Lettre à un astronome / comédien

Compte rendu de la sortie théâtre :

Les thèmes étaient très théoriques, une approche scientifique mais pas vraiment philosophique (retracer l’histoire en vulgarisant le coté scientifique, mais aussi l’histoire des religions, croyances) pas de projection de l’aspect philosophique  sur les sciences. Uniquement l’aspect religieux.

Les théories scientifiques ne nous permettent pas d’avoir la vérité mais seulement une approche de celle-ci. Est-ce que la démarche scientifique nous permet d’atteindre la vérité ? Est-ce que la recherche de la vérité par un raisonnement pur, n’est pas contradictoire car il faut avoir la foi en cela ?

La vérité, c’est une idée et nous supposons que tous les hommes possèdent.

Lorsque le comédien a évoqué qu’il y avait une partie en tout homme, qui était dans la croyance, et une autre partie qui était à la recherche de la vérité on peut le rapprocher du fait que la croyance vient des sentiments, du corps, et la recherche du vrai de la raison. L’homme n’est pas parfait au sens d’un être de pure raison. Bien penser, c’est la rationalité, c’est penser par la raison, par étapes (Descartes)

-    Le chercheur croit trouver quelque chose, la vérité.

-     C’est une passion qui anime le chercheur, un amour de la véri

 

Thèmes philosophiques que nous pensions aborder :

- La raison et la foi

- L’anthropocentrisme

- L’astronomie en tant que science : qu’est ce qu’une science, une démonstration, quel est le rôle de l’expérience ?

- Les sciences et les techniques, l’enjeu moral ?

- La représentation théâtrale de l’histoire des sciences

- La double face d’un même personnage représentant la raison et le sentiment (éclaircissement attendu)

- L’intérêt philosophique d’une réflexion sur l’astronomie ?

- Les sens sont-ils trompeurs ?

- Voit on la vérité a travers la lunette ?

- Pourquoi ne pas prendre plusieurs acteurs pour faire les différents rôles ?

- Quel est le rôle du caillou ?

- Notion de proportion par rapport à l’espace et au temps (représentation de tout l’univers sur une année)

 

La classe de Terminale S

Adressé à Jean Louis Heudier :

http://www.heudier.eu/

 

La verité, dit-on…

 

La vérité, dit-on, consiste dans l’accord de la connaissance avec l’objet. Selon cette simple définition de mot, ma connaissance doit donc s’accorder avec l’objet pour avoir valeur de vérité. / Or, le seul moyen que j’ai de comparer l’objet avec ma connaissance, c’est que je le connaisse. Ainsi ma connaissance doit se confirmer elle-même ; mais c’est bien loin de suffire à la vérité. Car puisque l’objet est hors de moi et que la connaissance est en moi, tout ce que je puis apprécier, c’est si ma connaissance de l’objet s’accorde avec ma connaissance de l’objet. Les anciens appelaient diallèle un tel cercle dans la définition. Et effectivement, c’est cette faute que les sceptiques n’ont cessé de reprocher aux logiciens ; ils remarquaient qu’il en est de cette définition de la vérité comme d’un homme qui ferait une déposition au tribunal et invoquerait comme témoin quelqu’un que personne ne connaît, mais qui voudrait être cru en affirmant que celui qu’il invoque comme témoin est un honnête homme. /  Reproche absolument fondé, mais la solution du problème en question est totalement impossible pour tout le monde.

Emmanuel Kant

 

 

En lisant le texte attentivement, vous remarquerez les concepts clés : la verité, la connaissance, l’objet

De quoi est-il question dans le texte ?

De la vérité comme accord entre le jugement et l’objet

Quelle est la thèse de l’auteur ?

Kant affirme que la définition selon laquelle la vérité consiste en l’accord de la connaissance avec son objet  constitue un cercle vicieux

Plan du texte (structure de l’argumentation)

Première partie :

Énoncé de la définition classique de la vérité.  « La vérité, dit-on [...]avoir valeur de vérité »

Deuxième partie :

Critique du cercle vicieux contenu dans cette définition classique de la vérité. « Or, le seul moyen [...] un honnête homme. »

Troisième parie :

Constat de Kant : le problème de la vérité posé en ces termes d’adéquation du jugement à l’objet est insoluble.  » Reproche…fin


 

SUITE DU CORRIGE DANS LES PAGES STLBIO…
 Explication détaillée du plan
 Explication du vocabulaire
 Enjeu philosophique

 

Y a-t-il un âge pour philosopher ?

