Vincent Auriol : Biographie

Vincent AURIOL

(né à Revel, Haute-Garonne, le 27 août 1884 – mort à Paris, le 1er janvier 1966)

Député et ministre socialiste, Président de l’Assemblée nationale Constituante (1946) puis de l’Assemblée Nationale (1946-47)

1er Président de la IV° République (1947-54)

Portrait officiel du 1er Président de la IV° République

Fils de boulanger du sud-ouest, il suit des études de Droit à l’Université de Toulouse et devient avocat. Inspiré par Jean Jaurès qui fut son professeur et est un ami de son père, il devient socialiste et milite à la SFIO. Parallèlement, il fonde un journal socialiste « le Midi socialiste » pour concurrencer la Dépêche du midi, journal radical.

Il s’engage en politique et est élu député de Haute-Garonne de 1914 à 1947 sans interruption (à l’exception de la Seconde guerre mondiale) ainsi que maire de Muret. Durant le Front populaire de Léon Blum, en tant que spécialiste reconnu des questions financières, il devient Ministre des Finances (1936-37) puis Garde des Sceaux (1937-38). En 1940, il l’est un des rares 80 députés à voter contre les pleins pouvoirs du Maréchal Pétain, ce qui lui vaut d’être arrêté (comme Léon Blum) et emprisonné jusqu’en 1941 puis placé en résidence surveillée. Dès 1943, il parvient à rejoindre le Général de Gaulle à Londres et devient son intermédiaire avec la SFIO.

Réélu député et président du Conseil de Haute-Garonne à la Libération, il devient ministre d’Etat puis préside l’Assemble nationale constituante et l’Assemblée nationale, devenant ainsi le chef de facto de l’Etat après la démission du Général de Gaulle. En 1947, il est élu comme 1er Président de la IV° République et 1er chef d’état socialiste de la France. Malgré la Constitution qui limite ses pouvoirs, il ne veut pas se contenter d’un rôle de potiche et influence grandement le gouvernement, exerçant son pouvoir de nomination du président du Conseil. Avec son épouse et son fils, il réhabilite l’Elysée (inoccupé depuis 1940) mais ne se représente pas à l’expiration de son mandat en 1954, épuisé par les crises politiques.

Lors de la crise de Mai 1958, il soutient le Général de Gaulle mais en tant que membre du Conseil constitutionnel, il désapprouve la pratique autoritaire de celui-ci et se met en retrait de la vie politique tout en soutenant la candidature de François Mitterrand en 1965.

Sa belle-fille, Pauline Auriol, fut une pionnière de l’aviation en France comme première pilote d’essai.

L’élection de Vincent Auriol en 19457 (archives INA)

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Podcast d’une biographie de Franck Ferrand sur Vincent Auriol

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La Chine et le monde depuis 1949 en video

Introduction :

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Partie 1 : Les débuts de la Chine communiste : Image de prévisualisation YouTube

Partie 2 : Le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle : Image de prévisualisation YouTube

Partie 3 : Géopolitique de la Chine dans la Guerre froide : Image de prévisualisation YouTube

Partie 4 : L’ouverture de la Chine avec Deng Xiaoping : Image de prévisualisation YouTube

Partie 5 : La puissance chinoise aujourd’hui : Image de prévisualisation YouTube

Partie 6 : Géopolitique de la Chine au XXI° siècle : Image de prévisualisation YouTube

Deng Xiaoping

Deng Xiaoping

né le 22 août 1904 à Guang’an (Province du Sichuan, Chine)

mort le 9 février 1997 à Beijing (Pékin, Chine)

« Le petit timonier » ou « Le petit géant »

Dirigeant de la RPC de 1978 à 1992

Le successeur de Mao qui a ouvert la Chine au monde et libéralisé le régime en menant des réformes économiques libérales à l’origine de l’émergence économique de la Chine dans les années 80 et 90.

Documentaire biographique : Image de prévisualisation YouTube

Les réformes de Deng : Image de prévisualisation YouTube

Fils d’un propriétaire terrien du Sichuan, il est orphelin de mère très tôt. Son père et son oncle l’envoient étudier en France en 1919 après avoir appris le français. Il y cotoie Zhou EnLai avec qui il partage un appartement à Paris, travaille comme ouvrier dans de nombreuses usines (dont Schneider au Creusot, Renault à Boulogne-Billancourt…) et fréquente de jeunes étudiants communistes. Il rejoint le PCC fondé par Zhou EnLai en 1923.

Après un an passé en URSS, il revient en Chine et s’engage dans l’armée. Il rejoint les communistes et participe à la Longue Marche. Après avoir combattu les Japonais puis le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-Tchek, il devient un des dirigeants de la nouvelle République Populaire de Chine proclamée par Mao après la victoire des Communistes en 1949.

Fidèle de Mao, il poursuit son ascension politique et devient Secrétaire général du PCC en 1956. Cependant, l’échec du Grand Bond en Avant le conduit avec le  Liu Shaoqi à prendre ses distances et promouvoir une autre politique économique. tandis que Liu Shaoqi devient Président, Deng met en place des réformes économiques que Mao désapprouve, ce qui déclenche la Révolution culturelle. Visé par les attaques des « Gardes rouges », il est accusé de capitalisme et de trahison contre-révolutionnaire. Arrêté en 1968, il est démis de toute ses fonctions, humilié publiquement et envoyé avec sa femme en travail dans une province rurale.

