La folie, art et littérature

 

Le journal d’un fou, Gogol

Le Journal d’un fou est une nouvelle de l’écrivain russe Nicolas Gogol parue en 1835 dans le recueil Arabesques. Avec Le Manteau et Le Nez, Le Journal d’un fou est considéré comme l’une des nouvelles les plus marquantes de Gogol. L’histoire est celle d’un fonctionnaire subalterne pendant la période de répression sous Nicolas Ier. Seule œuvre de Gogol écrite à la première personne et sous la forme d’un journal, l’histoire conte les errances du protagoniste, Poprichtchine, qui sombre dans la folie.

Les Mémoires d’un fou (titre de la première traduction de Louis Viardot, 1845) ou Le Journal d’un fou (titre préféré aujourd’hui) ont été plusieurs fois mis en scène au théâtre, généralement pour un conteur seul.

«  Les perceptions arrivant dans les conditions d’observation pauvres sont suspectent mais ne puis-je pas faire confiance au perceptions arrivant dans des conditions favorables »

 

L’argument du rêve comporte un sous-argument: l’argument de la folie,

Descartes dit que, au premier abord qu’il ne faut pas douter de ce dont je suis immédiatement conscient: on pourrait de demander si cela n’est pas être fou?

 

Mais pourtant même quand toutes les conditions de la perceptions sont idéales, des erreurs peuvent surgir et peuvent nous tromper. Le fait que l’erreur puisse venir de la folie pousse Descartes à se questionner sur les opinions. Cela prouve que nous ne pouvons pas être certain que nous sommes entrain de percevoir la réalité et que l’on peut douter de notre perception, cela pose la question de la folie.

Le fou: dépourvu de raison et de jugement. SZ

Représentation  de la folie – Littérature

« Quoi que dise de moi le commun des mortels (car je n’ignore pas tout le mal qu’on entend dire de la Folie, même auprès des plus fous), c’est pourtant moi, et moi seule, qui grâce à mon pouvoir surnaturel répand la joie sur les dieux et les hommes. Je viens encore d’en donner la preuve éclatante : à peine ai-je paru au milieu de cette nombreuse assemblée, pour prendre la parole, que tous les visages ont aussitôt été éclairés par la gaité la plus nouvelle et la plus insolite ; tous les fronts se sont tout de suite déridés ; vous m’avez applaudie avec des rires si aimables et si joyeux que, vous qui êtes venus de partout et tels que je vous vois, vous m’avez l’air ivres du nectar des dieux d’Homère mêlé de népenthès, alors qu’il y a un instant vous étiez sur vos sièges aussi sombres et soucieux que si vous veniez de sortir de l’antre de Trophonius. Mais quand le soleil montre son beau visage d’or à la terre, quand après un rude hiver le printemps nouveau souffle ses caressants zéphyrs, aussitôt toutes choses prennent figure nouvelle, nouvelle couleur et vraie jeunesse ; de même dès que vous m’avez vue votre physionomie s’est transformée. Et ainsi ce que des orateurs d’ailleurs considérables peuvent à peine obtenir par un grand discours longuement préparé, je veux dire chasser de l’âme les soucis importuns, je n’ai eu qu’à me montrer pour y parvenir. Je fais peu de cas de ces sages qui proclament que c’est le comble de la folie et de l’impertinence de chanter ses propres louanges. Folie tant qu’ils voudront, pourvu qu’ils reconnaissent que cela me convient à merveille. »  Eloge de la folie (nouvelle édition) d’Erasme (1511)

Le ton devient plus sombre lorsque la folie fait l’éloge de l’aveuglement et de la démence et lorsqu’on passe à un examen satirique des superstitions et des pratiques pieuses dans l’Église catholique ainsi qu’à la folie des pédants (pretentieux).

Peu à peu la Folie prend la propre voix d’Érasme qui annonce le châtiment.

 

Le fou est-ce l’autre ?

 

Mrs Dalloway – Virginia Woolf

 

 

Virginia Woolf

Virginia Stephen a grandi dans une famille recomposée dont le père, à la personnalité fantasque mais illustre, sera longtemps le modèle. Elevée dans une atmosphère très cultivée, Virginia développe très tôt une personnalité angoissée avant même que la mort prématurée de sa mère ne l’entraîne sur la pente de la dépression. Avec ses frères et sa sœur, elle fréquente rapidement les milieux artistiques, et à la mort de son père, son rythme créatif s’accélère. Elle est l’auteur de romans, comme Mrs Dalloway ou La Chambre de Jacob qui, en rupture avec les règles classiques littéraires, se veulent des tableaux ‘impressionnistes‘ des méandres de l’âme. Elle a aussi, grâce au soutien permanent de son mari, Léonard Woolf, édité de grands auteurs étrangers, comme Fiodor Dostoïevski ou Freud. Mais sa souffrance psychique est trop forte, Virginia Woolf se suicide en 1941.

L’étude de sa vie et de ses œuvres par les psychiatres contemporains conduit à penser qu’elle présentait tous les signes de ce qu’on nomme aujourd’hui « trouble bipolaire » (anciennement psychose maniaco-dépressive), maladie mentale alternant des épisodes de dépression et d’excitation, souvent associée avec une grande créativité mais conduisant bien des personnes au suicide

Résumé de l’œuvre

Mrs. Dalloway (1925) est un roman de Virginia Woolf qui décrit une journée de Clarissa Dalloway, dans l’Angleterre d’après la Première Guerre mondiale. Mais loin de se centrer sur ce seul personnage, Virginia Woolf offre une fresque de la ville de Londres et de ses habitants, vie rythmée pour tous par Big Ben. Elle réussit à entrecroiser surface des choses et exploration en profondeur des consciences intimes au fil des secondes qui s’écoulent, dans le désordre apparent de ce qui surgit en soi et dans le monde.