 

 » La philosophie n’est véritablement qu’une occupation pour l’adulte, il n’est pas étonnant que des difficultés se présentent lorsqu’on veut la conformer à l’aptitude moins exercée de la jeunesse. L’étudiant qui sort de l’enseignement scolaire était habitué à apprendre. Il pense maintenant qu’il va apprendre la philosophie, ce qui est pourtant impossible car il doit désormais apprendre à philosopher. » Kant

 

 

Illustration de la correction de la première introduction de dissertation des Terminale L : La philosophie nous détourne-t-elle de la vérité ?

Gorgias, titre du dialogue de Platon traite de la rhétorique des sophistes. Ce dialogue fait parler Calliclès un sophiste, et Platon. Idée générale : la philosophie est une occupation divertissante, amusante pour les jeunes mais elle doit laisser place à une activité plus noble qui est la politique : la politique est-elle plus sérieuse que la philosophie ? Y a-t-il un âge pour philosopher ?. Pour les sophistes, ce qui est important c’est la réussite (au sens sociale et financière).

Philosophaille = action des hommes qui font de la philosophie une activité infantile. 

 

« […] faire de la philosophie, c’est un bien, aussi longtemps qu’il s’agit de s’y former ; oui, philosopher, quand on est adolescent, ce n’est pas une vilaine chose, mais quand un homme déjà assez avancé en âge, en est encore à philosopher, cela devient, Socrate, une chose ridicule. Aussi, quand je me trouve, Socrate, en face d’hommes qui philosophaillent, j’éprouve exactement le même sentiment qu’en face de gens qui babillent et qui s’expriment comme des enfants. […] Quand je vois un jeune, un adolescent, qui fait de la philosophie, je suis content, j’ai l’impression que cela convient à son âge, je me dis que c’est le signe d’un homme libre. Et au contraire, le jeune homme qui ne fait pas de philosophie, pour moi, n’est pas de condition libre et ne sera jamais digne d’aucune belle et noble entreprise. Mais si c’est un homme d’un certain âge que je vois en train de faire de la philosophie, un homme qui n’arrive pas à s’en débarrasser, à mon avis, Socrate, cet homme-là ne mérite plus que des coups. C’est ce que je disais tout à l’heure : cet homme, aussi doué soit-il, ne pourra jamais être autre chose qu’un sous-homme, qui cherche à fuir le centre de la cité, la place des débats publiques, « là où, dit le poète [Homère, Iliade, IX, 441], les hommes se rendent remarquables ». Oui un homme comme cela s’en trouve écarté pour le reste de sa vie, une vie qu’il passera à chuchoter dans son coin avec trois ou quatre jeunes gens, sans jamais proférer la moindre parole libre, décisive, efficace. »

Platon, Gorgias, 485a-485e

 

Épicure à Ménécée, salut.

Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme. Or celui qui dit que l’heure de philosopher n’est pas encore arrivée ou est passée pour lui, ressemble à un homme qui dirait que l’heure d’être heureux n’est pas encore venue pour lui ou qu’elle n’est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l’un et l’autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se remémorant les jours agréables du passé ; celui-là afin d’être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l’avenir.
Par conséquent il faut méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l’avoir.
Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les, convaincu que ce sont là les principes nécessaires pour bien vivre.

Épicure, lettre à Ménécée

 

Qui est le plus sage ?

En 399 avant J.-C. Socrate est condamné à mort. Son disciple Platon relate les faits de l’accusation dans le dialogue intitulé « apologie de Socrate. » Mais c’est surtout sa défense qu’il entreprend en mettant en scène Socrate le jour de son procès. Ce dernier n’a aucun souci personnel ni désir de gloire, ce qui  l’intéresse n’est pas l’étroitesse de sa personne mais le bien commun. Toute sa vie, il s’est interrogé avec modestie sur les vertus d’un citoyen sans ne jamais prétendre lui-même en posséder aucune. Ainsi, la vertu morale, pas plus que la science n’est une possession ; c’est plutôt une recherche,  une quête comme il l’indique lui-même de manière métaphorique en enquêtant sur ce que l’on nomme SAGESSE (sophia). Contre la prétention des sophistes, des savants ou des hommes politiques, Socrate oppose sa modestie de son ignorance véritable. Ce qui s’oppose aux savoirs faux ou aux faux savoirs (illusions) c’est l’ignorance. Contre toute prétention, Socrate cherche le vrai, le désire : c’est la démarche même de la philosophie.

[21b] Considérez bien, Athéniens, pourquoi je vous dis toutes ces choses, c’est uniquement pour vous faire voir d’où viennent les bruits qu’on a fait courir contre moi.

