L’intensité du silence des élèves

Les professeurs de philosophie et l’intensité du silence des élèves

 Il arrive, disait Bachelard, qu’on rate un cours comme il arrive qu’on rate un feu, le bois brésille et grésille un moment dans la cheminée, charbonne puis s’éteint. Mais il arrive aussi, quelquefois, que l’enseignement soit effectif et que le feu prenne. A quel signe reconnaît-on cette flambée ? A l’activité muette et absorbée qui suit le fil de l’argumentation, et qui continue en silence son travail secret bien après que le cours soit terminé, engendrant une foule de nouvelles pensées et révélant, à celui qui entend la rumeur de la ruche intérieure, la souveraine puissance de penser qui est en lui. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de mesurer la profondeur du dialogue avec mes étudiants à l’intensité de leur silence. Chaque fois que nous avons la bonne fortune de provoquer ce trouble fécond, nous pouvons dire que nous n’avons pas perdu notre temps ».

On

Gatsby 3En usant des transports en commun ou des services d’information (des journaux par exemple), chacun est semblable à tout autre. Cet être-en-commun dissout complètement l’être-là qui est mien dans le mode d’être d’ « autrui », en telle sorte que les autres n’en disparaissent que davantage en ce qu’ils ont de distinct et d’expressément particulier. Cette situation d’indifférence et d’indistinction permet au « on » de développer sa dictature caractéristique. Nous nous amusons, nous nous distrayons, comme on s’amuse ; nous lisons, nous voyons, nous jugeons de la littérature et de l’art, comme on voit et comme on juge ; et même nous nous écartons des « grandes foules » comme on s’en écarte ; nous trouvons « scandaleux » ce que l’on trouve scandaleux. Le « on » qui n’est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu’il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d’être.
[…] Le « on » se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober si l’être-là est acculé à quelque décision. Cependant, comme il suggère en toute occasion le jugement à énoncer et la décision à prendre, il retire à l’être-là toute responsabilité concrète. Le « on » ne court aucun risque à permettre qu’en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n’importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l’a voulu, mais on dira aussi bien que « personne » n’a rien voulu.

HEIDEGGER
L’Etre et le Temps, tr. fr. Boehms & Waelhens, I:1, §. 27,
éd. Gallimard, pp. 159-160

Rentrée en image

La photographie

Définition proposée par
François DAGOGNET :

« La photographie ne peut pas laisser indifférent le philosophe : il en est ébloui ; avec elle, le monde est assurément transposé, il nous est offert comme il ne l’a jamais été. En effet, l’image, bien qu’assez réduite, ne néglige rien, elle enregistre la totalité (la complétude). Elle peut encore s’emparer du lointain ; elle saisit aussi bien, à la demande, un plan ou une scène qu’elle détache alors du reste. Nous pouvons varier les angles. Nous renouvelons, grâce à ses exploits, notre regard. D’un autre côté nous conservons sans peine ce qu’elle a enregistré (la mémoire objective).

Son succès a été si fulgurant que les peintres allaient en subir le contrecoup : ils durent renoncer à leur tâche, empreinte d’un certain réalisme (le portrait d’un personnage ou celui d’un paysage). Et le mouvement impressionniste allait en résulter : l’artiste s’est emparé de ce devant quoi l’appareil échouait, les atmosphères, les brumes, et non moins la couleur. Mais, de son côté, la photographie répliquera q(c’est de bonne guerre) en se  » pictorialisme « ).

Le piège tendu par la photographie est de laisser croire qu’avec elle tout est devenu facile : un déclic suffit. Mais le septième art qu’elle définit suppose moins la reprise ou la saisie du réel que son invention. Parmi les victoires de la photographie, mentionnons celle d‘Atget : à l’aide d’un appareil démodé, il photographia Les Champs-Élysées, au petit matin, lorsque ne circulait encore aucun piéton : il nous offre le vide, un peu de brume, à l’opposé des trop-pleins habituels.

Le méfait de la photographie vient de ce qui la valorisait – ses excès de précision et d’engrangement. Déjà, sur un autre plan, Bertillon (chef de service photographique de la préfecture de police) était chargé de  » prendre  » de face et de profil les criminels et les délinquants ; il cherchait l’image la plus facile à analyser, celle qui permettait l’identification rapide – le  » fichage « . Mais il allait remarquer que l’objectif, parce qu’il retient tous les traits, par là même les noie et ne les détache pas assez les uns des autres ; La caricature egt surtout de dessin d’un artiste ou d’un expert, avec seulement quelques coups de crayon, dégagent mieux le type et même l’individu. Le vrai se reconnaît à ce qu’il sacrifie, élimine et abrège ; La technique photographique avantage trop l’exécution, alors que seule l’idée assure le triomphe.