L’un des thèmes principaux de cet ouvrage est l’altérité, qu’il s’agisse de soi face aux autres mais aussi du face-à-face entre soi et soi-même. Ainsi nous pouvons apprécier le personnage principal de plusieurs façons, on le qualifie dès le départ comme un personnage mondain, d’ailleurs elle prépare une réception toute la journée et celle-ci a lieu à la fin du roman. À ce moment là, elle est un être en représentation, elle joue son rôle d’hôtesse de maison comme un chef d’orchestre. Il y a aussi une distinction entre Mrs Dalloway et Clarissa bien qu’il s’agisse de la même personne. Clarissa représente le personnage dans son intériorité, en tant que personne qui pense et qui sent. Mrs Dalloway représente le moi public du personnage, c’est sa situation civile, son rang social. Le même type de distinction s’opère pour les personnages secondaires. Cette dichotomie est au cœur du roman, au point que tout au long du texte, le lecteur se demande pourquoi elle quitte l’être qu’elle aimait pour se marier avec un inconnu qui avait pour seule caractéristique de « bien présenter ».

 

La notion de folie

 

Un autre couple est présent dans l’œuvre, celui de Septimus et Rezia, qui sont au contraire dans la dissonance totale. Lui a des séquelles psychologiques de la Première Guerre : il entend des voix qui lui livrent la vérité du monde et l’érigent au rang de figure christique. Son épouse souffre de ne pas avoir accès à ses illuminations et de son éloignement pendant ses crises de folies.

A travers le personnage de Septimus Warren Smith, dans Mrs Dalloway, qui apparaît comme le double masculin de Clarissa Dalloway, Virginia Woolf a concentré toutes les tendances destructrices que son héroïne porte en elle, et par conséquent bon nombre des siennes. Durant cette journée si particulière de la vie de Mrs Dalloway, cette « journée-carrefour » où se croisent tant de gens, dans la rue ou dans le salon de Clarissa, étrangers les uns aux autres pour la plupart, Mrs Dalloway et Septimus Warren Smith sont les seuls à ne pas se rencontrer. Ce qui existe entre Clarissa et Septimus, c’est une proximité silencieuse. Les deux personnages s’ignorent, ne se rencontrent jamais, jusqu’à ce que la mort de Septimus fasse brutalement irruption dans le salon de Mrs Dalloway.

Il existe donc un parallèle entre Septimus Warren Smith et Clarissa Dalloway ; tous deux incarnent en effet deux aspects identificatoires de Virginia Woolf : Clarissa, la vieille fille ou la névrose ; Septimus, le fou ou la psychose.

Il y a dans le personnage de Clarissa la présence d’une constante : une angoisse jamais affrontée, comme différée : « Et puis (…), il y avait la terreur, l’impuissance qui vient vous accabler : cette vie que vos parents vous ont remise entre les mains pour que vous la viviez jusqu’au bout, pour que vous avanciez sereinement en sa compagnie. Il y avait au tréfonds de son cœur une peur affreuse »

Mais c’est le personnage de  Septimus qui va permettre à Virginia Woolf de parler de la folie, de mettre en pleine lumière l’un des aspects de son moi, même si c’est encore, à ce moment-là, dans la crainte : « Naturellement, la partie de la folie m’éprouve beaucoup, oblige mon esprit à de telles contorsions que j’ai peine à envisager d’y consacrer les prochaines semaines »  . De la crainte voir même une angoisse qui ne veut pas dire son nom : « J’avoue que j’ai passablement peur de la folie ; et de faire preuve de trop d’habileté »
Peur de la folie donc, mais aussi peur de ne pas être intelligible aux autres, terreur de rester incomprise, comme elle l’avait été quelques années auparavant, par les médecins.

 Eléna

 

La nef des fous

 

marine

 

 

 

Ce tableau est un symbole de la folie humaine a l’époque de la renaissance.

 

Le fou est considéré comme quelqu’un de dépourvu de Cogito et d’humanité.

 

Le fait que ces hommes soit représenté sur un bateau nous amène à penser qu’ils sont chassés de la ville et conduit a les mener là ou le vent les portera. Ils partent vers des destinations inconnues peut être en quête de délivrance ou de compréhension ?

 

Sur ce tableau nous trouvons deux personnages religieux qui sont un moine et une bonne sœur, ceci nous amène a penser que Bosch a voulu critiquer le monde ecclésiastique et que même les hommes les plus croyant qui soit peuvent perdre tous leurs repères dont leurs repères religieux.

 

Il critique les mœurs dissolues du clergé et la débauche de la vie monastique longtemps critiquer à l’époque du peintre Bosch.

 

Il dénonce les vices de la folie humaine comme la gourmandise (voir tableau) et la luxure, vices très rependus a la renaissance.

 

 

 

http://www.google.fr/imgres?q=le+nef+des+fous&um=1&hl=fr&safe=vss&client=firefox-a&sa=X&rls=org.mozilla:fr:official&tbs=isz:m&tbm=isch&tbnid=r5QGK_rPPhlsaM:&imgrefurl=http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nef_des_fous_%28Bosch%29&docid=YpzVeB8Jy0pipM&imgurl=http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a2/Jheronimus_Bosch_011.jpg/280px-Jheronimus_Bosch_011.jpg&w=280&h=543&ei=2cnFUNi7I8i6hAfy-IDAAw&zoom=1&iact=rc&dur=359&sig=113480569718744726089&page=1&tbnh=155&tbnw=93&start=0&ndsp=35&ved=1t:429,r:0,s:0,i:72&tx=58&ty=75&biw=1280&bih=903


 

«  L’existentialisme est un humanisme »