Quand je sus la réponse de l’oracle, je me dis en moi-même : que veut dire le dieu ? Quel sens cachent ses paroles ? Car je sais bien qu’il n’y a en moi aucune sagesse, ni petite ni grande; Que veut-il donc dire, en me déclarant le plus sage des hommes ? Car enfin il ne ment point; un dieu ne saurait mentir. Je fus longtemps dans une extrême perplexité sur le sens de l’oracle, jusqu’à ce qu’enfin, après bien des incertitudes, je pris le parti que vous allez entendre pour

[21c] connaître l’intention du dieu. J’allai chez un de nos concitoyens, qui passe pour un des plus sages de la ville; et j’espérais que là, mieux qu’ailleurs, je pourrais confondre l’oracle, et lui dire : Tu as déclaré que je suis le plus sage des hommes, et celui-ci est plus sage que moi. Examinant donc cet homme, dont je n’ai que faire de vous dire le nom, il suffit que c’était un de nos plus grands politiques, et m’entretenant avec lui, je trouvai qu’il passait pour sage aux yeux de tout le monde, surtout aux siens, et qu’il ne l’était point. Après cette découverte, je m’efforçai de lui faire voir qu’il n’était nullement ce qu’il croyait être ; et voilà déjà ce qui me rendit odieux

[21d]  à cet homme et à tous ses amis, qui assistaient à notre conversation. Quand je l’eus quitté, je raisonnai ainsi en moi-même : Je suis plus sage que cet homme. Il peut bien se faire que ni lui ni moi ne sachions rien de fort merveilleux; mais il y a cette différence que lui , il croit savoir, quoiqu’il ne sache rien; et que moi, si je me sais rien, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc qu’en cela du moins je suis un peu plus sage, que je ne crois pas savoir

[21e]  ce que je ne sais point. De là, j’allai chez un autre, qui passait encore pour plus sage que le premier; je trouvai la même chose, et je-me fis là de nouveaux ennemis. Cependant je ne me rebutai point; je sentais bien quelles haines j’assemblais sur moi; j’en étais affligé, effrayé même: Malgré cela, je crus que je devais préférer à toutes choses la voix du dieu, et, pour en trouver le véritable sens, aller de porte en porte chez tous ceux

[22a]  qui avaient le plus de réputation; et je vous jure, Athéniens, car il faut vous dire la vérité, que voici le résultat que me laissèrent mes recherches: Ceux qu’on vantait le plus me satisfirent le moins, et ceux dont on n’avait aucune opinion, je les trouvai  beaucoup plus près de la sagesse. Mais il faut achever de vous raconter mes courses et les travaux que j’entrepris. Pour m’assurer de la vérité de l’oracle. Après les politiques, je m’adressai

[22b] aux poètes tant à ceux qui font des tragédies, qu’aux poètes dithyrambiques et autres, ne doutant point que je ne prisse là sur le fait mon ignorance et leur supériorité. Prenant ceux de leurs ouvrages qui me paraissaient travaillés avec le plus de soin, je leur demandai ce qu’ils avaient voulu dire, désirant m’instruire dans leur entretien. J’ai honte, Athéniens, de vous dire la vérité; mais il faut pourtant vous la dire. De tous ceux qui étaient là présents, il n’y en avait presque pas un qui ne fut capable de rendre compte de ces poèmes mieux que ceux qui les avaient faits. Je reconnus donc bientôt que ce n’est pas la raison qui, dirige le poète, mais une sorte d’inspiration naturelle,

[22c] un enthousiasme semblable à celui qui transporte le prophète et le devin, qui disent tous de fort belles choses, mais sans rien comprendre, à ce qu’ils disent. Les poètes me parurent dans Je même cas, et je m’aperçus en même temps qu’à cause de leur talent pour la poésie, ils se croyaient sur tout le reste les plus sages des hommes; ce qu’ils n’étaient en aucune manière. Je les quittai donc, persuadé que j’étais au-dessus d’eux, par le même endroit qui m’avait mis au-dessus des politiques.

[22d]  Des poètes, je passai aux artisans. J’avais la con-science de n’entendre rien aux arts, et j’étais bien persuadé que les artisans possédaient mille secrets admirables, en quoi je ne me trompais point. Ils savaient bien des choses que j’ignorais ; et en cela ils étaient beaucoup plus habiles que moi. Mais, Athéniens, les plus habiles me parurent tomber dans les mêmes défauts que les poètes; il n’y en avait pas un qui, parce qu’il excellait, dans son art, ne crut très-bien savoir les choses les plus importantes, et cette folle présomption

[22e] gâtait leur habileté; de sorte que, me mettant à la place de l’oracle, et me demandant à moi-même lequel j’aimerais mieux ou d’être tel que je suis, sans leur habileté et aussi sans leur ignorance; ou d’avoir leurs avantages avec leurs défauts; je me répondis à moi-même et à l’oracle : J’aime mieux être comme je suis. Ce sont ces recherchés, Athéniens, qui ont excité contre [23a]  moi tant d’inimitiés dangereuses; de là toutes les calomnies répandues sur mon compte, et ma réputation de sage; car tous ceux qui m’entendent croient que je sais toutes les choses sur lesquelles je démasque l’ignorance des autres.

