Lettre à un astronome / comédien

Compte rendu de la sortie théâtre :

Les thèmes étaient très théoriques, une approche scientifique mais pas vraiment philosophique (retracer l’histoire en vulgarisant le coté scientifique, mais aussi l’histoire des religions, croyances) pas de projection de l’aspect philosophique  sur les sciences. Uniquement l’aspect religieux.

Les théories scientifiques ne nous permettent pas d’avoir la vérité mais seulement une approche de celle-ci. Est-ce que la démarche scientifique nous permet d’atteindre la vérité ? Est-ce que la recherche de la vérité par un raisonnement pur, n’est pas contradictoire car il faut avoir la foi en cela ?

La vérité, c’est une idée et nous supposons que tous les hommes possèdent.

Lorsque le comédien a évoqué qu’il y avait une partie en tout homme, qui était dans la croyance, et une autre partie qui était à la recherche de la vérité on peut le rapprocher du fait que la croyance vient des sentiments, du corps, et la recherche du vrai de la raison. L’homme n’est pas parfait au sens d’un être de pure raison. Bien penser, c’est la rationalité, c’est penser par la raison, par étapes (Descartes)

-    Le chercheur croit trouver quelque chose, la vérité.

-     C’est une passion qui anime le chercheur, un amour de la véri

 

Thèmes philosophiques que nous pensions aborder :

- La raison et la foi

- L’anthropocentrisme

- L’astronomie en tant que science : qu’est ce qu’une science, une démonstration, quel est le rôle de l’expérience ?

- Les sciences et les techniques, l’enjeu moral ?

- La représentation théâtrale de l’histoire des sciences

- La double face d’un même personnage représentant la raison et le sentiment (éclaircissement attendu)

- L’intérêt philosophique d’une réflexion sur l’astronomie ?

- Les sens sont-ils trompeurs ?

- Voit on la vérité a travers la lunette ?

- Pourquoi ne pas prendre plusieurs acteurs pour faire les différents rôles ?

- Quel est le rôle du caillou ?

- Notion de proportion par rapport à l’espace et au temps (représentation de tout l’univers sur une année)

 

La classe de Terminale S

Adressé à Jean Louis Heudier :

http://www.heudier.eu/

 

Qu’est ce que Philosopher ?

« S’étonner, voilà un sentiment qui est tout à fait d’un philosophe. La philosophie n’a pas d’autre origine ». Platon

« C’est en effet l’étonnement qui poussa comme aujourd’hui les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. » Aristote

La philosophie est définie au V° / VI° siècle avant J-C par les grecs comme « amour de la sagesse ». Elle n’a pas toujours existé partout, (en Orient par exemple il y a pas de philo mais de la pensée) . La philosophie naît dans la Grèce antique . Un des premiers philosophes est Thalès, nommé ainsi par Platon qui invente le mot philosophe. Le philosophe est celui qui aime, l’amant. La philosophie est érotique car l’amant est fortement attiré par l’objet de son amour .

L’objet de ce désir est Sophia (la sagesse): elle signifie le savoir , la connaissance c’est à dire la science.

Philosopher c’est recherche la vérité.

Sophia signifie aussi le savoir-faire, l’habileté, la prudence c’est la praxis c’est a dire l’action.

Philosopher c’est aussi rechercher le juste, le bien, c’est savoir appliquer dans la vie les connaissances que l’on peut acquérir.

Le philosophe n’est pas le sage, il désire la sagesse, il recherche la vérité et la justice.

La condition pour philosopher est de reconnaitre sa propre ignorance.

I°) Origines de la philosophie .

