algérie

==> Début de la Guerre d’Algérie (1954-62). Voir aussi Chronologie de la Guerre d’Algérie

1955

Conférence de Bandung (Indonésie) rassemblant 29 pays du Tiers-Monde afroasiatique. Emergence du Tiers-Monde et des non-alignés, encouragement à la décolonisation en Afrique (mouvement afro-asiatique)

Retour au Maroc de Mohammed V, rappelé au pouvoir par la France

1956

Loi-cadre de Gaston Deferre sur le statut des DOM-TOM. Préparation de la décolonisation de l’Afrique noire

Indépendance du Maroc et de la Tunisie

Pleins pouvoirs donnés à l’armée en Algérie par le président du conseil français, Guy Mollet

1° réunion des non-alignés à Brioni (Yougoslavie) à l’invitation de Tito avec Nehru (Inde) et Nasser (Egypte)

25 juillet : Discours d’Alexandrie du Colonel Nasser, président égyptien. Nationalisation du Canal de Suez

==> Crise de Suez (août-novembre 1956). Intervention israëlo-franco-britannique contre l’Egypte. Voir aussi Chronologie de la Crise de Suez

1957

Indépendance du Ghana (Gold Coast britannique) avec N’Krumah, pionnier du nationalisme en Afrique noire

Bataille d’Alger menée par le Général Massu et le Colonel Bigeard contre les attentats du FLN

1958

13 mai : Prise du Gouvernement général à Alger, le Général Salan prend la tête d’un Comité de salut public

==> Crise politique de la IV° République en France, retour au pouvoir du général de Gaulle puis V° République

==> Le FLN refuse la « Paix des Braves » et crée le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne)

Union Française constituée des colonies d’Afrique noire. Refus de la Guinée ==> Indépendance

1960

Indépendance des colonies d’Afrique noire de l’Union française (Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger, Bénin, Togo, Cote d’Ivoire, Tchad, Centrafrique, Congo, Cameroun, Gabon, Madagascar)

30 juin : Indépendance du Congo belge et discours du Premier Ministre Patrice Lumumba à Kinshasa.

Juillet-août 1960 : Crise politique et début de la guerre civile au Congo belge avec la sécession du Katanga et la rupture entre le président Kazavubu et le Premier Ministre Lumumba. Le Colonel Mobutu s’impose comme dictateur de 1965 à 1997 après avoir réprimé la sécession du Katanga et la révolution communiste menée par Che Guevara.

1961

17 janvier : Assassinat de Lumumba à Elizabethville (Katanga)

Référendum en France favorable à l’autodétermination des algériens

Putsch des généraux à Alger réprimé par le Général De Gaulle è Création de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) par Salan. Vague d’attentats de l’OAS.

1962

18 mars : Accords d’Evian pour la paix en Algérie

1er juillet : Indépendance de l’Algérie è Exil des pieds-noirs, massacres contre les européens et les harkis en Algérie
1969

Le Colonel Muammar Kadhafi prend le pouvoir en Libye. A la mort de Nasser (1970), il s’impose comme un des leaders du panarabisme (avec Saddam Hussein en Irak et Hafez el-Assad en Syrie). Dictature panarabe et socialiste puis favorable à l’islamisme et soutien du terrorisme international et depuis peu panafricain et fréquentable !

1970

Proclamation de l’indépendance de la Rodhésie du sud (Zimbabwe, colonie britannique)

==> 1° guerre d’indépendance du Zimbabwe (1972-80)

1971

Indépendance du Pakistan oriental (Bangladesh), guerre indo-pakistanaise

Idi Amin Dada prend le pouvoir en Ouganda ==> Sanglante dictature du « Dernier Roi d’Ecosse » (1971-79)

1973

Dernière conférence des non-alignés à Alger. Fin du mouvement

1975

Indépendance de 3 des 4 îles des Comores françaises. Mayotte qui a voté à 99 % contre reste française.