Lundi au cinéma

LUNDI 22 novembre au cinéma Utopia à 9 heures

Nous irons voir La Vénus noire, le dernier film d’Abdellatif Kechiche, qui raconte l’histoire de la sud-africaine Saartjie Baartman, “la négresse au gros cul” comme certains la qualifiaient à l’époque.

Au début du XIXème siècle, cette servante est emmenée en Europe et devient un objet de foire en raison de ses attributs physiques proéminents. Certains qui  se disent « scientifiques » utilisent sa présence pour théoriser l’infériorité de la “race noire”.

Lorsqu’elle meurt à seulement 25 ans, ses organes génitaux et son cerveau sont placés dans des bocaux de formol, et son squelette et le moulage de son corps sont exposés au musée de l’Homme à Paris.

C’est seulement en 2002 que la France accepte de rendre la dépouille de Saartjie Baartman à l’Afrique du Sud, concluant ainsi un long imbroglio juridique et diplomatique.

Remise du moulage et de la dépouille de Saartjie Baartman en 2002

La remise de la dépouille et du moulage du corps de Saartjie Baartman en 2002 à l’Afrique du Sud par les autorités françaises

Vénus noire dérange en interpellant la nature des regards des spectateurs. Le réalisateur confirme que ce film n’a pas été fait pour être agréable.

En Afrique du Sud, Saartjie Baartman est considérée aujourd’hui comme l’un des symboles de l’humiliation subie par les Noirs pendant la colonisation. Lors de l’affaire de l’athlète Caster Semenya, son nom a aussi été rappelé pour mettre en cause les “impérialistes” occidentaux. Elle sert aussi de porte-étendard aux Khoïsans, le premier peuple ayant habité la région, qui souffrent encore à l’heure actuelle de discriminations.

Ce film nous permettra d’aborder la notion du programme NATURE et CULTURE, mais aussi L’HISTOIRE, le DROIT et la LIBERTÉ.

A suivre…

Qu’est ce que philosopher?

Platon m’est cher, mais la vérité m’est plus chère encore ». Aristote

Présupposés du titre qu’est-ce que philosopher ? : on s’interroge sur un verbe d’action, on suppose qu’il y a un acteur, quelqu’un qui fait quelque chose. Quelle est cette activité, est elle spécifique, en quoi consiste-t-elle ?

On confond souvent philosopher avec penser. Penser = réfléchir, calculer, avoir conscience, imaginer, se souvenir, avoir une opinion, sentir (les sentiments, la sensation) bref c’est tout ce qui se passe dans notre esprit. On peut donc penser sans philosopher, c’est donc une activité qui se distingue de l’immédiateté du sens commun, de l’opinion.

Philosopher suppose un effort, un travail, du temps. Il faut rechercher, faire le tri dans nos idées, prendre du recul, peser (mesurer) nos idées, critiquer.

Le point de départ de l’action de philosopher c’est reconnaitre sa propre ignorance et se mettre en route vers le savoir, il faut s’interroger ou s’étonner. Philosopher c’est prendre la décision de ne plus croire, penser par soi même, chercher  la vérité.

Problème du sujet : Il reste à savoir quel est le moyen pour satisfaire cette exigence, qu’est ce qui nous permet de philosopher? Comment faire? « Qu’est ce que » suppose que l’on recherche une définition, un concept. « La définition fait connaître ce qu’est la chose. » (Aristote)

I.Origine de la philosophie.

1) « Le miracle grec »

Au V ième, VI ième siècle avant J.C, la Grèce connaît des changements importants, en particulier en politique : la naissance de la démocratie, c’est à dire que le pouvoir appartient au peuple ( Demos: peuple, cratos: pouvoir).

A Athènes, les hommes libres peuvent participer à l’assemblée et parler librement sur l’Agora.

2) La mise en question d’une culture.

La culture au sens large commence à poser des problèmes, en particulier la religion mais aussi les mythes. On passe d’une tradition orale au début de l’écriture. D’une tradition privilégiant le surnaturel aux balbutiements de la science (physique). Certains penseurs, veulent étudier la nature.

Le changement le plus important dans tous les modes de pensée est le passage de l’imaginaire à la raison. C’est Thalès, Anaximandre et Anaximène.

3) Les premiers philosophes.