Le tournant de 1972 où, après la mort de son successeur, Mao tempère sa politique, lui permet d’être réintégré dans le parti après avoir adressé à Mao une lettre d’excuses pour ses actions contre-révolutionnaires. Il se rapproche alors de Zhou Enlai qui a lui aussi pris ses distances avec le maoïsme et qui lui délègue progressivement ses pouvoirs. A sa mort, suivi quelques mois plus tard de celle de Mao, Deng fait figure d’héritier des réformateurs et des modérés du PCC contre la Bande des 4 qui prétendent rester fidèles à l’héritage de Mao. Ecarté en 1976, il lutte pour le pouvoir où il s’impose en 1978.

Il lance alors la vaste transformation de la Chine, les grandes réformes économiques qui permettent d’ouvrir la Chine au capitalisme et au monde, notamment avec la création des ZES. il poursuit cette libéralisation dans les années 80 mais réprime durement les manifestations du « Printemps de Pékin » qui réclament des réformes politiques, notamment sur la Place Tian An Men en 1989 lorsque le communisme s’effondre dans le monde.

Il démissionne officiellement en 1992 mais reste le grand inspirateur des réformes économiques qui se poursuivent avec le successeur libéral qu’il a désigné : Jiang Zemin.

ZHOU Enlai (1898-1976)

ZHOU Enlai

Né le 5 mars 1898 à Huaian (Province du Jiangsu, Chine)

Mort le 8 janvier 1976 à Beijing (Pékin, Chine)

Ministre des Affaires Etrangères (1949-58) et 1er Ministre de la République Populaire de Chine (1949-76)

Le principal homme politique et diplomate chinois de la 2° moitié du XX° siècle. Ila participé à la Révolution communiste en Chine en 1949, devenant le n°2 du régime de Mao . Diplomate écouté et respécté notamment auprès des pays du Tiers-Monde, il a donné à la Chine communiste une aura internationale, oeuvrant notamment pour sa reconnaissance à l’ONU, et a permis le rapprochement sino-américain des années 70. Il a joué un rôle important en encourageant la décolonisation, notamment lors de la Conférence de Genève sur l’Indochine et celle de Bandung.

 

Après des études au Japon puis en Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne), il rencontre en France des militants communistes (comme Deng Xiaoping, futur successeur de Mao) et Ho Chi Minh qui participe alors à la création du PCF. Après son retour en Chine, il rejoint le PCC (Parti Communiste Chinois) dès sa création par Mao. Il organise une grève à Shanghaï en 1927, durement réprimée par le gouvernement nationaliste puis prend en 1931 la tête de la République soviétique du Jiangxi, proclamée sur une base bolchévique comme embryon de régime communiste en Chine. Au cours de la Longue Marche organisée par Mao à travers la Chine, il devient un des chefs du PCC et participe activement à la résistance contre l’occupant chinois à partir de 1937 puis durant la 2° Guerre mondiale.

A la fin de celle-ci, il participe à la Révolution qui renverse le régime nationaliste de Tchang Kaï-Tchek et prend le pouvoir en 1949, instaurant un régime communiste en Chine. Il en devient à la fois le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères, véritable n°2 du régime. Dont il est considéré comme le contrepoids modéré aux excès totalitaire de Mao.

Diplomate habile et reconnu, il est la voix de la Chine à l’étranger et participe au rayonnement international de la Chine notamment dans le monde colonisé en cours d’émancipation. A ce titre, il participe en 1954 à la Conférence de Genève sur l’Indochine, soutenant Ho Chi Minh puis à la Conférence de Bandung sur la décolonisation (1955) où il donne à la Chine une audioence mondiale, tout en se démarquant des 2 blocs. Sa politique accentue dans les années 50 l’éloignement entre l’URSS et la Chine et lmui permet un rapprochement progressif avec les Etats-Unis, couronnés par la reconnaissance de la Chine en 1972 qui prend alors le poste dévolu au Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa mort, quelques mois avant celle de Mao a été reçue dans le monde entier comme la disparition d’un grand diplomate, ami du Tiers-Monde et notamment des pays non-alignés. Très aimé par le peuple, ses funérailles ont aussi été l’occasion de manifestations contre la « Bande des 4 » qui tenait d’écarter Deng Xiaoping, ami de Zhou auquel il avait délégué l’essentiel de ses pouvoirs. Finalement, celui-ci s’imposera à la tête de la Chine à, partir de 1979 et commencera la transition économique et l’ouverture de la Chine à partir des années 80.

Mao ZEDONG

Mao ZEDONG (ou TSE-TOUNG)

 

Né le 26 décembre 1893 à Shaoshan (province du Hunan, Chine)

Mort le 9 septembre 1976 à Beijing (Pékin, Chine)

 

Dirigeant de la République Populaire de Chine (1949-76)

 

Mao en 2 minutes et 10 dates-clés

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Confondateur du Parti communiste chinois à Shanghaï en 1921, il en prend la tête dans sa lutte contre le gouvernement nationaliste chinois du Guomindang. En 1934-35, il organise la Longue Marche vers le nord-ouest du pays, fuyant les armées gouvernementales de Tchang Kaï-Tchek et gagnant les paysans chinois à la cause révolutionnaire. Il dirige la résistance communiste contre les japonais à partir de 1937 et durant la 2° Guerre mondiale avant de continuer la lutte révolutionnaire contre le gouvernement de 1945 à 1949.

En 1949, les communistes prennent le pouvoir en Chine continentale, s’emparant de Beijing (Pékin) le 23 janvier, et de la capitale gouvernementale, Nanjing (Nankin), de Shanghaï et de Guangzhou (Canton), les principales villes du pays, en avril. Le 1er octobre 1949, il proclame la République Populaire de Chine, régime communiste, tandis que le gouvernement de Tchang Kaï-Tchek et ses dernières troupes se replient sur l’île de Formose où ils créent l’état de Taïwan.