L’existentialisme est un humanisme est l’ouvrage  philosophique de Jean Paul Sartre publié en 1946.Il peut être considéré comme l’exposé de sa conception philosophique.La thèse de Sartre est la suivante : La philosophie existentialiste est une philosophie humaniste qui place la liberté humaine au dessus de tout.En d’autres termes l’existence précède l’essence.L’humanisme se définie classiquement comme une doctrine qui défend la valeur de la personne humaine et qui cherche à réaliser son épanouissement.Sartre cherche donc a prouver la compatibilité de l’existence , pour lui , l’homme est condamné à être libre et il le dit lui-même « être condamné à être  libre  cela signifie qu’on ne saurait trouver à la liberté d’autres limites qu’elle-même » la seule limite à la liberté est pour Sartre la mort qui transforme l’existence en essence ; il distingue les modes de facticités c’est-à-dire de détermination pesant sur l’homme : le fait d’être dans une société et une époque , le fait d’avoir un corps , le fait d’avoir un passé , le fait d’exister dans un monde et celui d’exister parmi d’autres sujets et le fait de mourir. On peut conclure que l’homme est constamment hors de lui-même , qu’il n’y a as d’autres univers qu’un univers humain celui de la subjectivité humaine.Celui-ci est enfermé mais présent dans un univers  humain .C’est ce que l’on appelle l’humanisme existentialiste.Humanisme parce que l’homme décide de ce qu’il veut faire. Par ailleurs , Sartre critiquera l’hypothèse de Descartes avec cette citation «  Par la je pense , contrairement à la philosophie de Descartes […] nous n’atteignons nous-mêmes en face de l’autre , et l’autre est aussi certain pour nous que nous-même » L’existence d’autrui ne peut pas faire l’objet d’une démonstration car le « moi » ne se connait pas lui-même. Le concept de la folie est difficile à définir , on pourrait assimiler la folie à une simple déviance .On ne peut pas comprendre la folie tant qu’on aura pas une compréhension précise des états de la conscience

‘Le Monomane ou le fou aliéné »,Géricault

Réalisation de la peinture:

‘Le Monomane ou le fou aliéné » réalisé en 1822 par le peintre Géricault. Il fait partie d’une série d’une quinzaine de tableaux réalisée pour un professeur de psychiatrie, Étienne-Jean Georget. En effet, plutôt que d’amener le sujet en classe pour que les étudiants puissent examiner ses traits physiques, le professeur a chargé Géricault de le peindre. Le Dr. Georget tenait beaucoup à l’objectivité dans cette série d’œuvres. Cette toile appartient à un ensemble de dix portraits d’aliénés (dont cinq actuellement ont été perdus ou détruits). L’exécution de ces œuvres semble faire suite à une crise de dépression nerveuse dont a souffert l’artiste à l’automne 1819. Une dépression survenue après les mois de travail intensif pour la réalisation du Radeau de la Méduse.

Description de la peinture:

Le sujet représenté est habillé de façon très simple, on peut constatre qu’il a un col blanc, ce qui peut faire penser a la tenue d un pensionnaire d’ hôpital psychiatrique. Son visage semble être taillé au couteau, ses joues sont creuses, il n’ affiche aucun sourire et son regard est vide, il parait donc déprimé et sans aucune émotion ni expression. On peut apercevoir que sa posture courbée peut représenter une impression de nonchalance, il a aussi une attitude négligée de part sa barbe non rasée et ses cheveux ébouriffés .

Présence de la folie dans le tableau:

Dans ce tableau la folie peut être représenté par le personnage lui même qui parait sans âme et sans expression. Le regard vide et pourtant interpellé du sujet peut représenter une folie mentale sévère. Les couleurs sombres et ternes peuvent éventuellement représenter les noirceurs de la folie, les noirceurs de l’enfermement dans une chambre d’un hôpital psychiatrique.

La dépression du peintre pendant la réalisation du tableau peut être aussi un facteur de la présence de la folie dans ce tableau, car la dépression est un enfermement sur sois même tout comme la folie.

Parra Lorine


Une saison en enfer – Arthur Rimbaud

Après un Prélude où le poète annonce qu’il a failli devenir fou, qu’il a failli mourir aussi, Rimbaud retrace l’itinéraire qui l’a presque mené à sa perte. D’abord, dans Mauvais sang, il remonte jusqu’à ses ancêtres gaulois pour expliquer qu’il est issu d’une race esclave et que, né d’ancêtres qui ont couru les Sabbats et traversé l’Europe pour rejoindre les Croisades, l’ordre social lui a toujours été étranger. Une Saison en Enfer est le seul ouvrage qu’Arthur Rimbaud a fait lui-même publier et se situe à une période douloureuse de son existence. Il a été commencé en avril 1873. Il relate ses souffrances proches de la folie qui l’ont conduit aux portes de la mort, l’échec de son expérience de poète voyant. Il parle de ses désillusions, de ses doutes mais aussi de ses espoirs. Berger Pauline