Platon va écrire des dialogues où il met en scène son maître Socrate et tous les athéniens qu’il a pu interroger. Le style de Platon n’est pas encore véritablement philosophique, il est encore littéraire puisqu’il utilise encore le mythe et des images, des exemples dont il conseille lui même de se débarrasser. Platon définit la philosophie comme recherche de la vérité contre toutes opinions, toutes idées immédiates, approximatives et contre toutes croyances. Philosopher c’est se mettre en route, c’est rechercher de manière rationnelle le savoir. A la mort de Socrate, Platon abandonne la politique et décide de fonder la première école de philosophie : l’académie. Il écrit au fronton : « Que nul n’entre ici, s’il n’est géomètre. » Il aura pour élève Aristote, qui à son tour fonde : le lycée.

3)Le point de départ de la philosophie.

La philosophie a un acte de naissance, elle n’est pas une activité naturelle : « S’étonner, la philosophie n’a pas d’autre origine. » (Platon.). Le verbe « étonner » veut dire s’émerveiller, être frappé de stupeur, rester bouche bée. Cela signifie que le monde tel qu’il va pose problème, n’est pas évident. Le philosophe se détache du sens commun car il interroge le monde, il prend du recul, il critique ( il fait le tri ) . Philosopher c’est distinguer le vrai du faux ( philosophie de la connaissance ), le bien du mal ( lorsqu’il s’agit de philosophie morale ) . La difficulté pour celui qui veut philosopher c’est se débarrasser de toute forme d’opinion ( l’opinion personnelle ou générale ), du vécu ( du notre et de celui des autres), des expériences : « Que toute connaissance commence avec l’expérience, cela ne signifie pas qu’elle vient de l’expérience.«  (Kant), une expérience est toujours particulière ou générale or « il n’y a de science que de l’universel » (Aristote) . Une expérience est contingente (elle aurait pu ne pas être, être différente de ce qu’elle est ou ne pas arriver), la contingence s’oppose à la nécessité.

II.Apprendre à philosopher.

1) Philosopher ce n’est pas faire de la philosophie.

Faire de la philosophie suppose que l’on apprenne une histoire de doctrines, de pensées ou bien une série de thèmes ou encore des résumés d’œuvres de penseurs, de philosophes. Faire de la philosophie signifie recevoir des contenus, des savoirs. A l’inverse, philosopher exige l’effort de penser par soi même, c’est à dire faire usage de sa propre raison pour problématiser le réel. Philosopher c’est rechercher la vérité, ce n’est donc pas une possession que l’on puisse recevoir. L’effort consiste à détourner son regard de ce que l’on connait (Le monde sensible) vers la vérité (Les idées) : Cf. L’allégorie de la caverne dans La République (X) de Platon.

2) Philosopher c’est problématiser

Problématiser c’est montrer que le réel ne va pas de soi, le réel n’est pas évident (évident vient de vidéo qui veut dire voir). Il faut s’en méfier, il faut remettre en question ce que Platon appelle le monde sensible. C’est à nous de montrer pourquoi on ne peut pas répondre au sujet (il faut s’empêcher de répondre). Ici, on ne sait pas ce que c’est philosopher donc on doit le chercher. On peut parler de connaissance, on peut parler de morale, et on peut parler de l’esthétique ( le vrai, le bien et le beau ). Il s’agit des domaines de pensées du philosophe qu’il faut déterminer. Problématiser c’est s’interroger et s’empêcher de répondre aux différentes questions que l’on se pose.

3) Contre les sophistes

Les sophistes étaient très riches car c’était des professeurs de rhétorique (l’art de bien parler). Ils étaient influents et avaient pour élèves des riches athéniens et des orateurs, des poètes qui se faisaient aider pour composer leur poème, des médecins. Leur discours sont célèbres car ils sont « terrassant » ils consistent à convaincre l’interlocuteur. Le sophiste a toujours raison (sophie: sagesse, le savoir). Ils prétendent posséder la vérité et être capable de l’enseigner à tout prix par la force et la violence du discours. Le plus important pour les sophistes est de faire valoir leur opinion comme étant la meilleure. Sous prétexte de tolérance, ils affirment que toutes les opinions sont bonnes à dire, que tout le monde a raison, que « l’homme est la mesure de toutes choses » (telle une chose te paraît telle elle est affirme Protagoras). Le relativisme consiste à accepter plusieurs ou toutes les opinions. L’opinion est toujours relative, elle s’oppose à l’idée vraie universelle. Le propre du sophiste c’est parler pour ne rien dire (il se moque de la vérité, peut importe le contenu de son discours, ce qui lui importe c’est la forme de son discours. Il suffit que son discours puisse convaincre. OU parler pour ne rien dire c’est la faute ontologique : ontos -> l’être, logos → la raison, le discours). Le sophiste fait être des choses qui n’ont pas de réalité ; il n’a pas le souci de la vérité, ce qui compte pour lui c’est sa force, son pouvoir qu’il a sur les hommes : on appelle ça le pragmatisme. Le sophiste est pragmatique, le philosophe est désinterréssé (théoria: contemplation: ne pas avoir d’autre but que sa propre activité).