Mao devient jusqu’à sa mort le dirigeant incontesté de la Chine, rompant avec l’URSS dès 1957 et engageant la Chine dans des réformes aux lourdes conséquences comme le Grand Bond en Avant (1958-60) ou la Révolution Culturelle (1966-69), engendrant un régime totalitaire et instituant un véritable culte de la personnalité. Les crimes de sa politique sont à l’origine de dizaines de millions de victimes, un des régimes les plus sanglants de l’Histoire avec celui de Staline. Il fut très populaire auprès des communistes européens hostiles à Staline, en particulier en France, en Albanie… dans les années 60 et 70 (le maoïsme) après la révolution culturelle où il utilisa les Gardes rouges et le « Petit livre rouge » qu’il avait écrit comme des armes redoutables.

Les années 70 l’amenèrent aussi à la Détente avec les Etats-Unis, notamment en recevant le président américain Nixon en Chine, ce qui lui permit d’obtenir le poste de la Chine à l’ONU conservé depuis 1949 par Taïwan. Il fit aussi de la Chine une grande puissance politique, leader du Tiers-Monde grâce à son ministre des affaires étrangères Zhou Enlaï et une grande puissance militaire en développant l’arme nucléaire (dès 1964), en écrasant l’Inde en 1962 et en s’opposant à l’URSS dans un conflit frontalier dans les années 70. Après sa mort en 1976, son successeur Deng Xiaoping ouvrit la Chine au monde, permettant le début du « réveil économique chinois ».

Terminales générales : Les Etats-Unis et le monde depuis 1918 en video

Partie 1 : La première guerre mondiale : Image de prévisualisation YouTube

Partie 2 : L’entre-deux-guerres : Image de prévisualisation YouTube

Partie 3 : La 2° guerre mondiale : Image de prévisualisation YouTube

Partie 4 : Les débuts de la Guerre froide et la Coexistence pacifique : Image de prévisualisation YouTube

Partie 5 : La Détente : Image de prévisualisation YouTube

Partie 6 : La fin de la Guerre froide : Image de prévisualisation YouTube

Partie 7 : L’hyperpuissance américaine : Image de prévisualisation YouTube

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Partie 8 : Le 11 septembre 2001 et ses conséquences : Image de prévisualisation YouTube

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Partie 9 : La puissance américaine aujourd’hui, conclusion : Image de prévisualisation YouTube

Général Charles DE GAULLE : fiche biographique et documents

Général Charles de Gaulle

 

(né à Lille le 22 novembre 1890

Mort à Colombey-les-deux-églises, le 9 novembre 1970)

Chef de la France Libre puis Combattante (1940-42), Président du CFLN (1943-44) puis du GPRF (1944-46),

dernier Président du Conseil de la IV° République (1958)

1er Président de la V° République (1958-69)

Nul autre personnage politique n’aura plus marqué que lui l’histoire contemporaine de la France. Il fut aussi un acteur incontournable de l’Histoire du XX° siècle. « L’Homme du 18 juin » et de la France Libre qui combattit toute la Seconde Guerre Mondiale pour incarner « une certaine idée de la France » fut aussi le « père » de la V° République et il dirigea la France de 1958 à 1969.

 

Issu d’une famille bourgeoise catholique monarchiste, il est influencé par les auteurs nationalistes et monarchistes comme Maurras ou Barrès. Elève à Saint-Cyr, il est capitaine durant la 1° Guerre mondiale où il est fait prisonnier à Verdun en 1916 et passe 2 ans et demi en captivité en Allemagne.

Durant l’entre-deux-guerres, il développe ses théories militaires dans ses 4 livres sur la guerre de mouvement et l’emploi des blindés dans des unités autonomes qui sont en contradiction avec la stratégie défensive adoptée par l’Etat-major et illustré par la ligne Maginot. Cela provoque sa brouille avec son mentor, le Maréchal Pétain.

Promu Colonel, il dirige une unité de chars à Metz avant de participer aux combats de mai 1940 et d’être promu général de brigade (à titre provisoire). Il s’y distingue notamment par la contre-offensive de Montcornet mais ne dispose pas assez de chars pour valider son avantage. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud, Président du Conseil, le nomme secrétaire d’état à la Défense nationale dans son nouveau gouvernement. De Gaulle est alors chargé de coordonner les actions militaires avec les anglais. C’est notamment lui qui dicte le 16 juin la proposition d’union du Royaume-Uni et de la France proposée par Churchill mais refusé par le gouvernement français. A son retour à Bordeaux (où s’est réfugié le gouvernement), il apprend la démission de Paul Reynaud, la nomination du Maréchal Pétain comme Président du Conseil et la décision d’armistice annoncée à 12h le 17 juin par ce dernier. Il part alors pour Londres et y lance son célèbre appel à la poursuite du combat sur les ondes de la BBC.

L’appel du 18 juin en audio (version enregistrée le 22)

La version texte de l’Appel du 18 juin

Soutenu par Churchill et malgré de nombreuses tensions avec Churchill et Roosevelt, il parvient à se faire reconnaître comme le chef de la France libre. Ne voulant pas seulement recréer une armée française, il crée les bases d’un véritable contre-Etat contre le gouvernement de Pétain à Vichy, qu’il ne reconnaît pas. La création des FFL (Forces Françaises Libres) qui participent dès 1941 aux combats en Afrique et au Levant, grâce aussi au ralliement de nombreuses colonies d’Afrique, la France Libre de De Gaulle devient la France combattante.

En 1942, il rassemble la Résistance qui se rallie à lui, non sans hésitations. L’action intérieure de Jean Moulin et du CNR (Comté National de la Résistance) y contribuent beaucoup. Après le débarquement anglo-américain en Afrique du nord, il crée le CFLN (Comité Français de Libération Nationale) et doit accepter à ses côtés le Général Giraud, ancien vichyste, que lui imposent les américains, méfiants vis-à-vis du Général jusqu’à la fin de la guerre.