extrait, monologue d’Ajax

Aïe, aïe ! Qui aurait jamais pensé que mon nom conviendrait ainsi à mes maux ? Maintenant, en effet, pourquoi ne crierai-je pas deux ou trois fois : Aïe ! aïe ! plongé que je suis en de tels maux ? Mon père, de cette même terre Idaienne, revint autrefois, ayant remporté les plus hauts prix des plus grandes actions guerrières et la plus illustre gloire ; et moi, son fils, qui suis venu vers cette même Troie avec un courage non moindre et qui ai fait d’aussi grandes actions, je meurs déshonoré parmi les Argiens. Mais, au moins, je tiens pour certain que si Akhilleus vivant avait décerné ses armes à qui eût emporté la palme du courage, aucun ne les aurait eues plutôt que moi. Maintenant, par leurs ruses, les Atréides les ont livrées, au mépris de mes actions glorieuses, à un homme subtil et impie. Et si ces yeux et cet esprit troublé ne m’avaient détourné de ce que j’avais résolu, ils ne pourraient plus désormais rendre un tel jugement contre quelqu’un. Mais la fille effrayante et indomptée de Zeus m’a égaré, quand je levais ma main sur eux, et m’a envoyé une démence furieuse qui a fait que j’ai souillé mes mains du sang de ces animaux. Et maintenant, m’ayant échappé contre mon gré, ils me raillent ; mais, quand un dieu le veut, le lâche échappe au plus brave. Que faut-il donc que je fasse ? Je suis manifestement détesté des dieux, l’armée des Hellènes me hait, et je suis odieux à Troia tout entière et à ce pays. Regagnant ma demeure, abandonnant cette station de nefs et laissant les Atréides, traverserai-je la mer Aigaienne ? Mais de quel front me montrerai-je à mon père Télamôn ? Comment soutiendra-t-il la vue de qui revient sans gloire et privé de ces prix du courage dont il avait obtenu, lui, l’illustre honneur ? Ceci n’est pas supportable. Si, me ruant contre les murailles Troiennes, je combattais seul contre eux tous, et si, accomplissant une action héroïque, je mourais enfin ? Mais je ferais une chose utile et agréable aux Atréides. Ceci ne me plaît en rien. Il faut tenter une autre voie par laquelle je prouverai à mon vieux père qu’un lâche n’est pas né de lui. En effet, il est honteux à un homme de désirer une longue vie, s’il n’y a aucun remède à ses maux. Qu’est-ce qu’un jour ajouté à un jour peut apporter de félicité, en reculant la mort au lendemain ? Je n’estime à aucun prix l’homme qui se flatte d’une vaine espérance. Ou vivre glorieusement ou mourir de même convient à un homme bien né. C’est tout ce que j’ai à dire.

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Pour Aristote, l’une des caractéristiques fondamentales de la tragédie grecque est la catharsis, c’est?à?dire la purgation des passions. Ajax, pièce écrite par Sophocle entre 450 et 440 avant J.?C, en est la preuve.Dans ce monologue, Ajax, fils de Télaman (roi de Salamine) et héros de la guerre de Troie, annonce son suicide. La remise en contexte donne sens à ce choix : la mort d’Achille fait éclater une querelle entre Ulysse et Ajax qui se disputent l’armure du héros. C’est à Ulysse qu’est remis cet objet et Ajax est alors épris d’une colère soudaine qui le jette dans la folie : il se met à tuer un troupeau de moutons, l’ayant confondu avec une horde d’ennemis. Accablé de honte, il compte se tuer dignement pour se racheter auprès de sa famille. Son monologue qui précède son suicide, constitue le point culminant de la pièce : l’exaltation est à son apogée.

Shining

 

Jack Torrance, ancien alcoolique et écrivain raté, décide de reprendre sa vie en main en s’installant avec sa femme Wendy et son fils Danny dans un hotel, l’Overlook Palace, qui offre en été, confort et luxe mais qui se retrouve en hiver complètement coupé du monde par le froid et la neige… Mais vous verrez que tout ne se passera pas aussi bien que cela…

C’est donc en tant que gardien que Jack Torrance y est embauché cette année là. Mais une fois coupés du monde, l’hôtel se réveille et avec lui, d’étranges phénomènes vont peu à peu avoir raison de la santé mentale, déjà fragile de Jack. Heureusement, le petit Danny possède un don ; Le « shining », qui lui permet de voir les choses et les êtres disparus.

Le 1er extrait est la bande annonce du film

http://www.youtube.com/watch?v=ILUCMYUXoaI

Le 2eme extrait illustre la folie de Jack Torrance

http://www.youtube.com/watchv=2TVooUHN7j4

AMZIL Farah

Le Fou et la Vénus

 

Quelle admirable journée! Le vaste parc se pâme sous l’œil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l’Amour.

L’extase universelle des choses ne s’exprime par aucun bruit; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c’est ici une orgie silencieuse.

On dirait qu’une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l’azur du ciel par l’énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l’astre comme des fumées.

Cependant, dans cette jouissance universelle, j’ai aperçu un être affligé.

Aux pieds d’une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l’Ennui les obsède, affublé d’un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l’immortelle Déesse.

Et ses yeux disent: – « Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d’amour et d’amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux.

Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l’immortelle Beauté! Ah! Déesse! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire! »

Mais l’implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.

 

Charles Baudelaire

Le 7ème poème de la section Tableau Parisien des Fleurs du mal, intitulé « Le fou et la Vénus », nous montre l’impuissance de l’homme, ici d’un bouffon ( considéré comme FOU ) à accéder à l’amour :

D’emblée, par une exclamation enthousiaste, l’auteur invite son lecteur à partager une belle journée ensoleillée dans un parc. Ce « climat » enjoué n’est si pas fréquent chez le morbide Baudelaire. Rien d’ailleurs, dans les premières lignes du texte, qui évoque « l’œil brûlant du soleil » et « la jeunesse sous la domination de l’Amour » ne vient illustrer le titre du recueil : le Spleen de Paris. Le premier paragraphe du poème nous transporte en effet bien loin de cette mélancolique dépression romantico/maladive qui s’accompagne d’une terrible impuissance à vivre, à tel point qu’on pourrait se demander si le poète ne manifeste pas un peu d’ironie à propos des « tics » romantiques et de cette propension à prêter au ciel des mouvements qui accompagneraient les émotions humaines.

Nous sommes dans un jardin à la française, un jardin calme, beau et luxueux. Nous sommes dans une nature silencieuse, où même les fontaines se taisent, une petite oasis de verdure bien loin de la ville assourdissante qui hurle. Et s’il y a une « orgie silencieuse », c’est seulement celle des couleurs, des parfums et des sons qui se répondent. C’est celle des parfums qui montent vers le ciel comme des encens, comme des fumées, retrouvant leur sens italien – parfumer – per fumare.