Fin du protectorat espagnol au Rio de Oro (Sahara occidental), Marche verte et intervention armée marocaine contre le Front Polisario (mouvement indépendantiste sahraouï==> Début du « problème du Sahara occidental »

Indépendances des colonies portugaises d’Angola et du Mozambique après 10 ans de lutte contre les guérillas marxistes ==> Exil des colons portugais, guerres civiles pour le pouvoir dans les 2 nouveaux états

Le Colonel Mengitsu fait assassiner l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié, renversé en 1974 et prend le pouvoir ==> Début d’une sanglante dictature marxiste alliée à l’URSS connue sous le nom de « Terreur rouge » jusqu’en 1991.

1977

Le capitaine Jean-Bedel Bokassa se proclame « Empereur de Centrafrique » et se fait couronner en grande pompe.

1980

Indépendance du Zimbabwe. Apartheid mis en place par la minorité blanche contre la majorité noire (comme en Afrique du sud) ==> 2° guerre d’indépendance du Zimbabwe (1983-89) entre le gouvernement blanc de Ian Smith et la ZANU-PF de Robert Mugabe qui s’impose en 1987 comme dictateur.

1990

Fin de l’apartheid en Afrique du sud, transition démocratique avec l’ANC menée par le président Frederik De Klerk et le leader de l’ANC (emprisonné pendant 28 ans) Nelson Mandela qui devient le 1er président noir du pays. ==> Indépendance de la Namibie (occupée depuis 1918 par l’Afrique du sud)
1998

L’île comorienne d’Anjouan demande son rattachement à la France. C’est le seul exemple de colonie ayant depuis son indépendance demandée à être rattachée à son ancienne métropole

2001

Le Timor-oriental (ex-colonie portugaise indépendante en 1975), occupé depuis 25 ans par l’Indonésie est évacué par les troupes indonésiennes. C’est le dernier état « décolonisé ».

Patrice LUMUMBA (1925-61)

Bac

Patrice Emery LUMUMBA

né le 2 juillet 1925 à Onalua (République Démocratique du Congo)

assassiné le 17 janvier 1961 au Katanga (RDC)

Premier Ministre du Congo (juin-septembre 1960)

Leader nationaliste militant pour l’indépendance du Congo belge, colonie de triste mémoire où les belges s’y rendirent coupables des pires crimes, notamment à l’époque du Roi Léopold II (1875-1908), il obtient une indépendance négociée et rapide en 1960 et en deivient le premier ministre. Hélas, les intérêts économiques, les ambitions politiques du Président Kazavubu, la sécession du Katanga, la guerre civile attisée par les grandes puissances qui se méfient d’un homme jugé sympayhisant du bloc de l’est auront raison de lui,de la démocratie et de la paix au Congo. Son ignoble assassinant a de quoi faire réfléchir sur la décolonisation. La suite de la biographie avec des documents sur lesquels les élèves de Terminale ES ont à travailler pour la rentrée :

Autodidacte, il travaille comme employé d’une société minière au sud-Kivu puis comme journaliste avant de s’engager en politique. Militant anticolonialiste, il fonde en 1958 le MNC (Mouvement National Congolais) et lutte pour l’indépendance, ce qui lui vaut d’être arrêté puis libéré peu avant l’indépendance accordée par la Belgique à sa colonie le 30 juin 1960. Ce jour-là, il prononce un discours virulent contre les crimes coloniaux commis par la Belgique et devient alors le 1° Premier Ministre du Congo indépendant.

Lumumba, qui veut tourner la page du colonialisme, décrète l’africanisation de l’armée. Cependant, les cadres de l’armée restent belges, le temps de former des officiers noirs. Cela conduit à des violences commises par les noirs contre les belges militaires et civils. Le gouvernement belge du Roi Baudouin Ier réplique en envoyant des troupes pour protéger ses ressortissants et soutenir la rébellion de la province minière du Katanga au sud du pays où Moïse Tschombé s’est proclamé dirigeant avec le soutien politique, économique (les compagnies belges continuent d’y exploiter les minerais) et militaires (les gendarmes et officiers de l’armée katangaise sont des mercenaires belges).