Dès 1943 toutefois, il s’impose et installe à Alger en 1944 le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française). La libération de la France en 1944 lui permet un retour triomphal en France où il est acclamé, notamment à Paris, le lendemain de sa libération. La participation active des armées françaises à la libération de l’Europe, son obstination aussi, finissent par avoir raison des réticence des Alliés qui le reconnaissent comme le représentant légitime de la France tandis que s’écroule l’Etat du Maréchal Pétain. Il dirige le gouvernement provisoire jusqu’en 1946, organisant les premières élections et donnant le droit de vote aux femmes. En désaccord avec les partis sur la Constitution de la IV° République, pour laquelle il souhaite un pouvoir exécutif fort, il démissionne le 20 janvier 1946 et fait campagne pour le non, notamment dans le célèbre « Discours de Bayeux » de juin 1946.

Le discours de Bayeux 

La Constitution adoptée, opposant à cette IV° République, il fonde son parti politique, le RPF (Rassemblement du Peuple Français). Malgré un fort succès en 1947-48, le parti décline à partir de 1949 face à la « 3° Force ». Les députés du Général lui font défection (il invente alors l’expression « aller à la soupe »). Il dissout alors le RPF en 1953 et entre dans sa « traversée du désert », retiré à Colombey-les-deux-églises.

La crise de la IV° République qu’accentue la Guerre d’Algérie, provoque l’insurrection du 13 mai 1958 à Alger. Le Comité de Salut Public fait appel à lui et il se déclare prêt à prendre la tête du gouvernement. Le 1er juin, il est investi par la Chambre des députés, en tant que dernier Président du Conseil de la IV° République avec les pouvoirs constituants. Il fait ainsi rédiger par Michel Debré, son Garde des Sceaux, une Constitution qui reprend les thèmes du discours de Bayeux et qui est adoptée en septembre 1958. C’est la création de la V° République. Il en est élu Président en décembre et entre officiellement en fonction en janvier 1959.

Il reste 10 ans au pouvoir puisqu’il est réélu en 1965 (au suffrage universel direct cette fois, après la révision constitutionnelle de 1962). Son « règne » est marquée par une exercice personnel et autoritaire du pouvoir qui lui vaut les critiques de la Gauche (« Le coup d’état permanent » selon François Mitterrand). 

Fragilisé par la crise de Mai 68, un référendum organisé en 1969 sur la réforme du Sénat et des régions, est refusé par le peuple. Il démissionne le lendemain et meurt un an plus tard.

Sa personnalité politique, la plus célèbre de l’Histoire de France avec Napoléon, en a fait un personnage incontournable du XX° siècle et son oeuvre politique a inspiré de nombreuses personnalités de tous bords et de tous pays, par sa stature internationale. Elle marque encore durablement la vie politique en France. Après tout, comme il le disait lui-même : « Je n’ai qu’un rival international : Tintin ».

Video INA : Discours à l’Hôtel de Ville le 25 août 1944 : « Paris libéré »

Site de l’INA sur le Général de Gaulle en vidéo, radios, photos

Citations du Général de Gaulle sur Wikisource 

Un produit mondialisé : l’exemple du téléphone mobile

En bonus : l’Empire Samsung (Un oeil sur la planète) :

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Vous devez organiser un plan détaillé et rédiger le cours en 2 pages minimum, 4 maximum.

Cela doit comprendre des arguments et des exemples précis qui doivent cibler les éléments suivants :

  • Facteurs
  • Processus
  • Flux et lieux de production et de consommation
  • Acteurs (notamment les FTN)
  • Enjeux (économiques, sociaux, environnementaux, politiques, éthiques)

Le développement durable en chansons

Pour illustrer le développement durable de manière un peu plus ludique et décalée, voici quelques chansons d’artistes engagés sur le thème. Les paroles mais aussi les clips sont très intéressants.

Zazie : Je suis un homme

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Mickey 3D : Respire

Tryo : L’hymne de nos campagnes

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Yannick Noah : Aux arbres citoyens

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Madonna : Get stupid

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Développement durable et Empreinte écologique

Une notion-clé des programmes de Géographie au lycée, au cour de la notion de Développement durable tant en 2° qu’en Terminale, notamment pour l’approche géoenvironnementale.

Un lien sur le site du WWF pour calculer son empreinte écologique : http://wwf-footprint.be/fr/

La vidéo du Dessous des Cartes, très importante :

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Sinon, un très bon moyen de comprendre les enjeux géographiques du développement et du développement durable. Un compteur de la plupart de ce que nous produisons, consommons, polluons, dépensons.

A déconseiller pour ceux qui sont déjà catastrophés !

http://www.worldometers.info/fr/

Développement durable en film documentaire

La sortie de « Home » du photographe Yann Artus-Bertrand a à l’époque fait couler beaucoup d’encre. Le film est très bien réalisé avec comme toujours de très belles prises de vues aériennes (c’est normal).

Intéressant pour les épris de développement durable et d’écologie mais à voir avec recul et esprit critique concernant le commentaire et le message contestables.

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2 ans plus tôt, l’ancien vice-président américain Al Gore réalisait « Une vérité qui dérange », ce qui lui valut le Prix Nobel de la Paix l’année suivante.

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Comment mesurer le développement ?