Le croquis ou l’esquisse (antiphotographie) nous préserve de la minutie et du duplicatum prétendu. Et Baudelaire devait stigmatiser la folie du daguerréotype :  » L’industrie qui nous donnerait un résultat identique à la nature serait l’art absolu. Un Dieu vengeur a exaucé les vœux de cette multitude. Daguerre fut son messie. Et alors elle se dit :  » Puisque la photographie nous donne toutes les garanties désirables d’exactitude, l’art, c’est la photographie.  » À partir de là, la société immonde se rua…pour contempler sa triviale image sur le métal  » (Salon de 1859, in Le Public moderne et la photographie). Bref, la vraie photographie exprime à peu près l’inverse de ce que nous tenions pour une bonne photographie ! »


François DAGOGNET
100 mots pour commencer à philosopher, p.206-208
Édition : Les empêcheurs de penser en rond / Le Seuil, Paris, 2001

Justice, force

Réfléchir à partir de textes philosophiques :

Texte 1 : Justice ou règlement de compte ?

Justice, Force

Il est juste que ce qui est juste soit suivi; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.

La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste.

Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort on a fait que ce qui est fort fût juste.

Pascal, Pensée103

Texte 2 :  Qu’est-ce que le droit ? Homme juste ou justicier ?

» Qu’est-ce que le droit ? Cette question pourrait embarrasser le jurisconsulte autant que le logicien est embarrassé par la question – Qu’est-ce que la vérité ? – au cas où le premier ne veut pas tomber dans la tautologie et, au lieu de présenter une solution générale, renvoyer aux lois d’un certains pays à une certaine époque. Ce qui est de droit, c’est-à-dire ce que disent et ont dit des lois en un certain lieu et à une certaine époque, il peut assurément le dire. Mais la question de savoir si ce qu’elles prescrivaient était juste et celle de savoir quel est le critère universel auquel on peut reconnaître le juste et l’injuste lui resteront obscures, s’il n’abandonne pas quelques temps ces principes empiriques et ne cherche pas la source de ces jugements dans la simple raison (quoique ces lois puissent de manière excellente lui servir en ceci de fil conducteur), afin d’établir une fondation pour une législation empirique possible. Une science simplement empirique du droit (…) est une tête, qui peut être belle ; mais il n’y a qu’un mal : elle n’a point de cervelle. «

Kant, Doctrine du droit

Grand Forum

Nous avons le plaisir de vous convier à  un débat organisé dans le cadre des « Grands Forums » du Rectorat d’Aix-Marseille, sur le thème :


« Comment s’engager dans la vie et préparer notre avenir alors que nous n’avons pas les convictions ni croyances sur le sens de la vie ? »

avec M. Abdennour BIDAR, philosophe, essayiste et haut fonctionnaire français et Mme Claire LY, son grand témoin.

Ce débat animé par des élèves du Lycée Théodore Aubanel, du Lycée René Char et leurs professeurs  se déroulera le :

Jeudi 12 avril 2018 de 14 H  à 17 H dans l’Amphithéâtre

Lire : Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-la s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, volume II, partie IV, chapitre VI, 1840.

Le faux en art

On imite la main d’un autre, mais on n’imite pas de même, pour parler ainsi, son esprit, et l’on n’apprend point à penser comme un autre, ainsi qu’on peut apprendre à prononcer comme lui. Le peintre médiocre qui voudrait contrefaire une grande composition du Dominiquin ou de Rubens, ne saurait imposer, non plus que celui qui voudrait faire un pastiche sous le nom du Georgione ou du Titien. Il faudrait avoir un génie presque égal à celui du peintre qu’on veut contrefaire, pour réussir à faire prendre notre ouvrage pour être de ce peintre. On ne saurait donc contrefaire le génie des grands hommes, mais on réussit quelquefois à contrefaire leur main, c’est-à-dire, leur manière de coucher la couleur et de tirer les traits, les airs de tête qu’ils répétaient et ce qui pouvait être de vicieux dans leur pratique. Il est plus facile d’imiter les défauts des hommes que leurs perfections. Par exemple, on reproche au Guide d’avoir fait ses têtes trop plates. Ses têtes manquent souvent de rondeur, parce que leurs parties ne se détachent point et ne s’élèvent pas assez l’une sur l’autre. Il suffit donc, pour lui ressembler en cela, de se négliger et de ne point se donner la peine de pratiquer ce que l’art enseigne à faire pour donner de la rondeur à ses têtes.

Abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, 2° partie, 11

Écouter  : L’imposture (3/4)

De l’art d’être faussaire

Groupe Réflexion Culture

Le GROUPE RÉFLEXION CULTURE est constitué de manière facultative par des élèves de seconde, première, Terminale et lycée pro. aimant les arts, le théâtre, le spectacle vivant… Depuis 2014, il est partenaire du FESTIVAL D’AVIGNON…

… A ce titre un voyage à PARIS est organisé grâce à un financement de la région (ancien CVLA) et la participation des familles. Du 2 au 4 février 2018, 14 élèves pourront découvrir la vie Parisienne en particulier lors de deux soirées théâtre exceptionnelles :

« 8. »Au théâtre du Vieux Colombier (Comédie-Française) Vendredi 2

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne
de Jean-Luc Lagarce
Mise en scène Chloé Dabert

« Je regardais le ciel comme je le fais toujours, […] je songeais à toutes ces années que nous avions vécues et que nous avions perdues, toutes ces années que nous avions passées à l’attendre, celui-là, le jeune frère, depuis qu’il était parti, s’était enfui, nous avait abandonnées. »

Jean-Luc Lagarce raconte ici le retour ultime du fils – ou du frère – dans la maison familiale, en écho à Juste la fin du monde, pièce avec laquelle l’auteur est entré au Répertoire en 2008 et qui a été récemment adaptée au cinéma par Xavier Dolan. Tel Ulysse, il revient de ses guerres, épuisé, et les femmes le couchent dans sa chambre où il sombre dans un sommeil éternel. Elles attendaient son retour pour commencer à vivre… Dès lors la parole se libère : « on lutte une fois encore, la dernière, à se partager les dépouilles de l’amour, on s’arrache la tendresse exclusive. On voudrait bien savoir. »
Cette pièce féminine, écrite par un homme, est confiée à Chloé Dabert qui signe, après Nadia C., sa deuxième mise en scène avec la Troupe. Elle rassemble une famille d’actrices à même d’incarner ces grands rôles du répertoire contemporain, proches des Trois Sœurs de Tchekhov, qui cherchent dans le flot des mots l’expression la plus juste de soi, avec maladresse parfois, colère ou joie. Cette partition fluide et rythmée invite à un travail précis, métronomique, mené ici comme une étape nécessaire à un jeu libre.
Texte en ligne :
http://mm77370.free.fr/fichierstextes/jetaisdansmaison.html
à écouter

« 7. »et aux Ateliers Berthier Odéon Samedi 3 :

Saigon
un spectacle de Caroline Guiela Nguyen / artiste associée
les Hommes Approximatifs

Chez les Hommes Approximatifs, beaucoup de choses se jouent dans les intervalles. Des existences entières peuvent s’y glisser entre deux gestes ou deux paroles. Il suffit, par exemple, de remarquer que Saigon est un nom aujourd’hui perdu pour que se creusent des distances inouïes. Certaines vies se sont jouées là, entre 1956 et 1996. Souvent elles sont restées discrètes, silencieuses. Parfois, la langue maternelle a été tue jusqu’à l’effacement. Mais l’Histoire, pour peu qu’on sache l’entendre, peut briller au détour d’une confidence, d’un mot oublié depuis un demi-siècle. La chair poétique des spectacles de Caroline Guiela Nguyen, artiste associée à l’Odéon, naît d’un long processus d’immersion et de rencontres, puis d’écriture collective au plateau. Ce projet-ci réunit des comédiens français et vietnamiens pour donner corps ensemble à “cette France qui doit se raconter au-delà de ses propres frontières”. Bouquet de voix et de visages situé dans un restaurant valant pour tous lieux et tous temps, Saigon tresse des histoires d’exils et d’amour à partir de centaines d’émotions racontées en France et au Vietnam, puis métamorphosées en théâtre. “La grande préoccupation de notre compagnie”, conclut Caroline Guiela Nguyen, “est de savoir quels sont les récits que nous apportons comme réponse à notre monde.”

Pour en savoir plus :
http://www.theatre-odeon.eu/fr/2017…
à écouter :
https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/caroline-giulia-nguyen

Programme des visites prévues samedi 3 :
Visite guidée de l’Opéra-Garnier

Visite du Centre G. Pompidou
Atelier Brancusi
Visite de
Dimanche 4 :
Visite de l’Institut du Monde Arabe

Bonne Année 2018

Galettes de Claude Monet 1882

 

 

« Pour la nouvelle année. Je vis encore, je pense encore : je dois encore vivre, car je dois encore penser. Sum, ergo cogito ; cogito, ergo sum. Aujourd’hui, chacun ose exprimer son vœu et sa pensée la plus chère : soit ! Je veux donc dire moi aussi ce qu’aujourd’hui je me souhaitais à moi-même et quelle pensée a cette année été la première à traverser mon cœur – quelle pensée doit être le fondement, la garantie et la douceur de toute pensée à venir ! Je veux toujours plus apprendre à voir la nécessité dans les choses comme le beau – ainsi serai-je l’un de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati : que cela soit à présent mon amour ! Je ne veux mener aucune guerre contre le laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux pas même accuser les accusateurs. Que détourner le regard soit mon unique négation ! Et, en tout et pour tout, et en grand : je veux, en n’importe quelle circonstance, n’être rien d’autre que quelqu’un qui dit oui. »

Nietzsche, Le Gai savoir, § 276, IV partie