« La philosophie est une activité libérale » (Aristote)

La philosophie naît d’une exigence, celle de se débarrasser de tout ce qui encombre nos esprits : Les préjugés, les opinions, les croyances et le dogmes. Philosopher c’est reconnaitre sa propre ignorance et accepter l’inquiétude relative à la recherche de la vérité et de la justice. Rien ne nous dit que ce pari légué par les fondateurs de la philosophie puisse être gagné par le triomphe de la rationalité et de la science.




Qu’est ce que Philosopher ?

« S’étonner, voilà un sentiment qui est tout à fait d’un philosophe. La philosophie n’a pas d’autre origine ». Platon

« C’est en effet l’étonnement qui poussa comme aujourd’hui les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. » Aristote

La philosophie est définie au V° / VI° siècle avant J-C par les grecs comme « amour de la sagesse ». Elle n’a pas toujours existé partout, (en Orient par exemple il y a pas de philo mais de la pensée) . La philosophie naît dans la Grèce antique . Un des premiers philosophes est Thalès, nommé ainsi par Platon qui invente le mot philosophe. Le philosophe est celui qui aime, l’amant. La philosophie est érotique car l’amant est fortement attiré par l’objet de son amour .

L’objet de ce désir est Sophia (la sagesse): elle signifie le savoir , la connaissance c’est à dire la science.

Philosopher c’est recherche la vérité.

Sophia signifie aussi le savoir-faire, l’habileté, la prudence c’est la praxis c’est a dire l’action.

Philosopher c’est aussi rechercher le juste, le bien, c’est savoir appliquer dans la vie les connaissances que l’on peut acquérir.

Le philosophe n’est pas le sage, il désire la sagesse, il recherche la vérité et la justice.

La condition pour philosopher est de reconnaitre sa propre ignorance.

I°) Origines de la philosophie .

1) Le « miracle grec »
Au Vième, VIième siècle avant J.C, la Grèce connaît des changements importants, en particulier en politique : La naissance de la démocratie (Demos = peuple, Cratos = pouvoir).
A Athènes, les hommes libres peuvent participer à l’assemblée et parler librement sur l’Agora.
2) Les traditions mises en cause.
La culture au sens large commence à poser des problèmes, en particulier la religion, mais aussi les mythes. On passe d’une tradition orale au début de l’écriture, d’une tradition privilégiant le surnaturel aux balbutiements de la science (physique). Certains penseurs veulent étudier la nature.
Le changement le plus important dans tous les modes de pensée est le passage de l’imaginaire à la raison. C’est Thalès, Aniximandre et Anaximène.
3) Les premiers philosophes.
Platon va écrire des dialogues où il met en scène son maître Socrate ou tous les Athéniens qu’il a pu interroger. Le style de Platon n’est pas encore véritablement philosophique, il est encore littéraire puisqu’il y a encore le mythe et des images, ces exemples dont il conseille lui même de s’en débarrasser. Platon définit la philosophie comme recherche de la vérité contre toutes opinions, toutes idées immédiates, approximatives et contre toutes croyances. Philosopher c’est se mettre en route, c’est rechercher de manière rationnelle le savoir.

A la mort de Socrate, Platon abandonne la politique et décide de fonder la 1er école de Philosophie: l’Académie. Il écrit au fronton: «  Nul n’entre ici, s’il n’est géomètre. » Il aura pour élève Aristote qui a son tour fonde le lycée.

II°) Philosopher ce n’est pas faire de la philosophie.

La philosophie est une matière, c’est-à-dire un ensemble de doctrines, de pensées, une histoire de thèmes et d’œuvres de différents philosophes. Mais ce n’est pas en apprenant la philosophie que l’on devient soi-même philosophe.

1) Apprendre à philosopher c’est apprendre à penser par soi-même.

Il faut se débarrasser de toutes les opinions personnelles ou générales et viser l’universalité d’une pensée juste. Il faut également se débarrasser du vécu, des expériences que ce soit la notre ou celles des autres. Il faut enfin se méfier du sensible, c’est à dire les 5 sens, les sentiments et l’imagination.

2) Philosopher c’est faire l’usage de sa raison.