Vous pouvez retrouver sur cette fiche les principaux indicateurs de richesse et de développement, notamment les nouveaux indicateurs globaux utilisés par le PNUD.

indic developpement

Une vidéo du dessous des cartes très intéressantes sur la manière d’évaluer le développement qui fait le tour du monde en carte à partir du PIB, de l’IDH, de l’indice de Gini…

http://www.dailymotion.com/video/xagzuc

Un autre spécifiquement sur l’indice de Gini concernant les inégalités

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Les OMD (Objectifs du Millénaire du Développement) :

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Paul TOUVIER

Paul Touvier (1915-96), Chef de la Milice française à Lyon. Condamné à perpétuité pour Crimes contre l’Humanité en 1994

Ce fonctionnaire français collaborateur avec l’Allemagne nazie a rejoint la Milice dont il est devenu le chef à Lyon. Il participe activement à la répression contre les Résistants et aux exécutions ou déportations de Juifs. Après la Seconde Guerre mondiale, il est notamment doublement condamné à mort par contumace en 1946 (à Lyon) et 1947 (à Chambéry) pour Crimes contre l’Humanité, notamment l’exécution de 7 juifs à Rillieaux-la-Pape (banlieue de Lyon) en représailles à l’assassinat du chef national de la Milice, Philippe Henriot en 1944.

En fuite grâce à la complicité de réseaux catholiques, il se cache, notamment dans les Alpes, sa région natale. Fugitif, il est grâcié par le Président de la République, Georges Pompidou en 1971, suite à un avis favorable de la Magistrature, ce qui est à l’origine d’un scandale. Retrouvé et arrêté en 1989, il est finalement jugé à Versailles. Reconnu coupable de Crimes contre l’Humanité, il est condamné à la réclusion à perpétuité. C’est le premier français dans ce cas et un excellent exemple de l’évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale.

Il meurt à la prison de Fresnes en 1996.

INA, JT-rétrospective sur Touvier (1994)

L’émission « Faites entrer l’accusé » de France 2 lui a consacré un numéro

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Video INA : Interview du Président MITTERRAND au sujet de la responsabilité de la France dans la Déportation des Juifs

Malgré les progrès de l’Histoire et de la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale, notamment grâce aux grands procès des années 80 et 90, François MITTERRAND, président de la République, refuse toujours lors d’une interview en 1993 de reconnaître la responsabilité de la France dans la Déportation des Juifs. Un autre blocage historique qui illustre les ambigüités de François MITTERRAND au double passé vichyste et résistant, notamment après le scandale Bousquet et l’enquête de Pierre Péan sur la jeunesse du Président

http://www.ina.fr/video/I12199650

Klaus BARBIE : « Le boucher de Lyon »

Klaus BARBIE

Klaus Barbie lors de son procès à Lyon en 1987

né en 1913 à Bad Godesberg, Allemagne – Mort en 1991 à la prison de Lyon

Officier SS, membre du Parti nazi, il a notamment été le chef de la Gestapo à Lyon durant la Seconde guerre mondiale et à ce titre il a arrêté et torturé de nombreuses personnes, dont Jean Moulin. En exil en Bolivie, il a été jugé en 1987 à Lyon pour Crimes contre l’Humanité et condamné à la prison à perpétuité. Son procès marque en France un tournant dans l’évolution de la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France et le début des grands procès des années 80-90, illustrant la judiciarisation de la Mémoire.

Continue reading Klaus BARBIE : « Le boucher de Lyon »

Nicolas Sarkozy et ses initiatives controversées au sujet de la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale

Parmi les initiatives du présiudent Nicolas Sarkozy au sujet de la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale, 2 ont été controversées, notamment en 2007 la demande de la lecture par les enseignants de lycée de la lettre de Guy Môquet.

Video INA : La lettre de Guy Môquet (2007)

Mais aussi en 2008 la demande que tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un enfant juif déporté.

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Un très bon article de Challenges qui fait le point sur les positions des 4 derniers présidents sur la Mémoire et la Repentance où se croisent à la fois la Seconde Guerre mondiale et la Guerre d’Algérie.

http://www.challenges.fr/monde/20121018.FAP1071/memoire-repentance-quatre-presidents-quatre-postures.html

Video INA : Conférence de presse du Président Pompidou au sujet de la grâce de Touvier

En 1972, le président Georges POMPIDOU grâcie Paul TOUVIER, collaborateur condamné à mort à la Libération par contumace. M. Fourneron, journaliste du « Progrès » de Lyon, pose en conférence de presse au Président la question des raisons de cette grâce.

Une illustration du réveil des Mémoires du Régime de Vichy qui se heurte dans ce début des années 70 à des résistances politiques de la part du successeur du Général de Gaulle dans la droite ligne du mythe résistancialiste qui occulte les pages sombres de la Seconde Guerre mondiale

http://www.ina.fr/video/I00017021

Jean MOULIN

JEAN MOULIN

(né en 1899 à Béziers – mort en 1943 à Metz)

Haut fonctionnaire, Préfet d’Eure-et-Loir (1939-40)

Résistant et fondateur du CNR (1943)

Arrêté, torturé par la Gestapo et mort de ses blessures dans le train de sa déportation

Héros de la Résistance, il l’incarne tout comme De Gaulle incarne la France Libre. Ce jeune fonctionnaire brillant de la III° République a réussi à unifier les mouvements de Résistance et créer le CNR. Arrêté par la Gestapo et torturé, sa mort en fait un martyr de la Résistance et une figure de la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale résistancialiste. Transféré au Panthéon parmi les Grands Hommes de la République en 1964, il devient pour l’éternité ce que De Gaulle a dit de loin : « un très grand bonhomme. Grand de toutes les façons »…

Fils de professeur d’Histoire-Géographie de l’Hérault, républicain laïc, radical-socialiste et franc-maçon, il suit des études de Droit à Montpellier où il obtient sa licence en 1921. Entre-temps, il entre au cabinet du préfet de l’Hérault grâce à son père et gravit les échelons de l’administration.