Dans ce parc trop luxuriant, trop ensoleillé, trop calme, trop vide: un homme, un seul, – du moins un seul qui mérite d’être remarqué parmi la multitude des êtres vulgaires et normaux, – la multitude des bourgeois. Un être disgracié, un être « affligé », un de ces défavorisés qu’on appellerait aujourd’hui un SDF, et qu’on appelait jadis un poète. Lui, c’est le bouffon, celui qui attire pitié et quolibets dans le monde civilisé et bienséant du Second empire, celui qui fait pouffer et s’indigner vertueusement les dames de la bonne société qui protègent leur teint si délicat sous la soie de leur ombrelle. C’est le même, un peu ivrogne et délirant, qui fait rire aujourd’hui les jeunes cadres qui rentrent du travail dans le métro parisien. De nos jours, avec le politiquement correct de rigueur, on l’appellerait un « disqualifié social », comme on appelle un « bon à rien » le poète, le musicien, l’artiste, celui qui n’a pas choisi la bonne voie( => DEFINITION DU FOU !! ). Le bouffon est le miroir du poète. Baudelaire l’a reconnu comme un frère. Ce costume « éclatant et ridicule », ces « cornes et ses sonnettes » qui ornent son front, c’est la défroque du rimailleur, c’est le costume de scène de l’amuseur public, du « bon à rien », de celui qui ne sait rien faire de ses dix doigts

Mais la statue est là, blanche au fond d’une allée. Elle est belle comme un rêve de pierre. Et sa beauté est telle que le bouffon en pleure, et demande la grâce d’un regard, juste un regard. Après tout, même difforme, même grotesque, le bouffon n’aurait-il pas droit à l’Amour et à la Beauté ? Mais Vénus ne parlera pas, pas plus au bouffon qu’au poète. Vénus restera silencieuse, inflexible, « avec ses yeux de marbre ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poprichtchine. Tableau d’Ilya Repine (1882).

La trame narrative de cette nouvelle est des plus ténues : il s’agit du journal tenu par un petit fonctionnaire d’un ministère, Poprichtchine, qui relate les menus faits qui ponctuent sa vie quotidienne. Attaché au service d’un général, en qualité de conseiller titulaire, il  passe son temps à accomplir des tâches répétitives et sans intérêt. Il  met tout en œuvre pour essayer d’attirer l’attention de Sophie, la fille du général, dont il s’est épris. Il  doit toutefois se résoudre à accepter de n’être à ses yeux qu’un objet de dérision. En butte à toute une série de vexations de la part de ses supérieurs  hiérarchiques, il essuie des avanies telles qu’elles suscitent en lui des désirs de grandeur irréalistes : ceux-ci se développent et s’aggravent jusqu’au point où, selon la logique d’une courbe ascensionnelle mégalomaniaque, il en vient à se prendre lui-même pour le roi d’Espagne après avoir lu un compte rendu dans un journal.  Au terme de ce parcours délirant, le lecteur comprend que Poprichtchine est enfermé dans un asile d’ aliénés.

En conclusion, Le journal d’un fouest un récit bouleversant car ce petit fonctionnaire souhaite être reconnu par tout le monde, et ne cherche qu’à exister aux yeux d’autrui. Ce personnage est donc incompris des autres, ce qui le sépare de la vérité et créer une rupture du monde en le plongeant dans la folie. Le mal-être de ce personnage devient émouvant et le lecteur devient un témoin impuissant face à cette situation.

 

Extraits :

Le miroir que tendent les autres reflète une image dégradante de soi

– Allons, réfléchis bien. Tu as passé la quarantaine, n’ est-ce pas ? Il serait temps de rassembler tes esprits. Qu’ est-ce que tu t’ imagines ? Crois-tu que je ne suis pas au courant de toutes tes gamineries ? Voilà que tu tournes autour de la fille du directeur maintenant ? Mais regarde-toi, songe une minute à ce que tu es ! Un zéro, rien de plus. Et tu n’ as pas un sou vaillant. Regarde-toi un peu dans la glace, tu ne manques pas de prétention !


Un beau jour, le narrateur devient fou, comme l’atteste le caractère délirant que prend son journal

C’est aujourd’hui le plus grand des triomphes. L’Espagne a un roi. Il s’est retrouvé. Et ce roi, c’est moi. C’est aujourd’hui seulement que je l’ai appris. J’avoue que ce fut comme si j’avais été illuminé soudain par un éclair. Je ne comprends pas comment j’avais pu croire et m’imaginer que j’étais conseiller titulaire. (…) Et tout cela provient, je suppose, de ce que les hommes s’imaginent que le cerveau se trouve dans la tête. Pas du tout : c’est le vent qui souffle de la mer Caspienne qui nous l’apporte.

 

Extrait de mise en scène :

 

http://www.dailymotion.com/video/xerw9h_le-journal-d-un-fou-de-nicolas-gogo_fun?start=134#.UMGeipF4j1E

 

Dans cette œuvre la Folie fait sa propre éloge mais un éloge qui est transformé en satire par Érasme. Il s’agit d’une fiction burlesque et allégorique. Érasme y fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique virulente des diverses professions et catégories sociales, notamment les théologiens, les maîtres, les moines et le haut clergé mais aussi les courtisans dont nous avons une satire mordante. Il existe une référence directe au genre au chapitre LX.

« Mais il n’est pas dans mon sujet d’examiner la vie des papes et des prêtres, j’aurais l’air de composer une satire au lieu de mon propre éloge, et l’on pourrait croire qu’en louant les mauvais princes j’ai l’intention de censurer les bons2. »

Cette citation illustre bien le ton de l’œuvre, où la Folie fait son propre éloge, mais un éloge transformé par Érasme en une véritable satire. Cette technique permet de surprendre le lecteur, et d’affiner une satire, de la rendre plus efficace.