1) Le « miracle grec »
Au Vième, VIième siècle avant J.C, la Grèce connaît des changements importants, en particulier en politique : La naissance de la démocratie (Demos = peuple, Cratos = pouvoir).
A Athènes, les hommes libres peuvent participer à l’assemblée et parler librement sur l’Agora.
2) Les traditions mises en cause.
La culture au sens large commence à poser des problèmes, en particulier la religion, mais aussi les mythes. On passe d’une tradition orale au début de l’écriture, d’une tradition privilégiant le surnaturel aux balbutiements de la science (physique). Certains penseurs veulent étudier la nature.
Le changement le plus important dans tous les modes de pensée est le passage de l’imaginaire à la raison. C’est Thalès, Aniximandre et Anaximène.
3) Les premiers philosophes.
Platon va écrire des dialogues où il met en scène son maître Socrate ou tous les Athéniens qu’il a pu interroger. Le style de Platon n’est pas encore véritablement philosophique, il est encore littéraire puisqu’il y a encore le mythe et des images, ces exemples dont il conseille lui même de s’en débarrasser. Platon définit la philosophie comme recherche de la vérité contre toutes opinions, toutes idées immédiates, approximatives et contre toutes croyances. Philosopher c’est se mettre en route, c’est rechercher de manière rationnelle le savoir.

A la mort de Socrate, Platon abandonne la politique et décide de fonder la 1er école de Philosophie: l’Académie. Il écrit au fronton: «  Nul n’entre ici, s’il n’est géomètre. » Il aura pour élève Aristote qui a son tour fonde le lycée.

II°) Philosopher ce n’est pas faire de la philosophie.

La philosophie est une matière, c’est-à-dire un ensemble de doctrines, de pensées, une histoire de thèmes et d’œuvres de différents philosophes. Mais ce n’est pas en apprenant la philosophie que l’on devient soi-même philosophe.

1) Apprendre à philosopher c’est apprendre à penser par soi-même.

Il faut se débarrasser de toutes les opinions personnelles ou générales et viser l’universalité d’une pensée juste. Il faut également se débarrasser du vécu, des expériences que ce soit la notre ou celles des autres. Il faut enfin se méfier du sensible, c’est à dire les 5 sens, les sentiments et l’imagination.

2) Philosopher c’est faire l’usage de sa raison.

La raison c’est la faculté de l’esprit qui nous permet grâce à la démonstration de rechercher la vérité (être rationnel). «Avoir raison» c’est dire le vrai. «L’âge de raison» c’est le moment où l’enfant est capable de distinguer le vrai du faux. La «raison du plus fort» c’est le discours qui argumente, justifie la force. Ces trois exemples illustrent le sens théorique du mot raison. Mais il faut citez le sens moral, pratique : être raisonnable cette fois c’est distinguer le bien du mal, le juste de l’injuste.

3) Philosopher c’est rechercher la vérité.

C’est une recherche rationnelle, universelle qui n’aboutit pas à un savoir absolu. Le philosophe n’est pas le sage, il cherche le savoir et rien ne dit que ce pari, cette exigence puisse être satisfaite. « Penser c’est dire non» Alain. Penser c’est refuser les croyances, les idées reçues, les préjugés, les opinions «l’opinion a, en droit, toujours tord» (Bachelard, XX°). La vérité n’est pas la réalité, c’est un jugement sur la réalité. Ce que recherche donc le philosophe est un critère sûr et universel pour juger le réel, pour dire le vrai.

Conclusion :

Philosopher c’est problématiser, c’est à dire montrer que le réel ne va pas de soi, n’est pas évident.

Le moyen pour mettre en question la réalité est de faire usage de sa propre raison. Il faut trouver un discours sur le réel, capable de dire le vrai. Il ne s’agit pas d’un débat qui consiste en la confrontation d’opinions. Le philosophe ne prétend pas avoir raison ni convaincre son interlocuteur.

Le discours philosophique, sur le modèle de Socrate, est un dialogue ( dia = deux, logos = raison, parole).

«  Philosopher c’est le dialogue de l’âme avec elle-même » Platon.

On doit remettre en question toutes les idées qui se trouvent en notre esprit, se demander si ce ne sont pas des préjugés, des opinions, des idées reçues.