Nommé sous-préfet dès 1925, à 26 ans (plus jeune à ce poste), il s’investit en politique auprès des radicaux-socialistes et devient directeur de cabinet au Ministère de l’Air sous le Front Populaire en 1936.

Promu préfet en 1937 (le plus jeune préfet de France à 38 ans), il est affecté en 1939 à la Préfecture d’Eure-et-Loire à Chartres. C’est la Seconde Guerre mondiale qui change son destin.

Lors de l’invasion de la France en 1940, il refuse de se soumettre aux calomnies des autorités allemandes qui accusent des tirailleurs sénégalais d’atrocités commis par l’armée allemande dans la région. Arrêté et passé à tabac, il est révoqué par le régime de Vichy et s’engage dans la clandestinité.

Il rejoint les rangs de la Résistance en zone libre dans le sud de la France et fréquente notamment Henry Frenay et son réseau Combat. Dès 1941, il rejoint la France Libre du Général de Gaulle à Londres pour lui faire un compte-rendu de la Résistance. Celui-ci en fait son délégué civil et militaire en zone libre et le charge d’y unifier les réseaux de Résistance. Parachuté en France, il unifie, non sans mal, les différents mouvements et crée en 1943 le CNR (Conseil National de la Résistance).

Un mois plus tard, il est arrêté le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire dans la banlieue lyonnaise par la Gestapo aux ordres de Klaus Barbie au cours d’une réunion secrète des principaux chefs de la Résistance. Torturé quotidiennement, il refuse de parler et est déporté en Allemagne. C’est au cours de ce trajet qu’il meurt dans le train en gare de Metz le 8 juillet des suites de ses mauvais traitements.

Maréchal Philippe PETAIN

Philippe PETAIN

(né en 1856 à Cauchy-la-Tour – mort en 1951 sur l’Ile d’Yeu)

Maréchal de France

Vice-Président du Conseil (1940)

Chef de l’Etat Français (1940-44)

Sans doute la personnalité la plus controversée de l’Histoire de France au XX° siècle. A la fois héros militaire de la Première Guerre mondiale, le « sauveur de Verdun », recours quasi-unanime lors de la Débâcle de 1940 et créateur d’un régime autoritaire qui a collaboré avec l’Allemagne nazie et déporté des milliers de juifs…

Fils de paysans du Pas-de-Calais, élevé de manière stricte dans la religion catholique, il choisit jeune d’être soldat. Elève officier à l’Ecole de Saint-Cyr, il effectue une carrière militaire plutôt modeste et ne reste que colonel en fin de carrière au moment où la Première Guerre mondiale. C’est celle-ci qui le révèle.

Promu Général en 1914, il est envoyé comme commandant des troupes à Verdun face à l’offensive allemande. Apprécié des hommes qu’il aide à ravitailler, évacuer par son organisation, il acquiert le surnom de « vainqueur de Verdun ». Ce rôle décisif en font un héros de guerre et il est promu Maréchal de France en 1918.

Général en chef de l’Armée française jusqu’en 1931, il commande les troupes françaises qui, aux côtés des Espagnols du Général Franco, mate l’insurection du Rif au Maroc en 1925.

Ephémère ministre de la Guerre en 1934 puis président du Conseil supérieur de la Guerre, il est nommé ambassadeur en Espagne en 1939 auprès du gouvernement de Franco qu’il a côtoyé au Maroc dont il partage les idées.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est rappelé au Gouvernement en tant que Vice-Président du Conseil au moment de l’invasion de la France en Mai 1940 à 84 ans. Partisan de l’Armistice, il est nommé Président du Conseil après la démission de Paul Reynaud dans la nuit du 16 au 17 juin et proclame dès le lendemain, dans une allocution radiodiffusée à 12h « qu’il faut cesser le combat ». L’Armistice est signé le 22 juin et le 10 juillet, le Parlement lui confie les pleins pouvoirs à une large majorité (seulement 80 oppositions) tant il apparaît comme le seul recours.

La poignée de main de Montoire entre Pétain et Hitler (octobre 1940)

Il crée ainsi un nouveau régime autoritaire et antidémocratique, le régime de Vichy appelé « Etat Français » qu’il dirige jusqu’en 1940. Sa poignée de main avec Hitler à Montoire dès octobre 40 l’engage dans la voie d’une collaboration active avec les Nazis jusqu’à la fin de la Guerre. Son régime est notamment responsable de la Déportation des Juifs et de la traque des Résistants.

En fuite en Allemagne après la Libération, il est arrêté puis jugé et condamné à mort à Paris en 1945. Sa peine est commuée par le Général de Gaulle en peine à perpétuité par égard à son grand âge. Il meurt en résidence surveillée sur l’Ile d’Yeu en 1951.

Allocution radiodiffusée de demande d’armistice (17 juin 1940)

La bataille du Rail

Pour approfondir l’étude de ce film de propagande emblématique du mythe résistancialiste et de la Mémoire officielle mise en place au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, voici la Bande-Annonce du film de René Clément qui a gagné le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes en 1946.

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Adolf EICHMANN

Adolf EICHMANN

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(né à Solingen, Allemagne en 1906 – condamné à mort exécuté en 1962 à Jérusalem, Israël)

Officier nazi de la SS et haut fonctionnaire du III° Reich, il a été l’organisateur de la logistique de la « Solution Finale » à la tête du 4° Bureau du RSHA et à ce titre, responsable de la Déportation en camps et de l’extermination de millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son enlèvement par les services secrets israëliens en Argentine où il avait trouvé refuge après la guerre et son procès en Israël ont marqué un tournant dans l’Histoire et le Mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Il a été reconnu coupable de Crimes contre l’Humanité, condamné à mort et exécuté.