La raison c’est la faculté de l’esprit qui nous permet grâce à la démonstration de rechercher la vérité (être rationnel). «Avoir raison» c’est dire le vrai. «L’âge de raison» c’est le moment où l’enfant est capable de distinguer le vrai du faux. La «raison du plus fort» c’est le discours qui argumente, justifie la force. Ces trois exemples illustrent le sens théorique du mot raison. Mais il faut citez le sens moral, pratique : être raisonnable cette fois c’est distinguer le bien du mal, le juste de l’injuste.

3) Philosopher c’est rechercher la vérité.

C’est une recherche rationnelle, universelle qui n’aboutit pas à un savoir absolu. Le philosophe n’est pas le sage, il cherche le savoir et rien ne dit que ce pari, cette exigence puisse être satisfaite. « Penser c’est dire non» Alain. Penser c’est refuser les croyances, les idées reçues, les préjugés, les opinions «l’opinion a, en droit, toujours tord» (Bachelard, XX°). La vérité n’est pas la réalité, c’est un jugement sur la réalité. Ce que recherche donc le philosophe est un critère sûr et universel pour juger le réel, pour dire le vrai.

Conclusion :

Philosopher c’est problématiser, c’est à dire montrer que le réel ne va pas de soi, n’est pas évident.

Le moyen pour mettre en question la réalité est de faire usage de sa propre raison. Il faut trouver un discours sur le réel, capable de dire le vrai. Il ne s’agit pas d’un débat qui consiste en la confrontation d’opinions. Le philosophe ne prétend pas avoir raison ni convaincre son interlocuteur.

Le discours philosophique, sur le modèle de Socrate, est un dialogue ( dia = deux, logos = raison, parole).

«  Philosopher c’est le dialogue de l’âme avec elle-même » Platon.

On doit remettre en question toutes les idées qui se trouvent en notre esprit, se demander si ce ne sont pas des préjugés, des opinions, des idées reçues.

Révisions : nos citations

Nos citations par thème

Désir.

“Philosopher, c’est désirer la vérité.” Platon

“Il faut parvenir à penser que parmi les désirs certains sont naturels d’autre sont vains.” Épicure

“Mais qui dit si et comment il faut regarder la femme d’un autre ? c’est la volonté réfléchie.” Epictète

“Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde.” Descartes – (maxime : règle de conduite).

“Le désir est l’essence de l’homme.” Spinoza

Les règles de la méthode de Descartes :

- “Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle.

- De diviser chacune des difficultés que j’examinerais

- De conduire par ordre mes pensées

- De faire partout des dénombrement si entier et des revues si générales que je fusse assurer de ne rien omettre”. ( Les longues chaînes de raison )

Le vivant.

“Pour montrer que la nature n’a pas de fin qui lui soit prescrite et que toutes les cause finales ne sont que des fictions humaines, il n’est pas besoin de beaucoup.” [...] (Ceux qui soutiennent la doctrine du finalisme) ” ne cesserons de demander les causes des causes jusqu’à ce que tu te réfugies dans la volonté de Dieu c’est à dire dans l’asile de l’ignorance”. Spinoza

La matière et l’esprit.

“La substance de l’esprit et de l’âme est matérielle.”

“L’esprit pâtit avec le corps.” Lucrèce

“L’étendue en longueur, largeur et profondeur, constitue la nature de la substance corporelle et la pensée constitue la nature de la substance qui pense.” Descartes

” L’âme disparue il n’y a plus d’animal.” Aristote

La vérité.

” Lui croit savoir quelque chose alors qu’il ne le sait pas, tandis que moi comme je n’ai pas ce savoir je ne crois pas non plus l’avoir.” Platon

” Je ne dois pas moins soigneusement m’empêcher de donner créance, aux choses qui ne sont pas entièrement certaines et indubitables, qu’à celle qui nous paraissent manifestement être fausses.” Descartes (à propos du doute)

” L’opinion a, en droit, toujours tord.” Bachelard

La connaissance scientifique pour les démunis*

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« La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle,une âme de détresse, des outils sans légende.

Au plus démunis : le sifflet des manœuvres.» René Char, Le nu perdu.

Méthode :

- Réflexion sur des savoirs existants supposés connus. On appelle épistémologie le discours sur la connaissance scientifique, plus précisément sur la méthode et l’objet des sciences particulières.

Problématique :

- Définir la science comme un même mode de penser malgré la multiplicité des sciences dans l’histoire. (qui l’ont jalonnée tout son long).

- Confronter la science à d’autres modes de penser, sans glisser vers le scientisme  ( Croire que la science est supérieure aux autres modes de penser )

- Le lien entre savoir et pouvoir, le lien entre science et morale. (—> On en est très friand au BAC !!!).