«je veux dire chasser de l’âme les soucis importuns, je n’ai eu qu’à me montrer pour y parvenir. Je fais peu de cas de ces sages qui proclament que c’est le comble de la folie et de l’impertinence de chanter ses propres louanges. »

 

Dans cet extrait Érasme affirme que la Folie chasse de l’esprit les soucis importuns. Je pense que cela veut dire que la Folie fait disparaître la raison. De plus il dénonce les sages qui prétendent que faire l’éloge de soi-même n’est que folie

Naïla

Allégorie de la folie – Quentin Metsys

 

Ce tableau allégorie de la folie a été peint par Quentin Metsys ( 1466-1530).

Ce personnage porte des grelots autour de la taille, ce qui permet d’avertir de sa venue. Il tient une canne dont le pommeau représente une marionnette montrant ses fesses. Quant à sa coiffure, un bonnet d’âne est surmontée d’un coq dressé. Par le doigt posé sur sa bouche, ce personnage de carnaval demande le silence, surement au coq haut perché. De plus, l’inscription en flamand « Mondeken toe » signifie « garde ta bouche fermée ». Ce tableau représente de nombreuses symboliques. De plus, on peut le caractériser de fou, car il n’est pas « normal ».

C.V.

extrait, monologue d’Ajax

Aïe, aïe ! Qui aurait jamais pensé que mon nom conviendrait ainsi à mes maux ? Maintenant, en effet, pourquoi ne crierai-je pas deux ou trois fois : Aïe ! aïe ! plongé que je suis en de tels maux ? Mon père, de cette même terre Idaienne, revint autrefois, ayant remporté les plus hauts prix des plus grandes actions guerrières et la plus illustre gloire ; et moi, son fils, qui suis venu vers cette même Troia avec un courage non moindre et qui ai fait d’aussi grandes actions, je meurs déshonoré parmi les Argiens. Mais, au moins, je tiens pour certain que si Akhilleus vivant avait décerné ses armes à qui eût emporté la palme du courage, aucun ne les aurait eues plutôt que moi. Maintenant, par leurs ruses, les Atréides les ont livrées, au mépris de mes actions glorieuses, à un homme subtil et impie. Et si ces yeux et cet esprit troublé ne m’avaient détourné de ce que j’avais résolu, ils ne pourraient plus désormais rendre un tel jugement contre quelqu’un. Mais la fille effrayante et indomptée de Zeus m’a égaré, quand je levais ma main sur eux, et m’a envoyé une démence furieuse qui a fait que j’ai souillé mes mains du sang de ces animaux. Et maintenant, m’ayant échappé contre mon gré, ils me raillent ; mais, quand un dieu le veut, le lâche échappe au plus brave. Que faut-il donc que je fasse ? Je suis manifestement détesté des dieux, l’armée des Hellènes me hait, et je suis odieux à Troia tout entière et à ce pays. Regagnant ma demeure, abandonnant cette station de nefs et laissant les Atréides, traverserai-je la mer Aigaienne ? Mais de quel front me montrerai-je à mon père Télamôn ? Comment soutiendra-t-il la vue de qui revient sans gloire et privé de ces prix du courage dont il avait obtenu, lui, l’illustre honneur ? Ceci n’est pas supportable. Si, me ruant contre les murailles Troiennes, je combattais seul contre eux tous, et si, accomplissant une action héroïque, je mourais enfin ? Mais je ferais une chose utile et agréable aux Atréides. Ceci ne me plaît en rien. Il faut tenter une autre voie par laquelle je prouverai à mon vieux père qu’un lâche n’est pas né de lui. En effet, il est honteux à un homme de désirer une longue vie, s’il n’y a aucun remède à ses maux. Qu’est-ce qu’un jour ajouté à un jour peut apporter de félicité, en reculant la mort au lendemain ? Je n’estime à aucun prix l’homme qui se flatte d’une vaine espérance. Ou vivre glorieusement ou mourir de même convient à un homme bien né. C’est tout ce que j’ai à dire.

Thomas

 L’âge mur, 1898.

Elle est séparée de Rodin lorsqu’elle réalise cette œuvre. Au départ, c’est une œuvre de commande qui est censée illustrer un homme attiré par l’âge, représenté par des mains qui le tirent et l’enlèvent. L’homme tente de tendre la main vers la jeunesse qu’il semble vouloir suivre, mais c’est trop tard. Le mouvement de tissu donne une impression de rapidité, l’âge emporte l’homme à grands pas.

Néanmoins, plusieurs interprétations de cette œuvres ont été réalisées.

D’une part, cette œuvre pourrait montrer la différence de Camille qui  défie la morale sexiste du monde de l’art de l’époque en sculptant le nu avec la même liberté que les hommes. En effet, cette jeune femme voulait prouver qu’elle pouvait être aussi talentueuse qu’un homme, ce qui lui a valu d’être différente des autres femmes et d’être solitaire.

Mais, cette œuvre pourrait aussi être autobiographique de la vie de Camille. Et c’est ce que son frère, Paul, a directement pensé: « Ma sœur Camille, implorante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, et savez-vous ce qui s’arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c’est son âme ». Nous pouvons en effet imaginer que l’homme est Rodin, l’amant retenu par sa vieille et fidèle maîtresse, Rose Beuret. Camille se tiendrait alors à genoux, ne voulant pas le laisser partir et tentant de le retenir. Elle serait soumise à lui, elle le supplierait et l’implorerait, en vain. Cette sculpture pourrait bien illustrer l’état dans lequel est Camille lorsqu’elle quitte Rodin après avoir fait face à des refus de ses demandes en mariage et à des avortements car il ne voulait pas d’enfant avec elle.