 

 

Fils de comptable, élevé en Allemagne puis en Autriche, il sort de l’école sans diplôme et entre dans les années 20 dans la compagnie minière de son père. Membre d’organisation scout de jeunesse proche de l’extrême-droite, il fréquent les organisations nazies autrichiennes dès les années 20 et s’engage dans la SS autrichienne en 1932.

Dès 1934, il entre dans le SD (Services de Sécurité du Reich) dirigé par Reinhard Heydrich. Il y grimpe les échelons de la hiérarchie et est affecté aux bureaux des affaires juives. Il se rend en Israël en 1937 pour y évaluer la possibilité d’une évacuation des Juifs puis est affecté en Autriche après l’Anschluss en 1938. Il y organise l’expulsion des Juifs d’Autriche.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il organise la déportation de milliers de Juifs à l’est puis prend la tête du Bureau 4 du RSHA (le service de renseignement unifié du Reich), le bureau chargé des affaires juives. Il met sur pied le Plan Madagascar pour déporter tous les Juifs d’Europe sur l’île (protectorat français) mais sans suite. Invité à la Conférence de Wansse, il est chargé de mettre en oeuvre la Solution Finale par Himmler et organise le transport des convois de déportation de millions juifs dans les camps d’extermination.

En fuite en 1945, il trouve refuge en Argentine où il mène une nouvelle vie sous une nouvelle identité. Identifié et traqué par le Mossad, les Services secrets israëliens, il est enlevé et exfiltré de Buenos Aires vers Israël afin d’y être jugé pour ses crimes. Lors de son procès, la multiplicité des témoignages, des preuves et des nouvelles sources marquent un tournant dans l’Histoire du Génocide des Juifs tout autant que son comportement glacial, méticuleux et son absence totale de remords. Il est condamné à mort et exécuté en 1962 à Jérusalem. Ses cendres sont dispersées dans les eaux internationales.

Son procès a inspiré la philosophe juive Hannah Arendt pour écrire « Eichmann à Jérusalem ou la banalité du Mal« .

Extraits de son procès :

http://www.dailymotion.com/video/ximebz

Le procès de Nüremberg

Le procès de Nüremberg tenu entre 1945 et 1946 est capital dans le bilan de la 2° guerre mondiale et la volonté de reconstruire la paix sur des bases nouvelles. C’est le premier exemple de justice internationale avec notamment la création d’un chef d’accusation rétroactif pour les accusés : le « crime contre l’Humanité ». Ce procès est une étape dans les Mémoires de la 2° guerre mondiale.

Pour approfondir en video : un documentaire en 5 épisodes.

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Les Mémoires de la Seconde Guerre mondiale en chansons

Pour illustrer de manière plus ludique et décalée les cours en chansons, voici une sélection de chansons qui évoquent la Seconde Guerre mondiale en France.

Leurs auteurs, leurs contextes historiques, leurs paroles et leurs sujets reflètent bien la diversité des mémoires de la guerre et leur évolution.

  • Le mythe résistancialiste peut notamment être illustré par :

« Le chant des partisans » coécrit en 1943 par Maurice Druon et Joseph Kessel, résistants puis auteurs membres de l’Académie française.

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Sa reprise par Zebda bien plus récemment s’inscrit bien sûr dans une lecture différente et très contemporaine de la résistance. Le message y est politique (le collectif « Motivés » est engagé à l’extrême-gauche). La résistance se fait donc contre d’autres adversaires, notamment les autorités de droite et Nicolas Sarkozy.

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Serge Reggiani décrit l’invasion allemande comme celle des « loups » dans « Les loups »

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  • La mémoire communiste de la guerre est illustrée dans « L’affiche rouge » de Léo Ferré sur des paroles du poète Louis Aragon (tous deux proches des communistes) :
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  • La mémoire refoulée du Génocide des Juifs et de la Déportation s’est réveillée plus tardivement. Elle est particulièrement bien illustrée par :

Jean Ferrat : « Nuit et brouillard » qui parle de l’ensemble des déportés, ennemis du Reich d’après le Décret du même nom

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Louis Chedid, le père de M (sur des paroles de sa mère Andrée) parle de la célèbre Anne Franck, jeune juive hollandaise déportée dont l’histoire est relatée dans son journal intime (Le journal d’Anne Franck) dans « Anne, ma sœur Anne »

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Le toujours poignant « Comme toi » de Jean-Jacques Goldman en 1985 évoquant ce génocide sous les traits d’une jeune fille tuée dans le ghetto de Varsovie  « qui s’appelait Sarah, elle n’avait pas 8 ans »,

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  • A contrecourant (comme toujours), Michel Sardou sort « Les ricains », une bombe musicale en 1967, juste après la sortie de la France de l’OTAN et les critiques du Général de Gaulle sur l’intervention américaine au Viet-Nam. Il y rappelle le sacrifice des américains durant la Seconde Guerre mondiale, en particulier le débarquement en Normandie et la libération de la France par ceux qu’alors dans les années 60 on critique en France avec une certaine américanophobie. Du coup, la chanson est censurée et interdite d’antenne.
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  • Plus récemment, Mickey 3D a sorti une chanson sur Jean Moulin, incarnation du courage. Ecoutez bien les paroles qui illustrent une certaine vision contemporaine assez sombre et pessimiste de la France durant la Seconde Guerre mondiale :

Mickey 3 D : Jean Moulin (2007) sur Deezer

Pierre MENDES-FRANCE

Pierre Mendès-France (1907-1982)

Une histoire de la Gauche française

« L’estime [du peuple] ira demain à ceux qui ne lui dissimuleront plus la vérité. »

Député radical, Président du Conseil (1954-55)

Merci à mon collègue et ami Fred pour cette excellente bio que je vous recommande de lire (ainsi que le très beau texte de son « appel à la jeunesse ») :

A l’âge de 15 ans, il obtient son bac et il entre l’année suivante à l’Ecole libre des sciences politiques. A 21 ans, Il devient le plus jeune avocat de France. Economiste reconnu, il est à la fois l’héritier du rigorisme économique de Raymond Poincaré et le fils spirituel du déjà très engagé Léon Blum.

