Le pari de Pascal dans le Conte d’hiver

Le pari de Pascal

Sur le film Le Conte d’hiver d’Eric Rohmer

Mise en analogie entre ce que dit Pascal et le comportement du personnage principal Félicie. On ne peut rien savoir sur Dieu, on doit abandonner la question des preuves, on doit simplement calculer les probabilités de son existence. Quel est l’intérêt que nous avons à croire en Dieu ?

Voilà comment Pascal tourne les preuves de la religion en probabilité.

La raison et le calcul rationnel nous donnent la possibilité de maîtriser ce qui ne dépend pas de nous. Pascal remplace la foi par le jeu, il s’adresse, sans son texte, à des joueurs, à des gens qui aiment le jeu et il veut les convaincre en utilisant leur propre façon de penser de l’utilité de l’existence de Dieu.

L’argument mathématique est celui où intervient la probabilité que Pascal appelle le calcul des parties. L’argument de Pascal ne convint pas l’interlocuteur qui se rend compte que la raison est contre lui et que l’argument ne marche pas.

Le texte de Pascal expose une sorte de choix (croire ou ne pas croire en Dieu) fondé sur l’avenir avec un soubassement probabiliste. C’est un choix faussé qui ne fonctionne pas pour nous parce qu’on ne prend pas les décisions comme on joue, comme dans un jeu.

« Nous sommes embarqués » (Pascal) ? on est obligé de jouer, obligé de parler. Si nous n’étions pas obligés de jouer, nous n’aurions pas forcément raison de parier. Pascal a donc pour hypothèse l’idée que le pari est totalement valide rationnellement et que le jeu est obligatoire.

Dans le film, le jeu n’est pas totalement obligatoire, rien ne force à parier que la rencontre est possible.

Problématique de la rencontre:

Ce que le réalisateur retient du pari de Pascal c’est que nous devons décider d’attendre, c’est que nous n’avons pas le choix de quitter ou de rester avec une personne. On peut se demander si ce ne sont pas des choix de vie non déductibles d’un calcul rationnel ? Existentiellement, on ne peut décider de ne pas jouer. Dans le pari le jeu a déjà commencé, il s’agit de savoir si on va continuer de jouer. Dans le film l’amour est dans le passé et les probabilités sont infimes de le retrouver.

L’homme a tout à parier que Dieu existe car le gain est énorme. Félicie préfère garder tout espoir et fonder son bonheur sur ce dernier. Son bonheur n’est pas à venir mais il est pour elle présent et se substitue à un but à venir.

Le pari dans le film devient une question existentielle sur un bonheur présent qui consiste à vivre avec l’expérience. Il s’agit donc de maintenir la possibilité de la rencontre, de se rendre disponible. C’est de faire de la religion, non pas une idée abstraite, mais le moteur, la cause, d’une rencontre possible.

Dans le film, contrairement au pari de Pascal, une sorte de miracle arrive, les deux personnages pleurent de joie. « joie, joie, pleurs de joie »

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