Par ailleurs, cette œuvre peut aussi représenter le début de la folie dont est en proie Camille.  Ces mains qui tirent l’homme peuvent représenter sa mère, qui lui enlève tout ce qui lui reste : sa famille, ses amis, sa possibilité de correspondre avec les gens qu’elle aime et son envie de sculpter. L’homme peut représenter Rodin qui la laisse, mais aussi tous les gens qui finissent par lui tourner le dos. Le mouvement de tissu quant à lui peut illustrer la rapidité avec laquelle son état de santé s’aggrave, avec laquelle elle se retrouve seule. Et la jeune femme à genoux, c’est elle, seule et perdue dans un monde qui ne la comprend plus. Sa position peut représenter le comportement qu’elle avait dans l’hôpital ; elle tentait de se rebeller dans les lettres, de comprendre pourquoi et d’essayer de sortir de cet enfer. Mais la journée, elle ne faisait rien, elle attendait, comme sur cette œuvre, elle essayait de rattraper ce qu’elle avait perdu, tout en sachant que c’était trop tard, tout en étant devenue trop faible par rapport à ceux qui avaient pris le dessus sur elle.

Enfin et selon Paul, son frère, Camille puisait son inspiration dans ce qui la constituait et la mettait à l’épreuve. Nous pouvons donc penser que chacune de ses œuvres contenait une partie d’elle, de sa vie et de ses pensées. La folie pourrait donc être représenter dans ses sculpture. Mais cela reste des interprétations de gens qui la pensaient différente, qui ne la comprenaient pas. Etait-ce réellement de la folie que l’on voyait dans ses œuvres ? Ou plutôt une forme de différence que la société ne parvenait pas à accepter ? Pour cette œuvre, Camille a-t-elle réellement mis une pertie d’elle-même, ou s’est-elle contentée de réaliser une œuvre de commande ? Son internement était-il réellement justifié ? Ses œuvres devraient-elles être des preuves de sa folie ? Tant de questions qui ne trouveront jamais de questions, mais seulement des hypothèses.

Sources :

http://www.laprovence.com/article/web/camille-claude-une-vie-bien-singuliere

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Claudel

http://www.liberation.fr/culture/0101346622-camille-claudel-asile-annee-zero

http://camilleclaudel2013.blogspot.fr/2012/04/camille-claudel-de-la-grace-lexil.html

http://www.camilleclaudel.asso.fr/

Lily Etienne

 

Article folie de l’encyclopedie
VOLTAIRE

 

Article écrit au XVIIIeme siècle par Voltaire ( Francois Marie Arouet de son vrai nom ) ,figure emblématique de la France des Lumières, chef de file du parti philosophique.

§1 : selon Voltaire la folie est d’avoir des pensées incohérentes et une conduite de même .
Les fous manifestent leur folie dans leur rêves : il prend pour exemple une digestion laborieuse qui engendre des idées incohérente l’agitant , c’est est une punition de la nature pour avoir manger trop d’aliments . « les reves inquiets sont réellement une folie passagère »   

§2 : la folie est une maladie empêchant un homme de pensé , agire comme les autres . Il ne sait pas gérer ses pensées
A la vu des autres il est donc exclut de la société
Son « traitement » : si il est dangereux on l’enferme ; si il est furieux on l’attache – quelque fois on le gueri par les bains , la saignée , le régime

§3 : «  cette homme n’est point privé d’idees il en a comme tous les autres homme pendant la veille ou souvent quand il dort »
-> l’homme fou selon Voltaire a des idees comme tout autre homme sain mais alors il pose comme probleme le fait que si son ame recevant des idées il n’en fait un jugement sain ?

§4 : Qui peut empecher le fou de raisonner comme les ames de cerveaux sage ?
-> le fou a une ame qui n’a aucune infirmité , il pense donc juste a rebour des ame saines ..
« quelque chose qui se passe dans son corps , rien ne peu cahnger son essence »

§5 : le fou est est une maladie , dont le cerveau patit

Il va donc créer un dialogue entre un docteur et son fou ,pour debattre sur le sujet et suivre sont raisonement

Le docteur : le fou a perdu le sens commun , il a une ame mais mal logé : l’air lui manque il etoufe
le fou : j’ai les memes sens que je percoit egale a vous , mon ame fait donc un mauvaise usage de ses sens  «  mon ame est folle pour elle-même ou je n’ai pas d’ame »

Le docteur « Dieu créait des ames folles comme des ames sages » et le fou répond « si je croyais cela je serais encore plus fou que je ne le suis, vous qui en saviez tant dite moi pourquoi je suis fou » le docteur répond « je n’en sais rien » .

Voltaiore se moque des médecins qui cherchent un sens à la folie sans vraiment parvenir à une explication, il cite Blaise Pascal , Jacques Abbadie et Jonathan Swift qui dit « tout trois mort fou ».

Dans le dernier paragraphe, le fait de créer un dialogue le fou est rendu raisonné capable de répliquer et suivre un conversation, conscient de sa maladie : Voltaire lance un critique.

Chaïm Soutine, né en Russie, dans le village de Smilovitchi, près de Minsk, dans l’actuelle Biélorussie, le 9 juin 1831 et mort à Paris, le 9 août 1943, est un peintre français.

Ce tableau représente la folie tout d’abord par son titre « l’idiot du village ». Par ce qualificatif on peut en conclure que le petit garçon est rejeté de la société et de son village. Comme on peut le voir ce petit garçon est seul, sur une chaise. Il est déformé par la peinture de Soutine.

 

A priori ce tableau n’est pas intéressant car on n’y voit qu’un enfant assis sur une chaise mais il reflète bien la folie car cet enfant est rejeté de son village parce qu’il est considéré comme « idiot » et c’est le même principe que les fous qui sont rejetés, et internés.