Intérêts :

- Le domaine de la connaissance : La science satisfait le « désir de savoir » (Cf. : Aristote*) de l’esprit humain, mais ne répond pas aux questions morales, métaphysiques, ou existentielles, que l’Homme peut se poser.

Vocabulaire :

- Raison (Logos) : réel, science, scientifique, scientiste, connaissance, vérité (elle joue au Tabou), concept, hypothèse, postulat, axiome, pré-supposé,  principe, démonstration, syllogisme, erreur, illusion, croyance, ignorance, empirisme, méthode, théorie, loi.

Références :

- Le texte de Bachelard.

- Le texte de Auguste Comte

- Citation : « A prendre la place des religions, la science n’a pas changé de voisinage. Elle est toujours auprès du sabre, une encyclopédie à l’ombre des épées. Le pouvoir veut de l’ordre, le savoir lui en donne. A chaque moment d’inauguration, la science énonce un théorème de puissance, un mot d’ordre. » Michel Serres

- Dans votre manuel scolaire Hatier : « La démonstration : 2 p 241, 4 p 243, 6 p 245 ; Matière et esprit : 4-5 p 294, et 6 p 296, la Vérité : 1 p 310, 2 p 311, 8 p 316, 9 p 317 ; La liberté : 5 p 401, 7 p 403. » Dans votre manuel scolaire Hatier.

Exercices :

science et progrès, science et opinion

* du bac blanc!!

Fiche de révision techno « la vérité si je mens »

la_dentelliereLa dentellière, tableau de Johannes Vermeer (1632-1675)

Dans ce tableau le peintre utilise des objets domestiques qui n’ont rien de banal ou de secondaire car ils apparaissent comme si le spectateur épiait par le trou d’une serrure une jeune femme dans son intimité. Le premier plan est flou mais les mains et le visage sont très nets, comme si la scène avait été photographiée en contre plongée. On n’est pas loin de la vérité, car de fait le peintre a utilisé une camera obscura, très lointain ancêtre de l’appareil photo. Cela donne une impression réaliste. Pourtant la peinture comme plus tard la photo d’art n’est pas une copie du réel…


La vérité  peut être classée en 3 catégories:

- la connaissance ex : le vrai et le faux dans le domaine des maths = la vérité logique. Contraire ou différent de l’erreur.

la morale ex: au tribunal « je jure de dire la vérité… »= la vérité pratique. Contraire ou différent du mensonge ( faute morale).

en art « la vérité d’un tableau » c’est par exemple quand on dit qu’on fait un portrait de quelqu’un. Contraire ou différent de l’illusion. Pour le tableau on croit que c’est un personnage réel, ou au théâtre on croit à la réalité du personnage (cf. l’illusion comique de Corneille). Zeuxis a peint une grappes de raisins tellement vraies que les oiseaux venaient la picorer. Lorsque Platon apprend ça il se dit qu’il n’y a que les animaux qui sont trompés. L’homme qui raisonne, celui qui sait ne se laisse pas tromper. Platon oppose le savoir non pas à l’ignorance mais à la croyance il vaut mieux ne pas savoir, ne pas posséder la vérité que croire savoir.

Dans le célèbre texte de l’allégorie de la caverne (république livre 7), Platon décrit les hommes comme des prisonniers trompés par les ombres qui défilent sur la paroi du fond. Le véritable philosophe est celui qui se détache de cette vision trompeuse et recherche la vérité dans les idées extérieures à l’opinion.

La vérité définit la démarche philosophique si on la considère non pas comme une possession mais comme une recherche.

Le philosophe est en manque de vérité,il est amoureux de la vérité, il la désire.

La vérité a un lieu : c’est le langage. Elle n’est pas la réalité, c’est une conformité issue du discours ( ΛΟΓΟΣ = logos = logique). La vérité n’est qu’un jugement sur le réel. Il existe une vérité formelle qui ne correspond à rien dans ce qui nous est donné par nos cinq sens. Ex : Le syllogisme : C’est un raisonnement qui a l’apparence d’une vérité mais qui ne correspond à rien du point de vue matériel. (Exemple avec Socrate partie cours).

Pour atteindre le vrai, le philosophe n’a qu’un instrument : C’est la raison (ΛΟΓΟΣ =logos). Le bon sens chez Descartes est la chose du monde la mieux partagée. La raison est une faculté de l’esprit universelle qui nous permet :

-de distinguer le vrai du faux (être rationnel, usage théorique de la raison). La vérité de la raison s’oppose à l’opinion, à la croyance, au préjugé.

-de distinguer le bien du mal (être raisonnable, usage pratique de la raison). Dans ce sens on l’oppose à la passion.