A k’été 1960, la crise politique congolaise prend une autre ampleur. Face au centralisme de Lumumba, d’autres provinces coimme le sud-Kasaï font sécession. L’ONU sous la pression des Etats-Unis annule l’envoi de casques bleus promis à Lumumba pour rétablir la paix. Le conflit congolais devient un conflit de guerre froide puisque face à l’hostilité des grandes puissances occidentales (USA, Belgique, France, ONU), il doit se tourner vers l’URSS. Ainsi, le président Kasavubu, sous la pression internationale et à l’initiative du gouvernement blege, décide de rompre avec Lumumba et de le limoger. Lumumba en appelle au peule qui le soutient et au Parlement qui vote le renversement de Kasavubu.

La crise provoque l’émergence d’un officier de l’armée congolaise, soutenu par la France qui a des intérês dans la région, le Colonel Joseph-Désiré Mobutu qui rétablit l’ordre et prend le pouvoir. Dès décembre, Lumumba, menacé et en résidence surveillée tente de gagner Stanleyville, son fief où il a de nombreux partisans. Arrêté, il est livré par Mobutu aux autorités katangaises de Tschombé et transféré par avion à Elisabethville, capitale du Katanga. Torturé et humilié avec ses compagnons, il est alors assassiné par des « Tigres katangais » commandés par des officiers mercenaires belges. L’implication du gouvernement belge dans son assassinat a été reconnue en 2002. L’implication des Etats-Unis qui craignaient de voir le Congo et ses richesses basculer dans le bloc de l’est, semble aussi évidente. Sa mort fut très regrettée par le peuple congolais et par l’ensemble des pays non-alignés dont il était un leader. Mobutu, quant à lui, devint président à vie à partir de 1965 jusqu’à son renversement en 1997. Depuis, et sous la férule des Kabila père et fils, le Congo est toujours en guerre civile.

Documents :

Le rapport d’enquête parlementaire belge sur l’assassinat de Lumumba

Exceptionnel documentaire de France O sur l’assassinat de Lumumba. La qualité de l’enquête fait lmargement oublier la mauvaise qualité de l’image et du son. Passionnant. Parmi les images d’archives, celles du discouirs du 30 juin 1960 et de la crise de l’été 1960. D’exceptionnels témoignages des bourreaux belges de Lumumba.

Tout aussi intéressant, un documentaire (Histoire) de l’incontournable historien politique Alexandre Adler sue la décolonisation surprise du Congo belge en 1960, Lumumba et sa « révolution congolaise ».

Dernière lettre de Lumumba à sa femme Pauline (novembre 1960) :

« Ma compagne chérie, je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute
notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie
honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des NationsUnies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.
Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte.
C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir.
Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.
Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être
je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il
attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans
indépendance il n’y a pas d’hommes libres. Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi
inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité.
Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.
Vive le Congo ! Vive l’Afrique ! « 

Le discours de Lumumba le jour de l’indépendance du Congo (30 juin 1960) qui lui valut la haine de la Belgique et des Etats-Unis :

« Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux, je vous salue au nom du gouvernement congolais. A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés,je vous demande de faire de ce 30 juin 1960, une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos coeurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceuxci, à leur tour, fassent connaître à leurs enfants l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, nos souffrances, ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin a l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonial, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire; Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim; ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir parce que nous étions des nègres.

Qui oubliera qu’à un Noir on disait « tu », non certes comme un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu que nos terres fussent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses, exiles dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu’il y avait des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes, ni dans les magasins dits européens, qu’un Noir voyageait a même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe. Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation.

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini.

La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes soeurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur.

Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants.

Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles. Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des Droits de l’homme. Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des coeurs et de bonnes volontés. Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit.

Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis. Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo notre chère république que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous législateur et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces

Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger. Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République. Si par contre, leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays.

L’indépendance du Congo marque un pas vers la libération de tout le continent africain. Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de ma race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays. J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, de se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique. Hommage aux combattants de la liberté nationale!

Vive le Congo indépendant et souverain! »