Cours 1 LA RECHERCHE DE SOI

CHAPITRE 1 : La ( =/ une) recherche de soi

  • la confiance
  • qui on est : l’identité
  • ne pas oublier d’où l’on vient
  • tester / dépasser nos limites

rechercher le soi =/ Qui suis-je ?

La recherche est une quête, une démarche, un processus.

le soi = le but

la recherche = le cheminement vers le soi, la méthode (avec étapes)

OR, c’est une aporie, soit une question sans issue, sans solution. L’aporie est au fondement de la méthode socratique.

Dans le soi, il y a son objet (ob/jectum : devant, loin / jeter) et son sujet.

C’est la subjectivité qui fait obstacle à la connaissance.

Science exacte // Sciences humaines

Un sujet qui étudie un objet // Un sujet qui étudie un sujet (ou non : exemple Dieu)

Il n’y a donc pas d’objectivité dans les sciences humaines. La distance n’est pas prise, ne peut pas être prise.

Auguste Comte : « On ne peut pas observer depuis le balcon et se voir traverser dans la rue. »

Depuis Descartes, l’identité, le « je » est associée à la conscience.

Aristote : « L’Homme est un animal politique. »

Toute connaissance suppose une distance. Ce qui est le plus proche de nous devrait être évident mais n’est pas visible. Qui/Quoi fait la recherche de soi ? Pourquoi/Pour quoi ?

Texte de Pascal, Pensées (XVIIème siècle = époque classique)

Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Descartes donne une définition étymologique de la conscience. Il met la morale de côté. Il sépare le corps et l’esprit et place l’esprit au dessus du corps.

Conscience = cum scentia (avec le savoir, la connaissance). Il balaie la philosophie connue depuis l’Antiquité en disant que la vérité n’est pas dans ce que l’on cherche, mais dans notre esprit en train de chercher (« cogito ergo sum »//« cogito, sum ») : « je pense, je suis ». La raison nous permet de réfléchir. Descartes a pour objectif de rechercher la vérité par l’usage de sa seule raison. Il arrive à la conclusion que la vérité est dans l’acte même de penser. Nous avons donc conscience que cesser de penser, c’est cesser d’être.

Je ne peux pas imaginer sans savoir que j’imagine. Je ne peux pas rêver sans savoir que je rêve ? Le rêve nocturne ne relève pas de la conscience, mais du corps ; c’est organique. C’est Freud qui dit que le rêve est une construction de l’esprit, non pas du corps. Je suis conscient de ce qui se passe dans mon esprit, mais pas dans mon corps. Cette conscience est immédiate chez Descartes. Il n’y a pas de rapport chronologique ni logique. Être n’est pas le conséquence de penser et penser ne précède pas le fait d’être. Je suis quelque chose qui pense. Quelque chose qui n’a pas besoin de corps pour être. C’est l’esprit pensante, le « je ». Il n’a pas levé le doute sur le fait que son corps, ni les autres corps existent. Il n’a pas non plus levé le doute sur les mathématiques. Un malin génie peut rendre ses calculs faux, mais il ne peut pas l’empêcher de calculer, de penser, de réfléchir, d’halluciner. La seule condition de faire ce que l’on peut, c’est savoir ce que l’on veut. C’est le libre arbitre.

Descartes : « L’âme est plus facile à connaître que le corps. »

Son Discours de la méthode est le premier texte à être écrit en français. Il s’en justifie en disant que cela permet aux femmes de le lire. Il écrit ensuite Les méditations métaphysiques en latin, une explication des textes du discours. La critique que l’on fait à Descartes sur la première vérité qu’il trouve, c’est le solipsisme (= la solitude du sujet pensant). Descartes enferme la conscience dans la vérité. Pascal le lui reproche… Alors que pour Descartes, c’est le corps qui est malade, Freud défend le fait que la maladie peut venir de la conscience.

L’Américaine Cindy Sherman, célébrée à la Fondation Louis Vuitton

La recherche de l’identité est problématique car cela suppose une distance entre celui qui cherche à se définir et l’objet qui est recherché. L’identité à soi, est-ce l’absence de distance ? Puis je me mettre à distance avec ce « je » qui prétend se connaître ? Ne faut-il pas substituer à la question qui suis-je ? la question que suis-je ? afin de se donner un objet de recherche ?

1) Le primat de l’esprit sur le corps

Le fait de penser Descartes, lorsqu’il affirme « je pense donc je suis », ce qu’il appelle l’être pourrait tout à fait être l’âme sans corps.