Son ascendance juive lié à l’antisémitisme latent des années 30, en fera un membre de la LAURS la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste, mouvement étudiant opposé à l’extrême droite, puis un opposant farouche à l’envoi d’une délégation française aux JO de Berlin en 1936.

Radical et novateur, il deviendra député de l’Eure à partir de 1932, maire de Louviers à partir de 1935 et conseiller général de l’Eure en 1937 malgré une campagne farouchement antisémite. Ephémère sous-secrétaire d’État au Trésor dans le gouvernement Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938), il se fera remarquer par des positions avant-gardistes que l’on qualifierait aujourd’hui de keynésiennes.

Faussement accusé de désertion au début de la seconde guerre mondiale lors d’un procès inique, il réussira à s’évader peu après pour rejoindre Londres où il intègrera tout d’abord les forces aériennes françaises libres avant de participer au CFLN puis au GPRF comme commissaire aux finances.

En conflit avec le héros de la France libérée (de Gaulle), s’en suivra alors une période « d’exil » de 1945 à 1950, à l’écart de la vie politique française au sein de la BIRD puis du FMI et enfin de l’ONU.

De retour dans la vie politique française, il devient président du Conseil le 18 juin 1954, soit à peine un mois après la débâcle de Dien Bien Phu. Elu pour mettre fin au bourbier indochinois, il signe le 20 juillet 1954 les Accords de Genève qui mettent fin au conflit puis engage dans la foulée des négociations pour la Tunisie.

Parallèlement il tente des réformes institutionnelles sensées mettre fin à l’instabilité ministérielle de la IVème république. Mais trop occupé par le volet international et sans doute peu attiré par les jeux (joutes) politiques du fait de sa haute idée de ce que doit être un homme d’Etat, son gouvernement succombera 7 mois plus tard.

Son gouvernement est finalement renversé le 5 février 1955 sur le problème du statut réservé à l’Algérie. PMF continuera la politique au sein du Front Républicain puis du PSU avant de tenter un dernier baroud d’honneur lors des présidentielles avec un ticket Deferre-Mendès (sur un modèle d’outre atlantique : président – vice-président) qui ne réussira pas à convaincre les électeurs. Dès lors la maladie le tiendra définitivement éloigné de la politique française.

Devenu un « sage », il soutiendra François Mitterrand lors de son élection de 1981 avant de s’éteindre le 18 octobre 1982.

Pierre Mendès France devient alors le symbole de l’exigence en politique. Rigoureux, austère, intransigeant avec lui comme avec les autres, PMF incarne à la fois les réussites et les échecs de ce que l’on peut appeler au sens large : la Gauche française. Incarnant une gauche moderne et ancrée dans les réalités du XXème siècle, il n’aura de cesse de proposer un projet moderne pour la France et sa jeunesse tout en prônant une rigueur budgétaire et économique à contre courant de sa tendance politique. Mais à contrario, il ne saura, ou ne voudra jamais s’arranger avec les compromis et compromissions que l’accès au pouvoir suprême exige de ses candidats et marque à lui seul les ambigüités qu’entretiennent les hommes de Gauche avec ce dernier. D’une part en traduisant l’incapacité de l’aile la plus réformatrice de la Gauche à s’imposer dans les arcanes de ses principaux partis alors même que sa pensée est dominante dans l’opinion publique (ce qui explique le prestige et la quasi mythification du gouvernement et de l’homme Mendès malgré son peu de temps au pouvoir). Et d’autre part, en marquant l’inaptitude globale des candidats de Gauche aux exigences du combat pour l’élection présidentielle, à l’exception de François Mitterrand, car nécessitant à leurs yeux des renoncements inconcevables à leur idéal.

C’est aussi çà l’héritage de Mendès.

Bibliographie

Le plus récent et le plus complet : « Pierre Mendès France » d’Eric Roussel, Gallimard, 2007.

Le plus connu : « Pierre Mendès France » de Jean Lacouture, Poche, réédition en 2004.

Textes

Pour moi le plus beau texte de Pierre Mendès-France – Message à la Jeunesse (22 décembre 1955)

http://pluriel.free.fr/PMF2.html

Vidéos

Documentaire : Le mystère Mendès-France : Image de prévisualisation YouTube

En Vidéo : le récit très surprenant et symbolique de son évasion en 1941 et de l’homme Mendès :

Discours à Nevers

Les actualités de septembre 1954 (PMF au conseil de l’Europe)

Pour plus d’informations : le site à visiter : http://www.mendes-france.fr/

Enfin sur le Mendésisme (comme morale politique ou comme éthique de la République).: http://michel-loussouarn.blogspot.com/2006/08/le-mendsisme-une-ide-neuve.html

et sur son existence actuel : http://www.marianne2.fr/Pour-un-nouveau-mendesisme!_a85180.html?start_liste=5&paa=2

Liste des présidents et gouvernements de la IV° République

Vous trouverez ci-joint la liste des différents présidents de la République et des chefs de gouvernement de la IV° République (de même, vous pouvez déjà trouver la même chose pour la V° République : Liste des Présidents de la République et Premiers Ministres de la V° République)

Liste des présidents et gouvernements de la IV° République

De cette liste que retenir ou plutôt qui ?

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