 

(Mais ne serait-ce pas les autres les « idiots » ou les « fous » de rejeter cet enfant ?)

L’Histoire du Dormeur Eveillé, Contes des Mille et une Nuits

Dans l’extrait ci-dessous, quel est le statut de la folie ?

A savoir : Abou Hassan est le héros de l’histoire. Un jour il rencontre le calife déguisé en marchand et lui confie vouloir être souverain juste pour une journée dans le but de châtier des malfrats. Après avoir été endormi par le calife, il se réveille dans son palais et après un temps de réalisation vit une journée de calife. Mais lorsque la journée se termine et qu’il se réveille le lendemain chez lui il est persuadé d’être calife et ne se reconnait plus en tant qu’Abou Hassan mais en tant que Commandeur des Croyants…

 « Je ne suis plus ton fils, ni Abou Hassan, reprit-il ; je suis certainement le Commandeur des croyants, je ne puis plus en douter après ce que tu viens de me raconter toi-même. Apprends que c’est par mes ordres que l’iman et les quatre scheikhs ont été châtiés de la manière que tu m’as dit. Je suis donc véritablement le Commandeur des croyants, te dis-je ; et cesse de me dire que c’est un rêve. Je ne dors pas, et j’étais aussi éveillé que je le suis en ce moment que je te parle.[…] Dieu soit loué de tout ! Ce qu’il y a de vrai, c’est que je suis très-certainement le Commandeur des croyants ; et toutes tes raisons ne me persuaderont pas le contraire. »

La mère qui ne pouvait deviner, ni même s’imaginer pourquoi son fils soutenait si fortement et avec tant d’assurance, qu’il était le Commandeur des croyants, ne douta plus qu’il n’eût perdu l’esprit, en lui entendant dire des choses qui étaient dans son esprit au-delà de toute croyance, quoiqu’elles eussent leur fondement dans celui d’Abou Hassan. Dans cette pensée : « Mon fils, lui dit-elle, je prie Dieu qu’il ait pitié de vous, et qu’il vous fasse miséricorde. Cessez, mon fils, de tenir un discours si dépourvu de bon sens.[…] De si belles remontrances, loin d’adoucir l’esprit d’Abou Hassan, ne servirent qu’à l’aigrir encore davantage. Il s’emporta contre sa mère avec plus de violence. « Vieille, lui dit-il, je t’ai déjà avertie de te taire : si tu continues davantage, je me lèverai, et je te traiterai de manière que tu t’en ressentiras tout le reste de tes jours. Je suis le calife, le Commandeur des croyants, et tu dois me croire quand je te le dis. »

Alors la bonne dame qui vit qu’Abou Hassan s’égarait de plus en plus de son bon sens plutôt que d’y rentrer, s’abandonna aux pleurs et aux larmes. […] Abou Hassan, au lieu de s’apaiser et de se laisser toucher par les larmes de sa mère, s’oublia lui-même au contraire jusqu’à perdre envers elle le respect que la nature lui inspirait. Il se leva brusquement, il se saisit d’un bâton ; et venant à elle la main levée comme un furieux : « Maudite vieille, lui dit-il dans son extravagance et d’un ton à donner de la terreur à tout autre qu’à une mère pleine de tendresse pour lui, dis-moi tout à l’heure qui je suis ? « Mon fils, répondit la mère » À ces paroles, Abou Hassan ne se posséda plus. il se persuadait plus que jamais qu’il était le calife, , « Hé bien, vieille sorcière, s’écria-t-il, seras-tu convaincue quand je te dirai que c’est moi qui t’ai envoyé ces mille pièces d’or par mon grand vizir Giafar, qui n’a fait qu’exécuter l’ordre que je lui avais donné en qualité de Commandeur des croyants ? Cependant, au lieu de me croire, tu ne cherches qu’à me faire perdre l’esprit par tes contradictions, et en me soutenant avec opiniâtreté que je suis ton fils. Mais je ne laisserai pas longtemps ta malice impunie. » En achevant ces paroles, dans l’excès de sa frénésie, il fut assez dénaturé pour la maltraiter impitoyablement avec le bâton qu’il tenait à la main.

La fureur d’Abou Hassan commençait un peu à se ralentir quand les voisins arrivèrent dans sa chambre. Le premier qui se présenta, se mit aussitôt entre sa mère et lui ; et après lui avoir arraché son bâton de la main : « Que faites-vous donc, Abou Hassan, lui dit-il ? Avez-vous perdu la crainte de Dieu et la raison ? Jamais un fils bien né comme vous, a-t-il osé lever la main sur sa mère ? Et n’avez-vous point de honte de maltraiter ainsi la vôtre, elle qui vous aime si tendrement ? » Abou Hassan encore tout plein de sa fureur, regarda celui qui lui parlait sans lui rien répondre ; et en jetant en même temps ses yeux égarés sur chacun des autres voisins qui l’accompagnaient : « Qui est cet Abou Hassan dont vous parlez, demanda-t-il ? Est-ce moi que vous appelez de ce nom ? »

Dans cet extrait Abou Hassan a perdu son identité, il ne se reconnait plus en tant qu’Abou Hassan mais en tant que calife et n’accepte pas de se faire raisonner par sa mère. Bien qu’elle lui soutienne qu’il est son fils il se met dans une grande colère et finit par la frapper. La folie rime ici avec violence . elle est nommée dans le texte par : « frénésie, fureur… ». C’est en fait par ce que le personnage n’est pas reconnu en tant que calife qu’il devient furieux, il est dérouté car la veille il était dans un palais entouré de ses sujets et le lendemain il se retrouve dans sa maison d’origine sans personnes pour réaliser ses souhaits.

 

 

 

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