Penser = tout ce qui se passe dans l’esprit

c’est le principe, le fait de réfléchir, sentir, vouloir, imaginer qui est la condition de notre être

Penser = Apercevoir/Saisir immédiatement tout ce qui se passe dans notre esprit.

C’est pourquoi l’esprit a le primat sur le corps car « je sais que je veux » au moment ou « je veux ».

Conséquence c’est l’esprit qui est le maître de nous même

C’est l’esprit qui nous permet de percevoir le monde extérieur comme d’agir sur le monde en toute conscience.

Pour Descartes : Emotions = Passions

– Notre intériorité, notre intimité ce qui nous est le plus proche n’est jamais physique ni matériel ni dans l’espace.

– De l’extérieur , je peux observer quelqu’un mais je ne peux connaître ses pensées. Si je me regarde dans un miroir il n’est pas sûr que mes pensées les plus intimes s’apparaissent.

Les comportements extérieurs ne sont qu’une représentation de ces ressentis intérieurs.

-La perception du monde extérieur reste subjective de la même manière que nous ne connaissons pas les intentions les volontés et les désirs d’autrui. Il semble difficile de se connaître soi-même de l’extérieur.

2 ) Penser, l’âme c’est la substance pensante et le corps c’est la substance étendue

Descartes « Nous ne concevons aucun corps que comme divisible, au lieu que l’esprit ou l’âme de l’homme, ne se peux concevoir que comme indivisible ; En effet, nous ne saurions concevoir la moitié d’aucune âme, comme nous pouvons faire du plus petit de tout les corps ; En sorte que leur nature ne sont pas seulement reconnues comme diverses, mais même en quelque façon contraires. »

Méditations métaphysiques

« Je ne suis pas logé dans mon corps comme un pilote dans son navire »

L’âme ne commande pas le corps, le corps a ses mouvements propres, que Descartes appelle les passions.

Hypothèse du Malin Génie :

Le Malin Génie fausse toute perception des choses et nous laisse l’acte de penser comme seule certitude.

La connaissance de l’âme est première et condition de toutes les autres connaissances, y compris celle de son propre corps. JE ne peux pas connaître mon corps sans connaître mon âme. Cette distinction de l’âme et du corps est un obstacle épistémologique aussi bien pour la connaissance :

-Psychologique

-Physiologie

Descartes n’a pas résolu l’union problématique entre l’âme et le corps.

Que retenir des critiques dualismes :

– la connaissance de soi

– la maîtrise de soi

? appliquer sa raison, sa volonté

3) La conception matérialiste de l’esprit

? l’esprit n’est plus considéré comme une entité spirituelle mais comme un système de traitement de l’information qui se réalise dans le corps

C’est en continuité de ce que les philosophes appellent « le corps machine » :

« l’Homme est le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant »

L’esprit aujourd’hui peut être compris comme une machine complexe par les réseaux neuronaux du cerveau :

cf : « L’Homme neuronal » de Jean Pierre Changeux /  « La mettrie », Diderot

les analyses de l’esprit par une pensée matérialistes permettent de résoudre 3 questions :

1- Pourquoi l’esprit est il lié a 1 corps déterminé ?

2 – Comment expliqué que l’esprit humain émerge de l’évolution des espèces et même, du développement biologique de l’individu ?

3 – Comment l’esprit peut il interagir avec le corps ?

Le matérialisme semble avoir un pouvoir explicatif plus important dans la mesure où il est fondé sur la recherche d’une conception scientifique de l’esprit : aujourd’hui nous pouvons observer le cerveau ou encore le langage.

En ce qui concerne notre identité elle devient une réalité accessible à condition de supposer qu’elle repose sur le corps d’un individu. Il serait possible de se connaître de extérieure par certains caractères physiques ou biologiques (les théories du comportement).

La seule difficulté, c’est la reconnaissance de soi-même qui ne semble pas dépendre d’une observation de son propre corps.

CONCLUSION : Que ce soit une conception dualiste ou matérialiste qui nous guide pour répondre à la question : « que suis-je ? », on peut affirmer que le problème reste celui de sa propre identité. Nous savons ce que nous sommes : des personnes qui se distinguent de simples choses. Mais la question de l’identité, d’une personne reste complexe et nous empêche de définir le moi ou même de parler en première personne.

TEXTES DANS LE MANUEL HLP TERMINALE NATHAN

SCHOPENHAUER P. 138 / SAINT AUGUSTIN P.139 / BERGSON P.140 / PASCAL P.142 /LEWIS CAROLL P.143